Je suis systématiquement attirée par des romans qui relatent la vie des écrivains. Ces objets romanesques ressemblent à des biographies commentées. J'ai donc emprunté à la bibliothèque un livre de Laurent Seksik :"Les derniers jours de Stefan Zweig" qui raconte l'histoire de la fin de la vie de Stefan Zweig, écrivain qui rencontre encore aujourd'hui un grand succès. Ce livre dégage avec efficacité la drôle d'ambiance qui régnait en 1942 dans la diaspora juive et dans l'intellingentsia européenne, et nous retrace le destin des écrivains ayant fui le nazisme en se réfugiant aux Etats-Unis et en Amérique du Sud comme Stefan Zweig, Jules Romains, Georges Bernanos, Roger Caillois, et tant d'autres. Cette époque des années 1930 à 1945 est autrement plus sombre et tragique que celle d'aujourd'hui que je trouve burlesque (ah, nos hommes et femmes politiques se couvrent de ridicule avec l'épisode de l'équipe de France, et avec les aventures quelque peu pitoyables de cigares payés par l'argent du contribuable). Si Stefan Zweig revenait de son paradis des écrivains, je pense qu'il trouverait notre monde plus que vulgaire et sans idéal !
Je voulais signaler ce roman documentaire sur le destin tragique de Zweig qui finit par se suicider totalemant désespéré par la guerre et la disparition d'un monde ancien, celui des années 2O de la Mitteleuropa. Entrez dans l'oeuvre délicate et raffinée de Zweig et si vous avez le temps, lisez ou redécouvrez :
"La Confusion des sentiments", 1926
"Vingt-quatre Heures de la vie d'une femme" 1929
"Le voyage dans le passé" (1929-1976)
"La Pitié dangereuse" 1939
"Brûlant Secret" 1945
des critiques de livres, des romans, des moments de lectures, des idées de lecture, lecture-partage, lecture-rencontre, lectures
samedi 26 juin 2010
jeudi 24 juin 2010
Jorge Semprun
Je lis comme chaque mois la revue "Philosophie magazine", et ce mois-ci, j'ai porté mon attention sur un article consacré à Jorge Semprun qui vient d'écrire "Une tombe auprès des nuages. Essais sur l'Europe d'hier et d'aujourd'hui." (Climats, 2010. Il regrette que l'Europe soit en panne politiquement et qu'il est temps de reconstruire une figure européenne "spirituelle". Cet article est frappant de lucidité et de pessimisme salutaire. Il y a un extrait qui m'a touchée en définissant un chez soi européen : "Lorsque je me retrouve dans une ville avec, si possible, un fleuve,quelques musées à la portée de la main, des bibliothèques et des cafés, je suis, sans le moindre doute, chez moi." Il est rare que l'on fasse l'éloge des bibliothèques mais cela ne m'étonne pas de Jorge Semprun, écrivain que j'admire et respecte pour son parcours intellectuel et littéraire. Ces romans "autobiographiques" sont absolument à lire : "Le grand voyage" et "L'écriture ou la vie". J'en reparlerai dans mon blog après avoir lu son livre sur l'Europe.
lundi 21 juin 2010
Un Noël en famille de Jennifer Johnston
Je lis beaucoup de littérature écrite par les femmes, on peut dire littérature féminine mais l'heure n'est plus au féminisme crispé et revendicatif. Certaines filles et femmes de ma génération ont lutté à Paris et en province pour conquérir des droits qui sont maintenant inscrits dans la loi ! A cette époque, on ne lisait que des livres écrits par des femmes : Marie Cardinal, Benoîte Groult, Hélène Cixous, Annie Leclerc, des écrivaines éditées aux Editions des Femmes, et les grandes américaines comme Kate Millet par exemple. Après, vient le temps de la rencontre avec des voix singulières, l'une d'entre elles est Jennifer Johnston. J'ai lu tous ces romans (elle est irlandaise) et sa petite musique résonne toujours autant.
