Avec le temps maussade de la semaine, je suis allée voir le dernier film d'André Téchiné, "Les âmes sœurs" à l'Astrée. La réputation quelque peu "sulfureuse" d'André Téchiné, réalisateur sensible et transgressif, se confirme dans ces "Ames sœurs" où il évoque le sujet tabou de l'inceste. David, soldat en mission au Mali, se blesse gravement lors d'une expédition. Il est rapatrié en France à l'hôpital des Invalides. Il a des brûlures et il a surtout perdu la mémoire de son passé. Sa sœur, Jeanne, vit en Ariège dans un domaine en pleine montagne. Elle s'occupe du château décrépie d'un voisin déprimé et suicidaire. Prévenue par la maire du village, Jeanne part à Paris pour s'occuper de son frère cadet. Les soins hospitaliers défilent sur l'écran avec des scènes de travail acharné des soignants. A force de patience, David recommence à marcher mais il ne retrouve pas sa mémoire. Jeanne le prend totalement en charge dans sa maison en Ariège. La convalescence de David se poursuit avec des soins intensifs délivrés par sa sœur. Ils vivent en huis-clos, presque comme un couple dans une nature hostile. La maire tente de les attirer dans le réseau social pour fêter le retour du héros. Mais David est obsédé par sa sœur et lui déclare sa forte attirance. Jeanne s'inquiète beaucoup pour son frère qui est devenu un autre homme depuis son accident. Il achète une moto, se lie avec leur voisin déprimé qu'il sauve d'un suicide au bord d'un étang. Cet homme se déguise en femme et n'assume pas cette "fluidité de genre" comme on dit aujourd'hui... Tous les trois forment une famille recomposée avec leurs problèmes d'identité et de marginalité. Jeanne révèle à son frère leur ancienne liaison amoureuse et refuse de revivre cette relation malsaine et interdite par la loi. Celui-ci tente de se suicider avec sa moto. Jeanne quitte sa maison et fuit cette situation invivable. Jeanne va-t-elle se libérer de l'emprise de son frère ? Je n'évoquerai pas la fin de ce drame intime et troublant sur cette question sensible de l'inceste. Noémie Merlant, toujours aussi convaincante, tient un rôle difficile et Benjamin Voisin, vulnérable et immature, compose un personnage ambigu dans ses sentiments et émouvant dans sa solitude. Un film étrange et dérangeant. A voir, évidemment.
des critiques de livres, des romans, des moments de lectures, des idées de lecture, lecture-partage, lecture-rencontre, lectures
vendredi 14 avril 2023
jeudi 13 avril 2023
"Le livre du rire et de l'oubli", Milan Kundera, 2
Dans le chapitre "Les lettres perdues 2", le narrateur raconte l'histoire de Tamina, exilée et barmaid de café dans une ville française. Elle écoute ses clients avec une patience d'ange alors qu'elle ne se confie à personne ; "Car toute la vie de l'homme parmi ses semblables n'est rien d'autre qu'un combat pour s'emparer de l'oreille d'autrui". Veuve, elle voudrait récupérer des papiers personnels restés chez sa belle-mère en Tchécoslovaquie. Elle va se lier avec un étudiant volontaire pour aller chercher ces lettres à Prague. Mais, cette récupération des lettres perdues s'avère vaine (mémoire et oubli). Le chapitre "Litost", mot tchèque un peu mystérieux, relate l'aventure amoureuse et hasardeuse de Christine, mariée à un boucher. Elle tombe amoureuse d'un étudiant pragois mais refuse de devenir sa maîtresse. La "Litost" est un sentiment d'échec et de l'acharnement dans l'échec dans une sorte de délectation suicidaire. Ils se retrouvent dans la chambre de l'étudiant à Prague et elle insiste pour qu'il rencontre des poètes dans un bar. Quand il revient pour vivre sa nuit d'amour, elle se refuse dans un entêtement incompréhensible pour le jeune homme. Le lendemain, elle finit par avouer qu'elle avait peur de tomber enceinte (situation absurde) ! Cette incommunicabilité entre homme et femme est traitée de façon ironique