Danièle et Odile Ba ont découvert avec plaisir le roman crépusculaire de Thomas Mann, "La Mort à Venise", publié en 1912. Un écrivain quinquagénaire, un peu déprimé, un peu las de sa vie à Munich, retrouve la passion dans un hôtel du Lido en observant la beauté d'un jeune adolescent, Tadzio. Cette fascination amoureuse pourrait heurter mais Thomas Mann évoque la beauté comme un idéal platonicien du "Beau" tant le livre récèle de réferences littéraires de la Grèce antique. Il faut se souvenir de l'amour de l'empereur Hadrien pour le jeune éphèbe, Antinous. Ce texte philosophique peut se lire comme une histoire d'amour interdit qui entraîne la "déchéance" morale et physique de l'écrivain dans un dernier soupir sur une plage du Lido. Et Venise offre un décor théâtral et tragique à cet homme en fin de vie. Et si ce jeune homme incarnait tout simplement la vie, l'amour de la vie dans sa beauté la plus pure ? Il faut lire et relire ce chef d'oeuvre de la littérature allemande. Un diamant noir fascinant. Odile Ba a lu aussi le premier roman de Donna Leon, "Mort à la Fenice", le premier de la série Brunetti. Un maestro a été assassiné dans sa loge et dans les coulisses du théâtre, le commissaire découvre l'envers du décor. il faut découvrir ce roman policier pour se balader avec plaisir dans la cité vénitienne. Au lieu de parcourir un guide touristique, prenez quelques Donna Leon dans la valise ! Régine et Geneviève ont lu et apprécié "Le Grand feu" de Leonor de Recondo, publié en 2023 chez Grasset. En 1699, Ilaria, née dans une famille modeste de marchands, est placée par sa mère dans un orphelinat particulier car on y enseigne la musique au plus haut niveau. Les Vénitiens adorent assister aux concerts organisés mais les jeunes filles se cachent derrière des grilles ouvragées. Ilaria apprend le violon et devient copiste d'un musicien, le maestro Vivaldi ! Une amie, Prudenzia, va l'initier au monde extérieur en l'invitant chez elle et elle rencontrera l'amour. Ce roman lumineux évoque la passion de la musique et la beauté de la ville. Nietzsche a écrit : "Lorsque je cherche un autre mot pour exprimer le terme musique, je ne trouve jamais que le mot Venise". Voilà pour les lectures sur Venise en ce mois de mars. Certains textes n'ont pas été présentés comme celui de Jean-Paul Kauffmann, "Venise à double tour", un excellent récit sur les sublimes églises de la cité. Evidemment, pour ma part, je ne quitte pas Venise car je voguerai sur le Canal Grande dès dimanche...