Je reprends des éléments du résumé de la couverture du livre : "Ce livre est un roman aussi poignant que délicat sur les liens familiaux, l'amour et le temps qui passe. Lorsque, après un terrible accident de voiture, Henry, la cinquantaine, se réveille sur son lit d'hôpital, il ne peut se rappeler ce qui l'a conduit là. Très mal en point, il a du mal à situer ceux qui défilent à son chevet : est-il encore marié à cette femme très autoritaire ? N'était-il pas fâché avec sa fille ? Son fils lui cacherait-il quelque chose ? Son frère serait-il revenu du Canada ? Que devient sa mère, artiste excentrique et déboussolée ? Et qui est Jeremy, ce très bel homme qui le veille nuit et jour ? Au fur et à mesure que son corps se répare, ses souvenirs reviennent, et avec eux ces sentiments d'inadéquation, d'insécurité, d'urgence, qui ont fait tant de tort aux siens.Il faudra encore un peu de temps, un événement dramatique et la magie d'un soir de Noël pour que Henry parvienne enfin à renouer les liens distendus avec sa famille..."
Cet écrivain subtil et si féminin n'est pas connu du grand public... Alors, pendant les vacances, découvrez-là : vous ne serez pas déçus !
Je reprends des éléments du résumé de la couverture du livre : "Ce livre est un roman aussi poignant que délicat sur les liens familiaux, l'amour et le temps qui passe. Lorsque, après un terrible accident de voiture, Henry, la cinquantaine, se réveille sur son lit d'hôpital, il ne peut se rappeler ce qui l'a conduit là. Très mal en point, il a du mal à situer ceux qui défilent à son chevet : est-il encore marié à cette femme très autoritaire ? N'était-il pas fâché avec sa fille ? Son fils lui cacherait-il quelque chose ? Son frère serait-il revenu du Canada ? Que devient sa mère, artiste excentrique et déboussolée ? Et qui est Jeremy, ce très bel homme qui le veille nuit et jour ? Au fur et à mesure que son corps se répare, ses souvenirs reviennent, et avec eux ces sentiments d'inadéquation, d'insécurité, d'urgence, qui ont fait tant de tort aux siens.Il faudra encore un peu de temps, un événement dramatique et la magie d'un soir de Noël pour que Henry parvienne enfin à renouer les liens distendus avec sa famille..."
Cet écrivain subtil et si féminin n'est pas connu du grand public... Alors, pendant les vacances, découvrez-là : vous ne serez pas déçus !
samedi 19 juin 2010
Saramago, prix Nobel de littérature
Chaque fois qu'un écrivain disparaît, je suis triste de perdre un membre éminent de la société humaine qui pense et écrit. Comme j'aime le Portugal et en particulier Lisbonne, la littérature portugaise m'intéresse beaucoup et évidemment, j'ai lu Lidia Jorge, une grande dame des lettres portugaises sans oublier l'immense et admirable Pessoa. Je me souviens surtout de Saramago à travers un roman très attachant "La caverne" qui décrit le désarroi d'un modeste potier qui ne vend plus rien et qui symbolise la fin de l'artisanat et le début d'un monde complétement automatisé dans la fabrication des objets. Ce livre m'avait touchée par son humanité, la description d'un monde moderne impitoyable pour les sans-grades.Saramago, issu d'une famille modeste du sud du Portugal, a abandonné lui-même ses études pour entrer dans une école professionnelle dont il sortira avec un diplôme de serrurier ! Cela ne l'a pas empêché d'obtenir en 1998 le prix Nobel de littérature.
Je voulais rendre un hommage à ce sage de la littérature et en ces temps troubles de l'actualité(cynisme et corruption du monde footballistique, attaque de nos acquis sociaux et météo chagrineuse). Et je lirai cet été le dernier roman de José Saramago...
Je voulais rendre un hommage à ce sage de la littérature et en ces temps troubles de l'actualité(cynisme et corruption du monde footballistique, attaque de nos acquis sociaux et météo chagrineuse). Et je lirai cet été le dernier roman de José Saramago...
vendredi 18 juin 2010
La tête en friches
J'ai vu le film de Jean Becker, "La tête en friches" et bien que je ne mentionne pas les films que j'aime (je vais le faire aussi, maintenant), je me dois de raconter cette histoire simple, délicate et émouvante. Germain,(tiens, tiens !) 45 ans, quasi analphabète, vit sa vie tranquille entre ses potes de bistrot, sa copine Annette, son jardin potager et sa mère complètement folle avec laquelle les rapports sont très conflictuels. Né de père inconnu, et considéré comme un idiot à l'école primaire, il n'a jamais lu et sait à peine écrire, il est resté " en friche ".
