Patrick Boucheron commence à être connu du grand public. Cet historien remarquable a été élu au Collège de France en 2015 pour une chaire intitulée "Histoire des pouvoirs en Europe occidentale du XIIIe au XVIe siècle". J'ai remarqué cet historien sur Arte à l'occasion de la diffusion d'une série d'émissions intitulée, "Quand l'Histoire fait date". Je me souviens de Pompéi, d'Alexandre le Grand, d'Hiroshima, de Nelson Mandela. Patrick Boucheron nous fait vraiment aimer l'Histoire tout en conservant la rigueur scientifique nécessaire sans la vulgariser. Il intervient sur France Culture, dirige la revue "L'histoire", Cet été, j'ai lu sa passionnante biographie intellectuelle, "Faire Profession d'Historien", publiée dans la collection Points Poche. Il évoque son parcours d'étudiant, sa vie de professeur à la Sorbonne, son champ d'études sur les cités italiennes au Moyen Age. Il communique à ses lecteurs sa passion pour l'Histoire et renoue avec la tradition française littéraire des Georges Duby, Fernand Braudel, Emmanuel Le Roy-Ladurie. Ensuite, j'ai emprunté "l'entretemps", un essai ambitieux mêlant littérature et histoire à partir du célèbre tableau de Giorgione, "La tempête". J'aime bien explorer une œuvre et j'ai poursuivi mes découvertes avec un ouvrage de circonstance, "Prendre dates" sur l'attentat de Charlie Hebdo en janvier 2015. Ce livre écrit à deux plumes dont celle de Mathieu Riboulet prend acte de ce fait divers tragique, une première étape d'une guerre civile souterraine qui a sidéré le pays et peut-être aussi réveillé le sentiment d'appartenance à notre civilisation occidentale menacée. J'ai terminé ce matin un petit opuscule, "Comment se révolter" signé de l'historien aux éditions Bayard. Ce livre s'adresse aux enfants (évolués, quand même) et Patrick Boucheron évoque l'idée de la révolte, parle de Robin des Bois et d'Ivanhoé, des jacqueries pendant le Moyen Age. J'ai retenu ces deux citations : "ce travail patient de l'historien qui se penche vers les mots du passé, espérant y entendre le bruit frêle, ténu, fragile et intermittent d'un murmure ancien" et "Ne pas se laisser faire, ne pas se laisser gouverner, inventer sa propre vie, opposer de manière tenace et libre son mode d'existence". Patrick Boucheron a dirigé une "Histoire mondiale de la France", ouvrage salué par la presse et aussi critiqué à sa sortie pour une vision excentrée de notre passé national. Un historien à découvrir…
des critiques de livres, des romans, des moments de lectures, des idées de lecture, lecture-partage, lecture-rencontre, lectures
mardi 4 septembre 2018
lundi 3 septembre 2018
"Les Ombres errantes"
Dans mon programme de lectures estivales, j'ai retrouvé la voix inimitable de Pascal Quignard. Je lis ce drôle d'écrivain depuis des années, peut-être à partir des années 80... Trente huit ans de fidélité, de complicité et d'amitié avec "Pascal", si j'ose me permettre d'employer son beau prénom, d'influence philosophique. Car les écrivains que l'on aime forment une communauté amicale indispensable pour vivre en bonne intelligence. Sans la littérature, sans la musique (classique), sans l'art, il me semble que la vie serait plus banale et trop ennuyeuse. Pascal Quignard m'intrigue toujours autant et j'aime frotter ma pensée à son univers mental qui m'attire particulièrement. J'ai donc relu le premier tome de la suite, "Dernier Royaume", "Les Ombres errantes", publié en 2002. Prix Goncourt à la surprise de tous les critiques, cet ouvrage s'est vendu à quelques milliers d'exemplaires, l'un des Goncourt les moins "rentables"... On ne résume pas une œuvre de Pascal Quignard. Ecrivain du bref : chapitres courts et ramassés, bouts de prose qui jouent à saute-mouton, phrases teintées de philosophie, anecdotes historiques, utilisation des contes et légendes, pensées profondes et originales, moments intenses d'érudition sur le monde