Commme tous les débuts de mois, j'achète mes revues mensuelles :
- "Lire" avec un dossier sur Bernard Pivot à l'occasion de la sortie de son autobiographie alphabétique, "Les mots de ma vie" que je vais m'empresser de découvrir au plus vite. Bernard Pivot a marqué ma vie de lectrice et j'avoue que je regrette depuis des années sa célébrissime émission du vendredi "Apostrophes" dont j'étais une téléspectatrice fidèle. Ce journaliste-critique fait partie du patrimoine "français" de la culture. Son bon sens, son côté convivial (amateur de vin...), sa gentillesse, sa simplicité qu'il doit tirer de son Beaujolais natal ont fait de lui un "gentleman" des lettres. Il nous a invités chez Marguerite Yourcenar, il a dialogué avec Marguerite Duras, et toutes les rencontres qu'il a organisées autour de la littérature nous ont guidés dans nos lectures.
- "Le Magazine littéraire" avec un dossier très riche sur Milan Kundera à l'occasion de la parution de sa "Pléïade" en deux tomes et un grand entretien avec Antonio Lobo Antune, grand écrivain portugais.
- "Philosophie magazine" : une enquête sur l'amour, et des articles d'actualité sur le Japon et les révolutions arabes.
Mes trois magazines nous proposent des sommaires printaniers alléchants...
des critiques de livres, des romans, des moments de lectures, des idées de lecture, lecture-partage, lecture-rencontre, lectures
vendredi 1 avril 2011
jeudi 31 mars 2011
L'amour est une île
Claudie Gallay a trouvé un titre "romanesque" à souhait. Ce n'est pas un roman "à l'eau de rose" et même s'il traite de l'amour avec un grand A, les personnages, Jogar, la comédienne célèbre et Odon, le metteur en scène, pourtant amoureux l'un de l'autre, n'arriveront pas à se retrouver à Avignon à l'occasion d'un retour sur scène de Mathilde, dit la Jogar. Entre eux un secret un peu honteux, un plagiat d'un texte de Paul Selliès, écrivain maudit. La soeur déjantée de Paul Selliès est un des personnages forts et sans concession du roman. Elle découvrira au fil du texte la vérité sur son frère qui n'a pas attendu le coup de fil positif de son futur éditeur, Odon Schnabel. Un écrivain débutant peut se révèler d'une fragilité dramatique : Paul Selliès se supprimera. Le livre aborde largement le thème du Festival d'Avignon et de la grève des intermittents du spectacle. Claudie Gallay compose une concerto avec ses phrases et ses chapitres très courts et elle utilise la technique stylistique du théâtre pour nous plonger dans l'ambiance festive, fièvreuse et fabuseuse du Festival, ce festival unique au monde. L'amour circule, le désamour entre les êtres, aussi. Des beaux portraits de femmes hantent le roman (surtout Isabelle qui retrace le passé mythique d'Avignon avec Gérard Philippe et Marie, la jeune soeur de l'écrivain disparu). Ce roman avait été remarqué à la rentrée littéraire de septembre 2010 et il mérite toute l'attention des lecteurs qui aiment le théâtre, des personnages attachants, fragiles et forts à la fois, une atmosphère magique comme celle d'Avignon, sa chaleur étouffante l'été et son culte des spectacles vivants.
Claudie Gallay fait partie encore de cette très bonne et très belle maison d'éditions : Actes Sud !
A lire de Claudie Gallay : "Seule Venise" (collection poche Babel), et surtout "Dans l'or du temps" collection Babel
Claudie Gallay fait partie encore de cette très bonne et très belle maison d'éditions : Actes Sud !
A lire de Claudie Gallay : "Seule Venise" (collection poche Babel), et surtout "Dans l'or du temps" collection Babel
mardi 29 mars 2011
Rubrique cinéma
En mars, j'avoue que le printemps me pousse à déserter les salles de cinéma et je préfère paresser dans mon petit jardin pour observer le cerisier qui pointe ses adorables fleurs blanches et l'explosion solaire des forsythias... Le cinéma en mars se résume en deux séances : un film américain du circuit indépendant, une petite production qui passe en salle confidentielle et une comédie française, "Ma part du gâteau". Le premier, "Winter's bones" raconte l'histoire d'une adolescente, qui se bat pour retrouver la trace de son père. Ayant fait de la prison pour trafic de drogue, il ne donne plus signe de vie depuis sa sortie. La jeune ado prend sa fratrie en charge ainsi que sa mère très malade. Si son père ne se présente pas devant un tribunal, la maison familiale sera saisie. Il faut aussi qu'elle prouve la mort de son père pour mettre fin à cette saisie. Le film est très glauque, dans une atmosphère hivernale très sombre d'un coin perdu de l'Amérique... L'histoire se terminera mieux qu'elle n'a commencé. La scène de la découverte des "os de son père" assassiné pour réglement de comptes saisit le spectateur d'effroi. Le personnage principal est par contre extraodinaire de générosité, d'altruisme pour sauver sa famille et sa maison. Beau film surprenant mais glacial... Heureusement, la jeune fille représente l'espoir et un avenir meilleur.
