Antoine Compagnon, professeur au Collège de France et grand spécialiste de la littérature française avait écrit "Un été avec Montaigne", "Un été avec Proust" et récidive en proposant "Un été avec Baudelaire", publié en 2014 aux éditions Equateurs. J'avais envie de redécouvrir en fait un poète que je connais assez mal. Autant Montaigne est apprécié par Antoine Compagnon pour son humanité, son empathie, ses doutes et sa sagesse, autant Baudelaire n'attire pas une sympathie immédiate que l'auteur qualifie "d'homme blessé et amer, un cruel bretteur, un fou génial, un agitateur d'insomnies". Son œuvre semble aussi disparate, fragmentaire, diverse et sombre. Le poète est né en 1821 d'une mère, âgée de 28 ans alors que son père avait dépassé la soixantaine. Ce père, ancien prêtre, est mort alors que le petit Charles avait six ans. Sa mère se remarie avec un général et le petit garçon devenu grand gardera un souvenir rugueux de cet homme strict et peu commode. Sa mère, devenue veuve, se retire à Honfleur. Baudelaire subit un procès retentissant avec "Les Fleurs du Mal" en 1857. Le réalisme morbide du recueil attentait aux bonnes mœurs. Antoine Compagnon cite beaucoup d'extraits de poèmes et en particulier, analyse la fascination de Baudelaire pour la mer qui pour le poète donne le sentiment de l'Infini, une idée de la Transcendance : "Pourquoi le spectacle de la mer est-il si infiniment et si éternellement agréable ? Parce que la mer offre à la fois l'Idée de l'immensité et du mouvement". Antoine Compagnon n'occulte pas les aspects négatifs de Baudelaire : il n'aimait pas la démocratie, le progrès et l'émancipation des femmes… Il faut surtout retenir que la femme pour lui demeurait une énigme inatteignable et ses poèmes aux allures nervaliennes comme "La passante" possèdent des accents hypermodernes. Antoine Compagnon décrit le dandysme de Baudelaire comme une manifestation d'un individualisme farouche et élitiste. Cet ouvrage abonde d'anecdotes qui illustrent la vie du grand poète. Ce petit livre initiatique donne vraiment envie de relire plus attentivement les œuvres de Baudelaire et pour ma part, j'ai acquis pour ma liseuse ses œuvres complètes pour la très modique somme de deux euros… Je pourrai ainsi embarquer Baudelaire dans mes bagages et redécouvrir ce classique incontournable.
des critiques de livres, des romans, des moments de lectures, des idées de lecture, lecture-partage, lecture-rencontre, lectures
mercredi 24 juillet 2019
lundi 22 juillet 2019
"L'amour harcelant"
Le premier roman d'Elena Ferrante, "L'amour harcelant", publié en 1995, traduit par Jean-Noël Schifano, vient d'être réédité en 2018. La narratrice, Délia, annonce dès la première ligne, la mort de sa mère, Amalia, par noyade. Elle a été retrouvée portant sur elle un soutien-gorge neuf, coûteux, acquis dans une boutique de luxe de Naples. Délia, sa fille cadette, décide de mener une enquête pour démêler les fils de cet évènement tragique et énigmatique. La disparition d'Amalia plonge Délia dans un foisonnement de souvenirs, parfois lumineux, souvent obscurs. Elle se rappelle la présence envahissante de cette femme agaçante : "Avec elle, je ne savais être que contenue et insincère. Elle s'en retournait à Naples dès ma première ombre d'impatience". A la veille de sa mort, sa mère l'avait alertée par téléphone qu'elle se sentait pourchassée. Le lendemain, son corps est retrouvé. Délia se charge de la cérémonie à laquelle n'assiste pas son père, séparé de sa femme depuis