Hier, j'ai oublié de signaler le coup de cœur de Mylène pour Belinda Cannone,. J'ai donc rectifié l'erreur dans le billet daté de mardi 18 mars. J'aborde aujourd'hui les commentaires sur les romans tirés au sort sur le thème des villes européennes dans la littérature. Janine avait choisi "La fête à Venise", une ville qu'elle apprécie tout particulièrement car elle est une "italianiste" convaincue, mais elle n'est pas du tout rentrée dans ce livre de Sollers que l'on aime d'emblée ou que l'on rejette illico presto... Janine n'a donc pas fêté les noces avec Sollers, dommage... Danièle a beaucoup apprécié "L'hiver à Madrid" de C.J. Sansom, un écrivain anglais, spécialiste de romans historiques. L'histoire se déroule en 1940, dans un Madrid exsangue après l'horreur de la Guerre civile. Harry, des services secrets anglais, tente de retrouver Bernie son meilleur ami, fervent communiste porté disparu. Espionnage, amour, amitié, trahison, ce livre a conquis Danièle. Geneviève a aussi aimé le roman de Vassilis Alexakis, "La langue maternelle" sur Athènes et le mystère de la lettre epsilon (e). Le héros est rentré dans son pays après vingt ans d'exil, pour retrouver ses racines grecques et revisite ainsi sa culture d'origine. Régine avait tiré au sort deux livres : "Le pianiste de Trieste" d'Aliette Armel qu'elle a trouvé trop long, alambiqué et surtout n'évoquant pas du tout la belle cité de Trieste et "La porte des enfers" de Laurent Gaudé, publié en 2008. Ce roman baroque a comblé ses attentes de lectrice passionnée : l'histoire autour de la Mafia, la galerie de personnages hauts en couleurs, la descente aux enfers et la vengeance finale introduite dès la première page du roman. Un livre extraordinaire, selon Régine... A mettre sur vos carnets de lecture. Dany a ensuite lu "Le dîner" d'Hermann Koch, un écrivain néerlandais très apprécié dans son pays. L'action se déroule à Amsterdam dans un restaurant branché où deux frères se retrouvent avec leurs épouses respectives. On parle de tout et de rien et, surtout, on évite de parler de leurs préoccupations du moment : les enfants. Véronique n'est pas rentrée dans le roman d'Hugo Hamilton, "Le Marin de Dublin" et Janelou a été très déçue par Anne Wiazemski et son "Mon enfant de Berlin". J'ai proposé en fin de séance un projet bibliographique sur les villes et les romans, d'Europe et d'ailleurs, pour voyager et appréhender la réalité d'une autre façon que dans les guides souvent trop pratiques. Avant de partir, rien ne vaut la compagnie des écrivains dans leur lieu de prédilection. Dans cet atelier, nous avons quand même évoqué Venise, Madrid, Athènes, Naples, Amsterdam, Dublin et Berlin... Il faut bien préparer nos escapades printanières !
des critiques de livres, des romans, des moments de lectures, des idées de lecture, lecture-partage, lecture-rencontre, lectures
mercredi 19 mars 2014
mardi 18 mars 2014
Atelier de lecture, 1
En ce bel après-midi ensoleillé, nous nous sommes retrouvées une bonne dizaine de lectrices motivées pour partager les coups de cœur que je vais essayer de résumer me basant sur mes notes rapidement prises au fil des récits. Demain, j'aborderai les livres tirés au sort. Régine a démarré la séance avec Sylvie Germain et ses "Petites scènes capitales", une nouveauté de la rentrée littéraire de septembre 2013. Autour des 49 chapitres, se dessine le destin de Lilli, une petite fille abandonnée par sa mère qui se suicide. Son père se remarie et fonde une nouvelle fratrie de trois sœurs et un frère. Lilli vit en témoin distancié les relations familiales houleuses et dramatiques et cherche l'amour tout au long de sa vie. Sylvie Germain est une très grande voix de la littérature d'aujourd'hui, une voix singulière servie par une écriture somptueuse... Une lecture indispensable. Régine a aussi conseillé, dans un tout autre registre, un roman policier, "Le dernier lapon" d'Olivier Truc, édité au Seuil dans l'excellente collection "Points Policier". Olivier Truc est correspondant à Stockholm du Monde et du Point. L'action se déroule en 1963 dans la nuit polaire de la Laponie centrale. Un tambour chaman doit être exposé dans un centre culturel mais il est volé et un éleveur de rennes est assassiné. Un inspecteur lapon et son équipière se lancent dans une enquête déroutante. Un policier très dépaysant... Dany a évoqué son grand coup de cœur du mois que je partage avec elle (voir mon blog) : "Réparer les vivants" de Maylis de Kerangal, un magnifique roman sur un sujet austère, la transplantation cardiaque et l'histoire de tous