Après Vannes, j'ai pris le bateau pour l'île d'Arz. Dès que j'ai quitté l'embarcadère, j'ai senti que je prenais la direction d'un petit paradis marin. Devant mes yeux éblouis par cette beauté naturelle, le Golfe du Morbihan brillait de tous ses lamelles d'argent avec des petits ports de plaisance. J'étais conquise d'emblée par ces paysages sereins et apaisants. Le bateau s'est approché du débarcadère et mon hôtel, "L'escale", se situait à cent mètres. Il m'a fallu très peu de temps pour me rendre compte que tout allait me plaire dans ce lieu, béni des dieux : la simplicité, l'authenticité et le silence. Les visiteurs étaient tous munis de sacs à dos pour entreprendre des randonnées car les voitures sont interdites sauf pour les artisans et les métiers médicaux. Le tour de l'île se pratique dans les sentiers côtiers cumulant une vingtaine de kilomètres, un petit ruban pour les marcheurs professionnels, mais pour moi largement suffisant. Dès ma valise posée, je me suis précipitée sur la plage de la Falaise, qui offre des ouvertures magnifiques sur le golfe, parsemé de barques et de voiliers. Je remarquais le sable avec ces millions de coquillages et j'adore ramasser quelques spécimens. Mais, pas de baignade car la mer me proposait un petit quatorze degré. Un minibus électrique permet d'atteindre le bourg et je l'ai pris pour visiter l'église romane, pleine de charme, datant du XIIe siècle et batie par les moines de Rhyus. Je me suis promenée dans les ruelles du bourg pour admirer les petites maisons de poupée avec leur toit en ardoise et leurs hortensias de toutes les couleurs. Ses 257 habitants ont bien de la chance de vivre sur cet île, appelé l'île des Capitaines car sa population a servi dans la marine dès la fin du XVIIIe siècle. Il reste de belles maisons de maître que l'on repère vite. Dans ce bourg, vit une cousine, Brigitte, âgée de 90 ans, dans sa belle maison face à la mer. Alors que je ne l'ai pas vue depuis de nombreuses années, elle m'a reçue avec joie et elle m'a raconté sa vie sur l'île en insistant sur la solidarité essentielle entre voisins. Il faut une sacrée organisation pour les courses malgré la petite épicerie du bourg. Mais, ma cousine (par alliance) m'a donné une leçon d'optimisme car, malgré le fait qu'elle vit seule, elle conserve un amour de la vie indestructible. Je suppose que vivre en bord de mer provoque souvent une euphorie existentielle, ce que je ressens dès que je marche sur une plage.