longtemps. Après l'enterrement, tous les membres de la famille s'éparpillent et Délia se retrouve seule pour affronter la vérité. Qui était donc Amalia ? Qui se trouvait avec elle sur cette plage ? Cette femme formait un couple difficile avec son mari, trop jaloux, trop violent, trop machiste. Pour gagner sa vie, cet homme irascible peignait des toiles faciles pour les vendre grâce à l'intermédiaire d'un mystérieux Caserta. Délia visite l'appartement de sa mère et se réapproprie le passé en fouillant ses affaires intimes. Elle tente d'éclaircir la nature du lien entre Amalia et Caserta. Etaient-ils amants ? Sans doute… Dans un Naples hallucinant, elle cherche des indices, interroge le fils de Caserta, va même affronter son tyran de père. Elle se rend compte que sa mère restera une énigme même si elles partageaient des attitudes communes. Sa quête fiévreuse et désespérée aboutira à une fusion finale où elle devient Amalia. L'amour harcelant concerne en fait tous les liens amoureux des personnages : mère-fille, fille-mère, mari-femme, amant-maîtresse... La ville de Naples, chaotique et anarchique, ressemble à ses habitants au tempérament volcanique, le Vésuve les influence certainement... Ce premier roman, sombre et violent, ne plaira pas peut-être pas aux innombrables lecteurs(trices) de la saga, "L'amie prodigieuse", beaucoup plus lumineuse. Je l'ai lu avec beaucoup d'intérêt en retrouvant dans ce premier projet littéraire les fondamentaux de son œuvre : la violence dans les relations hommes-femmes, la ville de Naples, le choix d'une narratrice, double de l'écrivain. Un roman surprenant et intranquille…
vendredi 19 juillet 2019
Balade à la Médiathèque de Chambéry
Aujourd'hui, je devais rendre des documents à la Médiathèque et j'en ai profité pour rester un bon moment à butiner dans quelques rayonnages, à flairer les nouveautés, à feuilleter quelques journaux. J'aime ces moments entre 13h et 14h où le silence règne dans tous les étages, où la fraîcheur climatisée protège de la chaleur étouffante de la ville. Peu de lecteurs, de lectrices et je n'ai croisé que quelques employés de la médiathèque. Espace laïque, profane par excellence, le lieu prend l'allure d'une vieille église, d'un temple protestant, d'un lieu sacré en fait. Une bibliothèque à mes yeux diffuse ce charme incommensurable du recueillement, de la concentration et ô miracle, aucune sonnerie de téléphone n'atteint mes oreilles. Les usagers (quel mot affreux) ont déserté, se sont éparpillés en montagne, sur les bords des lacs ou dans des destinations plus lointaines. Je commence donc par le secteur littérature au premier étage. Peu de nouveautés disponibles, elles aussi se sont embarquées dans les valises des vacanciers. J'ai le temps de fureter les étagères d'un espace qui me convient beaucoup, celui de la littérature. Les bibliothécaires ont adopté une classification simplificatrice, les quatre lettres LITT, (ou littérature) pour caser tous les ouvrages incasables. Tout ce qui n'est pas fictionnel se retrouve dans ce secteur peu fréquenté par ailleurs. J'aime me pencher sur ces livres où le mélange des genres me procure toujours des réflexions jouissives tellement la cohabitation entre écrivains me semble incongrue. Les grands écrivains classiques côtoient les contemporains parfois inconnus. J'ai donc mis dans mon sac, Marie-Hélène Lafon et son "Album", "Un été avec Baudelaire", "Glaneurs de rêve" de Patti Smith, "Le fils perdu" de Olivier Barrot. Des livres qui s'ajoutent au