mardi 5 mai 2015

Atelier de lectures, 1

Nous étions neuf lectrices dans cet avant-dernier atelier de lectures de la saison 2014-2015. Nous avons démarré la séance avec les coups de cœur. Janelou a en eu un vrai,  qui est aussi un véritable coup de poing en découvrant "Le Chagrin" de Lionel Duroy, un roman autobiographique ayant déjà rencontré un grand succès auprès du public. L'écrivain règle ses comptes avec ses parents, ses frères et ses sœurs, mais on ne se débarrasse pas facilement de sa famille, lieu où toute vie d'adulte se structure et se définit. Un grand roman "autofictionnel" à lire pour découvrir cette saga comico-tragique des relations familiales. Janelou a aussi présenté "Hans et Rudolf" de Thomas Harding, un ouvrage sur la double éducation d'un jeune juif, Hans, et d'un jeune allemand,  Rudolf, qui devient un chef nazi. Véronique a choisi un documentaire très bien fait pour mieux connaître la campagne, "La nature en bord de chemin" et le roman de Rufin, "Le collier rouge" déjà commenté dans l'atelier. Marie-Christine a aimé "Rien ne s'oppose à la nuit" de Delphine de Vigan, un roman-enquête autobiographique sur le suicide de sa mère. Un livre "coup de poing" comme celui de Lionel Duroy dans une thématique semblable et universelle : les secrets de famille... Dany a aussi découvert un des plus grands succès de l'année 2014 : "L'amour et les forêts" d'Eric Reinhardt, un roman terrible sur la vie d'une femme, renonçant à son identité pour se fondre dans une vie de couple où le mari joue le rôle de l'ogre dévoreur, monstrueux dans son harcèlement. Un livre fort et dérangeant. Sylvie a lu avec beaucoup de plaisir, "Les oreilles de Buster" de la romancière suédoise, Maria Ernestam. Eva, 56 ans, écrit son journal intime où elle avoue qu'elle veut tuer sa mère. Enfant, elle s'exerce sur son chien Buster dont elle garde les oreilles... Va-t-elle passer à l'acte ? Il faut lire ce roman singulier pour découvrir la vérité sur Eva. Danièle a présenté avec conviction l'autobiographie du grand écrivain cosmique et baroque, Gabriel Garcia Marquez, "Vivre pour la raconter", parue en poche. L'écrivain colombien raconte avec sa faconde habituelle, son enfance, son pays, ses parents, ses lectures et les fondements de sa future vie d'écrivain. Un livre essentiel dans l'œuvre de ce géant de la littérature. Mylène a voulu parler de théâtre avec un grand coup de cœur pour la pièce de théâtre de Wadji Mouawad, "Incendies" qu'elle a vue à Cognin. Un grand texte sur les dégâts de la guerre au Liban et le message du dramaturge qu'elle a retenu : "Si tu veux t'en sortir dans la vie, il faut apprendre à lire, à écrire, à compter, à parler et à penser". Elle a évoqué le dernier Régine Detambel sur "Les livres prennent soin de vous", hommage formidable sur les livres qui font du bien. Des offres de lecture à saisir, voilà tous ces coups de cœur de la première partie de l'atelier...

