mardi 13 octobre 2026

Escapade en Grèce, Athènes, l'Acropole

 Pour visiter l'Acropole, il vaut mieux choisir un créneau favorable pour éviter les milliers de touristes qui se bousculent dans cet espace limité. Dès cinq heures de l'après-midi, je me suis présentée devant le portail avec mon billet. L'administration a inauguré le filtrage horaire et malgré mes précautions, il fallait attendre une heure pour pénétrer dans ce rocher sacré. J'ai eu de la chance avec la météo, la canicule s'étant évanouie depuis quinze jours. Quelle émotion de grimper au sommet de la citadelle de 156 mètres de haut en longeant le théâtre de Dionysos, l'Odéon d'Hérode Atticus, les Propylées, le temple d'Athéna, l'Erechthéion et le clou du spectacle, le Parthénon ! Ah, ce Parthénon majestueux, solide, fier, malgré ses blessures nombreuses au fil du temps. Les Perses, les Ottomans, les Vénitiens ont attaqué ce prestigieux édifice. Mais, il a tenu bon, il est resté debout même s'il est endommagé et a perdu quelques bouts de colonnes. Au temps de la Grèce antique, cette partie la plus élevée d'Athènes servait aussi de refuge à la population lors des attaques ennemies. Quels sont ces hommes -malheureusement pas les femmes- qui ont construit cet édifice ? Périclès l'a décidé, Phidias, le sculpteur l'a imaginé, les architectes Ictinos et Callicratès l'ont dessiné. Dédié à Athena Parthénos, ce temple de l'art classique grec est célèbre pour ses proportions harmonieuses et ses sculptures. Quand je me suis retrouvée pour la cinquième fois devant ce monument enraciné dans le temps depuis 2500 ans, j'étais toujours impressionnée par la beauté de ce temple admirable. Une image extraordinaire, un symbole essentiel de la Grèce antique. En 2021, l'Etat grec a amélioré la circulation sur l'Acropole avec un revêtement en béton pour éviter les accidents et pour permettre l'accès aux personnes handicapés. Cette nouveauté ne m'a pas contrariée. Bien au contraire et ce circuit plus sûr ne gâche pas le site. Et au loin, à l'horizon la mer, d'un bleu profond, la même que contemplaient ces milliers de Grecs anciens. 

lundi 12 octobre 2026

Escapade en Grèce, Athènes, le Musée de l'Acropole

 J'ai consacré ma deuxième journée au Musée de l'Acropole dès neuf heures du matin. Il faut fuir le créneau entre 11h et 17h pour éviter la foule des touristes des "Tours operators". Une fois pris les billets sans attendre, j'ai pénétré dans mon "sanctuaire muséal" avec une certaine émotion. Pourtant, je le visitais pour la quatrième fois mais ma curiosité admirative demeurait intacte. Le musée est en lui-même un chef d'oeuvre architectural avec ses baies vitrées et ses larges fenêtres sur l'Acropole. Ce bâtiment de 25 000 mètres carrés dont 14 000 d'exposition a  été inauguré en 2009 pour réunir tous les bas-reliefs, statues, céramiques et autres objets retrouvés sur le site. Construit sur pilotis, son sous-sol intègre des vestiges récemment mis au jour. Le musée accueille 10 000 visiteurs par jour ! Mais, à l'heure où j'ai posé mes pieds dans la montée du musée, j'ai vu mes merveilleux vases grecs des périodes mycénienne, géométrique et classique dans les vitrines et d'autres objets du quotidien. Puis au premier étage, les statues en marbre défiant le temps depuis des millénaires : les koré et les kouroi, avec leur sourire énigmatique. J'ai revu ces statues si spectaculaires et j'aime surtout la déesse Athéna qui se distingue de autres statues. "L'Athena pensive", une stèle de 54 centimètres me touche particulièrement et cela fait quelques années que sa reproduction en marbre (en petit format) décore ma bibliothèque. Avant de visiter ces oeuvres uniques au monde, il faut absolument préparer sa visite pour repèrer dans cet espace les pièces les plus marquantes du musée. Au premier étage se situe les Caryatides, ces célèvres statues féminines, qui soutenaient le temple de l'Erechthéion sur l'Acropole. Au troisième étage, les métopes, frises et frontons se déroulent sous nos yeux ébahis : scènes de guerre, cavaliers triomphants, dieux grecs, centaures, amazones, cérémonies religieuses. Un panorama complet et fabuleux de la Grèce antique. Plus j'observe ces témoins d'un passé mythologique, plus cette vision me fait rêver sur ce monde antique grec que Jacqueline de Romilly définissait ainsi : "Car ce que nous aimons en elle (la Grèce), c'est cet effort incroyable pour faire triompher la lumière sur les ombres". Des retrouvailles heureuses avec un des plus beaux musées archéologiques du monde ! 

