La passion amoureuse se développe entre Julien et Mathilde avec des vagues montantes et descendantes. Leur différence de classe tisse une frontière invisible entre eux et Mathilde va tomber enceinte. Elle ne rénonce pas à Julien et souhaite l'épouser. Son père, fort mécontent de son choix, cède et accepte d'annoblir Julien qui devient Monsieur le Chevalier Julien Sorel de La Vernayre. Mais, le Comte reçoit une lettre de Madame de Rênal, dénonçant "l'immoralité" de son ancien amant, "rongé par l'ambition". Julien apprend cette nouvelle, ce qui compromet sa conquête sociale. Il se rend à Verrières et entre dans l'église. Il tire à deux reprises sur son ancienne maîtresse mais, elle est seulement blessée. Mathilde en apprenant le geste de Julien, passe le voir en prison et tente de le sauver. Même Madame Rênal lui pardonne en écrivant aux jurés. Elle va parvenir à lui rendre visite en prison. Julien retrouve sa passion pour elle mais il se résigne à la mort. Mathilde éprouve une folle passion pour ce jeune homme et elle embrassera sa tête décapitée comme l'a fait Marguerite de Navarre avec la tête de son amant, un de ses ancêtres. Madame de Rênal meurt trois jours après Julien. Stendhal s'est inspiré d'un fait divers en Isère. Antoine Berthet, étudiant aux séminaires de Grenoble, a été guillotiné car il avait tenté d'assassiner sa maitresse. Dans ce roman, le contexte historique semble bien complexe et pour comprendre le destin tragique de Julien Sorel, il faut se plonger dans cette société française où régnait un clivage insurmontable entre la noblesse et le peuple. Julien veut sortir de sa condition sociale en accèdant par l'amour à la classe supérieure. Son échec reflète aussi la dure réalité d'une société bloquée où l'hypocrisie anime les relations humaines, allant de la religion à l'importance de l'argent. Stendhal dénonce tous ces aspects dans ce roman réaliste. J'ai retrouvé dans ce texte la célèbre citation sur le roman : "Un roman est un miroir qui se promène sur une grande route. Tantôt il reflète à vos yeux l'azur des cieux, tantôt la fange des bourbiers de la route". J'ai relu ce classique avec beaucoup d'intérêt, me souvenant de la trame romanesque mais j'ai remarqué la personnalité troublante de Julien Sorel, un jeune homme en proie à un malaise existentiel majeur. L'amour semble le sauver à deux reprises mais, son orgueil et son manque de lucidité le conduisent au pire, son geste fatal envers Madame de Rênal. Un grand classique incontourable, à la fois un roman d'amour, un thriller et un roman historique.