Après Brauron, Athènes a surgi devant mon regard avec son architecture anarchique, son flux incessant de voitures, de taxis jaunes, de bus et de trams. J'ai reconnu tout de suite cette ambiance à la napolitaine. Comme c'était l'heure du déjeuner, j'ai retrouvé un restaurant d'antan, le Kalimari, près de notre location. J'ai savouré ses fameuses "souvlaki", des petites brochettes de viandes diverses cuites au feu de bois. Quand je suis rentrée dans l'appartement situé dans le quartier de l'Acropole, j'ai vu, de ma terrasse au dernier étage, le Parthénon dans sa majesté somptueuse. Je l'avais là devant mes yeux, de jour comme de nuit et je pouvais l'observer de mon lit... Ma première balade dans la ville m'a remis en mémoire les lieux que j'avais déjà visités à plusieurs reprises : l'Olympion, la Porte d'Hadrien, l'Agora romaine avec la Tour des Quatre Vents, l'Athènes antique. L'Athènes contemporaine nous donnait une autre vision : des rues animées, la foule urbaine, le bruit et la fureur des métropoles. J'étais passée d'un monde calme, serein à Kea et dans l'Attique à un univers électrique, bouillant d'énergie avec ses nombreux commerces, restaurants, boutiques diverses souvent vintages. En fin d'après-midi, j'ai arpenté la rue pavée la plus fréquentée par les touristes, Dionysiou Aeropagitou. Ce chemin de pierre brute longe d'un côté les monuments les plus fabuleux d'Athènes : l'Acropole, le théâtre de Dionysos, l'Odéon d'Hérode Atticus et de l'autre côté, des immeubles cossus de style néoclassique. En fin de journée, cette avenue piétonne semble retrouver sa sérénité. Ce jour-là, j'ai entendu une soprano avec une voix merveilleuse. Elle chantait des airs de Haendel et de Vivaldi. J'étais sous son charme. Cette jeune femme s'appelait Elena, une muse chantante pour m'accueillir aux pieds de l'Acropole. Décidément, les dieux grecs n'ont jamais quitté la cité antique car ils m'ont envoyé une de leurs messagères. Dans la Grèce antique, la musique avait une place essentielle dans tous les événements de la vie. Un moment de grâce après ma déambulation dans les quartiers bruyants d'Athènes.