Après ma journée à Paris, avec la foule pour horizon, j'ai pris le chemin en train pour Vannes où j'ai enfin respiré le bon air marin même si la ville n'est pas exactement située au bord de la mer mais au bout d'un bras de mer, une sorte de canal "ombilical". Quelle belle cité ! J'ai découvert la cité bretonne en me baladant dans les rues pavées. J'ai franchi des portes médiévales, observé les fortifications, admiré les maisons à colombages colorées. Pôle économique et universitaire, Vannes affiche une prospérité que l'on remarque dans le centre ancien, pourvu de nombreux magasins pour touristes. J'ai vite ressenti une qualité de vie très palpable tout au long de ma découverte. Au Moyen Age, Vannes est devenue une grande place marchande. En 1532, l'acte d'adhésion du Duché de Bretagne au Royaume de France est signé à Vannes. Les Vannetais semblent bien heureux de vivre dans cette capitale de la Bretagne Sud. Le port abrite des voiliers qui donnent déjà le goût du large très proche. Quand je me suis retrouvée ce samedi dernier, l'équipe de rugby a gagné sa place dans le Top 14, un événement formidable pour tous les amateurs de ce sport. Je croisais des enfants munis de drapeaux et cette ambiance bon enfant donnait à la ville un air de fête. Dans cette cité de 60 000 habitants, la fête du soir s'est déroulée à merveille sans dommages, ni problèmes. Le monde du foot devrait prendre exemple... J'ai, évidemment, visité le musée des Beaux-Arts et je réserverai un billet complet sur cet espace culturel important. Comment terminer cette journée ? En dégustant de très bonnes crêpes, croquantes et originales à la Crêperie Saint-Guenhaël (merci au Routard sur le Morbihan). Une gourmandise appréciable après une balade intensive.
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des critiques de livres, des romans, des moments de lectures, des idées de lecture, lecture-partage, lecture-rencontre, lectures
jeudi 11 juin 2026
mercredi 10 juin 2026
Escapade culturelle à Paris, 1
Avant de découvrir le Morbihan, je suis passée par Paris pour un bain culturel en visitant le Louvre dans l'après-midi. En novembre dernier, lors de mon séjour parisien, la grève du personnel avait entraîné la fermeture du musée. En juin, je ne m'imaginais pas la masse touristique dans cette institution de prestige mais si mal en point. J'ai quand même franchi les portes sans trop d'attente mais, sous la pyramide, une foule compacte m'a un peu étouffée. J'ai réussi à visiter la belle exposition sur Michel Ange et Rodin, deux génies de la sculpture. Puis, l'aile Denon m'attendait pour revoir avec plaisir la peinture italienne : Botticelli, Léonard de Vinci, Raphaël, Caravage et d'autres artistes et je ne m'en lasserai jamais. La Joconde attirait des centaines de touristes dans cette salle moyenne et il est impossible d'apprécier les oeuvres magnifiques de Veronese, du Tintoret quand on voit tant de touristes réaliser des selfies pour montrer qu'ils ont vu la mythique Mona Lisa. Heureusement, le Louvre a prévu des travaux pour renouveler la présentation de la Joconde dans une salle à part. Pour retrouver un semblant de calme, j'ai fui vers mes "grecs" où je savais que cet espace serait moins envahi. J'ai revu avec plaisir les statues, les vases, les fresques, etc. Je suis restée deux heures au Louvre et j'avoue que je préfère de loin les musées à taille humaine. Un phénomène de saturation opère dans le cerveau qui ne peut plus engranger les images. Ensuite, j'ai traversé les jardins des Tuileries avec la foule habituelle qui recherche la fraicheur sous les arbres du jardin. La Place de la Concorde était accaparée par une "fanzone" de Roland-Garros avec un écran géant ! Ah, le sport est roi dans notre société contemporaine, une nouvelle religion. Le soir, j'ai assisté à un concert sur Haendel au Théâtre des Champs-Elysées. La qualité de l'orchestre et des sopranos est toujours au rendez-vous dans ce théâtre magnifique. Voir Paris en juin ne m'a pas convaincue de revenir à cet époque. Je préfère l'hiver pour savourer la capitale. En revenant vers mon hôtel, j'ai remarqué une "forêt urbaine" étonnante, proche de la gare Montparnasse. Je ne connaissais pas ce concept écologique et je ne parlerai pas de la couverture du Pont-Neuf que j'ai aperçue, une opération artistique vraiment inutile... Le lendemain, je prenais le train pour Vannes, une escapade bien plus respirante que Paris.
