Dans la rentrée littéraire de septembre, un roman m'a particulièrement attirée par son sujet : un thriller historique épistolaire se situant dans la Renaissance italienne. Comme j'aime particulièrement cette époque artistique, j'ai donc lu avec beaucoup d'intérêt "Perspectives" de Laurent Binet, publié chez Grasset. Cet écrivain français quelque peu original s'était déjà bien fait remarquer avec un roman sur un nazi, "HHhH", puis sur l'improbable assassinat de Roland Barthes, "La septième fonction du langage". En 2019, il raconte une dystopie historique, "Civilizations" où les Incas font la conquête de l'Europe. Dans son dernier opus, l'auteur explore l'univers de la Renaissance du XVIe siècle en se basant sur le rôle majeur qu'a tenu Giorgio Vasari (1511-1574), peintre, architecte, historien de l'art et inventeur du terme Renaissance. Ce personnage réel devient dans le roman l'enquêteur d'une affaire criminelle. Jacopo da Pontormo, un artiste maniériste, est retrouvé mort dans l'église San Lorenzo où il réalisait des fresques pour décorer le chœur de l'édifice. Le contexte historique constitue un élément essentiel car la République de Florence est au cœur de l'affrontement entre la France et l'Espagne. Une kyrielle de personnages intervient dans ce roman policier très original : de Pontormo à Bronzino, son assistant en passant par Vasari et ses aides, Michel Ange, la famille Médicis, des religieuses disciples de Savonarole. Ce tourbillon d'échanges épistolaires donne un peu le tournis mais une liste des personnages en tête du premier chapitre permet de bien se repérer. L'auteur a choisi cette architecture épistolaire pour "creuser mes personnages, en me plaçant dans la tête de chaque correspondant". Il ajoute aussi "Et puis, quel défi de créer du suspense avec des échanges de lettres". Chaque protagoniste expose ainsi ses indices sur le meurtre de Pontormo et il est question d'un tableau mystérieux avec le portrait de la fille Médicis. Se greffent dans cette histoire policière une histoire d'amour, une fuite en France, des révoltes, des dénonciations, des complots, des soupçons, toute une ambiance de secrets et d'alliances. Ce puzzle énigmatique "Renaissance" propose 176 lettres composant un texte ludique, érudit, brillant et tellement stendhalien. L'univers des peintres à Florence est au cœur du récit et le titre "Perspectives" raconte à merveille tous les points de vue des personnages. Un régal, ce roman épistolaire d'une "italianité" savoureuse.
des critiques de livres, des romans, des moments de lectures, des idées de lecture, lecture-partage, lecture-rencontre, lectures
lundi 16 octobre 2023
jeudi 12 octobre 2023
"Ma vie avec Colette", Pauline Dreyfus
En 2023, j'ai retrouvé une vieille amie, une amie de cœur et de littérature que je n'avais pas lue depuis des décennies. Dans le cadre de l'atelier Littérature, j'avais choisi la délicieuse Colette pour célébrer les 150 ans de sa naissance. Je possédais les Pléiade de Colette, un héritage de ma mère qui était une fan de l'écrivaine, car dans son œuvre, elle devait savourer son monde proche de la nature, des animaux familiers, de ses relations houleuses et pas toujours heureuses avec les hommes, et malgré tout, ma mère aimait sa gourmandise de vivre. J'ai donc pratiquement lu et relu ses romans, ses essais et ses écrits autobiographiques. Je me réserve encore quelques pépites, une réserve de lectures qui me ravit d'avance. J'ai découvert récemment l'ouvrage de Pauline Dreyfus, "Ma vie avec Colette", publié chez Gallimard dans une nouvelle collection, "Ma vie avec". Cette collection propose "des textes brefs. La révélation d'un compagnonnage d'une vie leur donne un tour intime, sans notes, ni appareil critique, bien inutiles pour parler d'un ami". Pauline Dreyfus n'hésite pas à mélanger sa vie à celle de Colette en décrivant son enfance à Paris dans des rues "sans ciel" et qui retrouvait la maison de ses grands-parents maternels près de la forêt de Fontainebleau. Ce paradis perdu ressemblait au village de l'écrivaine dans sa Bourgogne natale. La petite Parisienne adorait le jardin, des "jardins qui composent à tout jamais dans l'imaginaire de Colette les provinces d'un royaume dont elle est la suzeraine". Cette vie à la campagne, Pauline Dreyfus la nomme la nostalgie du "là-bas", du bonheur de l'enfance et de la nature. La narratrice revient sur la biographie