et décapante. Pour les chapitres suivants bien plus complexes, le narrateur reprend le personnage de Tamina dans une dimension onirique. Il évoque avec une émotion inhabituelle la figure de son père, pianiste et musicologue. Ce père oubliait les mots dans sa vieillesse mais qui, juste avant de mourir, avait prononcé, "Maintenant, je sais !", sur un quatuor de Beethoven. Encore ce thème de la mémoire et de l'oubli... Les derniers chapitres proposent des réflexions très pointues sur la musique tonale et dodécaphonique et surtout une fable fantastique à la Kafka quand Tamina vit sur une île avec des enfants sans passé et sans mémoire. Quand elle tente de fuir cet île en nageant (une image allégorique d'un monde totalitaire), elle aperçoit une barque chargée d'enfants et elle a peur d'être récupérée. Mais, ils la regardent suffoquer et la laissent se noyer. Ce roman se termine sur une note pessimiste : "La lutte de l'homme contre le pouvoir est la lutte de la mémoire contre l'oubli". Mais le rire apporte une note moins sombre car Milan Kundera utilise l'ironie, la fable, l'absurde pour dénoncer la déshumanisation des idéologies totalitaires qui anéantissent la mémoire des peuples et des individus. Ce roman complexe et musical dévoile la philosophie de Milan Kundera : comprendre la vie dans sa nudité absolue. Il déclare dans son essai, "Le Rideau" : "Comprendre cette inéluctable défaite qu'on appelle la vie" et il ajoute : "Le roman nous reste comme le dernier observatoire d'où l'on puisse embrasser la vie humaine comme un tout". Le verbe qu'il préfère certainement : "Se libérer", se libérer des conventions, des modes, du lyrisme, du sentimentalisme, du dogmatisme, et de tant d'autres illusions...
mercredi 12 avril 2023
"Le Livre du rire et de l'oubli", Milan Kundera, 1
J'ai choisi Milan Kundera pour l'atelier Littérature du jeudi 11 mai. Cet immense écrivain français d'origine tchèque mérite amplement une redécouverte pour certaines lectrices et pour d'autres, une découverte qui demande parfois un effort de lecture. J'ai conseillé de lire les romans écrits dans la tranche des années 70 à 90 plus accessibles que les dernières parutions. "Le Livre du rire et de l'oubli" est le premier ouvrage écrit en 1976 quand l'écrivain fuit la Tchécoslovaquie et trouve un poste de professeur de littérature comparée à Rennes qu'il occupera jusqu'en 1979. Comme tous les textes de Milan Kundera, il faut entrer dans un labyrinthe musical car il définit ses œuvres comme des "romans en forme de variations". Les thèmes de l'ouvrage (la mémoire et l'oubli, le rire et le tragique) commentés par un narrateur autobiographe s'imbriquent dans un contexte historique (son pays après l'invasion des Russes à Prague) et dans une intrigue romanesque. Les sept parties du livre sont intitulées ainsi : "Les lettres perdues, Maman, Les anges, Litost, Les anges, la frontière". Le roman démarre par une anecdote sur l'effacement d'un opposant politique sur une photo, méthode toute stalinienne. Puis, un personnage apparaît avec Mirek qui veut récupérer des lettres compromettantes adressées à une femme, Zdena, une militante communiste approuvant l'invasion russe en 1968. L'anecdote se termine par l'arrestation de Mirek. Le deuxième chapitre concerne le couple de Karel et de Marketa qui invite la maman du marié pour séjourner chez eux. Ce chapitre détonnant, hilarant et ironique évoque ce couple étrange voulant former un trio avec une amie de Marketa, Eva, disponible pour des jeux érotiques Mais la "Maman" s'incruste dans le foyer et parle de l'enfance de Karel quand il avait quatre ans. Un souvenir de nue féminin l'aurait marqué et cela expliquerait son comportement sexuel. Cette "Maman" loufoque et pitoyable se souvient difficilement de son passé (mémoire et oubli). Dans le chapitre suivant, Milan Kundera