jeudi 4 juin 2026
Atelier Littérature. Les coups de coeur, 2
Annette a évoqué deux coups de coeur : "Les chemins de l'estive" de Charles Wright, paru dans la collection J'ai lu en 2022. L'auteur se présente comme "un aventurier de la France cantonale, un explorateur de sous-préfectures". Il parcourt les déserts du Massif central, d'Aubusson à Saint-Flour, au total, 700 kilomètres à pied. Ce voyageur écrit une ode à la liberté et à l'aventure spirituelle. Il parle de Rimbaud, de Charles de Foucauld mais aussi des gens rencontrés au fil de la marche. Son deuxième coup de coeur concerne un premier roman, "Nourrices" de Séverine Cressan, publié chez Dalva. Cet ouvrage raconte l'histoire des nourrices, "ces mères invisibles sur lesquelles a reposé toute une industrie pendant plusieurs siècles". Sylvaine accueille un bébé de la ville pour lui donner du lait maternel. Elle a aussi un petit garçon. Un jour, elle découvre un bébé abandonné dans une clairière et elle le sauve. Mais, la petite de la ville meurt dans son sommeil et pour cacher aux parents cette perte, elle l'échange avec le bébé retrouvé. Ce roman social sur la condition des femmes dans le monde rural rend hommage à toutes celles qui ont donné leur lait aux enfants pour survivre. L'autrice a été invitée à Chambéry dans le cadre du Festival du Premier Roman. Régine a terminé la séance "coups de coeur" avec un roman italien, "Celle qui est revenue" de Donatella Di Pietrantonio, paru au Livre de Poche en 2022. A 13 ans, la narratrice apprend qu'elle n'est pas la fille "naturelle" de ses parents. Elle a été adoptée, choyée dans cette famille mais elle doit quitter la ville pour être rendue à sa famille biologique. Dans sa nouvelle vie, elle doit s'adapter à la pauvreté, à la violence et au dialecte parlé dans le village. Elle ne sait plus qui elle est et se pose la question "De qui est-on l'enfant ?". Les parents adoptifs l'ont abandonnée. Quelles sont les raisons de cet abandon ? Régine a beaucoup apprécié ce roman servi par une écriture "charnelle", selon les critiques. Elle a cité aussi le roman d'Irène Frain, "L'Or de la nuit", paru en 2025. Un hommage aux "Mille et Une nuits", ouvrage collecté au XVIIIe siècle par un voyageur et orientaliste français, Antoine Galland. Un roman historique remarquable à découvrir. Rendez-vous le jeudi 18 juin pour le dernier Atelier de la saison avec le thème des nouvelles.
mercredi 3 juin 2026
Atelier Littérature. Les coups de coeur, 1
Mylène a démarré la séquence "coups de coeur du mois" avec "L'Epouse" d'Anne-Sophie Subilia, publié chez l'éditeur suisse Zoé. En janvier 1974, une anglaise s'installe avec son mari, délégué humanitaire à Gaza. Elle partage la vie des humanitaires au Beach Club entre bains de mer et rencontres. Mais, elle ne se sent pas à l'unisson avec ses compatriotes et elle remarque les présences militaires, les regards des habitants, l'atmosphère oppressante du lieu. Son couple s'effiloche aussi et elle se ressource avec un vieux jardinier, Hadj et une psychiatre palestienne, avec laquelle elle devient amie. Un roman sensible et un beau portrait de femme. Mylène nous a lu un passage pour montrer le style limpide de cette écrivaine suisse. Janelou a beaucoup apprécié le dernier roman de Bernhard Schlink, "Ce qui reste", paru chez Gallimard en mars 2026. A 76 ans, Martin apprend qu'il n'a que quelques mois à vivre à cause d'un cancer foudroyant. Il veut mettre sa vie en "ordre" avant de partir. Son épouse de trente ans sa cadette et son jeune fils de sept