Le dernier roman de Tiffany Tavernier, "En vérité, Alice", publié chez Sabine Wespieser, pose le problème de l'emprise amoureuse. Alice Fogère est tombée dans les griffes d'un prédateur invivable, son conjoint qu'elle aime malgré tout. Lui, le préféré des étudiantes, le beau gosse, a jeté son dévolu sur la jeune fille, Alice, timide et effacée. Elle n'en revient pas, Alice, que cet homme s'intéresse autant à elle. Ils forment un couple fusionnel depuis cinq ans. Tout son entourage familial se pose des questions sur son compagnon imprévisible au comportement violent. Cet amour immense est une prison consentie. Elle reste persuadée qu'elle va le sauver de sa rage de vivre provoquée par une enfance difficile. Un jour, il perd son travail et Alice trouve par hasard un poste de secrétaire administrative dans une association diocésaine de Paris. Elle va s'intéresser au phénomène des candidatures à la canonisation, première étape d'une procédure que le Vatican doit valider. Aidée par des collègues d'une gentillesse inhabituelle, elle découvre ce monde inconnu des "serviteurs de Dieu", des "Vénérables ou Bienheureux" qu'il faut évaluer. Son compagnon, Geoffrey, ne cesse de la harceler au téléphone, ne supportant pas qu'elle ne soit pas à ses ordres. Il l'humilie devant des relations qu'il reçoit chez lui. Mythomane, odieux, caractériel, cet homme toxique la terrorise et la brutalise. Plus Alice avance dans son nouvelle mission, plus elle vit dans le déni de son couple. Comment rompre cette emprise infernale ? Le roman oscille entre sa vie professionnelle empathique et sa vie privée brutale. N'est-elle pas elle aussi une sorte de sainte à force d'instruire les dossiers du diocèse ? Pourtant, sa famille l'alerte, ses nouvelles collègues aussi. Tiffany Tavernier intercale dans son récit des portraits de saints mais cela ne dérange pas le fil de l'intrigue. Les scènes conjugales ressemblent à un enfer insupportable. Sortira-t-elle de cet enfer ? La lectrice que je suis avait envie de secouer cette femme vaincue, effrayée, timorée pour qu'elle réagisse et quitte ce mufle total. Il faut lire ce roman original et même si l'emprise amoureuse est largement traitée dans les romans contemporains, Tiffany Tavenier apporte une note surprenante avec l'intégration de ce sujet sur les dossiers de la canonisation des futurs saints.
des critiques de livres, des romans, des moments de lectures, des idées de lecture, lecture-partage, lecture-rencontre, lectures
jeudi 11 avril 2024
mercredi 10 avril 2024
Escapade à Venise, dernier jour nostalgique
J'ai vu Venise sous une pluie battante pendant deux jours mais j'ai bénéficié de six jours de soleil printanier. Venise sous la pluie conserve son charme éternel et nimbe le paysage vénitien d'une nostalgie douce. Quand la pluie est de la partie, visiter un grand musée devient une nécéssité. J'avais donc gardé dans mon programme le Musée Correr, le plus important et le plus grand de la cité. Situé sur la Piazza San Marco face à la Basilique, il occupe une partie de l'aile Napoléon du palais royal de Venise. Pourquoi ce nom de Correr ? Teodoro Correr (1750-1830), un descendant d'une des plus anciennes familles vénitiennes a légué sa collection d'oeuvres d'art à la ville. Je suis arrivée vers 10h du matin et après un léger embouteillage provoqué par la fouille des sacs, j'ai commencé ma visite par les appartements de Sissi, l'impératrice ! Une vingtaine de salles est consacrée à l'histoire de Venise : magnifiques mappemondes, bibliothèque somptueuse, maquettes de bateaux, collection de monnaies, lustres de Murano, armes et armures, etc. Quelques salles montrent les objets archéologiques : bas-reliefs, sarcophages, vases étrusques et grecs, bronzes, marbres, bijoux. Juste après ce musée, se trouve la magnifique Bibliothèque Marciana Nationale, dessinée par Sansovino au XVIe siècle et décorée par Veronèse et le Tintoret. Au deuxième étage, j'ai revu avec plaisir la Pinacoteca rassemblant les oeuvres