de Colette en l'éclairant d'un nouveau regard, un regard amical, compréhensif mais aussi sans concession. Elle peut évoquer les travers de l'écrivaine en expliquant les raisons de sa conduite parfois inattendue comme sa relation complexe et difficile avec sa fille à qui elle aurait déclaré : "Tu deviens ce que j'ai toujours dédaigné : quelqu'un d'ordinaire". Et elle n'a pas toujours été proche de sa chère Sido. Malgré ses failles et ses faiblesses, Colette mérite toute notre admiration pour ses écrits poétiques, sensuels, incarnés. Lire Colette, c'est "pousser la grille du jardin d'Eden". Pauline Dreyfus offre un portrait original, non académique de sa compagne en littérature : "J'ai connu les affres et les espoirs des personnages de Colette. J'ai été Claudine dans les bois de Montigny. J'ai été Gigi espérant un mari, je suis maintenant Léa guettant les stigmates du vieillissement". Un bel essai biographique sur Colette et même si l'on connaît bien sa vie, Pauline Dreyfus nous fait partager son enthousiasme fervent envers cette écrivaine à la "prose fastueuse et poétique".
mardi 10 octobre 2023
Escapade italienne, Naples, 2
J'ai donc visité le Musée archéologique national en milieu d'après-midi et ces deux heures passées dans ce Palazzo degli Studi, un des palais monumentaux majeurs du centre historique m'ont semblé trop courtes. La richesse des collections provient des fouilles de Pompéi et d'Herculanum ainsi qu'aux antiquités gréco-romaines de la collection Farnèse. Quel bonheur de revoir tous ces chefs d'œuvre : l'Hercule Farnèse de 3 mètres de haut, des bronzes d'Herculanum incroyablement réalistes, des mosaïques trouvées dans les villas romaines de Campanie ainsi que les fresques surtout celles des déesses Flora, Diana, Médée et Léda. Dans une galerie, baptisée "La Grande Grèce", j'ai admiré mes vases grecs toujours aussi illustrés de personnages mythologiques, de scènes quotidiennes et de batailles homériques. Ces vases grecs constituent une magnifique collection de livres d'images fabuleuses en céramique. Des jardins intérieurs permettent de prendre l'air pendant la découverte des nombreuses salles. Le lendemain matin, j'ai subi le premier gros orage du séjour mais cela ne m'a pas gênée car je me trouvais dans le Musée de Capodimonte, installé lui aussi dans un ancien palais, édifié par Charles de Bourbon. Cette pinacothèque de premier plan expose des peintres italiens que j'aime beaucoup : Bellini, Botticelli, Le Caravage, Parmiggiano, Artimisia Gentileschi, Masaccio, Titien, etc. J'ai même revu des Brueghel, des Goya. Un festival artistique magique. Une partie des peintures du Capodimonte se trouve actuellement au Louvre jusqu'en janvier. J'ai pensé à un petit Louvre en arpentant la centaine de salles à ma disposition. L'orage s'est calmé dans l'après-midi et nous avons pris le métro pour découvrir (d'après les guides) la plus belle station d'Europe ! Cette station Toledo réserve une surprise étonnante. L'architecte catalan, Oscar Tusquets, a réalisé un univers futuriste avec des murs bleus traités comme le fond de la mer. En prenant l'escalator, un puits de lumière nous inonde de bleu, le bleu des abysses comme celui de la voie lactée. Je ne voulais pas manquer cette galerie d'art lumineuse et spectaculaire à trente mètres de profondeur. J'ai ensuite traversé les quartiers espagnols, un damier de rues obscures, étroites et à la réputation sulfureuse. Ce quartier populaire touché par le chômage et la pauvreté ne présente pas une image somptueuse de Naples et on peut se balader dans ses rues sans aucun problème d'insécurité. Pour terminer mon séjour napolitain en admirant un dernier Caravage, celui des "Sept Œuvres de la Miséricorde", dans la chapelle de bienfaisance Pio Monte de la Misericordia. Quelle toile stupéfiante où l'on voit la Vierge Marie soutenue par des anges et se pressent autour d'elle des gens du peuple napolitain. Un chef d'œuvre absolu. Naples s'inscrira désormais dans ma mémoire comme une immense ville d'art de l'Antiquité à la Renaissance en passant par le génial Caravage. Mais aussi, Naples, ce sont avant tout les hommes et les femmes de tous âges, tous adorables de gentillesse, qui vivent dans une métropole bruyante, vivante, délirante. L'Italie sans Naples ne serait pas l'Italie. Il manquerait à son identité ce grain de beauté posé sur une terre volcanique de toute beauté.