antique, références littéraires, éléments autobiographiques dévoilés, poèmes en prose… L'aventure littéraire du "Dernier Royaume" semble unique et originale et il ne faut pas craindre cette opportunité rare. On entre dans ce royaume de fragments avec les yeux ouverts, les oreilles attentives, le toucher sensoriel d'une prose française, héritée d'une longue tradition classique. Je lis un ouvrage de cet écrivain avec un crayon à la main. Je souligne souvent des passages et j'en livre quelques uns pour goûter le style et la pensée de cet écrivain fabuleux : "Il y a dans lire une attente qui ne cherche pas une attente. Lire, c'est errer. La lecture est l'errance". Plus loin, il cite un personnage réel ou inventé qui déclare : "J'ai cherché dans tout l'univers le repos et je ne l'ai trouvé nulle part ailleurs que dans un coin avec un livre". Et encore, "Poissons qui montent à la surface. Une goulée pour ne pas mourir. Goulée : lecture". Je pourrai citer tout le livre, il vaut mieux se saisir de l'ouvrage et se lancer sur les traces de l'univers quignardien… Le dixième tome du "Dernier Royaume" parait le 12 septembre et j'ai hâte de l'acheter en librairie pour le découvrir…
jeudi 30 août 2018
Mon sejour basque, 2
Je ne peux pas m'empêcher aussi lors de mes séjours au Pays basque de humer quelques effluves culturelles. J'ai eu de la chance cette année car deux expositions intéressantes m'ont permis de découvrir la place de de l'art à Biarritz avec "Picasso, 1918 et 2018" et à Anglet avec "La Littorale". Picasso a vécu à Biarritz pendant l'été 1918 avec sa femme Olga, danseuse des Ballets russes et peint le tableau des "Baigneuses". A l'occasion de ce centenaire, l'Ecole Supérieure d'Art Pays Basque a proposé une confrontation historique entre le célèbre tableau des Baigneuses et des œuvres d'artistes contemporains dont Daniel Buren, Annette Messager, Hervé Di Rosa, Gloria Friedman. Dès l'entrée, j'ai aperçu le tableau en question que je connaissais évidemment depuis longtemps. J'avais même acquis un poster pour décorer une cuisine. Je rêvais, grâce à cette peinture, de ma ville quand j'étais exilée à Grenoble, à Tarare et ailleurs dans mes différents postes de bibliothécaire en Rhône-Alpes. Et là, il se tient devant mes yeux : un petit format d'une vingtaine de centimètres sur quinze. J'étais assez stupéfaite de vérifier la différence entre une œuvre imprimée sur papier et celle accrochée sur un mur. Le tableau reste au demeurant magnifique avec ses femmes Vénus, exaltées et formant un trio mystérieux, des Amazones océaniques… Cette exposition très réussie n'était pas très fréquentée alors qu'à cent mètres, des milliers de touristes se baignaient dans les vagues biarrotes. A Anglet, j'ai donc visité dès samedi les sculptures contemporaines de la Biennale, "La Littorale", une manifestation d'une qualité exceptionnelle. Sur un espace de deux kilomètres, j'ai arpenté le chemin qui me menait aux œuvres toutes intéressantes et qui frappaient l'esprit des baigneurs qui passaient par hasard devant elles. Je citerai une Pieta magnifique et immense, une montagne en argile, face à l'océan, d'une sculptrice allemande, Anne Wenzel. J'ai aussi beaucoup aimé une Vénus noire, suspendue dans l'air, d'un artiste, Stéphane Pencreac'h. Cachée au pied de la falaise au milieu de roseaux, elle me faisait penser à une Koré grecque, une déesse de la mer, toute proche. Des panneaux explicatifs renseignent à merveille les curieux de la Biennale et j'étais vraiment heureuse de découvrir cette exposition en plein air devant l'océan qui rythmait mes pas… Un moment magique dans mon séjour quand la nature et l'art s'épousent avec harmonie. Il faut dire que le sujet de la Biennale d'Anglet porte le titre de "Chambre(s) d'amour", tout un programme ! La Côte basque ne cultive pas seulement la beauté de ses paysages, elle n'oublie pas les amateurs d'art...
