Laure Adler proclame avec une certaine fierté et une audace certaine qu'elle assume parfaitement ses 70 ans ! Son essai, "La voyageuse de nuit", publié chez Grasset, confirme son optimisme du bien vieillir. Ce carnet de voyage aborde de nombreux sujets liés à l'âge qu'elle illustre avec des références littéraires et historiques. Elle évoque dès le début de son livre la figure tutélaire de Simone de Beauvoir qui fut la première écrivaine à traiter ce sujet réputé déprimant, difficile et irritant. Son récit entremêle des anecdotes personnelles avec des statistiques sociologiques, des citations sur le phénomène de la vieillesse, des rencontres avec des écrivains comme Marguerite Duras, Dominique Rolin, Annie Ernaux, Nathalie Sarraute, Mona Ozouf, etc. Elle écrit en constatant son visage dans un miroir : "Ce sentiment qu'on est encore dans le réel, mais de manière moins acérée, plus brouillonne, avoir à y penser alors qu'avant tout cela nous était donné comme une évidence, serait-ce cela vieillir ? Vieillir serait-il divorcer d'avec le monde ? (...) Comment maintenir ouverte et battante cette porte qui mène vers la vieillesse ? Ne pas la refuser. Ne pas s'y habituer". Laure Adler analyse ce sentiment de "prendre de l'âge" qu'il est souvent difficile d'accepter et surtout d'appartenir à la catégorie des "vieux". Alors que par le passé, les hommes et les femmes âgés attiraient le respect et l'admiration, notre société contemporaine considère cette classe d'âge comme des citoyens inutiles, coûteux et encombrants. Laure Adler ne supporte pas cette vision de la vieillesse. Ses conseils frappent juste : "Etre sans arrêt en éveil, sans le vif de l'existence, ne pas se décevoir, tenir bon malgré les embûches et ne jamais se plaindre. (...) Cela suppose un humour certain, une santé de fer, du courage, une prise de distance. La vieillesse ni comme un destin tragique, ni comme un ensommeillement généralisé, mais comme un art de vivre". Cet art de vivre, Laure Adler le cultive à merveille et son optimisme devient communicatif. Cumuler des années ne ressemble plus à un long crépuscule. Bien au contraire : "On gagne plus que ce qu'on perd : on gagne le détachement, une certaine sérénité, un je-m'en-foutisme jubilatoire, une joie des petits instants - le goût du thé, une éclaircie de bleu un jour de de novembre, une chanson à la radio - on sait qu'on est là quand même dans le flux de la vie". (La suite, demain)
des critiques de livres, des romans, des moments de lectures, des idées de lecture, lecture-partage, lecture-rencontre, lectures
jeudi 3 décembre 2020
mercredi 2 décembre 2020
"Les Furies"
Lauren Groff, écrivaine américain, née en 1978, a écrit un roman, "Les Furies", que j'ai choisi dans ma liste "littérature américaine contemporaine" dans le cadre de l'atelier Lectures de novembre. Publiée en 2017 chez l'Olivier, cette histoire haletante et palpitante laisse le lecteur(trice) hagard et quelque peu effrayé. Pourtant, le début du texte pourrait s'apparenter à un conte de fées entre une Cendrillon et le Prince charmant, Mathilde et Lotto, tous les deux sublimement jeunes et beaux. Ils se rencontrent dans une soirée d'étudiants et quinze jours après, ils se marient malgré l'opposition de la mère de Lotto. Mathilde n'a pas de famille, manque d'argent et Lotto se voit les aides financières interrompues. Il est comédien mais n'arrive pas à percer. Un soir, il compose une pièce de théâtre et rencontre le succès. Il devient un dramaturge reconnu et Mathilde l'accompagne dans l'ombre. Ce couple idéal, soudé par une entente sexuelle parfaite, complices et complémentaires, forme un axe immuable pour affronter les déconvenues de la vie sociale. Autant Lotto semble transparent, toujours lumineux, attirant le regard admiratif de ses amis et lecteurs, autant Mathilde cache bien son jeu. Le roman explore les méandres d'une vie en couple avec un déséquilibre flagrant. Lotto n'est au fond qu'un pantin pour sa femme et elle tire les fils à sa guise. Ce garçon naïf, autocentré et trop aimé, ne voit pas en fait la vraie nature de