les protagonistes de cette histoire de "réparation" des corps. Véronique a cité un récit autobiographique d'A. Martin, "Parcours initiatique d'un double greffé" aux Editions Persée. Elle connaissait la famille de cet auteur et son intérêt pour ce récit en était décuplé. Sylvie-Anne a parlé d'un étonnant recueil d'articles de Vassili Peskov, "Des nouvelles d'Agafia, ermite dans la taïga", aux éditions Actes Sud. Agafia est la dernière survivante d'une famille retirée depuis 1928 dans la taïga pour une incroyable "robinsonnade" d'un demi siècle, puis découverte par une équipe de géologues. Elle est le dernier témoin d'un schisme orthodoxe depuis trois cents ans. Le journaliste raconte ses nombreux contacts avec Agafia de 1992 à 2008. Sylvie-Anne a aussi beaucoup apprécié une nouvelle de Stefan Zweig, "Un soupçon légitime". Janelou a aimé un écrivain très réputé d'Afrique du Sud, Don Meyer, et son roman policier, "Treize heures" ou l'histoire d'une enquête qui dure treize heures, sur l'assassinat d'une jeune américaine. Un livre prenant sur le brassage et les tensions ethniques dans une Afrique du Sud post-apartheid. Efficace et assez optimiste sur l'avenir de ce pays complexe. Danièle a parlé de Philippe Claudel, un écrivain et réalisateur de films. Son ouvrage "Le bruit des trousseaux", paru en 2002, l'a beaucoup touchée car il aborde la vie en prison, la vie très dure et difficile des détenus, hommes et femmes. Mylène nous a communiqué son enthousiasme pour Belinda Cannone et son récit sur son père, "Le don du passeur" dont j'ai parlé dans ce blog, un bel hommage à ce père "non-tranquille" et passeur d'affects, un héritage accepté et analysé avec une finesse littéraire toujours aussi caractéristique de l'œuvre de cette écrivaine originale et tellement proche de ses lecteurs(trices). Geneviève a lu avec plaisir "Racontars d'Arctique" de l'écrivain danois, Jorn Riel, des histoires loufoques de chasseurs et de pêcheurs, dans un milieu naturel hostile et leur mode de vie dans leurs cabanes de survie. Un conte polaire irrésistible d'humour. Demain, la suite...
lundi 17 mars 2014
"Béton armé"
J'ai lu récemment le récit de voyage de Philippe Rahmy, "Béton armé" après un conseil très avisé, recueilli au sein de l'atelier de lecture. Cet écrivain est membre fondateur du site de création et de critiques littéraires Remue.net. Il a aussi obtenu le prix des Charmettes/Jean-Jacques Rousseau pour son livre, "Mouvement par la fin, un portrait de la douleur", édité au Cheyne en 2005. Philippe Rahmy, natif de Genève, souffre de la maladie des os de verre. Dans son récit de voyage sur la ville de Shangaï, il évoque avec beaucoup de lucidité cette maladie handicapante qui lui a donné une identité différente, une sensibilité hors du commun et une énergie sans faille. Lorsque il est invité en résidence par l'Association des écrivains de Shangaï, Philippe Rahmy n'hésite pas à se lancer dans ce voyage malgré son état de santé. Dès qu'il arrive dans cette mégapole de 20 millions d'habitants (!!!), il note ses impressions : "Des millions de visages continueront à défiler dans les phares des voitures. Des pas rapides sur le trottoir, étouffés, comme le murmure d'un peuple marchant sur la pointe des pieds. Et des yeux noirs, perdus, derrière lesquels on verra briller la force de chaque jour." Les descriptions de cette ville révèlent sa beauté, mais aussi sa monstruosité. Il s'interroge au fil du récit sur les Chinois de Shangaï, leur caractère, leur tempérament et leur mode de vie. L'écrivain intègre à son journal de voyage, ses souvenirs d'enfance, sa famille, et il rend un hommage à la lecture, aux livres, à la littérature. Je ne résiste pas à vous offrir cet extrait : "Ces textes ne m'ont pas seulement ouvert l'esprit. Ils sont aussi devenus mon corps. Comment la littérature, toute de nuances et de faux-fuyants, qui ne nous aide pas à comprendre la vie, mais à en faire notre demeure, qui nous désoriente avec bonheur, multipliant les chemins des écoliers et les occasions de faire l'école buissonnière sur la ligne droite qui mène du berceau à la tombe, aurait-elle le pouvoir de commander la matière ? (...) Un après-midi, je m'en souviens très bien, nous venions de terminer Le Grand Meaulnes, je me suis redressé. J'ai senti mes jambes prêtes à me porter. Je me suis levé. J'étais Augustin Meaulnes, grand et mystérieux au seuil de la vie". Philippe Rahmi a écrit un beau récit de voyage, dépaysant et poétique, des souvenirs autobiographiques attachants et un hymne à la vie malgré la présence de la maladie.
