jeudi 9 avril 2026

Escapade à Venise, Fascinant Giorgione

 Pour connaître le génie de la peinture italienne, il suffit de visiter la Galerie de l'Académie, une institution culturelle incontournable à Venise. A chacun de mes séjours vénitiens, je ne manque jamais l'Académie et il m'est même arrivée d'y aller deux fois dans le même séjour tellement j'aime ce musée à taille humaine qui récèle des trésors. Dès le matin, à l'ouverture, j'ai pris mon temps pour parcourir la vingtaine de salles en me concentrant sur les Bellini, les Véronèse, les Tintoret, les Lotto, etc. Mais un peintre a retenu mon extrême attention : Giorgio Barbarelli dit Giorgione, né en 1477 à Castelfranco et mort à Venise en 1510. Mort à 32 ans, un destin foudroyé. J'admire depuis des années son chef d'oeuvre absolu, "La Tempête". Pendant mon séjour, je lisais les "Mémoires de Giorgione" de Claude Chevreuil, publié en Livre de Poche. Dans cette biographie romancée, le peintre raconte sa courte vie à son élève préféré : son enfance solitaire dans la ferme de ses parents, sa passion du dessin, son apprentissage dans l'atelier de Bellini, son goût de la musique, des livres et de l'amour. Le peintre croise Dürer, Léonard de Vinci, Titien. Dans ce roman, Venise fascine par ses splendeurs, ses nobles, son peuple, ses courtisanes. Une lecture parfaite pour découvrir l'univers pictural de Giorgione. J'étais devant le tableau, "La Tempête", quand un professeur d'histoire est venu commenter le chef d'oeuvre à des lycéens de Strasbourg. Ils ne se rendaient pas compte, ces jeunes ados, de la chance qu'ils vivaient de visiter si tôt un des plus beaux musées du monde ! Le professeur s'est lancé dans une explication un peu trop classique du tableau. Je comprenais aussi que ce n'était pas facile pour lui de commenter "La Tempête" devant des jeunes, plus préoccupés par leur vie que par celle de Giorgione... Les spécialistes de la peinture lui attribuent seulement 24 tableaux à l'huile sur bois ou sur toile. Le Louvre n'en possède qu'un, "Le Concert champêtre". Venise me rejouit toujours autant et je ne me lasserai jamais de sa beauté profonde, teintée de mélancolie comme un vieux monde qui doit disparaître en 2100 ! Je ne peux pas croire cette prédiction, semble-t-il, scientifique. Le monde sans Venise, inimaginable... Venise est éternelle !