lundi 27 août 2018
Mon séjour basque, 1
Dès que je mets un pied, puis l'autre sur le sol de l'aéroport, l'air sent le sel marin. Cette odeur familière me pénètre comme un lied de Schubert. Un pays se résume parfois à un parfum, à des couleurs, à des sensations. La Côte basque ressemble à un patchwork rouge, vert et blanc et j'ajouterai le bleu profond de l'océan. Le charme de mon pays natal s'infiltre dans mes veines dès que j'y réside pour quelques jours. Mais, en août, attention, danger : Biarritz perd son aura magique. Un article du journal Sud-Ouest évoque la saturation touristique à l'égal de Venise, de Barcelone et d'autres villes envahies. Comment réguler ce fléau ? L'océan attire de plus en plus de touristes et il semblerait qu'Internet soit la cause de ces afflux anormaux de visiteurs. Plus le prix des places d'avion baisse, plus les locations de particulier à particulier fonctionnent à plein, l'invasion touristique sera de plus en plus gênante pour les habitants de ces lieux. Dès dix heures du matin, ce n'est plus la peine de prendre sa voiture pour aller à la plage. Malgré les navettes bus, les vélos gratuits de la ville d'Anglet, les automobiles règnent partout sur la Côte. J'ai trouvé la solution en me baignant dès neuf heures du matin et j'avais toute la plage pour moi mais sans surveillance. Pour satisfaire les besoins primaires des touristes, les villes inventent aussi des distractions permanentes : compétition de surf la nuit, marchés nocturnes, courses à pied pour les enfants et les catégories d'âge. Il ne faut surtout pas que les touristes s'ennuient une seule minute pendant leurs vacances sublimes du bord de mer. Pour admirer le coucher de soleil, personne n'a besoin d'accompagnement social. Cette esprit de fête permanente enlève à mes yeux le charme du pays qui est resté très longtemps authentique, simple et tranquille. L'authenticité s'amenuise, la simplicité se complexifie et la tranquillité disparaît au fil des années du premier juillet au trente août. La marchandisation estivale règne dans les commerces locaux, les restaurants typiques des plages et les marchés. Mon si beau Pays basque souffre de son succès malgré sa réputation légendaire de climat entre pluie et soleil. Je souhaitais la pluie pour me balader tranquillement sur la plage… Je conseille donc d'éviter cette destination à tous ceux (celles) qui aiment le silence, la solitude et le calme. Biarritz s'apprécie pendant les trois saisons restantes, dix mois sur douze, c'est quand même appréciable ! Et je n'y retournerai plus jamais en août ! J'ai l'intention de revoir Biarritz dès novembre pour retrouver mes plages désertées, ma Côte basque en beauté avec ses vagues majestueuses et ses paysages somptueux...
