Pour rester fidèle aux paroles des lectrices de l'atelier, je m'empresse d'écrire le compte rendu de la deuxième partie consacrée aux romans tirés au sort et choisis sur le thème de l'art dans la littérature. Evelyne a évoqué avec plaisir le roman de Mathias Enard, "Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants", paru en 2010 et ayant obtenu le prix Goncourt des Lycéens. Michel-Ange débarque à Constantinople en 1506 pour concevoir un pont sur la Corne d'Or. Il rencontre des personnages singuliers comme une danseuse espagnole, un poète ottoman, et le choc culturel entre la culture de la Renaissance italienne et le monde ottoman sert de fil conducteur tout au long de ces pages inspirées. Danièle avait tiré au sort "Les nouvelles orientales" de Marguerite Yourcenar dont le célèbre "Comment Wang-Fô fut sauvé" ou comment le peintre considère l'art comme la vraie vie. Ce conte a gardé tout son charme magique et philosophique. Janine s'est distinguée par son sérieux de lectrice car elle a lu à deux reprises le "Terrasse à Rome" de Pascal Quignard, roman un peu difficile d'accès et qui l'a laissée dubitative tout en nous assurant que le livre comportait des beaux passages. Elle a relaté avec force détails la vie du graveur Meaume et de ses amours compliqués. L'œuvre de Pascal Quignard, on l'aime d'emblée dès la première page ou on la trouve bizarre, ridicule et illisible... Geneviève a bien apprécié le livre de Iain Pears, écrivain anglais de thrillers, l'histoire d'une amitié entre un peintre et son critique sous forme de monologue et aussi présenté "Le bateau brume" de Philippe Le Guillou, une histoire familiale avec deux frères jumeaux, l'un est un artiste, et l'autre est attiré par le monde politique. L'écrivain explore le thème de la gémellité avec un talent certain servi par une belle écriture classique et élégante. Régine a lu avec intérêt le roman de l'écrivaine amérindienne Louise Erdrich, "Le jeu des ombres", un huis clos entre un peintre et sa femme, qui est aussi son unique modèle. Elle écrit un journal bleu qu'il lit en secret et un journal rouge pour elle seule. Une écrivaine à découvrir... Mylène a parlé très brièvement de Georges Perec et de son "Cabinet d'amateur". Michelle a bien résumé le roman d'une écrivaine australienne, Fiona Capp, "Portrait de l'artiste en hors-la-loi", un beau récit sur une femme artiste en 1871, mal vue par la bonne société et harcelée par le chef de la police dont elle a repoussé les avances. Ce livre "toujours en mouvement" selon les paroles de Michelle peut plaire à un large public. Janelou a terminé la séance avec le roman d'Antoine Choplin, "Léger fracas du monde", ou l'histoire d'Evariste, artiste-peintre, qui se rend au bord du Lac du Bourget pour peindre sa dernière toile mais au lieu de se mettre au travail, il rencontre des femmes singulières qui changeront sa vie. Le tirage au sort s'est donc révélé plutôt positif. Je tiens aussi à remercier sincèrement mes treize lectrices, toujours aussi motivées pour se retrouver autour des romans et partageant des coups de cœur et des découvertes qui seront certainement des lectures fertiles pour 2014...