programme déjà saturé de mes lectures d'été. Je suis tombée sur la Pléiade, "Les mémoires d'Outre-Tombe" de Chateaubriand. J'ai lu quelques lignes en admirant le style magnifique mais, je l'ai abandonné sur le rayonnage. Je suis pourtant à la retraite, me suis-je dit, mais non, cette œuvre me demanderait trop de temps à la relire quarante ans après… Je suis montée au deuxième étage pour le rayon philo et j'ai trouvé un Clément Rosset, "Le régime des passions". Le titre m'a plu et hop, dans mon sac. Je regarde les nouveaux documentaires sur les tables et j'observe que certains sujets ne semblent pas passionner les foules. Ils sont là depuis quelques semaines dans l'attente d'une main bienveillante. Certains livres souffrent d'abandon… Je les emprunterai un jour pour qu'ils prennent l'air… Voila mon début d'après-midi à la Médiathèque de Chambery. Mon sac était rempli de pépites livresques et en plus, c'est gratuit ! Quelle belle invention, la lecture publique…
jeudi 18 juillet 2019
"Un été avec Paul Valéry"
Chaque exemplaire de la collection "Un été avec" devient un rendez-vous bien sympathique une fois par an. Cette publication est tirée d'une série d'émissions diffusées sur France Inter. Plusieurs volumes ont été proposés à la rencontre de Montaigne, Proust, Baudelaire, Hugo, Machiavel, Homère. Cette année, c'est au tour de Paul Valéry, raconté par Régis Debray. Quand il était prisonnier dans une geôle en Bolivie, il y a cinquante ans, il se souvenait de quelques vers du "Cimetière marin" : "Un morceau de langue française, que je ne pratiquais plus guère. Etrange remontée de sève." Paul Valéry intimide généralement les lecteurs(trices) et demeure encore aujourd'hui un écrivain peu connu du grand public malgré son immense réputation littéraire. Pas un titre ne viendrait à la mémoire des amateurs à part ses poèmes et son "Monsieur Teste". Pourtant, cet Académicien, "du genre noble et barbant", couvert d'honneurs, penseur hybride, philosophe sans titre, n'intéresse pas le biographe. Il choisit surtout le côté "lanceur d'alerte" avec son essai sur le monde de son époque, "Regards sur le monde actuel", publié en 1931 qui devrait être inscrit comme lecture obligatoire à tous les futurs énarques. Il propose un anti-portrait en jouant sur la dualité de Paul Valéry, oscillant entre l'aspect marmoréen de sa vie officielle littéraire et le côté frondeur de sa vie privée. Ce petit livre révèle des épisodes de sa vie amoureuse en particulier avec Catherine Pozzi et Jeanne Loviton. Antidreyfusard dans sa jeunesse, il fit l'éloge d'Henri Bergson pendant l'Occupation. Jean Moulin avait songé à Paul Valéry pour devenir Président de la République. Il aura des funérailles nationales, ordonnées par le Général de Gaulle. Ce "pur esprit" aimait le sport, la natation surtout et vouait un culte à la mer Méditerranée, lui, le natif de Sète. Régis Debray le définit ainsi : "Il sut rendre l'abstrait velouté et l'idée pure sensuelle et sensorielle". Un bel hommage écrit d'une façon vive et piquante. Il donne envie de découvrir ses poèmes et surtout ses essais. Je me souviens de ma visite au cimetière de Sète il y a de nombreuses années. Un monsieur m'avait demandé s'il pouvait me renseigner. Je lui ai dit que je cherchais la tombe de Paul Valéry mais, il ne connaissait pas ce "défunt"... J'ai fini par trouver sa tombe et sur la pierre sont inscrits ces vers : "La mer, la mer toujours recommencée/ O récompense après une pensée/ Qu'un long regard sur le calme des dieux".
