Après le thème du bonheur, nous avons évoqué les coups de coeur. Régine a présenté deux coups de coeur avec "Les enfants uniques" de Gabrielle de Tournemire et "La forme et la couleur des sons" de Ben Shattuck. Le premier cité, paru chez Flammarion, traite le thème de l'handicap. Hector et Luz forment un couple particulier car ils sont handicapés. Redoutée par leurs familles respectives, empêchée par la société, leur relation amoureuse rencontre des obstacles et pose des questions délicates. Le rôle des parents et d'un éducateur les aident à construire leur couple. Régine a beaucoup apprécié ce premier roman tout en délicatesse et a précisé que l'écrivaine est invitée en fin mai au festival du Premier Roman. Le second coup de coeur au titre étonnant est un recueil de nouvelles. La première raconte l'histoire de deux jeunes hommes en 1919, liés par un amour sous le signe de la musique. Ils recueillent des chansons traditionnelles dans le Maine. Mais, l'un deux disparaît brusquement. Des années plus tard, une femme retrouve les cylindres dans une maison qu'elle vient d'emménager. La particularité du recueil repose sur une forme musicale et poétique du "hook-and-chain", popularisée au XVIIIe siècle en Nouvelle-Angleterre. Ces nouvelles sont donc réliées entre elles par ce chaînon du passé qui resurgit par hasard. Un écrivain nouveau à découvrir. Annette a évoqué son coup de coeur, "La vie en fuite" de l'écrivain irlandais, John Boyne. En 1946, une mère et sa fille quittent la Pologne pour Paris. En 2022, à Londres, Gretel Fernsby revient sur son passé secret quand elle est confrontée à de nouveaux voisins. Un très bon roman. Danièle nous a signalé la parution d'un deuxième roman d'une écrivaine qu'elle connaît personnellement. Il s'agit de Marielle Hubert et de son roman, "Selon toi". On en reparlera dans l'Atelier de mai. Peu de coups de coeur en avril et donc, un grand merci à Régine, à Annette et à Danièle.
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des critiques de livres, des romans, des moments de lectures, des idées de lecture, lecture-partage, lecture-rencontre, lectures
mardi 12 mai 2026
lundi 11 mai 2026
Atelier Littérature, le bonheur, 2
Véronique a bien apprécié "Toutes les familles sont heureuses" d'Hervé Le Tellier, paru en Poche en 2021. Le titre de cette autofiction semble bien ironique pour le narrateur qui raconte une famille "dysfonctionnelle". Il avoue dans ce texte : "Je n'ai pas été un enfant malheureux, ni privé, ni battu, ni abusé. Mais très jeune, j'ai compris que quelque chose n'allait pas, très tôt, j'ai voulu partir, et d'ailleurs très tôt je suis parti". Hervé Le Tellier ne manifeste aucune rancune dans ce texte malgré cette famille bancale. Il a choisi la fuite : "Les enfants n'ont parfois que le choix de la fuite, et doivent souvent à leur évasion, au risque de la fragilité, d'aimer plus encore la vie". Une autobiographie, teintée d'humour et d'une résilience étonnante. Régine a choisi le roman de Catherine Cusset, "La Définition du bonheur", paru chez Gallimard en 2021. Elle a été déçue par ce livre qui, pourtant, se lit avec plaisir mais sa critique porte sur les clichés sociétaux. Tout y passe : le viol, le covid, les bobos parisiens, etc. L'histoire de deux amies, Clarisse et Eve, se déroule à partir des années 80 à Paris et à New York : "Pour Clarisse, le bonheur n'existait pas dans la durée et la continuité (cela c'était le mien), mais dans le fragment, sous forme de pépite qui brilllait d'un éclat singulier, même si cet éclat précédait la chute". Entre Clarisse, la grande amoureuse passionnée et Eve, la raisonnable, quelle est la bonne voie pour atteindre le bonheur ? Catherine Cusset brosse le portrait de notre époque et de la condition féminine en évoquant le rapport au corps, au désir, à la maternité et aux années qui passent. Un avis mitigé de Régine que je partage mais qui n'empêche pas d'aller rencontrer ces deux héroïnes des temps modernes. Odile a beaucoup aimé le roman d'Erri De Luca, "Un jour avant le bonheur", publié en Folio en 2012. Naples après la Guerre, un jeune orphelin, un concierge, don Gaetano, une transmission. Erri De Luca raconte une belle histoire d'éducation entre un homme généreux et un petit garçon, avide d'apprendre à vivre. Mais, ce concierge possède un don : il lit dans la pensée des gens. Il sait que son protégé est amoureux d'une jeune fille. Un roman magistral, un roman initiatique à découvrir et le charme fou et incommensurable de l'Italie.