vendredi 9 octobre 2026

Escapade en Grèce, Athènes

 Après Brauron, Athènes a surgi devant mon regard avec son architecture anarchique, son flux incessant de voitures, de taxis jaunes, de bus et de trams. J'ai reconnu tout de suite cette ambiance à la napolitaine. Comme c'était l'heure du déjeuner, j'ai retrouvé un restaurant d'antan, le Kalimari, près de notre location. J'ai savouré ses fameuses "souvlaki", des petites brochettes de viandes diverses cuites au feu de bois. Quand je suis rentrée dans l'appartement situé dans le quartier de l'Acropole, j'ai vu, de ma terrasse au dernier étage, le Parthénon dans sa majesté somptueuse. Je l'avais là devant mes yeux, de jour comme de nuit et je pouvais l'observer de mon lit... Ma première balade dans la ville m'a remis en mémoire les lieux que j'avais déjà visités à plusieurs reprises : l'Olympion, la Porte d'Hadrien, l'Agora romaine avec la Tour des Quatre Vents, l'Athènes antique. L'Athènes contemporaine nous donnait une autre vision  : des rues animées, la foule urbaine, le bruit et la fureur des métropoles. J'étais passée d'un monde calme, serein à Kea et dans l'Attique à un univers électrique, bouillant d'énergie avec ses nombreux commerces, restaurants, boutiques diverses souvent vintages. En fin d'après-midi, j'ai arpenté la rue pavée la plus fréquentée par les touristes, Dionysiou Aeropagitou. Ce chemin de pierre brute longe d'un côté les monuments les plus fabuleux d'Athènes : l'Acropole, le théâtre de Dionysos, l'Odéon d'Hérode Atticus et de l'autre côté, des immeubles cossus de style néoclassique. En fin de journée, cette avenue piétonne semble retrouver sa sérénité. Ce jour-là, j'ai entendu une soprano avec une voix merveilleuse. Elle chantait des airs de Haendel et de Vivaldi. J'étais sous son charme. Cette jeune femme s'appelait Elena, une muse chantante pour m'accueillir aux pieds de l'Acropole. Décidément, les dieux grecs n'ont jamais quitté la cité antique car ils m'ont envoyé une de leurs messagères. Dans la Grèce antique, la musique avait une place essentielle dans tous les événements de la vie. Un moment de grâce après ma déambulation dans les quartiers bruyants d'Athènes. 

jeudi 8 octobre 2026

Escapade en Grèce, le sanctuaire de Brauron

 J'ai loué un appartement à Porto Rafti avant de partir à Athènes car je voulais visiter Brauron, Vravrona en grec. Ce site se mérite vraiment car, situé hors des sentiers battus. A une quarantaine de kilomètres d'Athènes, dans une nature préservée, les vestiges d'un sanctuaire dédié à la déesse Artémis s'étalaient sous un soleil magnifique et j'ai assisté en même temps à un ballet d'hirondelles fendant le ciel d'une allure folle. Je n'ai vu aucun touriste malgré la réputation du lieu dans la Grèce antique. J'étais donc très agréablement surprise de me balader dans cet espace archéologique, datant de 420 av. J.-C., niché dans un cadre bucolique au milieu des vignes et des figuiers. J'ai appris lors de ma déambulation qu'Iphigénie, la fille d'Agamemnon, avait édifié ce temple pour Artémis, la déesse de la nature sauvage, de la chasse, protectrice des futures mères. Elle a fini sa vie dans ce sanctuaire et sa tombe est proche du temple. Les jeunes prêtresses, gardiennes du sanctuaire, appelées "les Petites Ourses",  étaient âgées de cinq à dix ans. Elles effectuaient la danse de l'ours et cet animal était sacrifié pour les dieux. Il reste douze colonnes du temple, les fondations et un rocher identifié comme étant la tombe d'Iphigénie. Le temple dorique mesure 20 mètres sur 10 et présente des colonnes en très bon état. Ce site si peu fréquenté conserve son mystère et son aura magique. Quand je me baladais au milieu du temple, je voyais ces petites filles en train de danser et d'honorer la déesse. Une petite chapelle de Saint Georges est fermée au public. Le musée attenant au site présente de très belles pièces : des vases, des offrandes, des bijoux, des bas-reliefs, des objets du quotidien. Des statues émouvantes représentent les petites Ourses. Dans un bas-relief, une famille de fidèles offre une chèvre à Artémis, la déesse, assise sur un rocher, vêtue d'un long chiton. J'ai vécu à Brauron un grand moment de la mythologie grecque : Artémis, Iphigénie, les petites Ourses, les cérémonies religieuses, le sanctuaire, les figures votives, les vases... Quand on vient en Grèce, la mythologie se lit dans la pierre et dans les livres, évidemment. Brauron, une étape insolite et fascinante 

