lundi 9 mars 2026

Rubrique Nostalgie, "L' Amour des livres"

 J'ai conservé dans ma bibliothèque des livres que je n'ai pas ouverts depuis des années. Mais, ils demeurent sur les étagères, ils m'attendent sagement que je les sorte de l'oubli. En balayant du regard mes bibliothèques, j'ai saisi un petit opuscule avec un titre alléchant, "L'Amour des livres", publié aux éditions "Le Temps qu'il fait". Je me suis demandée si cette maison artisanale, née en 1981, existait toujours et grâce à internet, j'ai appris que cette petite maison d'édition survivait encore et sur leur site, elle prône l'indépendance d'esprit, et "leur passion pour la langue" tout en poursuivant leur travail scrupuleux pour publier des ouvrages de qualité. Malgré la raréfaction des grands lecteurs, le coût réel de la diffusion, "Le Temps qu'il fait" propose toujours un catalogue de sept cents références. Le livre en question, "L'Amour des livres", est un recueil de textes pour fêter leur cinquième anniversaire dont le siège se trouve dans la région bordelaise. Les écrivains et les poètes publiés ne sont pas des "grosses pointures" parisiennes mais, bien au contraire, des hommes et des femmes discrets, intimistes, trop provinciaux peut-être. Je peux citer Jean-Pierre Abraham, Jean-Loup Trassard, Henri Thomas, Christian Bobin, etc. Le premier texte est signé de Baptiste-Marrey et il relate son apprentissage à l'âge de 17 ans chez un imprimeur à Paris. Jacques Laurans a écrit le quatrième texte et je ne résiste pas à citer ce passage : "Des livres attendent d'être lus, séjournant parfois plusieurs années avant qu'on les saisisse. Telle est l'amitié et la patience des livres. Ils demeurent droit, immobiles et silencieux, sachant que leur tour viendra au hasard d'une circonstance imprévisible. Pendant ce temps, une fine poussière se dépose sur la tranche des feuillets, tels ces minces fils argentés qui sillonnent discrètement nos tempes de lecteur". Quand je suis entrée dans "la religion des livres" tellement cet objet magique me passionnait, je collectionnais quelques ouvrages pour mieux connaître ce monde de l'imprimé. Je les ai précieusement conservés dans ma bibliothèque par fidélité et par "amour des livres" pour me souvenir de mes années passées dans ma librairie à Bayonne et dans les bibliothèques municipales. J'étais le capitaine de ces navires de livres, ancrés dans les territoires d'Eybens à Tarare, de Grenoble à La Tour du Pin pour terminer en Savoie,  à la bibliothèque universitaire de Chambéry. Quand je songe à mon passé professionnel, je me dis que j'avais quand mème une chance inouïe de vivre dans ce milieu culturel, délicieusement civilisé. L'amour des livres, l'amour de la connaissance, de la curiosité et de la vie !