Cette rentrée littéraire de 2026 présente encore quelques centaines de nouveautés. Comment choisir les titres les plus prometteurs ? Voilà ma méthode : voir les sites internet des éditeurs, puis lire les critiques littéraires dans les journaux et dans les hebdos, découvrir les listes des auteurs et autrices selectionnés pour les nombreux prix de l'automne et dernière étape, suivre les écrivains que l'on aime bien. J'ai donc lu récemment le dernier récit de Pierre Adrian, "Le pays des étés", publié chez Gallimard. Cet écrivain m'avait vraiment intéressé quand il a écrit sur Cesare Pavese, "Hôtel Roma" et aussi "Que reviennent ceux qui sont loin". Il poursuit l'évocation de cette maison de famille en Bretagne dans "Le Pays des étés", son septième ouvrage. Dans le Finistère, au pays des Abers, le narrateur consacre le début de son récit avec la mort de sa grand-mère : "Je disais adieu à une génération qui avait connu la guerre et nous avait vus grandir". Mais, la mort de cette aïeule coïncide avec la vente de la maison de famille. Le narrateur se rassure en écrivant : "Il faut accepter que tout passe, renoncer au privilège de ce qui a toujours été". Dans cette maison aux volets blancs et en granit, des vacances familiales ont réuni des générations d'enfants qui ont passé des étés fabuleux entre la plage, les jeux, la pèche et autres activités ludiques : "Je ne faisais qu'un avec l'été". Il décrit des moments de bonheur à tous les âges et intègre dans son récit nostalgique des membres de sa grande famille. Il excelle dans l'art de raconter la banalité de ces instants entre les soirées au bar du village et les longs moments de repos dans la journée. Cette maison du bonheur devient un point d'ancrage pour le narrateur : "Les lieux que nous aimons nous aident à supporter un grand chagrin". Mais, la vente de la maison va bouleverser l'ambiance heureuse au sein de cette famille si unie. Les nouveaux propriétaires vont transformer la maison pour des locations touristiques. La modernité agressive va envahir les plages avec les scooters de mer, le bruit, le surtourisme. Mais, le narrateur accepte avec philosophie ces changements inévitables. Le passé de la maison restera dans la mémoire de la famille. C'est la seule consolation possible. Ce récit tout en finesse rappelle les étés de toutes les enfances en bord de mer quand on a eu la chance de vivre cette expérience.
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