Le deuxième film est une comédie française, une critique sociale : "Ma part du gâteau" de Cédric Klapisch. On rit et on sourit avec Karin Viard, ouvrière licenciée à Dunkerque. Elle trouve un emploi de femme de ménage chez un trader caricatural de machisme, d'inhumanité, d'égoïsme et de vampirisme financier... France, le personnage de Karin Viard, essaie de le rendre un peu plus sympathique en l'éduquant mais quand elle se rend compte du cynisme du trader (c'est lui qui a ruiné et délocalisé l'usine), elle enlève son enfant pour se venger... Générosité du prolétaire face à la cécité sociale des "spéculateurs" qui jouent avec la vie des "travailleurs", la mondialisation, dénoncée et l'argent roi, vilipendé : le fim fait du bien aux spectateurs et les acteurs sont crédibles dans leur rôle respectif. Un bon moment de détente...
Le deuxième film est une comédie française, une critique sociale : "Ma part du gâteau" de Cédric Klapisch. On rit et on sourit avec Karin Viard, ouvrière licenciée à Dunkerque. Elle trouve un emploi de femme de ménage chez un trader caricatural de machisme, d'inhumanité, d'égoïsme et de vampirisme financier... France, le personnage de Karin Viard, essaie de le rendre un peu plus sympathique en l'éduquant mais quand elle se rend compte du cynisme du trader (c'est lui qui a ruiné et délocalisé l'usine), elle enlève son enfant pour se venger... Générosité du prolétaire face à la cécité sociale des "spéculateurs" qui jouent avec la vie des "travailleurs", la mondialisation, dénoncée et l'argent roi, vilipendé : le fim fait du bien aux spectateurs et les acteurs sont crédibles dans leur rôle respectif. Un bon moment de détente...
lundi 28 mars 2011
Les insurrections singulières
Ce titre de roman recèle un mystère que le lecteur a envie de découvrir... C'est l'histoire d'Antoine, mal dans sa peau, ayant raté ses études. Il travaille à l'usine et renoue avec son identité ouvrière. Mais, Antoine ressent un malaise et une inquiétude sur son "devenir". Pour lui, travailler dans une usine, c'est mourir à petits feux... Il a observé ses parents ouvriers, leur vie de couple "durable", simple et aimante. Lui veut un autre destin. Après une rupture douloureuse, Antoine revient chez ses parents et rencontre un bouquiniste, passionné de livres rares et qui va jouer un rôle majeur dans sa vie. Antoine ne lisait pas, avait peur de ce monde inconnu et voilà notre personnage transformé par cette amitié : "Il est parti au camion, en est revenu avec une petite caisse en bois, façon vieille malle de voyage. Il la tenait bien serrée contre lui. (...) Il a ouvert avec précaution. Ils étaient là, bien rangés, ses livres, chacun enveloppé de papier cristal. C'étaint ses éditions rares. Celles qu'il ne sortait du camion que si un vrai connaisseur le lui demandait. Ce n'était pas rien, de me montrer son trésor. Je mesurais le geste, de me montrer son trésor. (...) D'abord l'admiration, une fois retirées les protections transparentes, devant les exemplaires magnifiques que j'avais sous les yeux. Puis, cet étrange effet : poser mes doigts sur les reliures en veau patiné, les dorures à l'or fin. Le sentiment d'avoir droit enfin, d'un coup, à ce qui est rare, à ce qui est beau." Antoine découvre une dimension, une "insurrection singulière", celle de découvrir après l'amour, le goût des livres... Il se sent en "décalage" avec les autres et grâce à Marcel, le libraire, Antoine va entreprendre un voyage au Brésil qui va le libérer de sa rage, de sa colère. Les mots vont naître, les sentiments vont re-naître, sa vie va reprendre un cours en harmonie avec ses rêves d'origine. Ce qui est remarquable dans ce roman de Jeanne Benameur, c'est le style mi-réaliste, mi-poétique du récit comme une longue mélopée traversée de pépites coléreuses sur la condition humaine, celle des perdants, des modestes, des vaincus. Un beau roman à découvrir et une femme-écrivain qui possède un style unique, qui peut déranger des lecteurs mais qui frappe, cogne, et réveille...