intègre des indices biographiques : il retrace un épisode de sa vie d'avant quand il gagnait de l'argent en donnant des consultations astrologiques. Il pousse l'absurde de la situation en parlant d'un rédacteur en chef, modèle du marxisme-léninisme qui appréciait ses prévisions. L'effet comique de ce passage est jubilatoire. Plus loin, il analyse une photo typique de policiers en armes confrontés à des manifestants dansant une ronde. La métaphore du bonheur absolu, "une ronde incessante", est un plaidoyer contre l'idéologie de masse (nazisme, stalinisme) et pour la naissance de l'individu libre. Lui-même a participé à de nombreuses "rondes" lors de fêtes liées à l'avènement du régime communiste (thème récurrent de l'illusion lyrique). Cette dénonciation se poursuit quand il évoque Paul Eluard intégré dans cette ronde à Prague : "Danser dans une ronde est magique ; la ronde nous parle depuis les profondeurs millénaires de la mémoire". (La suite, demain)
mardi 11 avril 2023
"L'étoile Vesper", Colette
Cette année, j'ai redécouvert Colette grâce à la célébration de sa naissance, il y a 150 ans ! Pourtant, j'avais lu ses "Claudine" et quelques uns de ses romans les plus emblématiques. Mais, j'étais trop jeune pour savourer sa prose poétique, charnelle et vibrante. Quand on prend de l'âge, c'est parfois difficile (j'ai renoncé à atteindre le sommet du Mont Blanc !), mais pour la lecture, (et si notre cerveau conserve toute sa clarté), cet acte si essentiel se transforme en une aventure merveilleusement palpitante. Pour ma part, j'ai ressenti cet esprit de renouveau avec Virginia Woolf, Marguerite Yourcenar et Marcel Proust. Ces écrivains de génie se comprennent cent fois mieux à une deuxième voire une troisième lecture, plus intense, plus dense, plus approfondie. Je peux ajouter maintenant Colette. Et je suis saisie d'une "fringale" pour l'univers colettien. J'ai donc ouvert récemment le quatrième tome de la pléiade pour "L'étoile Vesper". Publié en feuilleton dans les premiers numéros d'Elle en 1945, le texte ressemble plus à une chronique qu'à un journal intime où elle confierait ses souvenirs les plus intimes. Pourtant, elle décrit sa vie quotidienne dans son appartement du Palais-Royal à Paris : la douceur du printemps, la présence de son dernier compagnon, les visites, les voisins, les échos du jardin public. Car, Colette souffre d'une arthrite invalidante et elle ne sort plus de chez elle. Sa curiosité affutée lui donne toujours le goût de la vie malgré ses souffrances physiques qu'elle veut mettre à distance. Dans ce texte hybride, les digressions lui permettent d'aborder des événements qui l'ont bouleversée comme l'arrestation et l'emprisonnement de son mari, Maurice Goudeket, d'origine juive. Elle arrivera à le faire libérer mais, cet épisode traumatique va laisser chez elle une trace durable. Elle évoque aussi ses expériences de journaliste, ses amies dont Hélène Picard. La narratrice écrit de très belles réflexions sur son vieillissement, sur sa solitude et sur l'écriture : "Pendant une bouffée de silence, épaisse comme une brume, je viens d'entendre choir sur la table voisine, les pétales d'une rose qui n'attendait, elle aussi, que d'être seule pour défleurir". Une "éthique stoïcienne" se dégage de ce récit autobiographique car ses douleurs ne la lâchent plus : "Vivre, survivre... Après tant d'années de guerre, ces mots-là tiennent une place énorme. Le besoin de survivance est si vif chez nous, femmes, et si féminin l'appétit de victoire physique !". Ce très beau texte se lit un peu comme un testament littéraire. Son amour indéfectible de la vie se résume avec cette phrase : "Changé... Je viens d'écrire ce mot et je lève les yeux. Était-ce un mot magique ? Tout est nouveau. Le nouveau, le renouveau viennent quand j'écris". Colette, une écrivaine d'un charme infini.
