mardi 25 août 2026

"Mer intérieure", Christophe Ono-dit-Biot, 2

La passion de Christophe Ono-dit-Biot pour la mer ne connait pas de limite. Nageur émérite, il pratique  aussi la plongée sous-marine car, "S'immerger, c'est renaître" pour revivre "la bienfaisante tiédeur du ventre maternel". Son exploration des eaux marines lui apporte des connaissances incomparables : "Je tiens la mer pour une bibliothèque liquide à en feuilleter les pages d'écume, peuplées de créatures fascinantes, nous devenons année après année plus sages et plus heureux". Ces voyages en profondeur lui apportent une "expérience religieuse de communion avec le monde". La mer offre alors pour l'auteur une certaine idée de l'infini, ce sentiment océanique si bien décrit par Romain Rolland. Evidemment, il évoque le héros par excellence de la Méditerranée, Ulysse, incontournable marin odysséen, qui domine les épreuves de la vie en donnant l'exemple du courage humain face à l'adversité. Les références littéraires parsèment le texte avec le capitaine Achab, l'inoubliable personnage de Moby Dick, l'Atlantide de Pierre Benoit, le capitaine Nemo, etc. L'auteur consacre des chapitres aux créatures marines fascinantes comme les baleines, les poulpes, les dauphins et il n'oublie pas le dieu grec, le terrible Poséidon. Le saccage de l'univers marin est dénoncé aussi avec l'empoisonnement par le plastique et par d'autres déchets toxiques, provoqués par la pêche intensive. Si la "mer meurt, c'est aussi un imaginaire qui meurt", et Christophe Ono-dit-Biot désire protéger la mer, considérée comme un sanctuaire, un "refuge des grands secrets du monde". Un critique littéraire a proposé les termes "intime et cosmique" pour qualifier la démarche poétique et documentée de l'auteur au sujet de l'univers marin. "Mer intérieure" ne peut que procurer un grand plaisir de lecture à savourer avant la rentrée et ses turbulences habituelles. Prendre le large sans bouger de chez soi, une aubaine à saisir.