mardi 6 janvier 2015

Ma liste de mes 10 meilleures séries

Cela fait longtemps que je regarde des séries, surtout le soir. Voici ma liste pour les amateurs "sériephiles" :
- "Homeland 3" pour l'héroïne bipolaire et l'ambiance de notre monde d'aujourd'hui,
- "Real humans" une série vue sur Arte, formidable sur les robots humanoïdes,
- "The Bridge" , un thriller haletant avec des enquêteurs atypiques danois-suédois,
- "House of cards", un couple machiavélique d'ambitieux politiques à Washington,
- "Broadchurch", une série policière de très grande qualité avec un inspecteur tourmenté,
- "Hatufilm", une série israélienne traitant un sujet délicat de prisonniers de guerre libérés,
- "The Killing", une inspectrice empathique qui délaisse sa propre vie pour son métier,
- "The Americans", le portrait d'espions russes dans la peau d'un couple d'américains moyens,
- "Rectify", un homme accusé de meurtre est innocenté et revient dans sa petite ville,
- "True Detective", un détective inquiétant dans une atmosphère inquiétante, une série culte.
La chaîne Arte diffuse souvent des séries intelligentes et subtiles comme "Real Humans" par exemple. Suivre la plupart du temps une dizaine d'épisodes en plusieurs saisons consécutives procure un sentiment de continuité, de fidélité et de partage. On se sent en rendez-vous ou en visite et retrouver les personnages qui vieillissent en même temps que nous est un phénomène que des sociologues ont étudié. Ce cinéma de salon peut apporter le même plaisir que le cinéma de salle... Les séries que je cite sont loin d'être débiles (il en existe aussi de très mauvaises) et traitent des thèmes sociétaux, politiques, historiques, psychologiques, dignes du cinéma traditionnel.

lundi 5 janvier 2015

Ma liste des 10 meilleurs films de l'année

Après les livres, voici ma liste de mes 10 films préférés en 2014 sur la trentaine vue au cinéma. J'aime me rendre dans une vraie salle et à Chambéry, j'ai la chance de disposer de deux salles d'art et d'essai où je peux les voir en version originale. Evidemment, je dois être un peu trop "élitiste" dans mes choix car je ne vais pas voir le cinéma dit "populaire" comme le dernier grand succès que les Français ont plébiscité. Je préfère les films d'auteur, les petits films, les films européens, les films rares. Peut-être que je rate des grands moments cinématographiques... Tant pis pour moi ! J'ai donc beaucoup aimé :
- "Philomena" de S. Frears pour ce beau portrait d'une mère dépossédée de son enfant dans une Irlande catholique et sectaire,
- "Mommy" de Xavier Dolan, un phénomène du cinéma, un coup de poing cinématographique,
- "Viva la liberta" de R.Ando, un hymne à la liberté, une comédie italienne savoureuse,
- "Un beau dimanche" de Nicole Garcia, la musique subtilement féminine de cette comédienne-réalisatrice,
- "12 years of slave" de S. Northup, un film historique, poignant sur l'esclavage,
- "Sils Maria" d'Olivier Assayas, pour la montagne, Juliette Binoche et la venue de l'âge,
- "Love is strange" de Ira Sachs, une histoire touchante d'un vieux couple d'homos à New York,
- "Noi 4" de F.Bruni, un bijou de film italien, une histoire de famille en crise à Rome,
- "Nos enfants" de I. De Matteo, encore un film italien sur les relations parents-enfants, 
- "Un été à Osage country" de John Wells, exclusivement choisi pour Meryl Streep.
 Ces sorties au cinéma font partie de mes loisirs culturels et complètent à merveille mon goût pour la lecture. Lire des textes, lire des images, au fond, c'est la même démarche, dictée par la curiosité envers les créateurs. Les écrivains, les réalisateurs nous aident à nous comprendre et à comprendre le monde des autres, la société, la vie, tout court...

