Le nouveau roman de Sandro Veronesi, "Septembre noir", démarre ainsi : "Pour vous raconter cette histoire, je dois commencer par évoquer mes parents. Ils étaient à cette époque les dépositaires de ma sérénité, c'est donc qu'ils étaient de bons parents. J'avais douze ans et rien dans ma vie n'aurait pu, même de loin, rivaliser en importance avec eux". Le narrateur, Luigi Bellandi, professeur et traducteur, plonge dans son passé, surtout dans l'été 1972 au bord de la mer. Sa famille loue tous les ans une maison dans une station balnéaire toscane. Son père, avocat de métier, apprécie la voile et son fils, Gigio, l'accompagne souvent. Sa soeur est atteinte d'une maladie de la peau et elle reste le plus souvent avec sa mère, d'origine irlandaise, ne fréquentant la plage que le matin ou le soir. Que fait-on l'été à la plage ? Se baigner, rencontrer des copains, jouer au ballon, suivre le Tour de France. Gigio remarque une jeune fille, Astel Raimondi, la fille d'un homme riche. Cet industriel est marié avec une femme, originaire de l'Ethiopie. Les deux adolescents vont se fréquenter et se lier en partageant le goût des chansons de rock que le garçon traduit car il parle anglais grâce à sa mère. Ce sera le premier amour du narrateur. Astel l'invite dans sa belle maison bourgeoise. L'été se passe dans cette ambiance de bonheur jusqu'au dénouement final. Le titre du roman rappelle la tragédie des Jeux olympiques à Munich où des athlètes israéliens ont été tués par des terroristes palestiniens. Le père du narrateur s'absente souvent du foyer et celui d'Astel est assassiné. Le narrateur analyse cette rupture entre l'enfance innocente et une adolescence bousculée par la "férocité du monde". La famille heureuse se décompose à la fin de l'été. Sa mère quitte son mari et part dans son Irlande natale avec les deux enfants.L'adolescent a été trahi par ses parents et par la perte d'Astel. L'insouciance du narrateur se heurte à la réalité cruelle que les adultes introduisent dans sa jeune existence. Mais sur ces "ruines", le narrateur se reconstruit grâce à l'écriture. La fin du roman évoque les destins des quatre membres de la famille. Un roman intense, dense, profond à découvrir. Un portrait attachant du passage délicat entre l'enfance et l'adolescence. Et le charme italien en prime...
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