Encore un livre des Editions Actes Sud ! Et quel titre ! "Les révolutions sont d'abord intérieures. Et parce que "On n'a pas l'éternité devant nous. Juste la vie." (Extrait du résumé de la 4ème couverture)
Encore un livre des Editions Actes Sud ! Et quel titre ! "Les révolutions sont d'abord intérieures. Et parce que "On n'a pas l'éternité devant nous. Juste la vie." (Extrait du résumé de la 4ème couverture)
vendredi 25 mars 2011
Un best-seller scandinave
En général, j'évite d'employer des mots anglais car j'estime que notre belle langue française est assez riche pour parler des choses et des êtres. Best-seller, ouvrage en tête de liste des ventes en librairie, succès auprès du grand public, exemplaire réservé en bibliothèque par de multiples lecteurs, objet convoité sur les sites internet de "marchandage" : un livre que je n'ai pas l'habitude de lire. Si j'observe la liste du Nouvel Observateur, je remarque les cinq premiers titres, les livres-stars du Virgin Megastore : "Dôme" de Stephen King, "Faute de preuves" de Coben, "Le Caveau de famille" de Katarina Mazetti, encore "le Dôme", tome 2, et le cinquième, "L'enfant allemand" de Camilla Läckberg. Sur les cinq premiers de la liste, quatre ouvrages sont des romans policiers...
J'ai lu le Camilla Lackberg, ce policier s'inscrit dans la vague "scandinave" de la collection Actes noirs d'Actes Sud. Les lecteurs éprouvent le besoin de "prendre l'air" en ces temps un peu sombres de l'actualité. Alors, je m'octroie aussi des moments de pure distraction, de délassement intellectuel. L'intrigue est assez simple, ce n'est pas glauque, ce n'est pas malsain, le sang ne dégouline pas comme dans certains policiers. Les personnages ressemblent un peu à tout le monde, vivent comme tout le monde, se posent des questions comme tout le monde, etc. Et on en vient au culte du secret, un secret ancien de 60 ans d'âge, pendant la Seconde Guerre Mondiale, et des meurtres à répétition. Un style vif et efficace, une atmosphère conviviale, des histoires de couples recomposées, des secrets de famille, des policiers sympas et brouillons : ces ingrédients composent un roman policier honnête qui se lit avec plaisir. La collection Actes noirs fait partie du panorama littéraire, genre polar. On y trouve le label de qualité de cette maison d'édition que j'apprécie toujours autant.
J'ai lu le Camilla Lackberg, ce policier s'inscrit dans la vague "scandinave" de la collection Actes noirs d'Actes Sud. Les lecteurs éprouvent le besoin de "prendre l'air" en ces temps un peu sombres de l'actualité. Alors, je m'octroie aussi des moments de pure distraction, de délassement intellectuel. L'intrigue est assez simple, ce n'est pas glauque, ce n'est pas malsain, le sang ne dégouline pas comme dans certains policiers. Les personnages ressemblent un peu à tout le monde, vivent comme tout le monde, se posent des questions comme tout le monde, etc. Et on en vient au culte du secret, un secret ancien de 60 ans d'âge, pendant la Seconde Guerre Mondiale, et des meurtres à répétition. Un style vif et efficace, une atmosphère conviviale, des histoires de couples recomposées, des secrets de famille, des policiers sympas et brouillons : ces ingrédients composent un roman policier honnête qui se lit avec plaisir. La collection Actes noirs fait partie du panorama littéraire, genre polar. On y trouve le label de qualité de cette maison d'édition que j'apprécie toujours autant.
jeudi 24 mars 2011
Milan Kundera "pléïadisé"
La presse littéraire nous annonce la sortie des oeuvres de Milan Kundera dans la collection littéraire la plus prestigieuse, la Pléïade".