vendredi 2 janvier 2015

Ma liste des 10 meilleurs livres de l'année

Je viens de compter le nombre de livres lus en 2014 : à peine 95... Si je divise par douze mois, j'obtiens une moyenne de 7,9 exemplaires par mois, soit presque deux livres par semaine. La lecture qui était déjà un de mes "loisirs" préférés, se renforce encore plus quand on a tout le temps pour soi. Mais, je ne suis pas toujours un livre à la main. Il m'arrive de me balader, de voyager, de rêver, de m'occuper de ma maison et du jardin, de naviguer sur internet, de suivre des cours de littérature, d'histoire ancienne et de philosophie. Je participe aussi à deux ateliers d'écriture et j'anime un atelier de lectures ! J'ai donc, toujours aussi soif de connaissances et de culture et mes neurones bougent encore pour longtemps, je l'espère !  Lire reste et restera une de mes priorités essentielles. J'ai regardé mon carnet où je note tous les titres de l'année. Voici mon palmarès :
-  "Ce qui reste de nos vies" de Zeruya Shalev : le portrait d'une famille en crise en Israêl avec des remises en question salutaires, un coup de poing littéraire
- "Pas pleurer" de Lydie Salvayre : la Guerre d'Espagne vue par une jeune fille amoureuse dans un jargon hispano-français audacieux,
- "Réparer les vivants" : magnifique message de générosité dans le don d'organes avec un style époustouflant,
- "Excursions dans la zone intérieure" de Paul Auster, une auto-analyse d'une profondeur rare,
- "Bad girl", une auto-analyse qui reprend le thème de Paul Auster : Pourquoi devient-on écrivain ?
- "Vies minuscules" de Pierre Michon, une écriture magique et une approche empathique des "gens de peu",
- "Les Endormeurs" d'Ann Enquist, les relations troublantes entre un frère psychiatre et une sœur anesthésiste,
- "Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier" de Patrick Modiano, sur la mémoire des lieux, de l'enfance et du temps,
- "Et dans l'éternité, je ne m'ennuierai pas" de Paul Veyne, des souvenirs savoureux d'un  grand Monsieur qui nous donne le goût de l'Antiquité,
- "Vivre à présent", le dernier roman-testament de l'immense Nadine Gordimer, disparue en 2014.
Au total, 6 écrivains français dont 3 femmes et 4 écrivains étrangers dont 3 femmes...
 
  

mardi 30 décembre 2014

"Heureux comme un libraire"

Je vais terminer l'année 2014 avec ce billet, mon quinzième du mois. Cette année, je me suis donnée un objectif mensuel de 15 articles par mois et j'ai respecté ce contrat même quand je m'absente de temps en temps pour quelques escapades. Pour ce dernier billet, je vais rendre un hommage aux libraires en m'appuyant sur le papier d'un journaliste du Monde, paru le vendredi 26 décembre. Michel Guerrin interroge quelques libraires "heureux" alors que les ventes de livres sont en baisse, que les jeunes délaissent la lecture, que de plus en plus d'achats passent par Internet. Certaines grandes librairies, situées dans des métropoles régionales comme "Ombres blanches" à Toulouse, "Mollat" à Bordeaux, "Millepages" à Vincennes et "Bookstore" à Biarritz résistent à la crise. Ces espaces sont renommés, très bien placés et offrent un large choix d'ouvrages. Les livres ont été plébiscités dans la liste des cadeaux, du plus modeste livre en format poche au livre d'art. Toutes les librairies, de la plus petite à la plus grande, ont un rôle à jouer dans la ville : elles deviennent des lieux de rencontre, des carrefours culturels, des espaces de partage. J'ai vécu une expérience de libraire à Bayonne de 1975 à 1981 et pour faire venir des clients-lecteurs, j'organisais des expositions, des soirées musicales, théâtrales. La clientèle fidèle n'a pourtant pas sauvé mon commerce car je vivais une concurrence déloyale avec les grandes surfaces. C'était l'époque du prix libre du livre. Si j'avais tenu un an de plus, je serais encore libraire... Mais, ma reconversion professionnelle m'a permis de devenir bibliothécaire et j'ai vécu aussi des rencontres formidables avec des lecteurs et surtout des lectrices  motivées dans des lieux bien aménagés, chaleureux et confortables (dont la médiathèque de Tarare) que j'avais équipés dans les années 90 et 2000 au temps de l'expansion de la lecture publique dans notre pays. Je me rends compte de la chance que j'ai eue de vivre cette "épopée" culturelle, une vie professionnelle au service des livres et du public, avec une passion qui ne m'a jamais quittée malgré les années cumulées... Voilà pourquoi, jusqu'à mon dernier souffle, je parlerai de littérature, des écrivains, des librairies, des bibliothèques, des maisons d'édition, des ateliers de lecture, de la place de la lecture dans ma vie, du monde fascinant des livres !

