jeudi 20 août 2026

"La Prisonnière", Marcel Proust, 1

 Comme tous les étés, je relis un "Proust" et je viens de terminer le cinquième tome de la Recherche, "La Prisonnière", publié en 1923. Cette deuxième lecture s'apparente toutefois à une première tellement ma mémoire ne peut conserver les détails multiples d'un tel ouvrage. Subsistent des impressions, des "réminiscences" de certains passages. Il est très périlleux de résumer un ouvrage proustien mais, je vais tenter l'expérience en toute modestie. Le narrateur entretient une relation amoureuse possessive avec Albertine. Pourtant le narrateur semble vraiment malheureux car il dissèque surtout le sentiment de jalousie qu'il éprouve à l'égard de cette jeune femme insaisissable. Il est rentré de Balbec avec elle et elle occupe une chambre dans l'appartement de ses parents. Sa mère ne considère pas cette relation d'un bon oeil, ni Françoise, sa fidèle servante qui voit dans Albertine, une profiteuse et une fille peu sérieuse. Le narrateur pathologiquement jaloux fait surveiller sa compagne dans ses sorties à Paris avec une de ses amies, Andrée. Il est tiraillé par sa méfiance car il la soupçonne d'être homosexuelle en préferant les jeunes filles. Il souhaite souvent rompre mais son caractère velléitaire l'empêche de passer à l'acte. Comme le narrateur possède une fortune, il offre à sa "fiancée" des robes de luxe, signées du couturier Fortuny sur les conseils de la Duchesse de Guermantes. Albertine cultive l'art du mensonge et elle est, presque malgré elle, "prisonnière" de son système. Malgré cette relation orageuse, ils partagent quelques moments de bonheur dans des soirées de lecture et de musique. Dans ce tome, le lecteur apprend la mort de l'écrivain Bergotte dans un malaise alors qu'il admirait dans un musée un tableau de Vermeer, "La Vue de Delf". Cette scène est une des plus connus avec ce "petit pan de mur jaune".  Proust raconte avec un scalpel de chirurgien sa relation avec Albertine mais parfois, en grand philosophe de l'intimité, il libère des pensées profondes comme celle-ci alors qu'il analyse sa fascination amoureuse : "Quand nous avons dépassé un certain âge, l'âme de l'enfant que nous fûmes et l'âme des morts dont nous sommes sortis, viennent nous jeter à poignée leurs richesses et leurs mauvais sorts (...) Nous devons recevoir, dès une certaine heure, tous nos parents arrivés de si loin et assemblés autour de nous". (La suite, demain)