Certains critiques se posent la question de la légitimité "littéraire" de Milan Kundera pour paraître dans cette collection qui consacre pour "l'éternité" une oeuvre littéraire portant le label "classiques contemporains". Dans la revue Transfuge de ce mois, un grand dossier analyse cette "pléïadisation" pour Kundera, qui à 81 ans, se voit publier "de son vivant" aux côtés de Sartre, Giono, Mauriac, Yourcenar, etc.
Je me contenterai pour ma part de parler de ses romans et de ses essais qui ont accompagné ma vie de lectrice. Je l'ai donc lu dès ses premiers romans édités chez Gallimard en 1967 et j'ai toujours suivi ce "maître" à chaque publication, romans et essais. Cet accompagnement fidèle et régulier m'ont "éduquée" et m'ont souvent rendue plus lucide sur le monde communiste et les relations humaines en génèral. Dans le cahier Livres de Libération, le journaliste Philippe Lançon rend compte de cet effet Pléïade complétement mérité pour Kundera. Je vous livre cette phrase de Milan Kundera qui résume une de ses obsessions, l'âge lyrique : "Un lyrique s'identifie toujours à ses sentiments. L'attitude antilyrique, c'est la méfiance face à ses propres sentiments et face à ceux des autres. L'attitude antilyrique, c'est la conviction qu'il y a une distance infinie entre ce qu'on pense de soi-même et ce qu'on est en réalité ; une distance infinie entre ce que les choses veulent être ou pensent être ce qu'elles sont. Saisir ce décalage, c'est briser l'illusion lyrique. Saisir ce décalage, c'est l'art de l'ironie. Et l'ironie, c'est la perspective du roman."
Les essais de Milan Kundera sur la notion de roman européen et de culture européenne sont à lire sans tarder. Il me semble nécessaire de lire et de relire cet écrivain qui a toujours signifié pour moi l'excellence de la pensée européenne. J'étais tchèque comme lui jusqu'en 1981, date de sa naturalisation française accordée avec joie par François Mitterrand... Je compte acquérir ces deux Pléïades en librairie pour me replonger dans cette oeuvre si importante pour tous les amoureux de littérature. Et quand je pense que cet écrivain majeur n'a toujours pas reçu le Prix Nobel de Littérature... C'est incompréhensible !
je vous renvoie au bon article de Wikipédia et vous rappelle la chronologie de ses parutions :
1967 : La Plaisanterie
1968 : Risibles amours
1973 : La vie est ailleurs
1976 : La Valse aux adieux
1978 : Le Livre du rire et de l'oubli
1984 : L'Insoutenable Légèreté de l'être
1990 : L'Immortalité
1995 : La Lenteur
1998 : L'Identité
2003 : L'Ignorance
Essais
1986 : L'Art du roman
1993 : Les Testaments trahis
1993 : D'en bas tu humeras des roses, illustrations d'Ernest Breleur
2005 : Le Rideau
2009 : Une rencontre
Bonnes, très bonnes lectures et re-lectures...
Certains critiques se posent la question de la légitimité "littéraire" de Milan Kundera pour paraître dans cette collection qui consacre pour "l'éternité" une oeuvre littéraire portant le label "classiques contemporains". Dans la revue Transfuge de ce mois, un grand dossier analyse cette "pléïadisation" pour Kundera, qui à 81 ans, se voit publier "de son vivant" aux côtés de Sartre, Giono, Mauriac, Yourcenar, etc.
Je me contenterai pour ma part de parler de ses romans et de ses essais qui ont accompagné ma vie de lectrice. Je l'ai donc lu dès ses premiers romans édités chez Gallimard en 1967 et j'ai toujours suivi ce "maître" à chaque publication, romans et essais. Cet accompagnement fidèle et régulier m'ont "éduquée" et m'ont souvent rendue plus lucide sur le monde communiste et les relations humaines en génèral. Dans le cahier Livres de Libération, le journaliste Philippe Lançon rend compte de cet effet Pléïade complétement mérité pour Kundera. Je vous livre cette phrase de Milan Kundera qui résume une de ses obsessions, l'âge lyrique : "Un lyrique s'identifie toujours à ses sentiments. L'attitude antilyrique, c'est la méfiance face à ses propres sentiments et face à ceux des autres. L'attitude antilyrique, c'est la conviction qu'il y a une distance infinie entre ce qu'on pense de soi-même et ce qu'on est en réalité ; une distance infinie entre ce que les choses veulent être ou pensent être ce qu'elles sont. Saisir ce décalage, c'est briser l'illusion lyrique. Saisir ce décalage, c'est l'art de l'ironie. Et l'ironie, c'est la perspective du roman."