sa femme. Dans la deuxième partie du livre, Mathilde prend la parole et dévoile enfin ses ténèbres intérieures. Sa lucidité dévastatrice lui fait dire : "Le mariage est un tissu de mensonges. Gentils, pour la plupart. D'omissions. Si tu devais exprimer ce que tu penses au quotidien de ton conjoint, tu réduirais tout en miettes". Mathilde raconte son geste fatal lors de son enfance en France : elle a poussé son petit frère dans un escalier. Et il n'a pas survécu à cet accident. Alors, la petite fille est expédiée aux Etats-Unis chez un oncle suspect. Sa jeunesse solitaire la mènera à New York où elle se prostituera pour financer ses études par un galeriste d'art. Ce passé sordide et glauque la poursuit sans cesse et seul Lotto l'apaise et la rend heureuse. Lotto a été aimé, admiré, sollicité, célébré, narcissisé. Mathilde a été rejetée, détestée, honnie, esseulée. L'amour de Lotto répare les failles de sa femme. L'amour de Mathilde va jusqu'au sacrifice, jusqu'à l'effacement de soi. Une histoire fusionnelle, une histoire explosive qui ne pouvait pas durer. Je ne révèlerai pas la fin du roman. Les révélations de Mathilde pulvérisent cette histoire d'amour contemporaine. Ce roman baroque, sulfureux, original par sa construction, donne un peu le vertige. Lauren Groff décrypte les ambiguïtés de l'amour, la folie du couple, le règne du mensonge. Un roman fort, dérangeant et pourtant passionnant à lire.
mardi 1 décembre 2020
Retour au lac
Dès samedi, je me suis réveillée en me disant : enfin, le lac ! Le Président a quand même desserré les liens qui entravaient notre liberté originelle. Parfois, je pense à nos années d'avant et à notre façon de vivre : partir où on veut, traverser les frontières, prendre un avion, visiter des villes et des régions, arpenter des bouts de pays étrangers. Vivre tout simplement la marche du monde. Trois mois de confinement au total, cela commence à peser sur notre moral. Le slogan sanitaire prime encore aujourd'hui et encore pour quelques semaines : restez chez vous ! Il n'y a pas d'autres alternatives. Comme j'avais enfin le droit de sortir pendant trois heures et à vingt kilomètres, j'ai saisi ce moment pour retourner au lac du Bourget à une dizaine de kilomètres de chez moi. Direction, Aix-les-Bains. J'ai garé ma voiture sur le petit port. Presque personne vers 13h... Me serais-je trompée de jour ? Je m'imaginais une ruée vers ce lieu si majestueux surtout après un mois de privation. Munie de mon masque, j'ai aperçu mes premières mouettes virevoltant autour des voiliers. Une d'elles m'a même souhaité la bienvenue en me frôlant. Je me suis avancée vers l'esplanade et là encore, personne à part quelques jeunes gens. J'ai compris aussi la raison de la non-fréquentation du site : aucun restaurant ouvert, manèges fermés, jeux pour les enfants disparus du paysage aixois. Pourtant, un soleil illuminait le lac en le couvrant d'écailles argentées et miroitantes. J'ai poursuivi ma balade tranquille en m'émerveillant à chacun de mes pas de ce panorama grandiose : le lac ressemblait à une petite mer intérieure. Arrivée au port, même ambiance silencieuse avec tous les restaurants clos. J'ai atteint le Jardin vagabond en constatant le déshabillage des arbres sans leurs feuilles. Dans la cabane aux livres, j'ai farfouillé dans les étagères et j'ai déniché un Jacques Lacarrière, "Chemin faisant", un Gide en poche, "L'Immoraliste" et un livre ancien illustré de belles gravures, "Les voyages de Gulliver". Une bonne récolte pour la journée... En début d'après-midi, les amoureux du lac se baladaient avec une sérénité retrouvée. Ma promenade avait duré presque deux heures. J'ai fait une halte aux Mottets pour dire bonjour à mon aigrette qui se cachait dans la roselière. Il ne me restait plus qu'un quart d'heure pour rejoindre Chambéry... J'avais oublié le laps temporel accordé par le gouvernement. J'ai repris le volant et je suis arrivée à temps... Pas de gendarme sur la route mais une règle morale en soi : ne pas dépasser la dose d'air accordée par notre Etat protecteur, un peu trop protecteur ?