Un jour, au parc, il fait la connaissance de Margueritte, une très vieille dame. Elle vit seule, à présent, en maison de retraite. Entre Germain et Margueritte va se nouer une vraie complicité tendre et filiale...
Ce film fait enfin l'apologie (une défense authentique et passéiste diraient certains blasés) de la lecture, un hommage appuyé à la libération que provoque la lecture de livres ! Défilent Albert Camus et "sa peste", Romain Gary et "sa Promesse de l'aube", Jules Supervielle et "son enfant de la haute mer". Ce film est un bol d'air que certains trouveront trop primaire, lourdingue (comme Depardieu, ah la dictature des maigres !))sans falbalas hyperbranchés style Avatar. Ces spectateurs-là ne doivent surtout pas aller le voir. Ce film est réservé aux gens "pas à la mode", aux débranchés de l'hypermodernité individualiste et friquée, aux adultes en mal d'enfance, aux généreux qui s'occupent de leur "vieux" et qui sont moqués par ceux qui ne pensent qu'à leur propre confort personnel... C'est la culture qui fait réfléchir, c'est l'amour des mots et des idées qui rend heureux ! Le film finit bien : quelle erreur pour les amateurs du malheur ! Le bonheur n'est pas à la mode aujourd'hui et je me souviens d'une phrase de Camus qui disait "il n'y a pas de honte à préférer le bonheur". Ce film est un vrai petit bonheur !
Un jour, au parc, il fait la connaissance de Margueritte, une très vieille dame. Elle vit seule, à présent, en maison de retraite. Entre Germain et Margueritte va se nouer une vraie complicité tendre et filiale...
Ce film fait enfin l'apologie (une défense authentique et passéiste diraient certains blasés) de la lecture, un hommage appuyé à la libération que provoque la lecture de livres ! Défilent Albert Camus et "sa peste", Romain Gary et "sa Promesse de l'aube", Jules Supervielle et "son enfant de la haute mer". Ce film est un bol d'air que certains trouveront trop primaire, lourdingue (comme Depardieu, ah la dictature des maigres !))sans falbalas hyperbranchés style Avatar. Ces spectateurs-là ne doivent surtout pas aller le voir. Ce film est réservé aux gens "pas à la mode", aux débranchés de l'hypermodernité individualiste et friquée, aux adultes en mal d'enfance, aux généreux qui s'occupent de leur "vieux" et qui sont moqués par ceux qui ne pensent qu'à leur propre confort personnel... C'est la culture qui fait réfléchir, c'est l'amour des mots et des idées qui rend heureux ! Le film finit bien : quelle erreur pour les amateurs du malheur ! Le bonheur n'est pas à la mode aujourd'hui et je me souviens d'une phrase de Camus qui disait "il n'y a pas de honte à préférer le bonheur". Ce film est un vrai petit bonheur !
mardi 15 juin 2010
François Maspéro, un honnête homme
Je feuillette de temps en temps ma collection de la revue Le Magazine littéraire et hier, j'ai lu un interview de François Maspéro, dans une revue consacrée à Stefan Zweig (je reviendrai sur cet écrivain singulier). Maspéro, les éditions Maspéro que j'ai beaucoup vendues quand j'étais libraire dans les années 76-81 (les lecteurs acheteurs venaient même d'Espagne !!!). Et quand François Maspéro a quitté son métier d'éditeur, il a commencé à devenir écrivain et traducteur.
Je vous livre l'article de Wikipédia que j'ai résumé :
"L'adolescence de François Maspero est marquée par l'engagement de sa famille dans la Résistance. Son père, Henri Maspero, sinologue et professeur au Collège de France, est arrêté en 1944 et meurt au camp de concentration de Buchenwald. Son frère est tué au combat en 1944. Sa mère, auteur d'études sur la Révolution française, est déportée. Il crée, en 1959, en pleine guerre d'Algérie, les Éditions Maspero, engagées à gauche. Maspero se consacre à l'édition jusqu'au début des années 1980. À cinquante ans, il quitte ses éditions qui prennent le nom de La Découverte.À partir de 1984, François Maspero se consacre à l'écriture et publie Le Sourire du chat, roman autobiographique. Le suivant, Le Figuier, couvre la période 1960-1967, évoquant l'ambiance de la guerre d'Algérie et l'engagement dans les mouvements de libération d'Amérique latine. En 1989, il fait avec la photographe Anaïk Frantz un « voyage au long cours » sur la ligne B du RER parisien, Les Passagers du Roissy-Express. En 1995, Balkans-transit, en compagnie du photographe Klavdij Sluban, résume cinq ans de voyages entre la Mer Adriatique et la Mer Noire.