vendredi 8 mai 2026
Atelier Littérature, le bonheur, 1
Le jeudi 30 avril, nous étions presque au complet dans le salon de "Jetez l'ancre" pour évoquer le thème du bonheur dans la littérature. J'avais demandé des citations sur le bonheur pour démarrer la séance et je compte les livrer dans ce blog quand les lectrices amies me les enverront en mél. Odile et Janelou ont lu "La Joie de vivre" d'Emile Zola. Elles ont beaucoup apprécié ce roman centré sur le personnage de Pauline, une optimiste née alors qu'elle traverse sans cesse des malheurs. Publié en 1884, Emile Zola a écrit ce douzième tome des Rougon-Macquart pour en faire "un roman intime, à peu de personnages, avec une grande simplicité de style". Dans un petit village du bord de la Manche, la petite Pauline, une orpheline assez fortunée, est recueillie chez un oncle, son tuteur. En fait, Pauline sera victime de sa bonté naturelle car elle accepte de donner son argent pour financer les opérations hasardeuses de son cousin, un homme sans cesse déprimé et velléitaire. Elle va même se sacrifier pour Lazare, ce cousin si soumis à sa mère avec lequel elle devait se marier, en proposant une amie qui le convoitait. Pauline ou la bonté incarnée. Les autres personnages symbolisent l'avidité, la méchanceté, et l'hypocrisie. Un roman passionnant, un classique intemporel. Danièle a choisi "Que ma joie demeure" de Jean Giono. Ce roman pastoral raconte l'histoire d'une communauté paysanne de la Provence, chère à l'écrivain. Malgré quelques descriptions un peu longues sur des scènes villageoises, Danièle a beaucoup aimé le style de Giono, son amour de la terre et des paysans, ses idées utopiques sur le partage. Un roman virgilien à découvrir et surtout un hommage vibrant à la nature. Marie-Christine a lu avec plaisir "Marcher la vie, un art tranquille du bonheur" de David Le Breton. Une histoire documentée et érudite de la marche dans tous ses aspects : physique, moral, religieux, historique, philosophique. Un documentaire vraiment agréable à lire. (La suite, lundi)
jeudi 7 mai 2026
Escapade à Munich, la dolce vita à l'allemande
J'ai eu quelques petis ennuis avec la compagnie Lufthansa car mon vol de retour a été annulé. Un grand mouvement social concernant les salaires des navigants a mobilisé les avions sur le tarmac. Mais, avec ce mouvement, la compagnie allemande m'a offert une nuit d'hôtel supplémentaire et j'ai donc profité de cette journée de samedi pour retourner dans le centre de la ville. J'ai visité un dernier musée, la Sammlung Schack, présentant la peinture allemande du XIXe siècle. Dans ce quartier, j'ai voulu revoir le Jardin Anglais et j'ai assisté à un spectacle surprenant : des surfeurs téméraires domptaient une vague fluviale de la rivière Eisbach. C'était vraiment une surprise car, je connais bien la culture surf de Biarritz et me retrouver devant ces jeunes cavaliers de cette vague unique en centre ville m'a beaucoup amusée. J'ai repris le chemin en bus pour me rendre au centre de Munich pour revoir la Marienplatz et j'ai consacré mon après-midi aux églises les plus belles de Munich : la Peterkirche, la Heiliggeiskirche et la Michaelkirche. Dans la dernière église citée, j'ai vu le tombeau de Louis II de Bavière, le roi "fou", personnage central d'un film de Visconti. En me baladant dans le centre ville, j'ai constaté une ambiance bon enfant, sereine et décontractée. Une impression de dolce vita avec la présence de nombreux restaurants italiens, du spritz dans les bars, et de tout le baroque des églises munichoises. En cette fin du mois d'avril, j'ai toujours déjeûné en terrasse sous un soleil chaleureux. Dans le métro, dans le bus, j'ai rencontré des Munichois sympathiques et certains, surtout le samedi, portaient leur costume bavarois avec leur chope de bière (vide, heureusement). Ce séjour munichois m'a donc réservé de très bons moments dans les parcs et jardins, dans le centre historique et surtout dans ses très beaux musées. Je n'ai pas appris, hélàs, l'allemand, une langue difficile, mais j'ai compris un aspect de la vie allemande à Munich avec ses milliers d'étudiants, ses urbains branchés, ses vélos et ses pistes cyclables, son architecture flamboyante, ses brasseries et ses monuments. Après Venise, une destination de rêve, Munich méritait bien un détour, surtout pour ses musées...
mercredi 6 mai 2026
Escapade à Munich, l'art moderne et contemporain, 2
Je n'ai pas manqué la Pinakothek der Moderne, dans le beau quartier de Maxvorstadt, ouvert depuis 2002. Ce gigantesque édifice de 22 000 m2 réunit quatre collections : la peinture, l'architecture, le graphisme et le design. Dès que je suis rentrée, j'ai remarqué un lieu remarquable avec une rotonde de verre et son toit en dents de scie. Cette "cathédrale de verre" contient 35 salles et complète l'offre artistique de Munich. J'avoue que je préfère la peinture des siècles précédents, mais quelques peintres ont retenu mon attention dans cette visite : Matisse, Picasso, Miro, Magritte, Dali, Juan Gris pour citer les plus connus. J'ai retrouvé quelques oeuvres du groupe Le Cavalier bleu et d'autres artistes expressionnistes allemands. Mais, quand j'ai poursuivi ma déambulation vers l'art contemporain, j'ai commencé à me poser des questions sur la présence de quelques oeuvres, qui, à mes yeux, me laissent de glace. De Warhol à Twombly, de Rauschenberg à Fontana, je n'accroche guère. J'ai même vu des oeuvres incroyablement bizarres comme une planche en bois sur un oreiller blanc... Ces artistes contemporains dont je n'ai même pas retenu les noms me semblent incompréhensibles. Ces espaces muséaux ressemblent à des coquilles vides. Où se cache la beauté dans ces objets usuels ? Une artiste a mis en scène des cadies pleins de vaisselle. J'ai compris le message ultra féministe d'une révolte antipatriarcale mais, tous ces concepts intellectuels et idéologiques, contenus par des "performances" scéniques, n'attirent pas grand monde dans ces espaces souvent désertés, même à Munich. Un troisième musée m'a aussi étonnée : le Branhorst, ouvert en 2009. Le bâtiment est recouvert de 36 000 lamelles en céramique de couleurs différentes qui donnent un aspect de tableau abstrait. Il utilise l'énergie solaire, ce qui est assez rare pour un musée. Au fond, j'ai préféré l'extérieur avec sa façade multicolore originale que les oeuvres contemporaines exposées. Décidément, je suis plus convaincue par la culture du passé que du présent. Un signe de mon âge, peut-être...