lundi 4 mai 2015

Escapade à Aveiro, 5

Deuxième sortie à Aveiro, la veille de mon départ : j'ai repris le train pour découvrir cette station balnéaire à 60 kilomètres de Porto. Cette petite ville, à huit kilomètres de l'océan, possède une gare couverte de fresques d'azulejos. Ces images en céramique raconte l'histoire de la cité, les marais salants, la pêche, un art de vivre en bord de mer. J'ai aperçu la bibliothèque municipale et je suis rentrée pour la visiter. Installée dans une belle villa des années 20, elle a un charme fou car les colonnes portent des citations littéraires, des photos d'écrivains couvrent les murs, des fauteuils parsement l'espace, et les rayonnages de livres sont disposés sur des estrades : un lieu confortable, convivial et ouvert sur l'extérieur. L'existence des bibliothèques publiques partout en Europe (et ailleurs) reste encore (et pour toujours, je l'espère) un acquis indispensable pour la culture et l'éducation. J'aime rentrer dans toutes les "niches" des livres même si je ne comprends la langue du pays. La réputation d'Aveiro repose sur la présence de canaux, traversant la ville à l'aide de bateaux en bois très colorés, les "moliceiros", voués au tourisme aujourd'hui. J'ai donc effectué la balade tranquille sur l'eau pour voir le village des pêcheurs. Après la gare couverte d'azulejos, les canaux, la bibliothèque, j'ai visité un tout petit musée sur l'art nouveau des années 20, une église pleine de merveilles baroques et surtout le musée d'Aveiro, situé dans un ancien couvent du XVe siècle. J'ai découvert la première salle où trône le tombeau de Santa Joana, une princesse portugaise ayant renoncé à sa condition pour entrer dans les ordres. Ce musée présente une église d'une exubérance baroque, un cloître Renaissance s'ouvrant sur plusieurs chapelles, un réfectoire, la salle capitulaire. Le musée abrite aussi une collection d'art sacré où l'on retrouve des Christ en croix, des statues expressives, torturées par la foi, des angelots, des portraits de saints, etc. Quand j'arpentais les espaces de ce musée-couvent, j'imaginais la vie de ces religieuses dont Joana, leur quotidien étant scandée par un rituel sacré et silencieux. En retournant à Porto, j'ai remarqué la présence de jeunes dans le train car Aveiro est aussi une ville universitaire, pôle d'excellence dans les nouvelles technologies avec ses 6000 étudiants. J'ai regretté de ne avoir vu le bord de l'océan, mais les mouettes des canaux signalaient la présence de la mer près de la ville. Dans mon escapade portugaise, j'ai oublié de mentionner la présence de l'océan à Porto que j'ai rejoint tous les deux jours en tramway pour respirer l'air du large, me balader sur la promenade en bois tout au long des plages, me ressourcer avec les vagues danseuses et écumeuses, chercher des coquillages sur le sable, m'accorder des moments maritimes, hors de la ville, une alternance idéale entre les découvertes citadines et la nature océanique... Porto et son fleuve, Coimbra et son université, Aveiro et ses marais salants, un petit bout du Portugal, une mosaïque dans tous les sens du terme : des Portugais formidablement énergiques, dignes et empathiques,  un fleuve à échelle humaine, des églises magnifiant la foi chrétienne, des vignes qui donnent des vins savoureux (dont le Porto), des azulejos qui illuminent les murs, un pays émouvant et attachant... J'y retournerai, évidemment...
 