vendredi 27 novembre 2020
"Histoires de la nuit"
Laurent Mauvignier fait partie d'une maison d'éditions commune à beaucoup d'écrivains français d'une qualité littéraire incontestable, les Editions de Minuit, à la couverture blanche et aux titres imprimés en bleu. Un de ses derniers romans, "Continuer" avait obtenu un grand succès, ce qui n'est pas toujours évident pour un auteur "Minuit". Dans son dernier roman de 600 pages, "Histoires de la nuit", l'intrigue ressemble à un thriller palpitant. Patrice Bergogne, un des personnages clés, vit dans un hameau composé de trois maisons. Agriculteur-éleveur, il s'est marié avec une fille de la ville, Marion, et ils ont une petite Ida. Mais, le couple ne va pas très bien. Cet homme discret et silencieux n'en revient toujours pas de la chance d'avoir rompu son célibat dans un coin de compagne peu attractif. Quand il regarde sa femme et sa fille, heureuses et complices, il se sent marginalisé : "Quelque chose le blessera, il les entendra rire toutes les deux, quelque chose le renverra à un sentiment lointain, perdu dans les brumes de son enfance, la sensation d'être exclu, surnuméraire, peut-être déjà oublié ou inutile". Ce mal-être, ce malaise, souvent provoqués par un sentiment d'humiliation, circulent constamment chez les protagonistes du roman. Marion travaille dans une imprimerie et son esprit rebelle lui attire des ennuis. Ida, leur petite fille, se refugie souvent chez leur voisine, Christine, une artiste septuagénaire, venue de Paris et en retrait de la vie sociale, se consacrant à la peinture. Elle devient un peu la grand-mère symbolique de la petite Ida. Marion doit fêter ses quarante ans et Patrice veut préparer cette fête à la perfection. Il part dans la ville la plus proche et même s'il est amoureux fou de sa femme, il fréquente une prostituée. Quand il revient chez lui, un autre surprise l'attend. Trois hommes se sont invités dans la ferme. Qui sont ces inconnus ? Que veulent-ils ? Ils semblent liés au passé mystérieux de Marion. Un huis clos éprouvant va commencer pour la famille et ces inconnus menaçants. Les deux collègues de Marion s'invitent aussi dans ce cercle infernal de la prise d'otages. Laurent Mauvignier manie le suspens avec une maîtrise implacable et la violence des personnages va crescendo jusqu'à la fin de ce règlement de comptes. Dans un article du Monde des Livres, le critique écrit : "Plus la phrase s'allonge, plus l'angoisse augmente et plus le lecteur est attentif à ses ondulations, ses changements de rythme, ses relatives et autres volutes digressives et plus, à nouveau, le suspens s'accroît". Ce roman prend les allures d'un conte noir où chacun recèle un secret honteux. Un grand roman d'une écriture somptueuse où la violence régit les comportements des uns et des autres et même la petite Ida se voit contaminée par cette pulsion pour défendre sa propre vie. A lire pour découvrir une prose proustienne au service d'une intrigue à la Hitchcock. Un des meilleurs livres de cette rentrée littéraire.