mercredi 17 juillet 2019
"Sonate de sortie"
A mon avis, une des plus beaux livres de ces dernières années, s'appelle "Le Lambeau" de Philippe Lançon. Je radote car j'ai déjà évoqué ce choc que je ne ressens pas toujours devant un livre. Je le relirai certainement tellement il m'avait fascinée. Ce témoignage bouleversant sur la reconstruction de l'écrivain après l'attentat de Charlie Hebdo aura certainement une seconde vie quand il paraîtra en livre de poche. De temps en temps, je feuillette à la Médiathèque, la Nouvelle Revue Française, fondée en 1908 et publiée par Gallimard. Cette revue se compose d'un éditorial, signé par Michel Crépu, de textes d'écrivains, d'un entretien, de critiques, de notes de lectures sans oublier quelques considérations sur l'art. Dans le numéro de novembre 2018, Philippe Lançon a composé une "sonate de sortie". Il raconte dans ce texte la mort de son père à 84 ans alors que son témoignage était en cours de création. Le narrateur accompagne cet homme jusqu'à la fin en lui faisant écouter du Bach et des appels de ses copains de la Marine. Il écrit : "La musique l'accompagne là où les autres ne vont plus. C'est en elle, peut-être, que s'unissent les vivants et les morts". Philippe Lançon sortait de trois ans d'hôpital quand la maladie a saisi son père. "Un passage de relais", selon l'auteur. Il s'est senti sauvé par "l'écriture qui seule m'a permis de rétablir la durée, la sensation d'exister autrement que par une série d'instants physiquement déterminés". Puis, l'auteur évoque la date symbolique du 14 juin 2015, une étape essentielle dans sa guérison. Deux policiers viennent le chercher à l'hôpital pour le conduire dans un appartement où une surprise, organisée par son ex-femme et des amis, l'attend. Devant lui, un piano noir et un homme se lève pour venir le saluer. Cet homme s'appelle Alexandre Tharaud, le grand virtuose. Cette rencontre lui permet de fouiller sa mémoire jusqu'à Berlin où un ami lui avait fait écouter Rameau au piano interprété par Alexandre Tharaud. Il joue devant lui tous les morceaux qu'il a écoutés dans sa chambre d'hôpital. Ce moment de pur bonheur suspend le temps de sa maladie. Le lendemain, le pianiste va rendre visite à Philippe Lançon et quand ils se retrouvent devant un piano désaccordé, Alexandre Tharaud interprète les Variations Golberg : "le vieux piano s'est réveillé, les douleurs ont disparu". Philippe Lançon offre un beau texte d'hommage à la musique à tous ses lecteurs(trices) qui ont "Le lambeau" gravé dans leur mémoire. J'avais l'impression de retrouver un ami dans ce salon où "la sonate de sortie" symbolise un retour à la vie, une vie physiquement bonne et diablement belle pour un survivant.
lundi 15 juillet 2019
"Le naufrage des civilisations"
Amin Maalouf est très apprécié pour ses romans comme "Léon l'Africain", "Samarcande", "Le rocher de Tanios". Il a déjà eu l'intuition d'un certain désordre du monde avec "Les identités meurtrières", ouvrage prémonitoire écrit en 1998. Depuis 2011, il occupe aujourd'hui le fauteuil de Claude Lévi-Strauss à l'Académie française. Cet écrivain franco-libanais s'est exilé en France dès 1976 lors de la guerre du Liban et a ainsi quitté sa carrière de journaliste. Sa carrière littéraire démarre en 1983 et il obtient le prix Goncourt en 1993 avec "Le rocher de Tanios". En 2009, il publie "Le dérèglement du monde" pour analyser l'état inquiétant de notre planète. Il évoquait la crise morale, politique, intellectuelle et climatique de l'Occident. Dans "Le naufrage des civilisations", l'inquiétude de l'auteur gravit une marche de plus. Il relate ses expériences de journaliste à Saigon à la fin de la Guerre du Vietnam, à Téhéran lors de la Révolution islamiste. Il écrit : "En l'espace d'une vie, on a le temps de voir disparaître des pays, des empires, des peuples, des langues, des civilisations. L'humanité se métamorphose sous nos yeux. Jamais, son aventure n'a jamais été aussi prometteuse, ni aussi hasardeuse. Pour l'historien, le spectacle du monde est fascinant. Encore