vendredi 17 août 2018
"Un balcon en forêt"
Dans ma reconquête estivale des classiques contemporains, j'ai saisi sur mon étagère la pléiade de Julien Gracq que je n'ai pas relue depuis très longtemps. Je garde dans ma mémoire de beaux souvenirs de lectures gracquiennes en particulier, "Le Rivage des Syrtes" qui m'avait subjuguée dans ma jeunesse. J'ai relu récemment "Un balcon en forêt", publié en 1958. Ce roman de l'attente diffuse une étrange ambiance qui régnait pendant la "drôle de guerre" de septembre 1939 à mai 1940. Julien Gracq a vécu cette expérience d'officier et il s'inspire de ce vécu dans ce texte. Quand on lui posait la question des sources de son inspiration : il répondait par : "De l'image des Ardennes" et de "L'idée de la solitude". L'aspirant Grange est cantonné dans une maison forte des Hautes Alizes, près de Moriarmé, dans les Ardennes. Cette maison en surplomb est un blockhaus en béton, construit au cœur de la forêt afin de signaler l'avancée des chars allemands entre la Belgique et la France. Un souterrain a été creusé permettant une évacuation rapide dans la forêt. Grange partage ce huis clos avec trois soldats, Hervouet, Gourcuff et Olivon. Il ne se passe presque rien dans leur vie : ils braconnent, coupent du bois, se préparent les repas dans une attente insouciante. Pourtant, l'aspirant Grange sent monter en lui une angoisse latente quand il arpente les sentiers forestiers. Il écrit : "On eut dit que sur le coeur de l'Europe, sur le cœur du monde, était descendue une énorme cloche à plongeur, et on se sentait pris sous cette cloche, dont l'air mou serrait les tempes et faisait bruire les oreilles d'un bourdonnement léger". Mais, cette drôle de guerre ne provoque pratiquement aucun incident. Tout semble lointain, distant, irréel. Cette irréalité de la guerre met la vie en suspens, entre parenthèses, enrobée de coton. L'aspirant se rend dans un village proche où il rencontre Mona, une très jeune femme plus proche de l'enfance que de l'âge adulte. Il la rejoint la nuit clandestinement et cet amour furtif lui offre un répit dans cette période menaçante. Quand les Allemands avancent, le village est évacué et Mona disparait. Le blockhaus finit par être attaqué et Grange sera blessé alors qu'il perd deux soldats. Ce roman à la fois réaliste et à la fois poétique se lit lentement, ligne après ligne avec une attention extrême tellement le style de l'écrivain nous envoûte littéralement. Je cite cette phrase emblématique de la magie gracquienne : "La forêt respirait, plus ample, plus éveillée, attentive jusqu'au fond de ses forts et de ses caches soudain remués aux signes énigmatiques d'où on ne savait pas quel retour des temps - un temps de grandes chasses sauvages et de hautes chevauchées - on eût dit que la vieille bauge mérovingienne flairait encore dans l'air un parfum oublié qui la faisait revivre". Julien Gracq a offert à la littérature française contemporaine, une de ses plus belles proses. J'ai appris que cette œuvre fut inscrite au concours de l'agrégation de Lettres en 2008. Une reconnaissance évidente pour cet écrivain somptueux et une deuxième lecture encore plus intense que la première.
jeudi 16 août 2018
Balade à Aix les Bains
Ce mercredi 15 août, j'avais envie de me balader du côté d'Aix-les-Bains. J'ai revisité le petit musée Faure, ouvert ce jour-là et j'étais surprise de constater qu'il était bien fréquenté. Installé dans une villa italienne, la Villa des Chimères se transforme en musée en 1949. J'aime bien cet espace sans prétention mais qui présente tout de même une belle collection de sculptures de Rodin, la deuxième de France au deuxième étage où l'on trouve aussi la chambre reconstituée de Lamartine avec lit, secrétaire, table et divers objets domestiques du poète. Au premier étage, on peut voir des tableaux impressionnistes de peintres célèbres : Pissaro, Bonnard, Corot, Degas, Marquet, etc. Hier, le musée proposait une exposition temporaire d'un éclectisme étonnant. Après cette visite intéressante et malgré la foule du 15 août, j'ai poursuivi ma balade après la pause déjeuner du côté du port d'Aix-les-Bains. Il faut franchir quelques dizaines de mètres pour se retrouver pratiquement seul dans le Jardin vagabond, une espace de cinq hectares, aménagé en 2007 par la ville et le lycée agricole de Costa de Beauregard de Chambéry. Une association des Amis du Jardin vagabond gère cet espace original, innovant et très agréable à parcourir. On aperçoit tout de suite des massifs de fleurs, des sentiers tracés, un crocodile en bois, une sculpture en bronze, "Germination", une mare, un observatoire d'une roselière et surtout à ma grande surprise, une cabane à livres. Je me suis précipitée pour consulter la cinquantaine d'ouvrages et là, j'ai découvert un vrai trésor littéraire : les cinq tomes des "Thibault", écrits par Roger Martin du Gard en livre de poche des années 60. Je les ai lus dans ce format d'origine et je me souviens encore de cette "saga" de l'époque où deux frères très différents s'affrontaient dans des causes différentes. Je vais relire cet œuvre bien oubliée aujourd'hui et revivre peut-être de grands moments de lecture. J'ai aussi emporté dans mon sac, "Les Hauts du Hurlevent" d'Emily Brontë et "Le silence de la mer" de Vercors. Quel est ce lecteur mystérieux qui a déposé ces poches de collection dans cet endroit si incongru ? Décidément, ce phénomène des livres vagabonds ou "bookcrossing" me convient très bien… Beau moment culturel au musée, délicieux moment naturel dans un jardin, plein de poésie prés du lac, le plus beau de France, et en récompense, un bouquet de livres de notre patrimoine littéraire… Une balade fructueuse à Aix-les-Bains en amicale compagnie.