ans l'entourent d'affection. Mais, comment préparer sa mort, aller à l'essentiel, profiter des derniers momenrs en famille ? Sa femme entretient une autre relation amoureuse et son fils ne réalise pas la finitude de son père. Ce roman crépusculaire et bouleversant interroge la transmission, l'amour, le pardon. Un grand Schlinck à découvrir. Geneviève a lu la biographie de Jean Renoir, le cinéaste, sur son père, "Pierre-Auguste Renoir", dans la collection Folio, paru en 1999. Un fils parle de son père qu'il connaît bien. Bourré d'anecdotes sur cette époque, le biographe s'attache à décrire un homme doué pour l'art et luttant contre des rhumatismes invalidants. Ce livre documenté se lit avec plaisir. (La suite, demain)
mardi 2 juin 2026
Atelier Littérature. La Mer, 2
Marie-Christine a choisi un roman hors de ma liste, "Pêcheur d'Islande" de Pierre Loti, publié en 1886. Ce livre sur la mer raconte l'histoire des marins qui partaient pendant des mois vers l'Islande. Ils affrontaient le froid, les tempêtes, le danger et la mort par noyade. Les femmes restaient à terre dans une attente angoissante. Une histoire d'amour entre la fille d'un commerçant de Paimpol et d'un pêcheur apporte une touche romanesque au récit. Le style de Pierre Loti, imprégné de poésie, se lit encore avec plaisir. Agnès a beaucoup aimé "Cézembre" d'Hélène Gestern, publié en Folio en 2025. Ce roman évoque la ville de Saint-Malo, son histoire par l'intermédiaire de Yann, professeur d'histoire à Paris, récemment divorcé et retournant dans sa ville natale. Il est un héritier de la famille des Kérambrun, propriétaires d'une compagnie maritime florissante. Yann, mène une enquête en fouillant les archives familiales. Son père, dur et autoritaire, imposait sa loi. Dans ces archives, il découvre des secrets de famille. Ce beau texte sent bon l'air iodé et le goût salé de la mer. Annette a eu la bonne idée de relire "20 000 lieux sous la mer" du génial Jules Verne. Je consacrerai un billet sur ce livre "mythique". Notre amie a retrouvé la dimension encyclopédique de l'écrivain avec des descriptions scientifiques sur le monde marin. L'histoire raconte l'aventure du capitaine Nemo et de son équipage dans le Nautilus. Un retour à l'enfance, une escapade fantastique dans le monde marin. Danièle a présenté le roman d'un écrivain norvégien, Roy Jacobsen, "Mer Blanche". Ingrid, le personnage central, recueille un homme gravement blessé dont elle ne sait rien. Elle vit dans une île du Nord de la Norvège et elle comprend vite qu'un bateau allemand a sombré avec des prisonniers russes. En soignant cet homme, elle va tomber amoureuse de lui. Ils vont donc s'aimer pendant de longs mois d'hiver tout en ne se comprenant pas. Mais, la guerre finira par les rattraper. Un grand écrivain à lire et à suivre dans les confins de la Norvège. Geneviève et Odile ont lu "Magellan" de Stefan Zweig. Odile, bien qu'absente, a écrit dans son mél que ce livre "se lit comme un roman d'aventures et quel personnage que Magellan". Elle ajoute que l'écrivain autrichien, toujours aussi passionnant à lire, a réalisé un travail d'historien, une reconstitution historique très documentée et réaliste. Pour s'évader loin de notre monde contemporain complexe, Magellan vous embarquera loin, très loin de notre Europe. Le thème de la mer a donc intéressé nos lectrices de l'Atelier. Je regrette que le livre d'Hermann Melville, "Moby Dick" n'a pas obtenu gain de cause. Mais, il est au programme de mes lectures d'été et j'en parlerai dans ce blog...
