J'ai écouté une émission sur France Culture concernant Doris Lessing. Pourquoi Doris Lessing ? Cette écrivaine anglaise à l'œuvre protéiforme m'avait vraiment passionnée à partir des années 70 quand j'avais découvert son "Carnet d'or". J'ai presque tout lu : "Des enfants de la violence" aux "Carnets de Jane Sommers" en passant par ses mémoires, ses nouvelles et ses essais. Seuls, les romans de science-fiction ne m'ont pas attirée. Je connais bien cette grande dame des lettres britanniques, née en 1919 et morte en 2013 à l'âge de 94 ans. Elle a reçu le prix Nobel de Littérature en 2007 pour son talent de "conteuse épique de l'expérience féminine, qui, avec scepticisme, ardeur et une force visionnaire, scrute une civilisation divisée". Sa réputation de femme engagée dans le marxisme, l'anticolonialisme et l'anti-apartheid lui a donné une image de rebelle, d'anticonformiste et de féministe sans qu'elle le revendique. En furetant dans les cabanes à livres, j'ai découvert un livre de poche de Doris Lessing, "L'été avant la nuit" que je n'avais pas lu. Quel plaisir de retrouver la prose de Doris Lessing ! Ces pages n'avaient pas pris une ride et me plongeaient pourtant dans l'univers de ma jeunesse. La condition féminine a pourtant bien changé depuis des décennies avec des conquêtes irréversibles. Pourtant, en suivant les traces de Kate Brown, je me sentais sa contemporaine. A quarante trois ans, Kate a consacré plus de vingt cinq ans à sa famille et à sa maison. Mais, l'été qui vient semble ne plus ressembler aux précédents. Son mari, neurologue de renom, part travailler aux Etats-Unis. Ses quatre enfants quittent le foyer pour leurs études et s'éparpillent pendant leurs vacances. Un cycle se ferme. Comment va-t-elle prendre ce tournant ? La voilà disponible et seule. Un ami de la famille connaissant ses compétences dans les langues lui propose un poste d'interprète pour remplacer un employé absent. Elle se lance dans cette opportunité avec un soulagement certain et elle se révèle très efficace dans les congrès de l'ONU. A Istanbul, elle séduit un jeune américain qui l'embarque dans une virée en Espagne. Mais, son aventure amoureuse se termine mal car le jeune homme tombe gravement malade. Son retour à Londres ne se passe pas comme prévu. L'été se déroule dans une solitude volontaire, ponctuée de rencontres éphémères avec sa colocataire et ses amis. Kate finira par surmonter son angoisse de vieillir, de se sentir délaissée par les siens : "Elle savait à présent, elle se trouvait finalement obligée de le comprendre, que toute sa vie un fluide invisible l'avait soutenue : l'attention des autres. Mais le fluide s'était évaporé". Dans ce roman de l'âge mûr, Doris Lessing raconte le sort des femmes qui ont usé leurs forces au service des autres, de leur mari, de leurs enfants. L'équilibre est rompu quand tout son entourage prend le large... Ce portrait de femme vouée à la "servitude volontaire", publié en 1973, ouvre le grand bal des interrogations sur la soumission millénaire de la condition féminine. Doris Lessing, Simone de Beauvoir, un air de famille, tout de même... Deux écrivaines intellectuelles dans le bon sens du terme qui posent les jalons d'un féminisme humaniste et universaliste.
des critiques de livres, des romans, des moments de lectures, des idées de lecture, lecture-partage, lecture-rencontre, lectures
jeudi 14 janvier 2021
mercredi 13 janvier 2021
La Meilleure Série de 2020
Je regarde avec plaisir des séries de qualité surtout anglaises, scandinaves, italiennes, espagnoles et même françaises... Mais dans ce maquis audiovisuel qui est devenu un marché exponentiel, il existe aussi de vrais navets, des objets vulgaires comme on en trouve encore au cinéma. Dans ce labytrinthe d'images spectaculaires, des personnages grotesques apparaissent à l'écran comme des vampires, des zombies, des hurluberlus, des héros caricaturaux, des femmes fatales avec une exploitation des bas instincts (sexe et violence). Il faut passer son chemin devant cette production commerciale. Je ne regarde souvent que les bonnes séries d'Arte, de la BBC, de Canal Plus et j'ai bien repéré les sites qui diffusent de bonnes séries avec les qualités visuelles authentiques, un scénario crédible, un arrière-plan historique, des personnages solides et profonds et une intrigue intelligente. Je pourrai citer quelques titres à voir : "The Crown", "Vikings", "Baron noir", Le Bureau des Légendes", "You", "L'amie prodigieuse", "Unorthodox", "Homeland', "The Affair", "Les Sauvages", "Borgen", etc. Mais, dans toutes les séries de l'année dernière, "Patria", diffusée sur Canal Plus, m'a particulièrement intéressée. Produite par HBO Europe, elle est basée sur