mercredi 15 août 2018
"Traversées"
Cet été, j'ai pris une grande décision : relire les classiques. Je les ai abandonnés depuis trop longtemps car les nouveautés avaient gagné la partie. Libraire, je devais lire tous les romans nouveaux pour les recommander à mes clients et bibliothécaire pendant vingt six ans, je devais aussi privilégier les parutions afin de les conseiller. Lire les auteurs contemporains me semble toujours une expérience fondamentale pour comprendre son temps. En fait, j'ai dévoré les classiques entre mes quinze et vingt cinq ans : dix ans consacrés à la découverte de la littérature française au lycée et surtout à l'université pendant mes études littéraires. Au programme : Balzac, Flaubert, Stendhal, Zola, Victor Hugo. Puis, j'ai ensuite "attaqué" le XXe et là, je suis devenue adepte de Proust, de Roger Martin du Gard sans oublier Giono, Gracq, Beauvoir et tant d'autres… Mais, une de mes plus grands découvertes littéraires restera l'immense et bouleversante Virginia Woolf. J'avais commencé par "Une chambre à soi", "Trois guinées", "Mrs Dalloway", "Au phare", "Orlando". Dans les années 70, mes années féministes, Virginia Woolf symbolisait la création féminine, l'indépendance, une écriture unique, un regard sur la vie, tissé de multiples sensations. Comme je possède les deux tomes de la Pléaide, j'ai décidé enfin de les ouvrir au lieu de les abandonner sur une étagère de ma bibliothèque. Quand j'ai ouvert dans les années 70, "La Traversée des apparences", j'avais beaucoup aimé le roman. Aujourd'hui, le traducteur Jacques Aubert a choisi un titre raccourci, "Traversées". Ce premier roman de Virginia Woolf a été publié en 1915 et j'avais l'impression de le lire pour la première fois. Rachel, jeune anglaise célibataire, accompagne sa tante Helen dans un voyage en Amérique australe afin de fuir le climat néfaste de Londres. Cette "traversée" est une promesse de bonheur pour la jeune femme car elle tombe amoureuse d'un jeune homme charmant, Terence. Ces Anglais privilégiés (une soixantaine) recréent à l'identique leur mode de vie dans cette île entre le tennis, les tea time, les soirées dansantes. Lors d'une excursion, Rachel et Terence s'isolent du groupe et s'avouent leur amour mutuel. Mais, dans un roman woolfien, la vie heureuse ne dure pas longtemps. Rachel contracte une fièvre qui la tuera. Le bonheur court et intense de cette relation amoureuse se termine en tragédie. J'ai retrouvé dans ce texte l'humour ravageur de l'écrivaine anglaise, les dialogues aiguisés de ses personnages parfois snobs, parfois pitoyables, tous mêlés les uns aux autres avec une maladresse réelle et une impossibilité de communiquer. Comme le disait Milan Kundera (un contemporain essentiel pour moi), "Personne n'écoute personne"... Dans cette comédie humaine à l'anglaise sous influence proustienne, seuls, Rachel et Terence conservent leur innocence et dérangent le groupe avec cet amour pur et impossible. Je ne pouvais pas passer mon été sans me retrouver en compagnie de ma très belle Virginia…
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