vendredi 14 mars 2014
"Sauf les fleurs"
Voici un premier roman de qualité, écrit par un jeune écrivain, Nicolas Clément, et édité chez Buchet-Chastel en 2013. Ces 75 pages se lisent d'une traite, sans pause et on en ressort assommée par cette histoire sombre et tragique mais aussi épatée par l'audace littéraire de ce nouveau venu dans les lettres françaises. J'espère qu'il poursuivra sa "carrière" en littérature tellement son premier "galop" dans une série d'obstacles (trouver un éditeur, rencontrer son public et continuer ce concours) me semble très réussi. L'histoire est simple : Marthe raconte sa vie quotidienne dans une ferme avec la présence de Léonce, son petit frère et ses parents. Mais, cette ferme ne ressemble pas au paradis terrestre : son père est un homme violent et il bat sa femme. Cet homme rustre et primaire va aller encore plus loin dans sa conduite inqualifiable : il va blesser sa femme jusqu'à la mort. Après l'enterrement de sa mère, Marthe quitte son pays avec son jeune compagnon pour Baltimore et Léonce est confié à une famille d'accueil. Marthe va trouver la force de survivre grâce à sa découverte du... grec ancien. Elle écrit : "Je ferai des études pour être professeur de grenier et de livres anciens". Plus loin, elle ajoute : "Je trouve dans le grec ce que je cherchais sans pouvoir l'obtenir : un temps qui m'appartient, une terre natale enfouie sous mes sarments de petite fille, une passion qui bat sans me priver, plus sûre que le sang capricieux qui m'arrose, plus calme que la brûlure des familles." Je ne dévoilerai pas le final de ce petit roman en nombre de pages mais d'une grande intensité émotionnelle. J'ai apprécié la structure en petits paragraphes avec une utilisation du temps très efficace (Marthe, âgée de 12 à 18 ans), le style percutant, souvent imagé, et semé de formules elliptiques "coup de poing", l'histoire de cette famille où la tragédie va surgir à la fin du roman, et surtout le portrait de Marthe, une petite fille battante, résolue et d'une force qui ressemble à celle de sa grande sœur, Antigone (encore une femme grecque). Un premier roman remarquable !
jeudi 13 mars 2014
"1000 émotions"
Ce petit livre tout rouge se lit comme un jeu de mots : "1000 émotions qui n'ont pas de nom" de Mario Giordano, un auteur allemand (et non italien). Cette longue liste démarre par ces mots : "l'ivresse de voir la mer pour la première fois" et les phrases s'enchaînent les unes aux autres avec un désordre poétique évident, mais cette impression de fourre-tout, de mots en vrac, s'attenue grâce à la structure de la numérotation. Le lecteur(trice) peut lui aussi feuilleter le recueil "émotionnel" au hasard des pages. On peut aussi lire 20 émotions par jour, ou on peut commencer par la millième... Les émotions revendiquées par l'auteur concernent la vie quotidienne, les relations sociales, l'amitié, la famille, l'auteur lui-même. Mario Giordano énumère les petites contrariétés mais évoque aussi les grands moments de joie. Il intègre les petites déceptions et n'oublie pas les grandes satisfactions. Dans ce joli bazar des émotions, je préfère vous en citer quelques unes : "La stupéfaction de voir les autres réussir avec si peu de talent", "Le délice d'un rayon de soleil sur les pieds", "La fierté d'être monté sur le Mur de Berlin en 1989", "La sérénité quand on n'a plus rien à prouver", "L'espoir de ne pas finir ses jours seul", "La stupéfaction d'être épargné par la douleur", "L'impatience dans une file d'attente", "La beauté des chants sacrés". Je pourrais prolonger l'énumération mais il vaut mieux se procurer ce livre-jeu qui ressemble au récit cocasse et ludique de Georges Perec, le beau "Je me souviens", exercice oulipien qui se veut léger par la forme imposée mais profond par le sens. J'aime bien ces ouvrages qui ne sont ni des romans, ni des essais, ni des beaux livres : ce sont des électrons libres de l'édition et les livres, hors appartenance à une catégorie précise, me sont d'emblée très sympathiques... Et si chacun de nous écrivait une émotion par jour ?