mercredi 7 octobre 2026

Escapade en Grèce, du temple de Poséidon au théâtre de Thoricos en Attique

 Dès que je suis sortie du ferry, j'ai pris la direction du Cap Sounion pour, enfin, arpenter le site du temple de Poséidon. Le meltem soufflait fort, très fort mais cette météo ne m'a pas découragée. Ce temple grec classique date du Ve siècle av. J.-C. et domine la mer à l'extrémité du cap Sounion en Attique à une hauteur de 60 mètres. Bati sur un ancien temple détruit par les Perses, Périclès a reconstruit cet édifice en même temps que le Parthénon. De type dorique, quinze colonnes en marbre sur trente-huit restent encore debout pour défier le temps. Une statue en bronze de Poséidon, haute de six mètres, était située dans le naos, le centre du temple. Je revoyais ce joyau de la Grèce antique et mon admiration avait conservé toute sa force. L'emplacement du temple face à la mer Egée permettait aussi aux marins de les guider dans leur approche de la côte. Le cap Sounion se situe à 70 kilomètres d'Athènes et attire des milliers de visiteurs, surtout en fin de soirée pendant le coucher du soleil. J'ai tout de même réussi à me garer près de ce temple sacré et j'ai pensé à Marguerite Yourcenar qui adorait ce lieu dans les années 30. Mais, dans ces années-là, les touristes ne stationnaient pas dans le bar-restaurant, n'achetaient pas des souvenirs made in China... Elle considérait ce temple devant la mer comme "un paysage métaphysique faisant écho à sa propre recherche de dépouillement et de communion avec la nature". Sculptées par l'air marin et par le temps, ces ruines antiques demeurent pour l'écrivaine "l'un des sommets de la beauté terrestre". J'imaginais ce paysage antique cent ans avant et j'effaçais dans ma tête les voitures et les bus touristiques pour rejoindre la vision de Marguerite Yourcenar. Après cette étape essentielle dans mon escapade, j'ai visité sur mon parcours vers Porto Rafti un ancien théâtre, celui de Thoricos, construit entre 525 et 480 av. J.-C. près de Lavrio. Ce monument isolé dans la nature est accessible au bout d'un chemin. De forme allongée, presque ovale, il comporte 21 rangées de gradins en pierre pour accueillir  4 000 spectateurs. Il servait de lieu de rassemblement civique et de lieu de représentation. Quand je voyage dans la Grèce antique, je m'envole mentalement dans cette réalité parallèle, un rêve éveillé sur les gradins très inconfortables. Il fallait que les Grecs anciens apprécient les tragédies pour supporter cet inconfort physique ! Les temples, des lieux sacrés. Les théâtres, des lieux sacrés. La dimension religieuse de la Grèce antique se vérifie sans cesse au fil de mes visites archéologiques. 