samedi 2 mai 2015

Escapade à Porto, 4

Après la très belle étape à Coimbra, retour sur Porto. Cette ville ne s'appréhende pas en deux jours... Comme il existe un grand nombre d'églises baroques, j'ai poursuivi mes visites en les découvrant les unes après les autres dans des quartiers où peu de touristes s'aventurent, se concentrant sur les quais de la Ribeira, avec ses terrasses de bar, ses étalages de souvenirs et les vendeurs de promenade en bateau sur le Douro. Je crois que le vrai Porto se situe dans les rues très étroites avec des immeubles rénovés et aussi abandonnés par les habitants, noircis par l'humidité et l'ombre. J'ai appris que Porto avait perdu 30 % de sa population. Beaucoup de jeunes partent travailler en France, en Allemagne et en Angleterre. Certains portuans ont préféré le confort des appartements en banlieue, très bien desservie par le métro. Il reste donc beaucoup d'anciens à Porto, ce qui donne aussi à la ville une tranquillité sereine, une convivialité appréciable car j'ai souvent entamé des conversations avec certains d'entre eux quand ils parlaient un peu en français. Un grand plan de rénovation s'est mis en place depuis cinq ans pour sauver les vieux immeubles en ruines. De rue en rue, il faut lever les yeux pour cibler des détails infimes : des décorations en azulejos, des statues religieuses, des balcons en fer forgé, des terrasses-jardins, des façades art nouveau des magasins. Et toujours les mouettes dans le ciel, comme des signatures vivantes avec leurs plumes blanches et leur bec jaune... Un matin, je me suis dirigée vers une librairie ancienne et quand j'ai poussé les portes, je me trouvais dans un cabinet de curiosités, rempli de livres mais aussi d'objets d'écriture, de musique, dans des vitrines au milieu du magasin. J'ai demandé des ouvrages sur le grec ancien et le libraire m'a entraînée dans le sous-sol, une vraie caverne, où s'entassaient des milliers de livres. La majorité étaient de langue portugaise mais pour mon grand plaisir, j'ai découvert le dictionnaire grec-français de Bailly, édition 1901, et "La pensée grecque" de Léon Robin, édition 1925. Je suis repartie avec ses deux ouvrages en me demandant comment ils avaient atterri dans cet endroit... Le dictionnaire appartenait à une certaine Maria Da Graça Bessa. Qui était cette femme qui apprenait le grec ancien au début du siècle ? Je ne le saurai jamais. Dès que j'aperçois une librairie ancienne, j'aime me plonger dans cette ambiance de chercheur d'or. Porto recèle des pépites qu'il faut dénicher, hors des sentiers battus et rien ne vaut cette déambulation hasardeuse dans les rues labyrinthiques. Il ne faut pas quand même bouder les clichés touristiques : j'ai pris le bateau rabelo pour me balader sous les ponts de Porto, j'ai pris le téléphérique et le funiculaire pour admirer le paysage urbain. J'ai utilisé le tram, le train, le bus, le taxi. Et c'est dans les transports urbains que l'on devine la vie quotidienne des citadins.  Je ne prends jamais le car à touristes, trop facile à mes yeux pour découvrir une ville qui se... mérite !

vendredi 1 mai 2015

Escapade à Coimbra, 3

Dans ma décision d'escapade à Porto, je voulais réaliser un de mes rêves : visiter une des plus anciennes bibliothèques du monde, la bibliothèque Jaonina de Coimbra. Située à une centaine de kilomètres de Porto, j'ai pris le train, le "Pendular", une sorte de TGV portugais. J'ai voyagé dans un confort appréciable, journaux et boissons servis avec le sourire et gratuitement... Arrivée à Coimbra, j'ai littéralement crapahuté à travers des rues en pente pour atteindre le célèbre site universitaire situé sur les hauteurs, le vrai cœur de la cité, crée en 1308 et étant la seule université du pays jusqu'en 1911 ! Quand j'ai pénétré dans la cour, j'ai senti le parfum des siècles d'étude, de savoir, d'intelligence... Dominant la vallée et le fleuve Mondego, j'ai visité la salle des examens, la chapelle Sao Miguel avec son orgue baroque de 1733. J'avais un rendez-vous précis pour la Joanina à 13h car le guide fait pénétrer dans l'enceinte du bâtiment une cinquantaine de visiteurs.  Et à ce moment-là, quand je suis rentrée dans la première salle, j'ai vécu un moment rare d'émotion esthétique que l'on surnomme le syndrome de Stendhal... J'avais vu des photos de la bibliothèque, mais il manque l'odeur du papier, la chaleur du mobilier, les dimensions, les détails, la hauteur du plafond, les couleurs chatoyantes... Un paradis pour les amoureux des livres ! Offerte par le Roi Jao V en 1717, grâce aux diamants du Brésil, le Routard la surnomme la TGBB, la Très Grande Bibliothèque Baroque : trois grandes salles aux murs couverts de 6O OOO livres anciens, des rayonnages en bois du Brésil et des boiseries sculptées, laquées de vert, de rouge, de noir et d'or. Une galerie court sur tous les murs pour mieux atteindre les ouvrages. J'imaginais les générations de chercheurs, de lecteurs, d'étudiants dans cet espace magique, ce temple du savoir, cette église des connaissances, des "Lumières. Je devenais la bibliothécaire attitrée, en train de cataloguer un incunable et je me projetais dans ce passé mythique du l'histoire des livres quand ces objets si précieux détenaient la plus haute importance et suscitaient le plus grand respect. Cette bibliothèque, joyau de l'art baroque, écrin du savoir humain, ne pouvait qu'enchanter une ancienne bibliothécaire !  Ensuite,  j'ai visité le musée Machado de Castro dont le crytoportique romain constitue son originalité. Et comme dans tout le Portugal, deux cathédrales méritaient le détour avec le faste baroque attendu. J'ai croisé une étudiante en cape noire, l'habit traditionnel des jeunes inscrits à l'université... Coimbra, une étape indispensable pour admirer cette vieille, très vieille université, impressionnante par sa grandeur physique, fascinante par sa dimension intellectuelle et universelle. Un grand moment dans mon escapade portugaise. 