Les essais de Milan Kundera sur la notion de roman européen et de culture européenne sont à lire sans tarder. Il me semble nécessaire de lire et de relire cet écrivain qui a toujours signifié pour moi l'excellence de la pensée européenne. J'étais tchèque comme lui jusqu'en 1981, date de sa naturalisation française accordée avec joie par François Mitterrand... Je compte acquérir ces deux Pléïades en librairie pour me replonger dans cette oeuvre si importante pour tous les amoureux de littérature. Et quand je pense que cet écrivain majeur n'a toujours pas reçu le Prix Nobel de Littérature... C'est incompréhensible !
je vous renvoie au bon article de Wikipédia et vous rappelle la chronologie de ses parutions :
1967 : La Plaisanterie
1968 : Risibles amours
1973 : La vie est ailleurs
1976 : La Valse aux adieux
1978 : Le Livre du rire et de l'oubli
1984 : L'Insoutenable Légèreté de l'être
1990 : L'Immortalité
1995 : La Lenteur
1998 : L'Identité
2003 : L'Ignorance
Essais
1986 : L'Art du roman
1993 : Les Testaments trahis
1993 : D'en bas tu humeras des roses, illustrations d'Ernest Breleur
2005 : Le Rideau
2009 : Une rencontre
Bonnes, très bonnes lectures et re-lectures...
mardi 22 mars 2011
Le cabinet de lecture
Ce joli titre concerne une petite collection des Editions L'Escampette, collection originale et trés sympathique, dirigée par Alberto Manguel, écrivain et grand spécialiste du livre et de la lecture. Un récit de Doris Lessing, grande dame, très grande dame des Lettres anglaises, prix Nobel de littérature en 2007 a attiré mon attention en librairie : "C'est ainsi qu'un jeune noir du Zimbabwe a volé un manuel de physique supérieure". L'écrivaine rend un hommage vibrant à la lecture, aux livres et aux bibliothécaires. Au Zimbabwe, les enfants noirs n'avaient rien à lire et tout un système social s'est mis en place pour construire des écoles et des bibliothèques dans chaque village. Mais Doris Lessing raconte que les livres manquaient cruellement. Les livres sont des clés essentielles pour s'ouvrir au monde et au progrès. Elle cite une anecdote significative dans ce désir de posséder un livre à soi quand un jeune enfant qui ne savait pas lire, vole alors un livre de physique, symbole du savoir et de la culture. Doris Lessing constate que cette soif de lire s'est considérablement estompée aujourd'hui dans nos sociétés occidentales. Elle regrette cet état de fait et dénonce la fin de cette époque : "Nous sommes en train de vivre la fin d'une culture, une rupture aussi radicale avec le passé qu'à l'époque où la révolution de l'imprimerie mit des livres entre les mains des personnes qui auparavant avaient su que les maisons instruites, riches, religieuses, possédaient des livres." Pour Doris Lessing, l'inculture de nos hommes politiques ne pose pas de problème... Elle va plus loin en regrettant la présence des "gestionnaires-bibliothécaires" dans les bibliothèques anglaises qui n'ont jamais lu un livre de leur vie !
Ce récit nous parle de la présence précieuse et irremplaçable du livre comme objet de libération et de progrés social. Une certaine nostalgie se dégage du récit : il faut dire que Doris Lessing, née en 1919, perçoit un changement irréversible dans le domaine de la lecture et se demande si lire par exemple des "classiques" a encore un sens aujourd'hui...
Alberto Manguel signe la conclusion en écrivant : "Lire est une pratique qui permet non seulement de comprendre mais d'agir, concrètement et effectivement, dans le monde physique et intellectuel. Les paroles transmises qui décrivent l'expérience humaine, commune à tous, offrent la possibilité de modifier cette expérience et ce monde. "
Ce récit nous parle de la présence précieuse et irremplaçable du livre comme objet de libération et de progrés social. Une certaine nostalgie se dégage du récit : il faut dire que Doris Lessing, née en 1919, perçoit un changement irréversible dans le domaine de la lecture et se demande si lire par exemple des "classiques" a encore un sens aujourd'hui...
Alberto Manguel signe la conclusion en écrivant : "Lire est une pratique qui permet non seulement de comprendre mais d'agir, concrètement et effectivement, dans le monde physique et intellectuel. Les paroles transmises qui décrivent l'expérience humaine, commune à tous, offrent la possibilité de modifier cette expérience et ce monde. "
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