"Bad girl"

Nancy Huston fait partie de ma planète littéraire... J'ai lu pratiquement toute son œuvre romanesque et ses essais. J'ai toujours aimé son féminisme, sa passion de la littérature (en particulier de Romain Gary), son style inimitable, vivant, puissant et parfois, alambiqué. Elle ne laisse aucun(e) lecteur(trice) indifférent(e). On l'adore ou on la déteste. Je suis parfois déroutée par la construction de ses romans mais, il suffit de se cramponner et on se laisse porter par son souffle, son dynamisme et son charisme. Son dernier récit vient de sortir chez Actes Sud et je l'ai lu d'une traite... Nancy Huston mène une enquête sur sa vie intra-utérine, sa naissance, son enfance. Elle fouille, traque, vérifie comme une inspectrice, recherche les raisons pour lesquelles elle est devenue écrivaine et essayiste. Ses origines familiales ne sont pas favorables à ce destin de femme canadienne anglophone et parisienne d'adoption. Elle est née à Calgary, au Canada dans les années 50 dans un milieu de la classe moyenne. Elle évoque un arrière-grand-père fou à lier, une grand-mère féministe, une belle-mère allemande, un père dépressif, une mère intellectuelle, tout une galerie d'adultes complexes que l'écrivaine peint avec une empathie magnifique sans jugement et sans procès. Elle se donne le surnom de Dorrit en utilisant le tutoiement dès la première ligne du récit : "Toi, c'est toi, Dorrit. Celle qui écrit. Toi à tous les âges, et même avant d'avoir un âge, avant d'écrire, avant d'être un soi. Celle qui écrit et donc aussi, parfois, on espère, celui/celle qui lit. Un personnage." Nancy Huston est obsédée par la question de l'être : pourquoi suis-je née alors que ma mère voulait avorter ? Pourquoi me suis-je tant accrochée ? Quelles influences ai-je subies ? Elle écrit : "Notre corps grouille de cette descendance et de cette dépendance. Nous ne tombons pas du ciel, mais poussons sur un arbre généalogique". Cet ouvrage fourmille d'anecdotes sur ses ancêtres, ses parents, ses écrivains de prédilection (Virginia Woolf, Beckett, Barthes, Nin). Ce texte-puzzle, mélangeant les styles, la chronologie, les personnages comporte aussi des réflexions philosophiques, politiques et sociétales. Il faut lire Nancy Huston et "Bad girl", une littérature d'inspiration "volcanique", une lave de mots, d'images, de sensations, de réflexions, un bonheur de lecture...

vendredi 26 décembre 2014

"Et dans l'éternité, je ne m'ennuierai pas"