majeures de la peinture vénitienne du XIIIe au XVIe siècle : Cosme Tura, Bellini, Antonello da Massina sans oublier un Carpaccio célèbre, "Les deux dames vénitiennes". L'après-midi, je voulais revoir le Musée Peggy Guggenheim mais quand j'ai vu la file d'attente sous la pluie, j'ai rebroussé chemin. Je connais bien ce musée d'art moderne et comme les salles sont très petites, la fréquentation massive de ce lieu empêche la contemplation devant les tableaux. Il faut savoir aussi renoncer parfois à des visites prévues. Malgré une pluie fine, je me suis baladée dans le Dorsudoro et je suis restée dans l'Eglise des Gesuiti pour admirer le plafond de Tiepolo et un tableau du Tintoret. Le lendemain, j'ai repris le bateau Alilaguna avec une mini-tempète pour rejoindre l'aéroport. J'étais bien secouée pendant une heure trente et je tangais en remettant les pieds sur la terre ferme. Tanguer, un verbe que j'ai conjugué pendant huit jours ! Je tangais en sortant du vaporetto, je tangais devant la beauté des canaux et des palais, je tangais devant les Bellini, les Veronèse, les Tintoret, je tangais devant le Palais des Doges ! Venise, ma destination préférée en Europe et évidemment, j'y retournerai.
mardi 9 avril 2024
Escapade à Venise, le Cannaregio et le Castello
Le lundi, j'ai pris le vaporetto avec toujours un plaisir renouvelé pour me rendre dans le Cannaregio, un quartier calme et peu fréquenté aux multiples visages qui abrite l'ancien Ghetto juif, le premier au monde identifié par des habitations de six à neuf étages. Les canaux plus larges qu'au centre de la ville sont bordés par des quais, ponctués par des trattoria populaires. J'ai visité de belles églises dans la matinée sous un soleil printanier très agréable. Dans la Chiesa di Sant'Alvise, j'ai déniché des Tiepolo et les fresques étonnantes du plafond, réalisées par Bastiani au XVIIe siècle. J'ai visité ensuite la Chiesa della Madonna dell'Orto, édifiée au XIVe, de style gothique. La façade porte une frise de statues et d'ornements et à l'intérieur, l'église se transforme en véritable musée : Cima de Conegliano, Palma le Jeune, le Titien et surtout le Tintoret. Il est enterré dans cette église car il a vécu trente ans dans son atelier, situé à quelques mètres. Je connaissais assez mal ce peintre et j'ai appris à l'apprécier en observant ses immenses toiles, saisissantes dans l'expression des émotions humaines. Une des plus belles églises de Venise. L'après-midi, j'ai redécouvert le Castello, un quartier peu fréquenté de Venise. Les Vénitiens le nomment la "queue de Venise", car la Sérenissime ressemble à un poisson. Le musée de la marine (Museo Storico Navale) était fermé temporairement et dans ce quartier de l'Arsenal où travaillaient des milliers d'ouvriers, quelques églises remarquables méritent le détour en particulier la Chiesa Di San Francisco della Vigna. Des vignes poussaient dans le campo où se situe cette église du XVIe siècle, dessinée par Palladio, sur un modèle classique, harmonieux et équilibré. Et les trésors artistiques dans cet édifice religieux ? Un rétable du Véronèse et une coupole de Tiepolo. Le cloître du couvent adjacent de toute beauté donne un sentiment de paix et de sérénité et dans une chapelle, j'ai découvert un Giovanni Bellini, caché au dessus d'un autel ! Je n'avais pas de pièce de monnaie pour éclairer ce chef d'oeuvre mais, un gardien est venu gentiment avec un euro et une lumière a jailli pour admirer cette Vierge Marie avec l'enfant Jésus, entourée de personnages. Je garderai un très beau souvenir de ce moment de gentillesse qui peut se manifester envers des visiteurs anonymes. J'ai terminé ma journée devant un Rétable de Giovanni Bellini (encore lui !), une "Vierge à l'Enfant entourée de saints", une oeuvre extraordinaire dans la Chiesa San Zaccaria. L'ange musicien au pied de la Vierge m'enchante toujours autant. Ah, les églises de Venise, des lieux enchanteurs et silencieux, loin de la foule bruyante de San Marco et du Rialto.