lundi 9 octobre 2023
Escapade italienne, Naples, 1
La dernière étape de mon périple s'est passée à Naples car je ne voulais pas quitter la Campanie sans revoir sa perle volcanique, sulfureuse et fascinante. C'est une ville "intranquille" la plupart du temps, stressante souvent mais tellement palpitante de vie, de contrastes et de surprises. J'avais loué une chambre près de la place du Plébiscite, le cœur du centre ancien à quelques centaines de mètres de la mer. Les valises déposées, j'ai commencé la visite de la ville avec un sentiment de familiarité car j'étais venue en 2016 pour la découvrir pendant une semaine. Les images que j'avais conservées dans ma mémoire reflétaient bien la réalité urbaine qui se déroulait devant mes yeux : le brouhaha incessant des voitures et des scooters, des gens partout sur les trottoirs et dans les rues pavées, des poubelles un peu trop pleines devant les restaurants, des groupes de touristes excités. Les immeubles anciens dans des tons ocre, jaune, rouge, montrent la patine du temps et se conservent malgré tout dans un état souvent délabré. Toutes les grandes métropoles composent une mosaïque où plusieurs facettes s'entremêlent, des bonnes comme des mauvaises. Naples peut effrayer des touristes habitués à la tranquillité publique. Dans le cœur vivant de la ville, j'ai donc revu la splendide galerie marchande Umberto 1, d'un luxe incroyable avec son architecture spectaculaire. Ensuite, j'ai arpenté la Via Toledo qui me menait au Musée archéologique, l'un des plus beaux du monde ! Sur mon chemin, j'ai retrouvé un tableau du Caravage dans la Galerie de peinture, installée dans une ancienne banque. Le tableau en question montre le martyr de Sainte Ursule et j'aime l'ambiance de ces toiles avec des personnages troublants, saisissants, une mise en scène délirante, le mélange des couleurs sombres et lumineuses. Quel peintre, ce Caravage ! J'ai regretté l'absence d'une toile de Bellini, exposée en ce moment au Louvre. J'ai vu aussi une très belle collection de vases grecs. Sur la place Dante, nous avons fait une pause déjeuner dans une trattoria, baptisée "Le temps des roses et du vin" où les cocktails portaient les noms de Sartre, de Simone de Beauvoir, de Boris Vian. Un hommage à la littérature française des années 60. Après cette pause gourmande, j'ai poursuivi ma visite dans cette vertigineuse via Toledo où tout est spectacle : les boutiques, les stands, les restaurants, les librairies d'occasion, les églises toujours accueillantes où l'on se rafraichit avec plaisir (32 degrés, ce vendredi là). La suite, demain.