mardi 5 mai 2026
Escapade à Munich, l'art moderne et contemporain, 1
Après la peinture européenne et l'art antique, j'ai poursuivi mes visites dans trois autres musées consacrés à l'art moderne et contemporain. Le Lenbachhaus est un musée municipal situé dans une vaste maison de style florentin, appartenant au peintre Franz von Lenbach, construite en 1887. J'ai donc découvert toutes les oeuvres des artistes du Cavalier bleu (Der Blaue Reiter) qui réunissait Kandinsky, Gabriele Munter, Franz Marc, August Macke, Paul Klee. Je suis restée un bon moment dans le jardin avec sa fontaine, ses sculptures, ses buis et ses bancs. Un jardin idylliqua, une oasis sereine. Rénovée pendant plus de trois ans, la maison toscane abrite aujourd'hui la généreuse donation de Gabriele Munter, peintre et partenaire de Vassily Kandinsky. La démarche artistique de ce mouvement annonce la peinture abstraite bien que beaucoup de toiles restent dans le domaine figuratif. Je reprends une définition de ce mouvement moderniste et passionnant : "La notion de vibration, de résonance intérieure, seule capable d'instaurer un authentique vocabulaire de correspondance entre couleurs, sons et mots, apparaît comme un thème majeur". Plusieurs tableaux de Kandinsky frappent les visiteurs par la symphonie des couleurs vives. J'aime aussi les tableaux de Gabriele Munter, dont l'un présente une femme assise écrivant une lettre. La pensée musicale se retrouve dans les peintures abstraites de Kandinsky qui estimait que la musique était supérieure à la peinture. Il faut voir dans ses toiles des sensations et des émotions. Ce mouvement d'avant-garde, malgré sa brièveté, a marqué l'histoire de l'art en revendiquant un renouveau "spirituel". Un très beau musée incontournable dans une visite de la ville.
lundi 4 mai 2026
Escapade à Munich, une plongée dans l'archéologie, 2
En face du musée archéologique, la Glyptothèque m'attendait et ce lieu si convoité dans mes projets d'escapade en Europe se présentait devant mes yeux, immuable, solennel et imposant. Ce nom d'origine grecque vient de gluptos, objet gravé, et de théké, boîte. Ce musée est consacré à l'art gréco-romain de la statuaire et de la sculpture antique. Inauguré en 1830, cet édifice, souhaité par Louis Ier, est surnommé l'Isar-Athènes. De style néo-classique, conçu comme un temple antique, ce bâtiment monumental a connu des heures sombres durant l'époque nazie quand des autodafés de livres bannis ont eu lieu devant le musée.Le parti nazi a exploité cette place royale pour sa propagande mortifère et totalitaire. Dès l'extérieur du bâtiment, dix-huit niches contiennent des oeuvres originales grecques et romaines. Le fronton au-dessus des colonnes porte aussi des statues de Johann Martin von Wagner, peintre et sculpeur du XIXe. Athéna, ma déesse préférée, protectrice des arts, se tient au centre. Treize salles voûtées, rectangulaires, carrées ou rondes sont reliées par une cour intérieure et la lumière extérieure inonde toutes les oeuvres exposées. J'étais ébahie de voir dans cet espace muséal déjà magnifique dans sa structure, une collection qui s'étend du VIe siècle av. J.-C. jusqu'au Ve siècle ap. J.-C.. Les personnages mythologiques côtoient les plus grands poètes, philosophes et empereurs, d'Homère à Platon, Alexandre le Grand à Marc Aurèle. J'ai remarqué des stèles funéraires émouvantes, des Kouroi, les figures du temple d'Egine, des mosaïques romaines. Une sculpture installée dans une salle spectaculaire en forme de dôme laisse filtrer un halo du lumière sur le Faune de Barberini qui a conservé tout son mystère. Je ne me trouvais plus à Munich mais à Athènes et à Rome ! Un voyage temporel et esthétique qui me fascine toujours autant. Visiter ce musée archéologique réputé restera un des plus beaux souvenirs de mon séjour à Munich.