mardi 3 novembre 2026

"Le Parfum des années", Evelyne Bloch-Dano

 La belle collection "Ma nuit au musée" chez Stock vient d'intégrer dans sa liste un ouvrage d'Evelyne Bloch-Dano, "Le Parfum des années". L'autrice, biographe érudite, a passé une nuit dans la villa de Proust à Cabourg. Quelle chance ! Je pense que ce rêve est irréalisable pour moi. Mais, j'ai l'intention de visiter la Normandie et je ne manquerai pas de visiter ce musée proustien. En mars 2025, la voilà seule au milieu de l'univers de Marcel Proust sur un lit de camp avec une lampe de poche pour déambuler dans cet espace fantasmatique "en accueillant le silence, la solitude, la liberté". La villa Proust a été construite en 1860 par Clément Parent, une vaste construction en briques dont les façades sont ornées de croisillons losangés. Transformée en pension de famille, elle devient aujourd'hui la Villa du temps retrouvé. Proust a certainement visité cette villa car il était ami avec les fils de cette famille. La narratrice raconte sa nuit avec les fantômes de la Recherche quand elle regarde les images d'archives projetées sur un grand écran. C'était la Belle Epoque, le début des voyages en train, la mode des bains de mer. Les cabines des plages étaient traînées par des ânes. L'art tient une place importante dans le musée avec les tableaux de Boudin, Pissaro, Sisley, Picasso. Le féminisme naissant de cette époque est aussi mentionné et relaté par Evelyne Bloch-Dano. Une galerie de femmes célèbres défile devant nos yeux : Sarah Bernhardt, Alice Guy, la comtesse de Greffuhle, etc. Evidemment, elle relate sa rencontre éblouie avec la Recherche à l'âge de 17 ans lors de vacances au Portugal. Ce musée ne comporte pas de collection permanente mais le côté éphèmère l'enchante : "C'est ce qui se produit dans nos vies. Ce musée est une vraie métaphore de la conception du temps et de la mémoire chez Proust". J'ai donc retrouvé avec cet essai agréable à lire mon cher Marcel et j'ai même découvert grâce à Evelyne Bloch-Dano, une grande artiste peintre allemande que je ne connaissais pas : Louise Catherine Breslau (1856-1927).