jeudi 5 octobre 2023
Escapade italienne, Ischia, 2
Lors du court séjour à Ischia dans notre domaine maritime, l'hôtel Da Maria, nous avons repris la barque d'Angelo pour visiter le superbe château aragonais à quelques encablures du port. Ce château médiéval m'intriguait car il formait la pièce maîtresse du panorama que j'avais devant mes yeux. Une fois arrivés au port, un pont de 150 mètres relie le château. J'ai eu de la chance car j'ai pris l'ascenseur pour atteindre le sommet du château d'une hauteur de 115 mètres ! J'ai appris que l'édifice impressionnant abritait plus de 2 000 familles et comptait jusqu'à 13 églises, un couvent et une abbaye. Les archéologues ont trouvé des traces de vestiges datées du Ve siècle av. J.-C. et des tours furent érigées pour surveiller l'arrivée des bateaux ennemis, surtout des pirates. En 1441, Alphonse V d'Aragon construit le pont de pierre pour remplacer l'ancien pont en bois. En 1912, le château est vendu à un propriétaire privé qui le transforme en musée à ciel ouvert. Je me suis baladée sur les sentiers du château dans une nature peuplée d'oliviers, de lauriers, de caroubiers, de figuiers avec une vue unique sur la mer et sur les îles voisines. J'ai vu des tours, la prison des Bourbons, le couvent des Clarisses, deux églises, un grand lieu d'expositions, une librairie-galerie. Tout au long de ma déambulation aragonaise, j'ai aussi remarqué une ancienne église, bombardée par les Anglais en 1809. Ces ruines à l'aspect romantique dégagent une poésie quasi sacrée. On peut aussi se restaurer sur une terrasse magnifique. Ce lieu touristique possède aussi des belvédères à tous les niveaux. Les espaces visités ne sont pas surveillés et la majorité des visiteurs respecte à merveille ce château enchanté ! Après cette découverte surprenante, j'ai arpenté le port d'Ischia, Ischia Ponte, et j'ai terminé ma matinée dans un restaurant fabuleux, l'Auras, qui me laissera un grand souvenir gourmand. Angelo, notre homme-barque, nous a ramenés à l'hôtel et j'ai consacré l'après-midi à la baignade pour me ressourcer et pour me préparer à rejoindre Naples le lendemain, Naples, la cité volcanique, une autre planète aux antipodes d'Ischia, sa voisine, bien plus sage et bien plus verte que son ogresse urbaine aux 3 millions d'habitants !
mercredi 4 octobre 2023
Escapade italienne, Ischia, 1
C'était un soulagement de lâcher la voiture car les Italiens (une large majorité masculine) que l'on a croisés sur la route ne sont pas toujours respectueux du code de la route. Et je ne parle pas des scooters ! Nous avons pris un bateau rapide pour rejoindre l'île d'Ischia à 50 kilomètres de la côte. Il faut donc une petite heure pour longer la baie de Naples et cette balade sur la mer nous fait traverser des paysages magnifiques. A l'arrivée au port d'Ischia, nous avons pris un taxi pour nous conduire à l'Hôtel Da Maria situé dans une anse. Mais pour poser nos valises dans cet hôtel familial, il a fallu prendre une barque, une petite barque toute jolie mais bien instable, pilotée par le formidable Angelo, un îlien, qui me rappelait physiquement un personnage du Caravage que l'on admire dans ses toiles. Je n'avais pas l'habitude d'être aussi secouée avec les vaguelettes de la mer Tyrrhénienne ! Nous avons accosté sur un ponton lui aussi assez mouvant et je me suis tout de suite sentie bien dans cet environnement marin et naturel, assez loin du village. Autour de l'hôtel, aucune maison, des falaises et la plage de sable noir en contrebas. Ischia est bel et bien une île volcanique et abrite même des sources chaudes, très réputées depuis l'Antiquité. 10 kilomètres de large, des pinèdes, des rochers, des vignes, l'île verte compte 60 000 habitants. Le mont Epomeo à 800 mètres d'altitude se devine dans l'horizon et le volcan s'est tu depuis le 14e siècle ! Il était temps pour nous de se reposer devant la mer et ce ciel, liés par une entente secrète, tissée d'une douceur de vivre, cette dolce vita tellement visible dans ce coin de l'Italie. Des mouettes passaient devant ma terrasse pour me lancer des cris de bienvenue... J'ai remarqué l'absence d'une musique dérangeante que l'on rencontre souvent dans les restaurants et dans les hôtels, un signe de qualité pour cet établissement d'un charme suranné ! Un restaurant nous proposait des plats succulents comme des "spaghettis à la vongole", mon plat préféré en Italie. Une bonne ambiance conviviale régnait dans le personnel et nous avons passé un séjour reposant et relaxant en se baignant dans la piscine désertée ou dans la mer qui avait conservé sa chaleur estivale. Un petit paradis, cette île d'Ischia. Elena Ferrante a choisi ce lieu magique dans sa saga de "L'amie prodigieuse" quand elle évoque les vacances des deux amies. Je comprends maintenant son choix dans ce décor authentique, pas du tout "bling-bling" comme Capri. J'ai apprécié la simplicité, la gentillesse des habitants d'Ischia qui m'ont semblé bien moins agités que sur le continent. Un effet des îles, peut-être. Un effet bénéfique, dû au climat, à la mer, à la présence de la nature et bien sûr au silence environnant ! Comme à Venise, l'eau qui clapote à nos fenêtres apaise l'âme !