mardi 11 mars 2014
"Le don du passeur"
J'ai déjà évoqué l'essayiste Belinda Cannone dans mon blog car j'avais beaucoup apprécié "L'écriture du désir", "Le sentiment d'imposture" et "La tentation de Pénélope". En 2013, elle a écrit "Le don du passeur", un récit très délicat sur la vie de son père, d'origine sicilienne. "Ce drôle de bonhomme, ce bonhomme qui m'a aussi légué la joie, le désir d'intensité et la passion de vivre". Le récit autobiographique de Belinda Cannone se veut une étude approfondie de la vie de son père. Belinda Cannone a prévenu sa mère et sa famille qu'elle allait écrire un livre sur ce père disparu et surtout évoquer cette figure paternelle dans son authenticité et dans son amour de la liberté. Il avait rempli des carnets où il notait ses pensées, ses sentiments que Belinda nomme "affects". Passeur, cet homme a transmis à ses enfants le don de s'émerveiller devant la nature, les enfants, la vie. Il leur disait "Regarde, regarde ! Ecoute ! Sens ! Mais aussi, Imagine ! Son père était l'original de la famille, il croyait à l'éducation, au progrès et cet héritage précieux, Belinda l'analyse et le "décortique" pour montrer l'influence capitale du comportement des parents sur la vie de leurs enfants. Le portrait paternel se dessine par anecdotes successives avec un rappel permanent de la propre vie de l'auteur. Elle nous confie donc en même temps l'histoire de sa relation fille-père et se pose la question que tous les enfants doivent se poser : comment connaître, comprendre, appréhender nos "géniteurs" ? Elle va se demander si son père avait une vie "ratée" et sur quels critères baser cette intuition ? Elle écrit : "Je savais depuis toujours que la mort de mon père me causerait, en plus de la douleur de sa perte, une souffrance particulière, provoquée par l'association de son innocence et du ratage général de sa vie". Elle le compare souvent à "l'Idiot" de Dostoïevski tant son originalité, sa générosité et aussi son irresponsabilité pouvaient provoquer des tensions dans la famille. Plus loin, elle avoue avec une franchise étonnante : "Car il fut mon père et mon éducateur, mais aussi un vieil enfant inadapté qui me broyait le cœur". J'ai rarement lu des témoignages de cette qualité, et cette tentative réussie de portrait-mosaïque est une exploration de la complexité psychologique d'un homme fragile, un père attachant, un personnage de roman comme on peut tous et toutes le devenir...
lundi 10 mars 2014
Rubrique cinéma
Les critiques n'ont pas été tendres avec ce film du réalisateur américain, John Wells, tiré d'une pièce de théâtre de Tracy Letts. "Un été à Osage County" appartient à la catégorie des longs métrages des règlements de compte où une famille se déchire, s'invective, se cache des secrets honteux et finit par éclater. Les premières images frappent d'emblée le spectateur(trice) par sa violence dans l'intimité d'un couple en crise : le mari, écrivain en fin de carrière, ne supporte plus la déchéance de sa femme, atteinte d'un cancer et qui, en absorbant une quantité de médicaments, s'est transformée en furie. Il est tellement fatigué qu'il fuit le domicile pour se suicider dans la rivière proche. La mère prévient ses trois filles et commence, à ce moment-là, le cœur du drame. Après les obsèques du mari, le repas familial se déroule en pugilat psychologique, avec une dose d'humour noir, once de légèreté dans cette atmosphère étouffante et oppressante. La mère, interprétée par la légendaire Meryl Streep, compose une femme malade, vieillie, tourmentée. Se sentant la mort venir, elle rejette toutes les hypocrisies familiales en lançant des vérités redoutablement blessantes à ces trois filles : l'une, plutôt idiote, vit en couple avec un homme flambeur, la deuxième est amoureuse de son cousin et la dernière, jouée par Julia Roberts, va se séparer de son mari. Dans ce déballage impitoyable, aucun personnage n'attire l'empathie du spectateur : ils ont tous un comportement "borderline". De la tante qui a trompé sa propre sœur avec son beau-frère, de la nièce qui commence à fumer des joints, du cousin immature à son père trop mou, des filles qui se reprochent leur manque d'amour et de solidarité, avec le summum de la cruauté mentale de la mère, le réalisateur montre une famille "idéale" en décomposition, phénomène assez rare dans le cinéma américain. La seule qui sort de ce magma, s'avère être l'aînée, la préférée de la mère. Elle va prendre une décision radicale : rompre le lien avec cette mère manipulatrice et cruelle. On ne s'ennuie pas dans ce type de film, que certains vont trouver trop outrancier, assez invraisemblable et irréaliste. Mais, au fond, ce film montre aussi les dysfonctionnements dans les familles : secrets cachés, malentendus inexpliqués, rancœurs accumulés, trahisons et lâchetés non démêlées. J'avais l'impression de me retrouver dans la mythologie grecque avec des parricides, des matricides, des comportements violents, excessifs et passionnels. Tragédie gréco-américaine, comédie noire, ce film à la tonalité "bergamienne" se voit avec un certaine curiosité et un interrogation dubitative tout au long des deux heures, et malgré cet échantillon d'une humanité en détresse, je conserve toute mon admiration pour l'émouvante et magnifique Meryl Streep...
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