Je reprends les premières phrases de cette autobiographie : "Né en 1930 dans le Midi de la France, dans un milieu presque populaire, je suis professeur honoraire d'histoire romaine au Collège de France. Je me suis marié trois fois, comme Cicéron, César et Ovide. J'ai été membre du Parti communiste dans ma jeunesse et j'ai écrit des livres sur des sujets divers. Je vis depuis longtemps dans un village de Provence, au pied du mont Ventoux". Cette présentation sobre et succincte est l'œuvre d'un des plus grands historiens français, Paul Veyne. Je ne lis pas souvent des souvenirs de personnalités mais j'ai fait une exception avec ce livre rempli d'anecdotes sur sa vie personnelle, son métier d'"antiquisant", sa formation intellectuelle. Issu d'une petite bourgeoisie commerçante de Provence (son père fait fortune dans le négoce en vins), il échappe à une voie toute tracée en se consacrant à l'étude du latin et des Humanités comme on le disait dans une France d'avant... Sa passion de l'Antiquité lui vient très tôt à l'âge de huit ans, quand il découvre un petit morceau d'amphore romaine dans une colline, près de sa maison de famille. Puis, il lit Homère et sa fascination se confirme pour ce monde "aboli". Le professorat lui convient à merveille et il évoque son parcours de chercheur à l'université d'Aix en Provence, à Rome,  puis au Collège de France. Pour les lecteurs qui ne connaissent pas ce milieu scientifique, Paul Veyne se met vraiment à leur portée pour relater ce cheminement professionnel avec une ironie ravageuse. J'ai été aussi très intéressée par le portrait de son ami René Char. Il a par ailleurs écrit un ouvrage sur lui ("René Char en ses poèmes"). Il évoque sa vie intime et familiale avec lucidité,  son militantisme communiste sans grande conviction (il quittera le Parti en 1956).  Il aura traversé lui, le grand historien que l'on croit à l'abri du malheur, des événements tragiques (suicide de son fils) comme le plus commun des mortels. Malgré tout ce qu'il a vécu, Paul Veyne offre à ses lecteurs des leçons de sagesse, il nous communique son goût de la vie intellectuelle et sensible (Il adore la montagne). Son autobiographie se lit comme un roman et comme j'apprends le grec ancien, tout en suivant des cours sur la civilisation gréco-romaine, cet ouvrage ne pouvait que me plaire énormément. Et je lirai dorénavant toute l'œuvre de Paul Veyne surtout  "Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes ?"... "Cet octogénaire à l'humour ravageur a la jeunesse dans les veines" dit un critique de Télérama. Et il a mille fois raison...

mardi 23 décembre 2014

Rubrique cinéma

Loin de la foule "consumériste" des fêtes, je me suis réfugiée dans une salle de cinéma quasi déserte. J'ai donc vu "Nos enfants" du réalisateur italien, Ivano De Matteo. Il s'est inspiré de l'excellent roman d'Herman Koch, "Le dîner". Paolo est un avocat brillant, cynique et peu scrupuleux. Il défend toutes sortes d'agresseurs sans état d'âme. Sa femme s'occupe de leur bébé dans un appartement grand luxe. Il a aussi une fille de seize ans d'un premier mariage. Son frère lui, vit son métier de médecin avec passion, compassion et empathie pour ses enfants malades.  Il est marié avec une guide culturelle et leur fils Michele, âgé de seize ans, fréquente le même lycée que sa cousine. Les deux couples ont l'habitude de se voir une fois par mois dans un restaurant branché. Ils échangent des banalités et s'égratignent parfois à cause de leurs modes de vie différents. La mère du garçon tombe par hasard sur un reportage dans un journal télévisé et à sa grande stupéfaction, elle semble reconnaître son fils et sa nièce dans l'agression d'une femme SDF. La jeune fille avoue à son père avocat qu'elle est mêlée à cet événement. Les parents du jeune homme ne peuvent pas accepter l'intrusion de ce drame dans leur vie et ne réalisent pas que leur fils a complétement dérapé. L'avocat prend conscience que sa fille est habitée par une certaine cruauté mentale, et il veut la dénoncer à la justice. Il intercepte une conversation entre les deux cousins qui confirme leur comportement insensé. Quand les deux couples de parents se retrouvent au restaurant pour enfin parler de ce drame, les uns vont refuser tout recours à la justice, les autres prennent la seule décision sensée. Mais, la violence n'est pas que du côté des adolescents... Le réalisateur a voulu décrypter le mystère de l'adolescence pour les adultes, les comportements à risques, l'amour inconditionnel des parents, la lâcheté, le déni et bien d'autres problèmes au sein des familles. Un film coup de poing, très fort, vraiment intéressant sur des sujets de société, traités avec intelligence et finesse.