faut-il pouvoir s'accommoder de la détresse des siens et de ses propres inquiétudes". Amin Maalouf revient sur son Levant naufragé par les guerres tribales et religieuses et en particulier sur la Guerre des Six Jours entre Israël et l'Egypte. Intégré au récit historique, il évoque sa culture composée de racines très diverses et surtout raconte avec émotion le souvenir de ses parents. Ce rappel des faits précis et analysés éclaire l'actualité contemporaine. Ce livre dense et documenté se lit presque comme un roman même si certains personnages composent une fresque humaine sinistre et inquiétante. J'ai appris beaucoup d'éléments historiques et politiques surtout sur le Moyen Orient qui me permettent de comprendre les relations internationales aussi tendues que complexes. L'écrivain dans le dernier chapitre "Un monde en décomposition" récapitule les plaies de notre civilisation en dénonçant le réchauffement climatique, la robotisation du travail, la dérive orwellienne de la société, l'augmentation des inégalités, les sentiments identitaires. Que faire devant ce constat réaliste ? Amin Maalouf en homme sage n'invente pas des solutions miracles. Il propose quelques pistes : ouvrir les yeux, prendre conscience de tous ces périls menaçants, informer, prévenir, garder l'espoir… Cet essai remplit cette mission d'alerte et semble bien moins pessimiste que certains livres qui prédisent la fin du monde dans une ou deux décennies…
vendredi 12 juillet 2019
Rubrique cinéma
Cet après-midi, je suis allée voir le film anglais de Chanya Burton, Vita et Virginia. Dès que j'avais appris qu'un long métrage était consacré à Virginia Woolf, je me suis précipitée pour le voir à l'Astrée. Il vaut mieux connaître la vie de cette fabuleuse écrivaine pour apprécier les détails biographiques d'un épisode particulier dans sa vie. La réalisatrice a osé montré l'une des icones littéraires du XXe siècle et ce pari risqué me semble réussi. En 1922, "Mrs Dalloway" vient d'être publié et Virginia souffre d'une dépression récurrente avec quelques hallucinations. Sa santé fragile l'isole socialement et son mari Léonard la surveille de très prés. Pendant ce temps, Vita Sackville-West, subjuguée par le talent de Virginia, tente de l'approcher pour lier une relation amicale avec elle. Mais, Vita, bien que mariée, mène une vie double avec des maîtresses. Sa réputation sulfureuse attire la colère de sa propre mère, offusquée par sa conduite immorale. A cette époque, il fallait courageusement transgresser les normes pour se sentir libre, surtout pour les femmes. Vita invite Virginia dans son domaine familial et se noue alors une relation amoureuse entre elles. La vie les sépare souvent car Vita voyage avec son mari ambassadeur. Elles échangent des lettres pour maintenir ce lien fragile. Virginia compose son roman "Promenade au phare" et son amante un peu plus lointaine commence à se lasser d'elle. Dans une soirée, organisée par la sœur de Virginia, Vita réapparait avec une nouvelle conquête féminine. Virginia comprend alors que sa relation se termine dans la trahison. Mais, pour sublimer cette histoire, l'écrivaine la transpose dans une biographie très originale, "Orlando", inspirée par Vita. Un homme, poète élisabéthain, se transforme en femme et traverse plusieurs siècles. Malgré leur rupture, elles restent amies et se soutiendront jusqu'au suicide de Virginia Woolf en 1941. L'actrice, Elizabeth Debicki, interprète l'écrivaine avec une ressemblance frappante toute en fragilité, concentration, excitation et abattement. Ce film met en scène la relation amoureuse de deux femmes libres et créatrices, deux héroïnes de la littérature anglaise et même si elles choisissent de ne pas se séparer de leur mari, elles ne s'empêchent pas de vivre leur passion. Avec des décors raffinés, un fonds sonore imitant des pulsations, l'atmosphère fébrile des années 30, l'évocation du groupe de Bloomsbury, ce film féminin et féministe possède un charme so british…
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