mardi 28 avril 2015

Escapade à Porto, 2

Pour apprécier pleinement l'architecture de Porto, il faut s'informer sur l'art de la céramique, los Azulejos, des carreaux de faïence émaillée typiquement hispano-mauresque à l'origine. On en trouve partout : dans les parcs, les jardins, les églises, les immeubles, les gares, les magasins. Ces azulejos jouent avec la lumière, dispensent la fraîcheur, colorent la ville de bleu, jaune, blanc, vert. Cet art est toujours vivant comme l'indique la présence des azulejos dans le métro lisboète. Que représentent-ils ? Des motifs abstraits, des scènes champêtres, des personnages religieux, des gens du peuple, des navigateurs conquérants, des oiseaux, des animaux domestiques, des fleurs, des parures, etc. Tous ces éléments composent des fresques monumentales comme celles de la gare Sao Bento de Porto ou de simples panneaux. Ces images de céramique à la portée de tous, forment un art populaire expressif et instructif. Partout mon regard se tourne vers ces vestiges du temps et l'on feuillette ainsi à loisir des images minérales surprenantes. J'ai constitué une collection de détails et de motifs, dans chaque lieu visité. Cette ville portuaire regorge d'églises baroques, dont les façades sont couvertes d'azulejos. Le côté vintage des boutiques, souvent tenues par des "anciens" apporte un charme suranné à la cité et ses  trois lignes de tramway, utilisés par les touristes et parfois par les habitants pour rejoindre l'océan et le centre-ville, complètent le tableau citadin, teinté de nostalgie même si les terrasses de restaurants, les caves de vin, les balades en bateaux pour passer les six ponts de la ville, animent les quais de Porto.  Dans le centre, j'ai repéré la célèbre librairie centenaire Lello e Irmao, fondée en 1869 par une famille de libraires-éditeurs. Sa façade blanche Art nouveau attire le regard et quand j'ai pénétré dans la librairie, quelques touristes se faisaient prendre en photo pour immortaliser l'instant... Ils ne regardaient ni les livres, ni la décoration art nouveau, mais il leur fallait cet image triomphale de leur séjour car j'ai su que cet endroit avait inspiré la bibliothèque d'Harry Potter ! J'ai quand même admiré les boiseries anciennes, l'escalier rouge monumental, les livres d'art et de littérature bien présentés, une ambiance de cabinet de curiosités avec des fauteuils et un petit bar pour déguster un café. La célébrité du lieu, classé au patrimoine, gâche un peu l'esprit d'une librairie, plus voué au silence et au recueillement qu'au cirque touristique. Dommage... Mais, les livres apportent une touche tellement magique que l'on peut s'abstraire du tourbillon pour admirer cette librairie, qui n'a pas changé depuis plus de cent ans : une rareté dans notre monde d'aujourd'hui ! 