des critiques de livres, des romans, des moments de lectures, des idées de lecture, lecture-partage, lecture-rencontre, lectures
mercredi 15 janvier 2014
mardi 14 janvier 2014
Atelier de lecture, 1
Nous avons repris le chemin de l'atelier de lecture en ce mardi 14 janvier, (coïncidence, nous étions 14) où toutes les lectrices inscrites étaient présentes à l'exception d'une collègue indisponible. Nous avons nos "habitudes" dans cet atelier : nous avons démarré par les coups de cœur... Danièle nous a offert un petit cadeau charmant : la charte de Daniel Pennac sur la lecture en dix droits (de lire, de ne pas lire, d'interrompre la lecture, etc.). Elle a choisi l'incontournable, l'émouvant chef d'œuvre d'Albert Camus, "Le premier homme" qui nous fait aimer cet écrivain comme un grand frère chaleureux et éternel. Elle a aussi découvert le très célèbre et savoureux, "Le sel de la vie" de Françoise Héritier et "Le condottière" de Georges Perec, roman posthume. Sylvie-Anne a montré un beau livre, "La Provence gourmande" de Jean Giono, où se mêlent de succulentes recettes à des textes de cet écrivain trop oublié de nos jours. Dany a évoqué un document d'Edward Abbey, "Le désert solitaire", texte semé d'images et de réflexions sur un parc américain et sur le tourisme envahisseur. Nicole a présenté "Rue des voleurs" de Mathias Enard, un roman passionnant sur le sujet de l'immigration, du terrorisme islamique, de la frontière fragile entre le vivre "normal" et le "hors-normal". Elle a évoqué un roman très drôle d'Alain Monnier, "Givrée" et une anthologie d'excellentes nouvelles, "Raconteur d'histoires" de Didier Daeninckx, parue en 2003. Marie-Christine a commencé le roman de Claude Pujade-Renaud, "Dans l'ombre de la lumière" qui raconte la vie de la concubine de Saint-Augustin dans les années 354-430 au temps du christianisme naissant. Ce roman historique très documenté l'intéresse beaucoup et on connait le talent littéraire de cette écrivaine trop discrète qui mérite un large public. Janine nous a parlé d'un petit livre tonique et optimiste d'une psycho psychiatre, Anne Ancelin Schutzenberger, "Ici et maintenant, vivons pleinement". Régine a beaucoup aimé le roman de Marie N'Diaye, "Ladivine", récit très original d'une écriture flamboyante sur une malédiction concernant trois femmes, une grand-mère, sa fille et sa petite fille. Le roman semble complexe et difficile à relater, le mieux est de découvrir l'œuvre ambitieuse de Marie N'Diaye. Elle nous a conseillé aussi une anthologie très intéressante sur New York, ville passionnante, de Pauline Peretz, paru dans la collection Bouquins chez Laffont. Geneviève a terminé la première partie de l'atelier en évoquant un grand coup de cœur "émotion" avec un récit choc de Pierre Béguin, "Vous ne connaîtrez ni l'heure, ni le jour" aux éditions Philippe Rey. Cette histoire douloureuse se déroule en Suisse et évoque la relation d'un fils avec ses parents très âgés qui ont décidé de se suicider pour éviter le naufrage de la maladie. Le sujet central du livre ne concerne pas entièrement le thème de la fin de vie choisie, mais aussi l'incommunicabilité entre les parents et leur fils. Voilà pour les coups de cœur et demain, je consacrerai mon billet sur les livres tirés au sort.
lundi 13 janvier 2014
Mes dix romans étrangers
Je lis plus souvent des romans étrangers que des romans français depuis de nombreuses années. Je sais qu'en 2014, des écrivains, femmes et hommes, vont m'attirer surtout, ceux et celles issus de notre Europe, ce continent littéraire éclectique entre le Sud espagnol, italien et portugais, le Nord anglophone, scandinave, flamand, l'Est allemand et slave, et la France, au centre de cette Europe culturelle, avec un fonds commun de valeurs démocratiques, d'un passé historique nous liant les uns aux autres, parfois dans des guerres fratricides, et maintenant dans un vécu politique définitivement pacifique. Je ne parlerai pas de romans dits "étrangers" quand je lis des Européens tellement ils nous sont proches et familiers après des décennies d'unité. J'ai aussi remarqué que la littérature américaine prend une très grande place dans ma sélection mais le continent américain n'est-il pas une mosaïque d'identités européennes au-delà des mers ? Je vais donc établir ma liste des 10 meilleurs romans étrangers de 2013 :
