lundi 12 janvier 2026

Le Lac du Bourget, l'esprit du lieu

 En feuilletant le Télérama de ma belle-mère, je suis tombée sur un article sympathique concernant notre lac du Bourget, un des lacs les plus littéraires du pays. Alphonse de Lamartine (1790-1869) a composé un poème inoubliable que beaucoup d'écoliers de ma génération ont récité. J'ai relu attentivement ce long poème magnifique et j'ai retenu cette strophe : "Aimons donc, aimons donc ! De l'heure fugitive, Hâtons-nous, jouissons ! L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive ; il coule, et nous passons !". Le poète interpelle la nature pour qu'elle témoigne de son amour pour Julie Charles, qu'il sauve de la noyade. Mais, elle est atteinte de la tuberculose, ce qui explique sa présence dans la ville aixoise. Hélàs, elle est morte un an après leur rencontre. Le poète interpelle la nature : "Ô lac ! Rochers muets ! Grottes ! Forêt obscure !".  L'eau "mugissait sous ces roches profondes" et la dernière strophe se termine ainsi : "Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire, que les parfums légers de ton air embaumé, (...) tout dise : ils ont aimé !". Lamartine est venu se soigner plusieurs fois en Savoie comme beaucoup d'aristocrates de son époque. Il souffrait de dépression et le lac devait apaiser son angoisse de vivre. Que reste-t-il de Lamartine ? Son poème évidemment mais aussi un bloc de granit gravé d'une strophe au cap des Séselets au Viviers-du-Lac, une statue en bronze à Aix-les-Bains, un buste à Tresserve. L'article en question rend un hommage au lac en soulignant le côté "inspirant" du paysage, été comme hiver. Depuis que je vis en Savoie, plus de vingt-cinq ans maintenant, je suis irrésistiblement attirée par ce lac que j'ai choisi comme mon parcours de marche en observant son environnement enchanteur au Bourget, à Aix et au Viviers : la montagne avec sa Dent du Chat, le château de Bourdeau, l'Abbaye cistercienne de Hautecombe, les ports, les roselières, les mouettes, les aigrettes, les cormorans, les canards et tant d'autres merveilles. Mon esprit est tapissé de ces paysages verdoyants et bleutés. Quelle chance de vivre à côté de ce bijou naturel  d'un romantisme absolu !