Quelle bonne nouvelle ! Enfin, Boualem Sansal appartient désormais à l'Académie française depuis le 29 janvier au fauteuil 3. Il a obtenu 25 voix sur 26. Quel est son collègue qui n'a pas voté pour lui ? Mystère... La presse et les médias ont salué à l'unanimité son élection et je m'en félicite aussi. Il était temps qu'il soit reconnu par cette institution, gardienne de la langue française et de son prestige. Il avait reçu le Grand Prix de la francophonie en 2013, puis le Grand Prix du roman pour sa dystopie, "2084. La fin du monde" en 2015. L'écrivain a déclaré à la radio : "Devenir académicien, c'est entrer dans l'Histoire de France". Il est devenu le 746e Immortel depuis 1635 ! Pour s'intégrer dans ce cercle d'élus, il faut posséder quelques qualités humaines comme la courtoisie, l'élégance, la délicatesse et l'écrivain franco-algérien détient toutes ces remarquables manières. Mais, l'élément le plus essentiel dépasse de loin les critères d'une personne éminemment civilisé. Son oeuvre "contribue de façon éminente au maintien et à l'illustration de la langue française". Il faut absolument lire et découvrir l'ensemble de ses romans. Il a été prisonnier d'un régime dictatorial en Algérie en 2025 pour sa liberté de paroles et pour son indépendance d'esprit. Un grand écrivain, un homme courageux, un homme libre. Un symbole fort et essentiel pour une littérature de la vérité. Lisa Romain, une docteure en lettres, lui a consacré un excellent essai, "Boualem Sansal à l'épreuve du réel" et elle écrit que l'écrivain "est au coeur de la littérature, de l'écriture et pas dans un engagement politique au service d'un quelconque parti ou d'une idéologie". Elle ajoute : "Ses livres se sont chargés d'une valeur prophétique". Le message de cette vénérable dame, l'Académie, âgée de plus de 390 ans, semble clair : la liberté de pensée ne se négocie pas et aucun régime totalitaire et autoritaire ne peut baillonner la littérature. Boualem Sansal est enfin "libre" d'assister le jeudi à la séance hebdomadaire du dictionnaire ! C'est quand même plus réjouissant qu'une prison algérienne et j'ai hâte de lire le nouveau livre de cet écrivain.