lundi 27 avril 2015

Escapade à Porto, 1

J'ai toujours envie de partir au printemps et le Portugal m'a semblé une étape adéquate en avril. J'ai donc loué un studio avec vue sur le Douro pour vivre au plus près du fleuve "d'or". J'avais découvert Lisbonne en 2005 et j'ai retrouvé dans cette ville portuaire du Nord, la même ambiance, imprégnée d'air marin, peuplée de mouettes virevoltantes, parsemée de bateaux en bois appelés rabelos, électrisée par une circulation automobile intense et la présence chaleureuse des Portugais, hommes et femmes  vraiment gentils, simples et naturels, souvent âgés. Dès la première soirée, le paysage de Porto se distingue par ses ponts d'une hauteur impressionnante. La ville se rénove sans cesse, des chantiers et des grues ponctuent l'espace. Dès que j'ai aperçu une église, j'ai compris que l'identité de la ville se nichait dans l'espace religieux.  Le Baroque triomphant du XVIIe au XVIIIe s'exprime sans retenue à l'intérieur alors que les façades extérieures sont recouvertes d'azulejos racontant la vie des saints et de Jésus. L'imagination s'est libérée en créant des autels en bois dorés torsadés (talha dourada), des statues expressives à outrance dans des mises en scène délirantes de la piété catholique. Ces églises racontent la foi profonde des Portugais. Les "igrejas" se nomment Sao Nicolau, Sao Lourenço, Sao Francisco, Dos Clericos, Das Carmelitas, et la cathédrale porte le nom de Sé avec son cloitre gothique. J'ai admiré les orgues magnifiques se déployant avec majesté et grâce sur les balcons de l'église et quelquefois situés dans l'autel. Le lendemain, tout en découvrant dans tous les quartiers traversés, une église baroquissime, j'ai photographié un nombre incalculable de façades à azulejos dont la très célèbre gare de Sao Bento. Mais j'ai réservé ma première halte de la soirée sur les quais du Douro ou Cais da Ribeira sur une terrasse où j'ai savouré mon premier porto blanc en contemplant le pont Dom Luiz I, réalisé par un collaborateur de Gustave Eiffel en 1877. Comme j'aime tout particulièrement les atmosphères maritimes, Porto ne pouvait que me plaire car dès que je vois des mouettes dans le ciel, l'océan est proche et j'avais reconnu son odeur dès que j'ai mis les pieds à l'aéroport...  

samedi 25 avril 2015

Littérature au féminin, 7

Notre dernière romancière étudiée, se nomme Françoise Sagan. Je vais seulement évoquer sa vie et rendre compte du cours, donné par Daniel, notre professeur de littérature. Dans les années 50 et 60, Sagan devient la coqueluche de la presse people, s'affiche en voiture de sport,  scandalise en flambant sa fortune au casino, symbolise la nouvelle vague, incarne une littérature de désinvolture, légère et agréable, frémissante de désillusion polie et maîtrisée. Evidemment, elle n'est pas considérée par la critique comme un grand classique à l'égal de Yourcenar ou Beauvoir. Son roman, "Bonjour tristesse", publié en 1954 a séduit plus de 500 000 lecteurs dès sa parution. L'histoire de cette jeune fille de 18 ans ressemble à une romance mélancolique : l'héroïne qui s'ennuie beaucoup, est jalouse de la maîtresse de son père, et cette jalousie cessera à la mort de cette femme dans un accident de voiture. Bonjour, tristesse... Que reste-t-il de Françoise Sagan ? Une légende du siècle dernier, une liberté audacieuse, un sens de la fête, de la dérision, mais aussi des addictions, une vie inscrite dans une adolescence assumée. Sur le plan politique, elle signe le Manifeste des 343 salopes pour l'avortement, soutient Solidarnosc, se lie d'amitié avec Mitterrand et Sartre, défraie la chronique judiciaire dans l'affaire Elf. A la fin de sa vie, elle est ruinée. Dans le dossier de notre professeur, il écrit : "Sagan, c'est le cynisme, la désinvolture, la sensualité, l'oisiveté, l'indifférence. Mais aussi, l'écriture romanesque et théâtrale, le cinéma, la chanson. Elle est la légèreté, la générosité, la bande de copains et la fête sans fin." Son œuvre autobiographique m'intéressera davantage que ses romans, en  particulier ses souvenirs, "Toxiques", "Avec mon meilleur souvenir", "Derrière l'épaule". Elle est morte en 2004 à l'âge de 69 ans d'une embolie pulmonaire. J'ai donc terminé l'évocation de ce cours de littérature au féminin avec Colette, Sarraute, Beauvoir, Yourcenar, Duras et Sagan : six femmes d'une importance capitale dans la littérature française du XXe siècle, à lire, ou à relire sans tarder.