1. "Esprit d'hiver" de Laura Kasischke, un huis clos étouffant, effrayant, entre une mère et sa fille adoptive, un roman dur comme un diamant et fascinant pour le sujet,
2. "Les complémentaires" de J-C. Grondhal, écrivain danois, un roman ultramoderne sur les relations familiales,
3. "Nager nues" de Carla Guelfenbein, écrivaine chilienne, abordant l'Histoire de son pays dans sa noirceur la plus totale, la période Pinochet, avec des personnages victimes de la dictature,
4. "Mudwoman" de Joyce Carol Oates, son dernier roman toujours plus fort, plus dense et plus fou, un portrait d'une femme puissante à la recherche de ses origines douteuses,
5. "Le gardien invisible" de Dolorès Redondo, un thriller espagnol aux accents basques, original et déroutant,
6 . "Le vieux roi en son exil" d'Arno Geiger, un écrivain autrichien, le portrait d'un père malade de sa mémoire défaillante, récit émouvant, sans pathos et lucide,
7. "Canada" de Richard Ford, une histoire incroyable de parents braqueurs de banque et la conséquence de leur folie sur la vie de leurs enfants,
8. "Les poissons ne ferment pas les yeux" d'Erri De Lucca, la musique nostalgique de l'enfance à Naples,
9. "Chronique d'hiver" de Paul Auster, un roman autobiographique très touchant, un de ses meilleurs livres sur le temps qui passe et sur la maturité, sur l'âge et ses vicissitudes,
10. "En mer" de Toine Heijmans, un roman hallucinatoire, l'histoire d'un père à la dérive dans son voilier et à la recherche de sa petite fille tombée dans la mer.
Voilà ma sélection pour 2013... Bonnes lectures après tous ces conseils.
Voilà ma sélection pour 2013... Bonnes lectures après tous ces conseils.
jeudi 9 janvier 2014
Mes dix romans français
En ce début d'année, j'ai envie d'établir un palmarès de mes livres préférés. Evidemment, je n'ai lu qu'une centaine de romans et d'essais, score bien moyen quand on pense à toutes les nouveautés de l'année, des milliers de titres que le temps, hélas, ne me permet pas de découvrir dans leur exhaustivité... De ce petit lot d'ouvrages, je propose mes 10 romans français préférés, lus en 2013 par ordre de préférence :
1. "Profanes" de Jeanne Benameur pour le sujet, le style, l'immense empathie pour ses personnages si humains dans leur faiblesse et leur force de vivre,
2. "L'invention de nos vies" de Karine Tuil pour son étude sur le mensonge et la trahison, un œil incisif sur la société française d'aujourd'hui,
3. "Ecoute la pluie" de Michèle Lesbre pour sa musique subtile, sa sensibilité et son style, un envoûtement,
4. "Roma, roman" de Philippe de la Genardière pour la ville, le cinéma et l'atmosphère magique de l'Italie,
5. "Indigo" de Catherine Cusset, pour l'Inde, les amours contrariées et l'ironie des voyages organisés,
6. "Une part du ciel" de Claudie Gallay pour la Savoie, les personnages solitaires et les relations familiales difficiles,
7. "Je ne retrouve rien" d'Arnaud Cathrine pour l'ambiance "héritage", retour aux origines et perte de repères,
8. "Sauver Mozart" de Raphaël Jérusalmy pour le sujet sensible de la Shoah, un premier roman très réussi,
9. "Programme sensible" d'Anne-Marie Garat pour son style toujours tonique et sa vision de la société française,
10. "Rideau" de Ludovic Zekian, un premier roman sur l'histoire de la Maison de la Presse de La Tour du Pin en Isère, un hommage émouvant d'un fils à une mère-courage.
Je continuerai ce bilan de mes lectures, lundi avec la liste des 10 romans étrangers.