lundi 10 avril 2023
"La femme à part", Vivian Gornick
Je ne connaissais pas cette écrivaine américaine, Vivian Gornick et je l'ai découverte grâce à Geneviève Brisac dans son essai magnifique sur la littérature féminine, "La Marche du cavalier". Un seul de ces ouvrages était disponible à la Médiathèque de Chambéry, "La femme à part", écrit en 2015 et publié chez Rivages en 2018. Née en 1935 et très peu connue en Europe, elle est considérée comme une activiste féministe dans les années 70. Le récit autobiographique, "La femme à part" évoque la ville de New York pour laquelle elle éprouve un amour fou. Cette flâneuse compulsionnelle parcourt les rues de la cité monstre avec une frénésie toute éblouissante : du Bronx à Manhattan en passant par toutes les rues de New York : "Les voix, voilà ce dont je ne peux me passer. Dans la plupart des villes du monde, on vit sur des siècles de chemins pavés, d'églises en ruine, de vestiges architecturaux enfouis et empilés les uns sur les autres. Lorsque vous grandissez à New York, votre vie est une archéologie faite non pas de structures, mais de voix, elles aussi empilées, et tout aussi irremplaçables". La foule, le bruit, les odeurs du métro, les discussions entre passants, les cris des solitaires, la violence, tout ce flot continu capte son attention émerveillée. Enfant du Bronx, Vivian Gornick se sent libre et légère, appréciant l'anonymat comme une conquête essentielle. Son esprit vif enregistre tous les mouvements autour d'elle et elle raconte des anecdotes surprenantes sur les scènes urbaines. Ce livre original ne ressemble ni à un roman, ni à un essai mais à un pêle-mêle d'observations percutantes, de souvenirs personnels, de réflexions courtes sur l'amour et sur l'amitié. Cette "femme à part" aime la déambulation frénétique d'une ville en folie permanente et puise sa propre énergie dans ce décor d'une verticalité vertigineuse. Mais elle arpente tant les rues de New York comme si elle avalait un remède contre son angoisse existentielle. Telle une photographe ou une cinéaste, son regard enregistre l'incongru, l'évanescent, le fugace dans cette valse de micro événements. Vivian Gornick n'oublie pas le monde des écrivains car elle intègre dans son texte de voyageuse urbaine de nombreuses références littéraires. L'amitié est aussi au centre du livre avec Léonard, son meilleur ami homosexuel. L'écrivaine américaine propose un bilan sincère et lucide sur sa vie, sur ses amitiés et sur ses amours avec un humour salutaire. Une écrivaine à découvrir.
vendredi 7 avril 2023
"La Tour infernale", une librairie chambérienne de tradition
Après ma visite quasi hebdomadaire à la Médiathèque de Chambéry, je me suis dirigée chez Garin qui a déménagé pour trois mois sur la place de Métropole en face de la cathédrale. J'aime humer les nouveautés sur les tables et je quitte la librairie avec une liste d'ouvrages à lire. J'ai vu que la librairie ancienne de Michel Latour était ouverte et ma curiosité de "bibliophile" a été la plus forte : j'ai pénétré avec plaisir dans cette caverne des livres anciens et soldés, baptisée par son fondateur de "Tour infernale". Un désordre invraisemblable semble régner dans cet espace de cinquante mètres carrés : du sol au plafond, des montagnes de livres partout sur les murs et sur des tables, des ouvrages rares, anciens, reliés en cuir ou brochés, cartonnés ou en poche. J'ai demandé au bouquiniste fort sympathique comme se repérer dans cette caverne de papier. Il m'a répondu aimablement : le mur de droite : histoire et géographie, puis le régionalisme, le mur de gauche, littérature et sciences humaines puis les étagères du milieu, l'art et puis des poches sous l'escalier et des pléiades derrière le bureau... Il avait l'air vraiment convaincu d'avoir adopté un