mercredi 25 novembre 2020
Bientôt, le bout du tunnel
Retenons bien les leçons de notre Président hier à la télévision : oui au déconfinement à partir du 18 décembre sous conditions. Ne dépassons pas la barre des 5000 contaminés par jour. Sinon, retour à la case départ. J'ai l'impression de jouer depuis le mois de mars à un immense jeu de l'oie. Les dés peuvent mener à la case "Prison", ce que nous avons vécu pendant trois mois au printemps et à l'automne. Le virus circule comme un ennemi invisible et beaucoup de précautions devront être respectées : couvre-feu à 21 heures, déplacements limités à 20 kms pendant 3 heures, possibilité de changer de département pendant les Fêtes de Noël. Le Président a quand même compris qu'il fallait relâcher la pression sur cette règle absurde du kilomètre autour de son pâté de maisons. Sinon, la nature nous manque, les parcs et jardins, les balades au bord du lac (enfin !) aussi. Je ressentais cette envie de revoir le lac du Bourget en prétextant une course, j'ai poussé la voiture jusqu'au Viviers-du-Lac et j'ai marché dix minutes sur l'esplanade. Revoir une mouette m'a remplie d'une joie fulgurante... Enfin, je revenais à la source de cette émotion donnée par un paysage unique. Le revoir en cachette en transgressant la consigne de cette assignation à domicile m'a semblé un geste au fond un peu anodin et j'étais prête à régler une amende. Les magasins vont ouvrir leurs portes samedi et ils seront certainement bien fréquentés. Pour ma part, je préfère prendre l'air, marcher, me balader, contempler, observer ce qui m'entoure. Merci, Monsieur Le Président, vous avez perçu même au fond de votre Palais de l'Elysée que les séniors avaient besoin de se dégourdir les jambes, que les joggeurs en avaient assez de tourner en rond, que les enfants ont besoin de parcs et de jardins en ville. Les librairies vont enfin ouvrir dès samedi, les bibliothèques aussi. Les cinémas reviennent après le 18 décembre. On avait fini par oublier cette dimension culturelle dans notre quotidien : fureter dans une librairie, s'installer dans un fauteuil pour voir un film, emprunter un livre à la Médiathèque. La liberté retrouvée dans quelques jours même sous conditions va apporter un bien être certain, un meilleur moral malgré la menace permanente d'être contaminé. Notre mémoire collective sera marquée par le tragique du virus, un repoussoir, antisocial, anti-culturel, anti-amour, anti-amitié, anti-travail et anti-vie. Vivement un vaccin terrassant ce dragon effrayant du 21e siècle !
lundi 23 novembre 2020
"Les secrets de ma mère"
Jessie Burton, jeune écrivaine anglaise, avait écrit un roman formidable, "Miniaturiste", que l'on trouve en Folio. Son troisième opus, "Les secrets de ma mère", paru en septembre chez Gallimard, met en scène trois personnages féminins : Elise, Constance et Rose. Le roman est construit sur deux temporalités. En 1980, en plein cœur de Londres, Elise, 20 ans, d'une beauté naturelle, rencontre Constance, une trentenaire, romancière célèbre dont le premier roman va être adapté au cinéma. Connie possède un charme irrésistible et Elise l'accompagne à Los Angeles pour réaliser l'adaptation du roman. Mais, autant l'écrivaine à succès succombe à la folie de cette ville avec son milieu d'acteurs, autant Elise se sent délaissée, ignorée et commence à perdre pied. Au cours d'une soirée où sa compagne et la star du moment s'embrassent, Elise se sent trahie et comprend qu'elle n'est qu'un jouet dans les bras de Connie. Elle décide de quitter son amante par dépit, par jalousie et entreprend une relation avec son moniteur de surf. Elle va tomber enceinte à New-York et abandonne sa petite fille la laissant aux soins de son nouveau compagnon. Trois décennies plus tard, Rose, sa fille, cherche des réponses sur sa mère. Son père lui a confié deux