1. "Profanes" de Jeanne Benameur pour le sujet, le style, l'immense empathie pour ses personnages si humains dans leur faiblesse et leur force de vivre,
2. "L'invention de nos vies" de Karine Tuil pour son étude sur le mensonge et la trahison, un œil incisif sur la société française d'aujourd'hui,
3. "Ecoute la pluie" de Michèle Lesbre pour sa musique subtile, sa sensibilité et son style, un envoûtement,
4. "Roma, roman" de Philippe de la Genardière pour la ville, le cinéma et l'atmosphère magique de l'Italie,
5. "Indigo" de Catherine Cusset, pour l'Inde, les amours contrariées et l'ironie des voyages organisés,
6. "Une part du ciel" de Claudie Gallay pour la Savoie, les personnages solitaires et les relations familiales difficiles,
7. "Je ne retrouve rien" d'Arnaud Cathrine pour l'ambiance "héritage", retour aux origines et perte de repères,
8. "Sauver Mozart" de Raphaël Jérusalmy pour le sujet sensible de la Shoah, un premier roman très réussi,
9. "Programme sensible" d'Anne-Marie Garat pour son style toujours tonique et sa vision de la société française,
10. "Rideau" de Ludovic Zekian, un premier roman sur l'histoire de la Maison de la Presse de La Tour du Pin en Isère, un hommage émouvant d'un fils à une mère-courage.
Je continuerai ce bilan de mes lectures, lundi avec la liste des 10 romans étrangers.
mardi 7 janvier 2014
Atelier d'écriture
Ce mardi 7 janvier, Mylène nous a réunies pour deux exercices d'écriture afin de démarrer l'atelier avec une détermination et une motivation que l'on conservera certainement jusqu'en juin. Lors d'un précèdent atelier, Mylène nous avait lu des extraits de l'ouvrage "Le goût des mots" de Françoise Héritier. Elle a donc poursuivi son travail d'approche des consonnes après les voyelles. Les collègues en écriture ont tiré au sort quatre consonnes et nous devions les "évoquer", les résumer, leur donner une identité subjective. Les consonnes H, B, C et P ont été choisies et chacune d'entre nous a brodé un texte à partir de ce mini-alphabet. voilà ce que j'ai composé :
H, signe bien planté dans le sol herbeux d'un stade de rugby, souvenir d'enfance, ces deux barres verticales soutenues par une horizontale, espace des essais marqués et transformés, un exemple d'épreuves à tenter tout au long de la vie.
B, grosse consonne présentant ses deux ventres arrondis avec sa bonhommie, sa bonté, sa beauté, mais aussi dissimulant sa face cachée avec sa bêtise, sa balourdise, sa bassesse. Je préfère la première version...
C, consonne sûre d'elle, ouverte, naissante et prometteuse, c'est une évidence, le verbe être au présent, une réalité.
P, pour moi, la lettre la plus macho du groupe, patriarcale, patronale, pater noster, trop dominante et inégalitaire, triste réputation.
L'exercice suivant consistait à prendre un mot et à le définir, lui donner une image, un son particulier. En ces temps de tempête du côté de la Côte basque, j'ai choisi le mot océan.
océan , le o comme l'exclamation devant cette merveille naturelle et indomptable, s'ouvre sur le c comme une vague déferlante qui s'enroule en e et s'étale avec soulagement sur le sable en mourant de sa belle mort et la revoilà, la vague, elle rejaillit et recommence perpétuellement. L'océan, "la mer, l'éternité retrouvée"...
Le deuxième exercice utilisait une anthologie philosophique sur Sempé qu'il fallait interpréter en envoyant des lettres de vœux entre les personnages figurant sur les dessins, exercice ludique, souvent humoristique de la part des "écrivantes"... Un très bon démarrage en ce début d'année !