lundi 8 avril 2024
Escapade à Venise, la ville des musées
Depuis que je voyage, je choisis souvent les villes européennes pour la qualité de leurs musées. Certains et certaines ont le goût de l'exostisme, des paysages, des lieux naturels à couper le souffle. Je comprends cette démarche mais cela ne me suffit pas. J'ai besoin de la présence artistique dans les villes et Venise m'offre cette double perspective : des paysages fantastiques et des musées magnifiques. Quelle aubaine ! Le dimanche matin, j'ai revisité un des musées les plus originaux de la ville : le musée Fortuny, fermé depuis deux ans et qui a réouvert ses portes cette année. Mariano Fortuny (1871-1940), espagnol d'origine, créateur de tissus a été aussi sculpteur, peintre, photographe, couturier, décorateur. Sa polyvalence convenait parfaitement à l'identité vénitienne. Installé dans son palais Pesaro, un palais gothique du XVe, Fortuny a crée sa propre oeuvre d'art dans ce musée loufoque, baroque, original au décor somptueux : sculptures, tableaux, jardin d'hiver, fresques sur les murs, objets divers. Ce musée dégage un charme particulièrement envoûtant. Avant de visiter le deuxième musée de la journée, j'ai voulu voir le Lido, ses plages et ses hôtels mythiques, la mer Adriatique. Pas de vagues océaniques mais des vaguelettes comme la Mer Méditerranée. J'ai ramassé des coquillages sur la plage pour les exposer plus tard dans ma bibliothèque. Je les conserverai tels des reliques vénitiennes ! Comme ce n'était pas la saison estivale, beaucoup d'établissements balnéaires étaient fermés. Revenue sur les Zattere d'un coup de vaparetto, j'ai déjeuné dans un restaurant que je conseille vraiment, chez Gianni, et la cuisine vénitienne comble tous les gourmets de la terre. En fin d'après-midi, j'ai revu un des musées que j'aime le plus : la Galerie de l'Academia. Installé dans plusieurs batiments historiques (église, couvent, scuela), la galerie est composée de 37 salles réparties autour de deux cours. Devant mes yeux, des collections du XIVe au XVIIIe ; Bellini (une salle entière pour lui), Carpaccio, Bosch, Veronèse, Tintoret, les primitifs siennois, Tiepolo et surtout le tableau le plus saisissant, le plus mystérieux qui soit : "La Tempète" de Giorgione. Le musée était peu fréquenté à cette heure tardive et quel plaisir de le parcourir en toute quiétude ! Le soir, j'ai profité d'un beau coucher de soleil comme tous les soirs, un spectacle à quotidien à savourer. Venise marie à merveille l'art, l'architecture, la peinture, la musique avec la mer, les îles, la lagune, les canaux. Une ville de rêve et un rêve de ville.
