mardi 16 septembre 2025

Escapade en Provence, Aix-en-Provence, 2

 Avant de rejoindre le musée Granet, j'ai visité la cathédrale Saint-Sauveur, un édifice religieux remarquable, construit sur l'emplacement du forum antique et même sur les fondations d'un ancien temple dédié à Apollon. J'ai tout de suite remarqué un tryptique, "Le Buisson ardent" d'un artiste avignonnais, Nicolas Froment, réalisé au XVe siècle. Je visite systématiquement toutes les cathédrales dans chaque ville que je traverse. En Italie, ces édifices religieux sont des musées et en France, quelques cathédrales composent un patrimoine irremplaçable. Je pense à la cathédrale gothique de Bayonne près de laquelle j'habitais dans ma jeunesse. De ma fenêtre, je contemplais les arcs-boutants et j'avais l'impression de les toucher. J'ai beaucoup déménagé dans ma vie et cet appartement en plein centre de Bayonne, rue Argenterie, a marqué ma mémoire. J'avais réservé mon billet vers 16h pour visiter l'exposition Cezanne. Il fallait se présenter trente minutes avant avec un dispositif digne d'une zone d'embarquement dans un aéroport : présentation des papiers, fouille des sacs dans le portique, scanner corporel. J'étais vraiment étonnée par ce souci sécuritaire impressionnant. La majorité des visiteurs avait dépassé la soixantaine et je ne pense pas que nous avions l'intention de jeter des pots de peinture sur les magnifiques tableaux de Cezanne. La bêtise de certains gestes d'écologistes en furie m'afflige. Rentrer dans un musée ressemble maintenant à marathon où il faut s'armer de patience. Plus de 130 peintures, dessins et aquarelles composent cette rétrospective exceptionnelle : portraits, autoportraits, paysages de la bastide familiale, natures mortes, baigneurs et baigneuses. Ces oeuvres inestimables venaient de Bâle, Chicago, Londres, NewYork, Ottawa, Tokyo, Zurich, etc. Je ne pouvais pas manquer cette exposition internationale sur Cezanne ! J'étais fascinée par les natures mortes et je voue un culte particulier pour les pommes cezaniennes, symboles de la pureté, de la générosité et de la simplicité. Cezanne voulait redonner ses lettres de noblesse à la nature morte et il disait : "Avec une pomme, je veux étonner Paris !". Les fruits symbolisent aussi la vie dans sa dimension éphémère. Mais, selon son biographe, Bernard Fauconnier, Cézanne "cherchait la quintessence de la pomme. L'être de la pomme. Plutôt que de vouloir saisir l'instant, il tend vers une notion d'éternité". (La suite, demain)