romans de Connie et lui révèle la liaison de sa mère avec l'écrivaine. Quels sont donc ses secrets ? Elle n'a aucune trace, aucun témoignage sur cette Elise disparue, évaporée dans la nature. La jeune fille a découvert que Constance Holden est la dernière personne à avoir vu sa mère. Connie vit à Londres, s'est retirée de la vie publique et n'a plus rien écrit. Rose trafique un CV pour se faire embaucher par l'écrivaine qui accepte de l'engager. Tout se déroule à merveille dans le rôle que joue Rose. Elle se rend indispensable dans le quotidien de Connie. Rose néglige même son compagnon pour s'investir dans sa nouvelle tache et abandonne son projet de maternité. Or, un jour, une amie de Connie découvre l'imposture de Rose et lui révèle la véritable identité de son accompagnatrice. Comment Connie va-t-elle réagir ? Ce roman explore les facettes du féminin à travers ces trois héroïnes : le rôle de l'amour, les difficultés du couple, de la maternité, de l'identité. Dès que l'on ouvre la première page, on s'installe dans le livre comme dans un fauteuil anglais, cosy et confortable à côté d'un poêle à bois et avec une tasse de thé. Jessie Burton a reçu un héritage fabuleux avec ses sœurs ainées en littérature : Anita Brookner, Iris Murdoch, Doris Lessing, Margaret Drabble, etc. A lire sans modération...
jeudi 19 novembre 2020
"Le bonheur, sa dent douce à la mort"
Barbara Cassin, philosophe, philologue et académicienne, vient d'écrire une autobiographie philosophique au titre rimbaldien : "Le bonheur, sa dent douce à la mort", publiée chez Fayard. Elle a composé cet ouvrage singulier avec l'aide de son fils Victor, son confident préféré : "De l'anecdote à l'idée. Voilà ce que j'essaie de cerner dans cette autobiographique philosophique". Mais, il n'est pas question d'un entretien traditionnel. Le fil du récit se développe à un rythme trépidant et d'une vivacité communicative. L'anecdote devient l'élément déclencheur dans la mémoire de la philosophe et par ce biais original, surgissent des fragments de vie qui ont façonné la narratrice. Ses parents : "Du couple qu'ils formaient, j'ai compris deux choses qui perdurent. D'abord que, aimer, c'est ouvrir les possibles ; cela m'est revenu à chaque moment clef de vie-et-pensée". Elle raconte un souvenir de famille où elle s'est sentie particulièrement aimée quand elle s'invitait petite fille un soir à la table des convives où ses parents l'accueillaient gentiment sans la renvoyer au lit : "Trois fois, c'est l'infini. Il n'y aura pas de trop, ce ne sera jamais trop. Voilà ce que j'ai appris de ma famille et que, je l'espère, j'ai transmis à la mienne". Barbara Cassin avoue avec une franchise détonante qu'elle préfère le mensonge à la vérité surtout dans les relations humaines et nie la logique absolutiste du "UN". Elle aime le relativisme, la multiplicité, l'éclectisme. Car son récit, semé d'anecdotes, rebondit sans cesse sur des considérations philosophiques. C'est son métier, la philosophie. Le texte ne peut pas évacuer cette dimension. Ses rencontres avec René Char, Heidegger, Lacan, Mandela, Homère, Platon, montrent le goût de l'autre, des idées, des univers différenciés. Elle livre une de ses pensées essentielles : "C'est pourquoi politique et esthétique sont liées à mes yeux. La culture, ça s'apprend. La beauté du monde, ça s'apprend aussi. S'il existe un devoir politique, c'est de les enseigner, c'est à dire d'ouvrir des possibles". Elle relate avec délicatesse la fin de vie de son mari, Etienne, atteint d'un cancer au cerveau et ces pages sont d'une humanité extraordinaire. Ce récit autobiographique se lit avec délectation, constitue un exercice intellectuel de haute volée et aussi un hommage à la liberté, à l'amour et à la philosophie. Un témoignage fabuleusement intéressant d'une femme rebelle et très belle.