jeudi 4 avril 2024
Escapade à Venise, Isola Di San Giorgio Maggiore
L'île de San Giorgio Maggiore, située face au Palais des Doges, a connu son heure de gloire pendant la République de Venise car elle contrôlait les navires qui rentraient et sortaient de la ville. Dès 790, une église s'est construite, suivie d'un couvent mais un tremblement de terre a détruit ces édifices. A la fin du XVIe, les habitants de l'île ont reconstruit une église et un couvent. La ténacité, l'obstination des Vénitiens pour se maintenir sans cesse sur ces terres parfois hostiles tient du miracle. Au XIXe siècle, le vieux couvent est transformé en caserne qui survivra jusqu'à 1945. Un entrepreneur mécène, Giorgio Cini, achète le terrain et la caserne pour transformer ces ruines en centre d'art. Je me suis inscrite pour une visite guidée le samedi en fin d'après-midi. Avant de pénétrer dans ce lieu magique, j'ai visité l'église San Giorgio Maggiore, entièrement dessinée par Palladio en 1565. Il a fallu une quarantaine d'années pour la construire. Façade en pierre d'Istrie, colonnes de style corinthien, deux statues des doges, tout rappelle l'Antiquité grecque puis à l'intérieur, deux oeuvres remarquables du Tintoret : La Cène et une Récolte de la Manne. Ensuite, une guide nous a reçus (nous étions une petite dizaine) pour visiter la Fondation Cini. Cet ancien couvent bénédictin de Palladio est un havre de paix absolu. J'étais frappée par le silence de ce lieu, un silence sacré. Nous avons traversé le labyrinthe des haies, baptisé Borgès en hommage au célèbre écrivain argentin, puis les deux cloîtres magnifiques avec des cyprès au milieu. L'escalier monumental donnait sur le réfectoire des moines et ensuite, j'ai vu les deux bibliothèques de la Fondation. La première, la Longhena, se compose de meubles d'époque, surmontés de statues en bois sculpté. L'autre, une bibliothèque historique, la Manica Lunga, possède plus de 15 000 livres d'art, d'histoire et de culture sur la civilisation vénitienne. En tant qu'ancienne bibliothécaire, je ne peux qu'admirer ces temples du savoir, si beaux, si sereins dans un décor de rêve. Je m'imaginais travaillant dans cet espace préservé des dégâts de la modernité sans âme. Venise recèle des trésors cachés et cette Fondation Cini avec ces cloîtres et ses bibliothèques patrimoniales mérite vraiment le détour mais chut, il ne faut pas trop le clamer fort. Laissons ce lieu sacré loin de la foule des touristes...
mercredi 3 avril 2024
Escapade à Venise, de San Marco à Santa Croce
Deux manières efficaces pour visiter la cité lacustre : la marche et le vaporetto ! Un plaisir sans fin de marcher dans tous les quartiers de Venise en prenant le vaporetto à l'arrêt Académia ou Zaterre. Près du Campo San Tomàs, je suis allée saluer un de mes musiciens préférés, le sublime Monteverdi (1567-1643), enterré dans l'église de Santa Maria Gloriosa dei Frari. La tombe en marbre est toujours fleurie ! Dans une chapelle, un Tryptique des Frari de Giovanni Bellini (1430-1516) montre une niche aux mosaïques dorées avec une perspective de grande profondeur. Un peu plus loin, j'ai traversé cette sacré Piazza San Marco envahie de touristes attendant en file indienne leur visite de la basilique. Le Palais des Doges attire aussi la foule, un lieu incontournable comme la vénérable mais moins belle que cet édifice gothique, la métallique Tour Eiffel ! Sur la place, des travaux en cours confisquaient la perspective de ce lieu mythique, admiré du monde entier. J'ai lu dans la presse locale qu'il fallait remplacer les pavés et sous ces pavés, les ouvriers avaient découvert des ruines datant du Moyen Age. En passant devant le café célèbre, le Florian, j'ai remarqué l'orchestre traditionnel qui donne à la piazza un air vraiment baroquissime. Cette traversée amusante de la foule euphorique entre la Basilique et le Café Florian demeure toujours une tradition inévitable. Le lendemain, mon programme concernait des églises dans le quartier du Rialto : San Giovanni Elemosinario, San Giacomo di Rialto pour les plus intéressantes. Mais le "must" du quartier Santa Croce se nomme la Ca'Pesaro, un musée passionnant dans un palais du baroque vénitien. J'ai revu avec un grand plaisir des peintres que j'apprécie tout particulièrement comme Morandi, Casoratti, Bonnard, Klimt, Rodin, De Chirico. Peu de visiteurs dans ce musée si important pour l'art moderne. Dans ce même quartier, j'ai terminé mon exploration dans l'église San Giacomo Dall'Orio dont le plafond a la forme d'une carêne de bateau. J'ai déniché des tableaux de Véronèse, de Lotto et de Palma le Jeune. Dans un vaporetto, alors que j'observais des jeunes lycéennes françaises s'autophotographier pour leurs réseaux, je discutais avec l'une d'entre elles, assise à côté de moi. Cette jeune fille bien sage riait avec moi du comportement de ses copines de classe. Elle m'a raconté qu'elle passait son bac et voulait réussir le concours de l'Ecole des Chartes pour devenir conservateur de bibliothéque. Elle adorait le latin et j'étais heureuse d'apprendre que le monde des bibliothèques l'attirait ! A Venise, les vaporettos sont des lieux de rencontre !
