Annette a présenté le roman d'Andréi Makine, "Prisonnier du rêve écarlate", publié chez Grasset. Après le rêve américain de Luca di Fulvio, l'écrivain français d'origine russe raconte avec son talent littéraire le rêve communiste. Lucien, un jeune militant, part à Moscou en 1939 pour découvrir ce paradis du mensonge. Il découvrira l'envers du décor : les tortures dans les camps du goulag, la surveillance des citoyens, la corruption des dirigeants. Il est arrêté par la police car il s'est montré trop curieux. Envoyé en prison, il est expédié dans un camp en Sibérie. A sa libération après quelques années, il refait sa vie avec Daria dans un village perdu et loin du système communiste. Plus de trois décennies plus tard, Lucien parvient à obtenir des papiers pour revenir en France. Mais, il ne reconnaît plus son pays. Pourtant, il observe Mai 68 qu'il considère comme une révolution d'opérette. Il devient malgré lui un héros médiatique en dénonçant le totalitarisme communiste. Va-t-il rester en France ou repartir en Russie retrouver son village et Doria ? Un roman passionnant sur la barbarie stalinienne et sur l'hypocrisie occidentale. Mylène a beaucoup aimé le roman de Doris Lessing, "Le rêve le plus doux", paru chez Flammarion en 2004. Deux destins de femmes, deux générations dans les années 60 dominent le roman : Julia Lennox, la grand-mère d'origine allemande et Frances, sa belle-fille. Frances a épousé le fils de Julia, le camarade Johnny, un militant d'extrême-gauche, pro-cuba et pro-russe. Frances se sépare de son compagnon volage et tellement accaparé par la révolution. Elle est hébergée généreusement par sa belle-mère dans cette maison à plusieurs étages où les générations cohabitent dans une ambiance libertaire en composant une "tribu" pittoresque. Ce roman puissant n'a pas perdu sa modernité et brasse beaucoup de questions qui demeurent toujours actuelles sur l'engagement politique, les relations entre les générations, l'amour, l'amitié, etc. Mylène l'a donc beaucoup apprécié car ces années 60, au fond, ne sont pas si éloignées de nous. Doris Lessing connaît parfaitement cette période et elle l'a rend vivante et percutante. Ces deux femmes, Julia et Frances, possèdent un sens généreux de l'accueil, une qualité rare de nos jours.