Ce jeudi 19 mars, dans le salon-bar, "Jetez l'ancre", nous nous sommes retrouvées à Venise grâce aux livres et à la littérature. Odile Bo a démarré la séance avec le roman de Claudie Gallay, "Seule Venise", publié chez Actes en 2004. Notre amie lectrice a beaucoup aimé ce texte avec sa galerie de personnages attachants dont un prince russe, un couple de danseurs, un hôtelier et un libraire. La narratrice s'est réfugiée à Venise pour oublier un chagrin d'amour. Loin d'une Venise envahie par le tourisme de masse, l'écrivaine raconte une renaissance intime que la ville va lui offrir. Cette déambulation amoureuse dans une Venise hivernale se lit avec un grand plaisir. Odile Bo avait lu aussi et apprécié, "Les Jardins de Torcello", son excellent dernier roman paru en 2024. Evidemment, il faut mettre Claudie Gallay dans ses bagages pour la Sérénissime, car, avec son écriture à la Duras, elle sait décrire l'atmosphère vénitienne si magique en toutes saisons. Marie-Christine a beaucoup aimé le livre de Tracy Chevalier, "La Fileuse de verre", un roman historique, familial, patrimonial. Orsola, le personnage principal, notre fileuse de verre, traverse les siècles depuis le XVe jusqu'au XXIe et ce fil conducteur donne un charme particulier au texte. L'artisanat du verre est à l'honneur, surtout la production des perles, seulement réalisée par les femmes qui n'avaient pas le droit de souffler le verre pour créer des objets plus nobles. L'écrivaine évoque l'épisode de la peste, le monde des verriers, le commerce vénitien et l'histoire de la famille Rosso à Murano. Un très bon roman pour connaître Venise et ses environs pendant quelques siècles. Plus agréable à lire qu'un essai historique parfois un peu trop austère à lire. Véronique a aussi apprécié le roman d'Isabelle Autissier, "Le Naufrage de Venise", paru en 2024. Une vague gigantesque a englouti la cité. Avant cette catastrophe, la famille Malegatti s'est déchirée face à ce désastre naturel. Le père ne pense qu'au développement économique touristique tandis que sa femme rêve de sa permanence historique. Léa, leur fille, a compris la menace du changement climatique et elle milite pour la cause écologique. Isabelle Autissier s'insurge dans ce texte contre le déni et l'irresponsabilité des politiques. (La suite, demain)