Dans le même temps, il traduit plusieurs auteurs en langue française, notamment John Reed, Alvaro Mutis, Jesus Diaz, Joseph Conrad ou Arturo Pérez-Reverte."
François Maspéro fait partie de ma galaxie d'écrivains que je suis à la "trace". Cet écrivain-traducteur très discret n'ennuie jamais son lecteur, bien au contraire, on aurait envie de le rencontrer dans la vie, partager un bon repas et parler des heures entières avec lui. Cette relation ressemble à une amitié ininterrompue depuis 1980. Je conseille à ceux qui ne l'ont pas lu les deux derniers ouvrages :
* L'Ombre d'une photographe, Gerda Taro, 2006.
* Des saisons au bord de la mer, roman, Seuil, 2009.
Je vous livre l'article de Wikipédia que j'ai résumé :
"L'adolescence de François Maspero est marquée par l'engagement de sa famille dans la Résistance. Son père, Henri Maspero, sinologue et professeur au Collège de France, est arrêté en 1944 et meurt au camp de concentration de Buchenwald. Son frère est tué au combat en 1944. Sa mère, auteur d'études sur la Révolution française, est déportée. Il crée, en 1959, en pleine guerre d'Algérie, les Éditions Maspero, engagées à gauche. Maspero se consacre à l'édition jusqu'au début des années 1980. À cinquante ans, il quitte ses éditions qui prennent le nom de La Découverte.À partir de 1984, François Maspero se consacre à l'écriture et publie Le Sourire du chat, roman autobiographique. Le suivant, Le Figuier, couvre la période 1960-1967, évoquant l'ambiance de la guerre d'Algérie et l'engagement dans les mouvements de libération d'Amérique latine. En 1989, il fait avec la photographe Anaïk Frantz un « voyage au long cours » sur la ligne B du RER parisien, Les Passagers du Roissy-Express. En 1995, Balkans-transit, en compagnie du photographe Klavdij Sluban, résume cinq ans de voyages entre la Mer Adriatique et la Mer Noire.
Dans le même temps, il traduit plusieurs auteurs en langue française, notamment John Reed, Alvaro Mutis, Jesus Diaz, Joseph Conrad ou Arturo Pérez-Reverte."
François Maspéro fait partie de ma galaxie d'écrivains que je suis à la "trace". Cet écrivain-traducteur très discret n'ennuie jamais son lecteur, bien au contraire, on aurait envie de le rencontrer dans la vie, partager un bon repas et parler des heures entières avec lui. Cette relation ressemble à une amitié ininterrompue depuis 1980. Je conseille à ceux qui ne l'ont pas lu les deux derniers ouvrages :
* L'Ombre d'une photographe, Gerda Taro, 2006.
* Des saisons au bord de la mer, roman, Seuil, 2009.
vendredi 11 juin 2010
Le dernier Boyd
je lis en ce moment le dernier roman de William Boyd : "Orages ordinaires" et comme on dit dans mon pays d'origine "je me régale" ! C'est un sacré conteur, William Boyd et pour ceux qui ne l'ont pas encore lu, précipitez vous dans une librairie ou une bibliothèque et lisez même les titres anciens comme "à livre ouvert" et "La vie aux aguets". Cet écrivain anglais très célèbre dans le milieu littéraire a pris un pari risqué : il n'ennuie jamais ses lecteurs et les balade dans des aventures incroyables et crédibles, à la limite du roman policier, du roman de satire sociale et du romanesque pur. Et la qualité de son écriture (traduite) épouse à merveille les péripéties des personnages. Il n'y a aucune facilité pour plaire, ni aucune vulgarité dans les pages du roman qui allie l'humour au pathétique. Dès les premières pages, on s'attache à ce personnage, Adam Kindred, à la recherche d'un poste universitaire et qui se laisse embarquer à ses dépens dans une histoire de secret pharmaceutique. Il devient SDF pour échapper à la traque et son Londres déglingué, mondialisé, ressemble à du Dickens ! Je ne dirai pas la fin, n'ayant pas terminé mais retenez bien ce titre pour vos vacances d'été : vous ne serez pas déçu !
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