mardi 2 avril 2024
Escapade à Venise, le Dorsoduro
Le quartier Dorsoduro est toujours mon lieu de prédilection. L'appartement sur les Zattere donnait sur le canal de la Guidecca, large de 400 mètres. Le matin, j'ouvrais les volets et devant mes yeux, commençaient le ballet des mouettes rasantes et la noria des ferries, des vaporetti, des péniches. L'église des Gesuati (appelé aussi Santa Maria del Rosario) se situait à dix mètres de l'appartement et j'entendais les cloches de cette église baroque du XVIII avec le plafond peint par le minutieux Tiepolo. J'ai visité évidemment ce lieu si cher à Philippe Sollers. En plus de Tiepolo, une remarquable toile du Tintoret sur la Cruxifiction du Christ se distingue des autres dans les chapelles. Le vendredi, le soleil inondait la ville. Le canal de la Guidecca se transformait en large ruban ondoyant avec des reflets argentés. Comment explorer Venise pour la quatrième fois ? En découvrant des lieux nouveaux, quartier par quartier en évitant les plus fréquentés. De la Punta de la Dogana à la Station maritime, j'ai exploré le Dorsoduro en présence des mouettes qui m'accompagnaient sans cesse. En s'éloignant du quai, j'ai découvert plusieurs églises fabuleuses : la Chiesa di San Sebastiano où est enterré Véronèse, la Chiesa dell'Angelo Raffaele, la Chiesa di Carmini sans oublier celle de San Nicolo dei Mendicoli. Dans chaque édifice religieux, un trésor m'attendait : un rétable de Lorenzo Lotto, un cycle de Véronèse, un Guardi, pour les plus connus. Dans le Squaro di San Traverso, j'ai observé un atelier de réparation des gondoles en activité depuis le XVIIe siècle ! J'ai vu quelques employés calfater ces embarcartions symboles de Venise. Les "fondamenta", ces espaces pavés le long des canaux, ressemblent à des labyrinthes mineraux où le regard se pose sur un vieux palais, une église, des terrasses en bois sur les toits et soudain, un campo (Philippe Sollers évoquait celui de San Agnese) avec un arbre, un étal de fruits et légumes, un kiosque à journaux et des trattoria succulentes. Sur le campo San Agnese, des enfants jouaient au ballon. Et chaque fois, un certain silence, la présence de l'eau canalisée, le ciel bleu, des mouettes dansantes, une vie tranquille hors d'une modernité agressive et fatigante (entre Paris et Venise, quelles différences !). Le Dorsoduro abrite aussi le musée de l'Académie et la Salute, une église baroque magnifique qui porte sur ses flancs plus de 125 statues et quand on entre dans son sein, le Titien, Palma le Jeune, le Tintoret nous tendent les bras ! Les anciens locaux de la Punta de la Dogana abrite le musée d'art contemporain de François Pinault. Quand je prenais le vaporetto pour me rendre à la Guidecca, je contemplais la rive du Dorsudoro composée de palais certains modestes, d'autres plus sophistiqués, et les églises toujours présentes, et ces deux entités architecturales symbolisaient la grande Histoire de la ville marine formant un décor de théâtre, un théâtre mouvant, vibrant, illuminé par le soleil vénitien et patiné par les siècles.