mardi 10 mars 2026

"La Fileuse de verre", Tracy Chevalier

 Tracy Chevalier, écrivaine anglo-américaine, a composé des romans historiques très plaisants à lire en particulier "La jeune fille à la perle" et "Prodigieuses créatures". En 2024, elle publie "La Fileuse de verre", disponible dans la collection Folio. J'ai choisi ce roman dans le cadre de l'Atelier Littérature de mars sur Venise. L'histoire de notre fileuse démarre en 1486 en pleine Renaissance italienne et se termine à l'époque actuelle avec les mêmes personnages, une famille sur l'île de Murano. Cette entorse au temps est une originalité dans cette fresque historique de grande ampleur. Le milieu décrit évoque évidemment le monde des maîtres verriers qui, tout au long des siècles, ont préservé leurs secrets de fabrication. Souffler le verre reste le domaine des hommes. Mais, Orsola Rosso, l'héroïne du roman, transgresse cette tradition séculaire en trouvant une idée géniale : créer des perles de verre, un artisanat "toléré" par les hommes. Ce travail pourtant peu rémunéré va sauver sa famille pendant l'épidémie de la peste qui tuera plus de 40 000 vénitiens. Murano s'est toujours livré au commerce du verre et cette famille Rosso symbolise à elle seule la production ancestrale de cet artisanat noble qui dure encore aujourd'hui. La famille, solidaire et soudée, traverse les époques avec les drames et les bonheurs : la mort du patriarche, l'exil de la mère pendant la peste, les naissances, les mariages, les décès. Orsola comme les siens se méfie de la terraferma et ausi de Venise, la commerçante par excellence. La lagune devient le milieu essentiel du roman avec les bateaux, les gondoliers, les marchands. Orsola tombe amoureuse d'un pêcheur, Antonio, qui veut devenir maître verrier mais ce petit monde n'accepte pas facilement les "étrangers" à leur monde propre. Il s'exilera à Prague pour lancer le commerce du verre. Tous les ans, il fera parvenir à Orsola un petit dauphin en verre pour lui prouver son amour. Orsola se marie avec un verrier pour consolider l'entreprise familiale. Puis, arrive le déclin de Venise, les troupes de Napoléon et des Autrichiens, l'arrivée des vaporetti, de la foule touristique. Cette saga vénitienne se lit avec plaisir en rêvant de la lagune et de Murano, des verriers et des gondoliers, de Venise, la belle Sérénissime, figée dans un décor des siècles passés jusqu'au futur naufrage final. Ce roman très bien documenté sur l'artisanat du verre m'a appris le dur labeur des verriers de Murano et dans quelques jours, je visitera le musée du verre pour acquérir quelques perles d'Orsola... 

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