mercredi 18 mars 2026

"Mort à Venise", Thomas Mann

 Dans le cadre de l'Atelier Littérature de mars, j'ai choisi le thème de Venise. J'ai donc lu pour la troisième fois le roman de Thomas Mann, "Mort à Venise", publié en 1912. L'écrivain allemand a découvert la cité un an avant l'écriture de son récit largement autobiographique. Gustav von Aschenbach, un quinquagénaire, est un auteur munichois reconnu, même annobli pour l'ensemble de ses oeuvres. Il décide de voyager seul et aboutit à Venise dans le Grand Hôtel des Bains au Lido. En observant les pensionnaires de l'hôtel, il remarque un jeune adolescent polonais d'une beauté stupéfiante. Ce garçon appartient à une grande famille et il est très entouré par ses soeurs et leur nurse. La fascination de l'écrivain pour ce jeune adolescent d'une beauté grecque le paralyse et il n'ose pas l'aborder tout en le suivant dans le labyrinthe vénitien. Il apprend que le choléra sévit sur la ville et il décide de rester dans son hôtel pour admirer son jeune Adonis. Il meurt sur la plage en contemplant Tadzio. Visconti a tiré un film magnifique de cette longue nouvelle en 1971. Dans un entretien, Thomas Mann déclare qu'il a désiré écrire une histoire d'amour interdit en pensant au dernier amour de Goethe pour une jeune fille. La passion du narrateur pour ce garçon provoque en lui le chaos intime et la dégradation morale. Et Venise dans ce roman crépusculaire ? La cité semble accablée par la chaleur, la puanteur et le choléra. A travers ce portrait peu flatteur de Venise, l'écrivain compare l'âme mélancolique de von Aschenbach à la ville, figée dans sa beauté de pierre et d'eau. L'écrivain au bout de ses forces rencontre l'Ange ou le Démon, incarné par le jeune éphèbe. Pour lui, ce sera sa dernière folie, sa dernière passion, son dernier souffle de vie. En le redécouvrant pour la troisième fois, j'ai encore mieux apprécié ce roman si viscontien avec la magie sulfureuse de la cité lacustre, vouée au déclin et à la disparition. J'ai retenu cette citation : "De la solitude nait l'originalité, la beauté en ce qu'elle a d'osé et d'étrange, le poème. Et de la solitude aussi, les choses à rebours, désordonnées, absurdes, coupables". Un récit envoûtant que l'on peut interpréter de différents points de vue ! 

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