mardi 6 octobre 2026

Escapade en Grèce, l'île de Kea

 Kéa, appelée aussi Tzia, authentique et préservée du tourisme de masse, possède une particularité architecturale : l'existence des maisons cubiques en pierre locale. Sur les zones montagneuses que j'ai traversées, ces habitats de couleur bronze, harmonieux et discrets, s'intègrent dans la beauté des paysages. La ville principale, Ioulida, est accrochéee à la montagne et combine des maisons blanches cycladiques avec des églises aux toits de tuiles rouges. Un paysage qui me rappelait Santorin et Naxos. Quelques moulins sont transformés en maisons de vacances. Comme dans toutes les Cyclades, j'ai retrouvé à Korissia, l'ambiance d'un port traditionnel avec les tavernes de poissons frais, les bars branchés et les boutiques traditionnelles. La marina de Vourkari abrite de très beaux voiliers. A la fin de ce mois de septembre, l'ambiance était sereine, calme car les plages étaient redevenues sauvages. J'ai rencontré dans la taverne d'Otzia deux femmes grecques retraitées qui, en entendant parler le français, nous ont adressé la parole. Elles avaient appris notre langue dans leur jeunesse. Ces deux soeurs adorables s'étaient réfugiées à Kea pour fuir leur île natale, Santorin. Elles ont raconté les dégâts du surtourisme et nous ont parlé d'un site à voir avant de partir. J'ai donc vu ce site archéologique, Agia Irini, à Varkouri, derrière des grilles car il est fermé au public. Ce site majeur de l'Age du Bronze abrite des vestiges d'une ancienne cité fortifiée préhistorique avec des structures de temples antiques. Ce temps si lointain de nos ancêtres me fascine toujours. Comme ma maison de location se situait devant la plage, je me promenais souvent sur le sable à la recherche de coquillages. J'arpentais aussi un sentier qui me menait sur les collines environnantes parsemées de maisons cubiques. La mer Egée d'un bleu profond me mettait en mémoire les Grecs anciens, des marins émérites et courageux. Je m'attendais à rencontrer Ulysse qui me hélait pour que je le rejoigne... Sur cette côte, le meltem, ce vent si homérique, soufflait fort. Je suis restée quelques jours dans ce lieu mythique et magique entre balades et baignades, la mer et la montagne, les maisons cubiques et les petites chapelles orthodoxes blanches et bleues. Le dimanche, la météo a changé, le vent a agité la mer, et le ferry que j'ai pris m'a provoqué quelques frayeurs. Les vagues se frottaient avec énergie sur la coque du bateau. Une traversée délicate car le capitaine conseillait de ne pas rester sur les coursives extérieures. Je me suis bien gardée de mettre le nez dehors sauf en fin de parcours pour filmer ce terrible vent de Poséidon. Ce séjour pourtant assez bref m'a pourtant donné un gout d'éternité. 

lundi 5 octobre 2026

Escapade en Grèce, du Cap Sounion à l'île de Kéa

 Quand j'ai posé mes pieds sur le sol de l'aéroport d'Athènes, j'ai ressenti une émotion certaine. Mon dernier voyage datait de 2019 et quelques années plus tard, le visage du pays a un peu changé avec un surtourisme que l'on remarque immédiatement. J'avais loué une voiture et en attendant la remise des clés, j'ai croisé des Africains du Sud, des Allemands, des Anglais, des compatriotes, etc. La planète entiere avait envoyé des représentants pour admirer ce pays, berceau de la civilisation occidentale et peut-être tout simplement, l'attraction du soleil et des plages... Comme le vol durait trois heures et que l'attente pour récupérer la voiture était longue, je n'ai pas eu la satisfaction de visiter le temple de Poséidon mais ce n'était que partie remise. J'ai apercu le temple de mon hôtel, une image déjà fabuleuse, accompagné d'un coucher de soleil somptueux. La Grèce culturelle se niche aussi dans sa gastronomie et le restaurant attenant à l'hôtel nous a servi un excellent souper ! Le lendemain matin, j'ai repris la route pour Lavrio, un port qui donne accès à quelques îles dont celle que j'avais choisi : Kéa. Cette île appartient aux Cyclades et très peu fréquentée. J'ai donc pris le ferry, toujours aussi imposant dans sa structure et mon frère a vraiment vécu un moment difficile en garant la voiture dans la carcasse du bateau. La météo s'est avérée calme et une heure après, je suis arrivée à Korissia où nous attendait notre hôtesse charmante. On l'a suivie jusqu'à la baie d'Otzia où j'avais loué une maison sur la plage. Quel bonheur de se retrouver dans cette maisonnette cycladique située au bout d'une plage de sable ! Un vrai petit paradis secret et caché... Des dindons amusants nous ont accueillis dans le terrain voisin et notre hôtesse nous avait préparé un plateau de fruits, des oeufs, du miel, de la confiture, etc. Cette attention nous a vraiment touchés car dans mon séjour, je n'ai rencontré que des Grecs adorables de gentillesse. La mer me tendait ses bras et j'ai pris ma première baignade avec un plaisir jubilatoire dans une eau assez chaude pour la saison. J'ai apprécié le calme et la quiétude de ce lieu merveilleusement grec. En fin septembre, la nature respire et retourne à son silence primordial. Un première étape sereine et dépaysante dans une île authentique.