Je n'ai pas manqué la Pinakothek der Moderne, dans le beau quartier de Maxvorstadt, ouvert depuis 2002. Ce gigantesque édifice de 22 000 m2 réunit quatre collections : la peinture, l'architecture, le graphisme et le design. Dès que je suis rentrée, j'ai remarqué un lieu remarquable avec une rotonde de verre et son toit en dents de scie. Cette "cathédrale de verre" contient 35 salles et complète l'offre artistique de Munich. J'avoue que je préfère la peinture des siècles précédents, mais quelques peintres ont retenu mon attention dans cette visite : Matisse, Picasso, Miro, Magritte, Dali, Juan Gris pour citer les plus connus. J'ai retrouvé quelques oeuvres du groupe Le Cavalier bleu et d'autres artistes expressionnistes allemands. Mais, quand j'ai poursuivi ma déambulation vers l'art contemporain, j'ai commencé à me poser des questions sur la présence de quelques oeuvres, qui, à mes yeux, me laissent de glace. De Warhol à Twombly, de Rauschenberg à Fontana, je n'accroche guère. J'ai même vu des oeuvres incroyablement bizarres comme une planche en bois sur un oreiller blanc... Ces artistes contemporains dont je n'ai même pas retenu les noms me semblent incompréhensibles. Ces espaces muséaux ressemblent à des coquilles vides. Où se cache la beauté dans ces objets usuels ? Une artiste a mis en scène des cadies pleins de vaisselle. J'ai compris le message ultra féministe d'une révolte antipatriarcale mais, tous ces concepts intellectuels et idéologiques, contenus par des "performances" scéniques, n'attirent pas grand monde dans ces espaces souvent désertés, même à Munich. Un troisième musée m'a aussi étonnée : le Branhorst, ouvert en 2009. Le bâtiment est recouvert de 36 000 lamelles en céramique de couleurs différentes qui donnent un aspect de tableau abstrait. Il utilise l'énergie solaire, ce qui est assez rare pour un musée. Au fond, j'ai préféré l'extérieur avec sa façade multicolore originale que les oeuvres contemporaines exposées. Décidément, je suis plus convaincue par la culture du passé que du présent. Un signe de mon âge, peut-être...
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mercredi 6 mai 2026
mardi 5 mai 2026
Escapade à Munich, l'art moderne et contemporain, 1
Après la peinture européenne et l'art antique, j'ai poursuivi mes visites dans trois autres musées consacrés à l'art moderne et contemporain. Le Lenbachhaus est un musée municipal situé dans une vaste maison de style florentin, appartenant au peintre Franz von Lenbach, construite en 1887. J'ai donc découvert toutes les oeuvres des artistes du Cavalier bleu (Der Blaue Reiter) qui réunissait Kandinsky, Gabriele Munter, Franz Marc, August Macke, Paul Klee. Je suis restée un bon moment dans le jardin avec sa fontaine, ses sculptures, ses buis et ses bancs. Un jardin idylliqua, une oasis sereine. Rénovée pendant plus de trois ans, la maison toscane abrite aujourd'hui la généreuse donation de Gabriele Munter, peintre et partenaire de Vassily Kandinsky. La démarche artistique de ce mouvement annonce la peinture abstraite bien que beaucoup de toiles restent dans le domaine figuratif. Je reprends une définition de ce mouvement moderniste et passionnant : "La notion de vibration, de résonance intérieure, seule capable d'instaurer un authentique vocabulaire de correspondance entre couleurs, sons et mots, apparaît comme un thème majeur". Plusieurs tableaux de Kandinsky frappent les visiteurs par la symphonie des couleurs vives. J'aime aussi les tableaux de Gabriele Munter, dont l'un présente une femme assise écrivant une lettre. La pensée musicale se retrouve dans les peintures abstraites de Kandinsky qui estimait que la musique était supérieure à la peinture. Il faut voir dans ses toiles des sensations et des émotions. Ce mouvement d'avant-garde, malgré sa brièveté, a marqué l'histoire de l'art en revendiquant un renouveau "spirituel". Un très beau musée incontournable dans une visite de la ville.