mardi 3 octobre 2023
Escapade italienne, Cumes
En suivant l'actualité, j'ai appris que la terre a tremblé près de Naples à deux reprises. Il semble que les habitants de la région de Pouzzoles commencent à s'inquiéter sérieusement de ces incidents pour le moment sans aucune gravité. A Monte di Procida, j'étais sur le flanc d'une caldeira, formée au cours de deux éruptions qui se sont produites dans un espace temps que l'on a du mal à réaliser (- 36 000 ans puis - 14 000 ans). Des phénomènes thermaux témoignent de ce passé volcanique dans les Champs Phlégréens où des fumeroles jaillissent du sol. Il était temps que je quitte ce pays pourtant sublime mais tellement imprévisible. J'ai toujours avoué mon peu de goût pour une vie d'aventurière et et je n'ai pas l'audace d'Haroun Tazieff ! Avant de retourner à l'aéroport de Naples pour remettre la voiture au loueur, je me suis arrêtée à Cumes, à quelques kilomètres de Monte di Procida. Pourquoi me rendre dans ce site archéologique ? J'avais lu des textes sur l'Antre de la Sybille dans l'Enéide de Virgile et je voulais voir de mes yeux ce lieu mythologique depuis l'Antiquité. Ancienne colonie de la Grande-Grèce, fondée au VIIIe siècle av. J.-C., par des Grecs d'Ischia, cette cité commerçante s'est dotée de deux temples dédiés à Zeus et à Apollon, reconvertis plus tard en basiliques paléochrétiennes. En 338, Rome s'empare de la cité. La zone archéologique que j'ai visitée comprend l'acropole, l'ensemble de l'antre dit de la Sybille et des thermes situés en contrebas. Je n'ai rencontré aucun touriste sur ce site pourtant connu mais il faut avouer qu'à part l'Antre de la Sybille, tout n'est qu'amoncellement de ruines au sol et l'on devine seulement l'emplacement des temples. Je suis donc entrée dans la galerie en tuf qui mène à la chambre de la Sybille. La forme étrange en triangle avec des ouvertures latérales donnant sur le ciel et la nature environnante provoque une sensation étrange et j'entendais presque un écho de la voix sibylline. La légende raconte que le dieu Apollon offrit à la prêtresse de réaliser son désir en échange de sa dévotion. Sa demande était de vivre autant d'années que de grains de sable que sa main puisse contenir. Mais son corps fut soumis au vieillissement jusqu'à tomber en poussière et seule, sa voix se faisait entendre dans l'antre. Dans l'Enéide, la Sybille prédit l'avenir à Enée. Après ma découverte de l'Antre, je n'ai pas rencontré cette prêtresse, évanouie depuis plus de 2 000 ans de Cumes et partie rejoindre les dieux de l'Olympe. Cumes était la dernière étape de notre périple en voiture. Direction, Ischia !