lundi 6 janvier 2014
"Le livre du roi"
Arnaldur Indridason, écrivain islandais, est surtout connu pour ses romans policiers dont je citerai deux titres "Hiver arctique" et "Hypothermie". Son dernier opus, "Le livre du roi", écrit en 2006 et traduit en français en 2013, appartient à une catégorie d'ouvrages réservés aux amoureux des manuscrits anciens et uniques au monde. Le héros principal, un jeune étudiant, part à Copenhague pour suivre des études. Il écrit dans son journal, forme du roman, ce projet : "J'ai toujours passionnément aimé lire et fureter, à telle enseigne que, pendant mon enfance, j'avais décidé de passer ma vie professionnelle à faire des recherches sur les anciens manuscrits islandais et les techniques de conservation". A Copenhague, il rencontre un étrange professeur et "sa conception du monde fut bouleversée". Ce spécialiste des Sagas islandaises, un patrimoine culturel inestimable, cache pourtant un lourd secret : il n'est plus en possession du "Livre du roi" dont les récits sont à l'origine des mythes fondateurs germaniques. Des nazis lui ont volé ce manuscrit dont il manque aussi un fascicule plus que précieux. Nos deux compères vont s'associer pour retrouver ce manuscrit et son fascicule. Leur recherche va s'avérer périlleuse et même dangereuse. Ils partent en Allemagne sur les traces perdues du manuscrit et le roman prend toute sa dimension de thriller dans l'univers des bouquinistes, des librairies anciennes, de fous de livres qui sacrifient leur vie pour sauver les plus beaux manuscrits du monde. Ce professeur, drôle, buveur et batailleur, ne dit pas toute la vérité à son jeune étudiant qui prend goût à l'aventure et au danger. On est loin de l'ambiance feutrée des bibliothèques, des bureaux à l'université et de la recherche en laboratoire. Ce livre ressemble à un conte d'amour pour les manuscrits les plus rares en Islande. Je ne dévoilerai pas l'issue de leur cavale livresque : vont-ils enfin mettre la main sur "le livre du roi" ? Pendant les vacances d'hiver, Arnaldur Indridason nous offre un roman historique aux allures policières et aventurières, et en plus, avec une touche hautement culturelle qui met à l'honneur le patrimoine des Sagas islandaises... A lire pour se divertir et se changer les idées !
vendredi 3 janvier 2014
"Mudwoman"
Le dernier roman de Joyce Carol Oates a été choisi dans la liste des 20 meilleurs livres de l'année dans la revue Lire. Avant de pénétrer dans ces 562 pages, je préfère prévenir les lecteurs(trices) : la lecture de ce livre peut déclencher un rejet total ou un engouement fatal... Ce texte fulgurant et hallucinatoire ressemble aux romans précédents de cette écrivaine américaine qui nous a habitués à une profusion de mots, de personnages, d'événements et de comportements à la limite de la folie. J'ai retrouvé dans "Mudwoman" cette "hystérisation" du personnage principal, Meredith Ruth Neukirchen, alias M. R., une femme prestigieuse sur le plan intellectuel, présidente d'université, titulaire d'un doctorat de philo, chercheuse et surtout, vouant sa vie à son immense responsabilité professionnelle. Les premières pages du roman évoquent l'abandon d'une petite fille dans une mare de boue. La mère semble folle et cette enfant, âgée de 3 ans, est sauvée par hasard par un jeune marginal. On devine que Meredith, cette femme accomplie et indépendante, a été placée dans une famille d'accueil et qu'elle sera adoptée par un couple de quakers, dont la mère est bibliothécaire et le père, fonctionnaire municipal. Cette adoption a fait d'elle cette femme universitaire brillante. Mais, au fil des pages, Meredith se retrouve face à ce passé glauque et tragique à l'occasion d'un déplacement professionnel. La carrière toute tracée de la Présidente va se dérègler et virer au cauchemar. Revenir sur les traces de son abandon provoque un dysfonctionnement dans son comportement, ses relations sociales, sa vie privée. Meredith n'est plus cette petite fille de la fange, mais elle lutte contre ce souvenir traumatisant et ténébreux d'une enfance torturée par une mère démente. Joyce Carol Oates possède un talent génial pour pénétrer dans le mental et le physique de cette femme perdue, malheureuse et qui perd peu à peu ses repères et ses valeurs. La description de cette descente aux enfers provoque une tension dans l'écriture et un rythme époustouflant dans la lecture, parfois éprouvante. On ne peut qu'admirer cette prouesse littéraire que constitue le portrait magistral d'une femme aux origines sociales plus que difficiles. Joyce Carol Oates nous décrit aussi le milieu universitaire avec une acuité et un sens critique teinté d'humour et d'ironie. "Mudwoman", un des meilleurs Oates, à lire sans faiblir, malgré le nombre de pages...
Inscription à :
Articles (Atom)