lundi 4 mai 2026
Escapade à Munich, une plongée dans l'archéologie, 2
En face du musée archéologique, la Glyptothèque m'attendait et ce lieu si convoité dans mes projets d'escapade en Europe se présentait devant mes yeux, immuable, solennel et imposant. Ce nom d'origine grecque vient de gluptos, objet gravé, et de théké, boîte. Ce musée est consacré à l'art gréco-romain de la statuaire et de la sculpture antique. Inauguré en 1830, cet édifice, souhaité par Louis Ier, est surnommé l'Isar-Athènes. De style néo-classique, conçu comme un temple antique, ce bâtiment monumental a connu des heures sombres durant l'époque nazie quand des autodafés de livres bannis ont eu lieu devant le musée.Le parti nazi a exploité cette place royale pour sa propagande mortifère et totalitaire. Dès l'extérieur du bâtiment, dix-huit niches contiennent des oeuvres originales grecques et romaines. Le fronton au-dessus des colonnes porte aussi des statues de Johann Martin von Wagner, peintre et sculpeur du XIXe. Athéna, ma déesse préférée, protectrice des arts, se tient au centre. Treize salles voûtées, rectangulaires, carrées ou rondes sont reliées par une cour intérieure et la lumière extérieure inonde toutes les oeuvres exposées. J'étais ébahie de voir dans cet espace muséal déjà magnifique dans sa structure, une collection qui s'étend du VIe siècle av. J.-C. jusqu'au Ve siècle ap. J.-C.. Les personnages mythologiques côtoient les plus grands poètes, philosophes et empereurs, d'Homère à Platon, Alexandre le Grand à Marc Aurèle. J'ai remarqué des stèles funéraires émouvantes, des Kouroi, les figures du temple d'Egine, des mosaïques romaines. Une sculpture installée dans une salle spectaculaire en forme de dôme laisse filtrer un halo du lumière sur le Faune de Barberini qui a conservé tout son mystère. Je ne me trouvais plus à Munich mais à Athènes et à Rome ! Un voyage temporel et esthétique qui me fascine toujours autant. Visiter ce musée archéologique réputé restera un des plus beaux souvenirs de mon séjour à Munich.
vendredi 1 mai 2026
Escapade à Munich, une plongée dans l'archéologie, 1
Cela fait quelques années que je voulais visiter Munich pour ses musées, en particulier, les deux musées archéologiques de la ville, d'une réputation internationale. La collection archéologique de l'Etat bavarois (Staatliche Antikensammlungen) est considérée comme l'une des plus importantes en Allemagne. Quand je suis arrivée dans ce quartier réputé, à la fois universitaire et muséal, j'avais l'impression d'être à Athènes. Sur la place Royale, la Konigsplatz, le musée forme avec la Glyptothèque un complexe architectural impressionnant avec des propylées pour établir la jonction entre les deux édifices construits au début du XIXe siècle. En forme de temple grec, le musée a été endommagé par les bombardements et restauré. Louis 1er de Bavière a légué toutes les oeuvres de cette collection prestigieuse : terres cuites, céramiques, bijoux, verres, casques, vaisselle, etc. Je ne savais plus où diriger mon regard rempli d'admiration devant des dizaines de vitrines contenant "mes" vases grecs", dignes du Louvre. Les objets antiques proviennent des fouilles de Vulci en Italie et des acquisitions réalisées auprès des successions de Lucien Bonaparte et d'autres monarques. A ma grande surprise, j'ai retrouvé des bronzes étrusques découverts à Pérouse et des terracotas grecques du Sud de l'Italie. Quand j'observais ces statuettes d'une grâce féminine incroyable, je comptais le nombre d'années qui me séparait de ces créatures de terre, (plus de 2 500 ans) et j'imaginais l'artiste qui façonnait avec amour ces objets votifs. Cet écart temporel me fascine toujours autant et c'est pour cette raison que j'aime l'art antique tellement ces hommes et ces femmes me sont proches et ont inventé la notion de l'art dans leur quotidien. J'ai découvert la "Coupe de Dionysos", un kylix (une coupe à boire) datant de 540 av J.-C.) et signé d'Exékias. L'image intérieure représente un voilier et au centre, Dionysos, Le décor de la coupe comporte des grappes de raisin et des dauphins, peut-être un hymne à la vie, au vin et à la mer... Je me souviendrai longtemps de cette visite dans l'un des plus beaux musées archéologiques de notre planète !