lundi 1 juin 2026
Atelier Littérature. La Mer, 1
L'Atelier Littérature s'est tenu dans le bar, Jetez l'ancre" ce jeudi 28 mai malgré une météo caniculaire. Les lectrices quasi au complet ont eu le courage de se déplacer et cette fidélité m'a vraiment mis du baume au coeur. Dans les journaux, je lis régulièrement des rubriques sur l'abandon des livres et de la littérature surtout de la part de notre jeunesse. Mais, à Chambéry, quelques lectrices font de la résistance en participant à cet atelier où la lecture est reine. Merci à toutes de montrer autant d'intérêt pour parler de romans, de poésie, de littérature. J'avais choisi le thème de la mer dans les romans et Janelou a démarré la séance avec Joseph Conrad, "La Ligne d'ombre". J'ai consacré un billet sur cette fable philosophique, une allégorie de la vie et de la mort dans ce vaisseau fantôme où les hommes essayent de survivre dans un chaos marin fantasmé et fantastique. Mais, Janelou n'a pas été sensible à ce type de roman, au fond, très masculin car dans ce bateau maudit, aucune femme n'est présente. Ce roman moins connu que "Lord Jim" et "Au coeur des ténèbres" mérite pourtant une lecture attentive. Le capitaine vit dans une solitude absolue avec tous ses hommes malades et la mer le captive : "Pendant un long, très long moment, j'affrontai un monde vide, baigné dans un infini de silence, à travers lequel le soleil se déversait et s'écoulait dans quelque dessein mystérieux". Un grand écrivain à découvrir. Trois lectrices ont eu un grand coup de coeur : Régine, Geneviève et Véronique pour "L'Ile" de Sigridur Hagalin Björnsdottir, paru chez Actes Sud en 2024. Ce roman dystopique, venu d'Islande, raconte un monde sans Internet. Que se passerait-il dans un pays isolé des nouvelles technologies ? Quelles réactions du gouvernement, des médias, de la population ? Comment apprendre à vivre en autarcie ? Régine a très bien résumé ce roman en nous donnant envie de le lire au plus vite. Ce futur effrayant pourrait advenir avec tous les problèmes géopolitiques actuels. Un très bon livre qui donne des frissons anticipés. (La suite, demain)
mercredi 27 mai 2026
"Le grimpeur et le grognard", Régis Debray et Sylvain Tesson
J'ai lu un dialogue très intéressant entre le grimpeur libertaire, Sylvain Tesson et le grognard républicain, Régis Debray, publié chez Gallimard/Equateurs. Tout les sépare sur plusieurs plans : l'âge, le passé, la politique, la conception de la vie mais ils se rejoignent pourtant dans une attitude d'amitié, de compréhension et de tolérance. Ils partagent aussi avec passion, la littérature avec un grand L. Régis Debray, l'ancien, est célèbre pour son engagement politique du côté des révolutionnaires cubains, de la gauche mitterrandienne. Un chantre des idées progressistes. Un Gaullien de gauche, comme il se définit. Mais, il a le courage d'avouer : "Le salut de nos semblables ? C'était voir un peu trop large. Mais heureusement, on rétrécit en vieillissant. Vous verrez, on en rabat". Le jeune Tesson a choisi l'aventure, la liberté, la jouissance de la vie et de soi, la nature : "J'ai trouvé que la jouissance d'une nuit de bivouac, seul dans la forêt, valait mieux que la volonté de peser sur le destin de mes semblables. Je croyais à la poudre d'escampette. Vous, à la poudre de canon". Dans leur démarche intellectuelle, la question centrale revient sans cesse : "Faut-il changer le monde ou le contempler ?". Les deux hommes se rencontrent chez Régis Debray, discutent à bâtons rompus, s'écoutent, s'étrillent gentiment, se câlinent comme un père avec son fils. L'un aime l'Histoire, l'autre préfère la géographie. Le Temps et l'Espace. L'un représente l'idéal révolutionnaire, l'autre est réputé pour son conservatisme. L'un aime "la camaraderie, les groupes, les bandes", l'autre, le culte du moi, la solitude, l'aventure. L'ancien lance des formules percutantes : "Il y a les solidaires et les solitaires. La gauche est plutôt dans la première catégorie. Lui se détache, moi, je m'attache. Il aime la solitude, moi, j'aime le coude à coude". Il est assez rare de mettre en lumière deux intellectuels que tout oppose et leur dialogue brillant et complice ressemble à une joute verbale de très haute tenue. Ces deux hommes se retrouvent sur leur amour commun de la littérature, de la civilisation du livre. Régis Debray la définit ainsi : "La littérature, c'est échapper au temps superficiel. C'est une façon de quitter le monde et de quitter l'entre-soi pour se chercher en soi-même". Ces deux grands lecteurs partagent leur passion de la littérature mais l'un pratique la lecture dans un fauteuil quand l'autre embarque les livres dans les sommets du monde. Une lecture apaisante et revigorante.