excellent classement ! Un joyeux bazar, sans vrai rangement à la Dewey comme dans les bibliothèques du monde entier. J'ai donc fouillé les piles verticales de livres, je me suis tordue le cou pour vérifier les auteurs classés par ordre alphabétique (quand même !). J'ai trouvé un exemplaire de la collection "Ecrivains de toujours" sur Colette que je cherchais depuis longtemps. Je voulais aussi "Les chroniques italiennes" de Stendhal en Folio pour l'emporter en voyage pour ma prochaine escapade printanière en Italie du Nord. Monsieur Latour m'a déballé quelques cartons de poche pour enfin mettre la main dessus. Il m'a dit : "Ah vous avez de la chance aujourd'hui !". Pour une somme modique, j'ai emporté mes deux poches et il m'a répondu : "Vous êtes ma seule cliente de la journée et cela me remboursera mon café croissant de ce matin !". Il m'a raconté qu'il vendait de moins en moins de livres... Retraité, il conserve sa boutique ouverte par passion. Nous avons discuté de l'oubli des livres anciens, des jeunes qui désertent ces boutiques, d'un avenir où ce commerce fermera ses portes magiques. J'ai senti le parfum des siècles, du temps qui passe, d'une culture écrite en voie de disparition. En attendant la fin de ce monde là, si émouvant, si fragile, allons chez Michel pour retrouver le goût des livres de toutes les époques, un acte de résistance.
jeudi 6 avril 2023
"La lumière, l'encre et l'usure du mobilier", Emmanuel Venet
J'ai trouvé chez Garin, ma librairie chambérienne préférée, une nouveauté au titre étrange, "La lumière, l'encre et l'usure du mobilier", publié chez Gallimard. L'auteur du livre ? Emmanuel Venet. Cet écrivain et psychiatre a composé un récit original, tissé de textes fragmentaires, évoquant un "alliage de matériaux hétérogènes d'où émane une réalité immatérielle que les anciens appelaient âme, qu'on nomme aujourd'hui psychisme mais que notre époque tient pour une veille lune". Cet essai patchwork se compose de plusieurs chapitres en abécédaire aussi hétéroclite que possible, de A comme Auberge à Z comme Stefan Zweig. Quelques chapitres concernent des références biographiques assez brèves comme s'il ne voulait pas s'épancher dans un narcissisme contemporain souvent impudique. Il est issu d'une famille très catholique à Lyon et raconte avec humour les influences qu'il a reçues dans son enfance. Son premier amour est resté platonique et il évoque ce souvenir avec beaucoup de délicatesse. Ce récit intime fournit de nombreuses anecdotes savoureuses comme la présence du traditionnel brouillard lyonnais qui a disparu aujourd'hui. Des exercices d'admiration envers des écrivains aimés complètent à merveille ce texte écrit d'une plume élégante et brillante. Dans son Panthéon culturel, ses affinités concernent Cendrars, Rimbaud, Kafka, Vialatte, Freud et même "mon" Pascal Quignard à qui il rend un hommage inattendu : "Pour ma part, j'aime cousiner avec Pascal Quignard". Dans un chapitre nommé "Psychiatre", il écrit : "Comme ce livre, nous sommes de pièces et de morceaux : d'un corps, qui, tour à tour, nous réjouit et nous tourmente ; d'idées semées dans nos têtes à l'âge tendre ; de paroles entendues, proférées, lues, écrites ; d'expériences cruciales plus ou moins heureuses ; du moment historique où nous avons surgi du non-être ; des désirs confus et enchevêtrés dont nous procédons". Sa culture scientifique et médicale ajoute aussi une dimension particulière dans cet essai aux multiples entrées. Un ouvrage cultivé, parfois érudit et surtout littéraire. Ce psychiatre certainement fort compétent aime par dessus tout la littérature, une exploration de la réalité du monde et du psychisme humain. Un essai à découvrir par l'auteur de "Marcher droit, tourner en rond" et de "Manifeste pour une psychiatrie artisanale".