mercredi 29 avril 2026
Escapade à Munich, du Jardin anglais à la Residenz
Après la visite de l'Alte Pinakothek, j'ai pris un bus pour l'Englischer Garten, un parc de plus de trois cents hectares, le poumon vert de Munich. Situé dans la partie nord-est du quartier de Schwabing, les guides touristiques le comparent à Central Park. Le jardin, ouvert au public en 1792, s'est inspiré des jardins anglais. J'ai pénétré le parc dans la partie sud et j'ai tout de suite remarqué les vastes pelouses vertes fréquentées par les Munichois et par les touristes. De nombreux ruisseaux parsèment la pelouse. Des sentiers m'ont menée vers la Tour chinoise, construite en 1789, haute de 25 mètres, et servant de point de repère. J'ai contourné un petit lac où des oies et des cygnes se prélassaient sur les bords. J'ai déjeuné dans un Biergarten, une brasserie en plein air, une véritable institution à Munich. Je voulais vivre un moment munichois en partageant un repas bavarois sur une table et un banc en bois. J'ai choisi dans une cafétéria les celèbres saucisses accompagnées d'une salade de pommes de terre (kartoffelsalat) et en dessert, le fameux afpelstrudel. Ambiance conviviale garantie en toute simplicité et à un prix modeste. La météo du jour, un soleil estival, permettait cette escapade traditionnelle. Dans l'après-midi, j'ai repris le bus pour le centre ancien et j'ai visité l'église des Théatins (Theatinerkirche) sur la place de l'Odéon au coeur de la ville. De style baroque, elle a été construite au XVIIe siècle. Ses dômes surplombent le centre ancien et sa façade rococo d'un jaune à l'italienne attire le regard. Dans l'intérieur, le stuc blanc et brillant règne en maître et une des chapelles conserve les reliques de quelques rois et reines de Bavière. En face de l'église, se situe la Residenz, la résidence officielle des monarques bavarois entre 1385 et 1918. Ce palais gigantesque avec ses 130 salles et ses 10 cours ne se visite en quelques heures et des parcours divers sont proposés. J'ai choisi la découverte de l'Antiquarium, une vaste salle pour abriter une importante collection de sculptures. La voûte en berceau comporte 17 paires de fenêtres et assurent un éclairage latéral. Un lieu de rêve, une salle exceptionnelle qui restera dans ma mémoire comme un coup de foudre architectural !
mardi 28 avril 2026
Escapade à Munich, La Alte Pinakothek, un musée magnifique
Dans la liste des musées de peinture à visiter en Europe, la Alte Pinakothek, l'Ancienne Pinacothèque, possède l'une des plus riches et des plus vastes collections d'oeuvres d'art du monde. La famille royale, la Maison de Wittelsbach, avait la passion de l'art européen du XIIIe au XVIIe siècle. Fondée au XVIe par le duc Guillaume IV de Bavière, le roi Louis Ier a fait construire le musée en 1826 qui a ouvert ses portes dix ans après. Ce très long bâtiment en briques offre une perspective remarquable, ponctué de grandes fenêtres pour les salles latérales et dans les grands espaces, des puits de lumière permettent de mieux apprécier les centaines de toiles. Ce bâtiment a servi de modèle muséal pour le continent européen. Quand je suis arrivée dès l'ouverture, je m'attendais à une file d'attente comme dans tous les grands musées européens, en particulier à Paris. J'étais très surprise de pénétrer dans ce temple de l'art sans attendre une minute. Le musée était très peu fréquenté et je me suis retrouvée dans les salles pratiquement seule. 19 salles et 47 cabinets exposent plus de 800 toiles Evidemment, la peinture alllemande est prédominante avec des artistes majeurs comme Dürer, Cranach, Holbein, pour les plus connus. La peinture hollandaise comprend des chefs-d'oeuvre de Bosch, Rembrandt, de Hals, de Rubens et d'autres moins connus. Mais, j'ai surtout retrouvé mes chéris italiens. Je veux citer deux Raphaël, Leonard de Vinci, Fra Angelico, Arcimboldo, Bellini et sa "Vierge à l'Enfant", Botticelli, Giotto, Titien. Dans une petite salle, j'ai découvert avec plaisir deux portraits de Giorgione. L'Italie me revenait en boomerang dans ce festival de toiles magnifiques. Une galerie digne du Louvre. Ce musée mérite amplement sa réputation et je savourais cette vitrine qui me racontait la fabuleuse histoire de l'art. Une visite heureuse, enrichissante sur le plan culturel et un moment délicieux au coeur d'une planète artistique protégée. Un sommet de la civilisation européenne.
lundi 27 avril 2026
Escapade à Munich, premières impressions
La semaine dernière, je suis partie à Munich pour visiter ses célèbres musées. Je connaissais un tout petit bout d'Allemagne à Berlin et j'en conservais un souvenir marquant. Evidemment, je suis surtout attirée par les pays du sud, de la Grèce, en passant par l'Italie, l'Espagne et le Portugal où je me sens dans un environnement amical et familier. Certains touristes se sentent mieux dans des pays lointains, très lointains mais, j'avoue que j'ai un caractère casanier. L'Europe me suffit amplement. L'Allemagne, au coeur de l'Europe, me semble incontournable. Dès que je suis arrivée à l'aéroport d'une dimension internationale, j'ai pris une navette de la Lufthansa pour atteindre le centre ville. J'ai traversé de larges avenues avec des immeubles cossus et j'ai remarqué la présence permanente d'espaces verts. Le soleil brillait sur ces paysages urbains, composés de voitures luxueuses aux marques reconnues comme BMW, Mercèdes et compagnie. Beaucoup de bus, de trams et de trains et surtout de vélos comme dans les pays scandinaves. Il faut vraiment surveiller les pistes cyclables avant de les franchir ! En fin d'après-midi, les musées ferment tous à 18 heures. J'ai donc visité le coeur de Munich, la Marienplatz, fondée en 1158. L'Hôtel de ville (Neues Rathaus) s'impose avec force dans cet espace pavé. Sa tour néogothique et son carillon attirent les touristes et j'ai assisté à la cérémonie traditionnelle quand les personnages animés représentent une joute de chevaliers et des tonneliers danseurs bavarois. Ces "Schäffler" donnaient le sourire à la population après une épidémie de peste. Une colonne, la Mariensaule, datant de 1638, célèbre la fin de l'occupation suédoise pendant la Guerre de Trente ans. Les dômes de la Cathédrale Notre-Dame, la Frauenkirche, dominent la place. Cet édifice gothique en briques rouges a été partiellement détruit pendant la Guerre comme la moitié de la ville. J'ai fini la soirée dans une taverne bavaroise (la saucisse règne dans tous les plats) mais j'ai choisi des raviolis italiens. Je redoutais un peu un certain degré d'insécurité dans cette métropole de quelques millions d'habitants en comptant l'agglomération. Mais, je me baladais sans appréhension en remarquant la présence de beaucoup de jeunes gens car plus de cent mille étudiants fréquentent l'université de Munich. Peu de présence policière dans l'espace public et une ambiance bon enfant en ville.