le roman du même nom de Fernando Aramburu, publié chez Actes Sud. Créée et écrite par Aitor Gabilondo, les huit épisodes racontent l'histoire de deux femmes : Bitorri et Mirren emportées par la tragédie basque. L'ETA, l'organisation séparatiste basque, dépose les armes en 2011 après des décennies de conflit : plus de huit cents morts par attentats aveugles et horribles. A travers deux familles déchirées par ces années de violence, la série développe le conflit entre deux amies. Bitorri, veuve d'un entrepreneur assassiné par un commando de l'ETA, revient dans son village qu'elle avait quitté après la mort de son mari. Il avait refusé de payer les pots-de-vin exigés par les terroristes. Mirren appartient à la mouvance des Basques en lutte et un de ses fils a rejoint les rangs de l'armée clandestine. L'obsession de Bittori s'épuise sur la question suivante : qui a tué son mari ? Est-ce le fils de Mirren ? Le récit fictionnel navigue entre le présent des deux familles et le passé du drame insupportable. D'un côté la force tranquille des Basques traditionnels, de l'autre, des militants fanatisés par leur cause politique. Ces "gudaris" de l'ombre étaient soutenus par une large population surtout au Pays Basque espagnol qui les considérait comme des héros. Bittori va enquêter dans le village pour enfin découvrir la vérité. Cette série révèle des êtres magnifiques de dignité, de bonté et de résilience. J'ai beaucoup aimé "Patria" et je lirai le roman de Fernando Aramburu, traduit dans une quinzaine de langues et vendu à plus de 600 000 exemplaires. J'ai vécu cette période intense à Bayonne quand j'étais libraire et tout ce passé sensible m'est revenu à la mémoire comme une piqûre de rappel. Cette époque de terrorisme basque a traumatisé de nombreuses générations et reste encore une écharde douloureuse dans l'identité des basques. Ce livre doublé d'une série a fait naître un débat en Espagne où le radicalisme dans les luttes politiques pose un problème universel. Quand la littérature s'adapte aux séries, la qualité est souvent invitée dans la réalisation télévisuelle. Emotion garantie devant cette "poignante galerie de personnages fracassés" et un éternel retour où la question du terrorisme est toujours d'actualité.
mardi 12 janvier 2021
"East Village Blues"
Chantal Thomas, écrivaine discrète et élégante, s'est souvenue de New York dans les années 70. Elle ne cesse d'exploiter et d'explorer à notre grand bonheur sa mémoire comme un champ fertile en émotions, sensations, pulsations. Ce texte, paru en 2019, est sorti dans le Livre de Poche que j'ai emporté dans mon sac. Je l'ai lu dans l'avion qui me menait à Biarritz et je retrouvais dans ces mots la même apesanteur, la même légèreté d'être. Suspendue dans les airs comme dans les mots de Chantal Thomas. Je connais sa passion des cafés mythiques, des voyages atypiques, des histoires décalées. Elle a aussi évoqué la liberté, la souffrance, Casanova, Sade, etc. Son récit magnifique, "Souvenirs de la marée basse", racontait sa mère, son éternelle fuite dans la natation et sa fugue parentale. Dans "East Village Blues", la narratrice entame "une méditation sur le temps perdu et sur la manière dont on est constitué par ce temps perdu". Elle n'exprime aucune nostalgie sur ces années 70, années de sa jeunesse vagabonde où elle part à la découverte de cette cité tentaculaire. Elle loge chez une amie d'amie, Cynthia, qui l'introduit dans les milieux féministes et dans les fêtes spectaculaires qui se déroulaient dans les appartements. Cette époque festive reflète une certaine attitude dans la vie, composée de désinvolture, de libertinage, où l'alcool et la drogue stimulaient l'art, la création littéraire, la poésie, le militantisme politique. Des spectres célèbres traversent le récit comme Andy Warhol, Kerouac, Ginsberg, Burroughs. Des anecdotes sulfureuses tapissent en catimini ce texte d'atmosphère. Chantal Thomas utilise son style feutré, coulant, rêveur pour nous plonger dans un monde disparu mais pourtant retenu dans les filets d'une mémoire impressionniste. Quand elle revient dans ce quartier en 2017, les traces de toute cette vie d'artistes marginaux se révèlent sur quelques graffitis comme à Pompéi... Les bars, les fêtes, les peurs, les amours, tout est décrit avec une intensité qui provoque, malgré tout, une nostalgie douce et mélancolique. Cette époque des années 70 à New York n'est jamais aussi bien décrite que par une jeune étudiante venue de France pour découvrir un monde américain audacieux, avant-gardiste et libertaire. Un ouvrage indispensable pour les amoureux de New York, de la contre-culture et d'une certaine folie urbaine.
lundi 11 janvier 2021
"Les Fantômes du vieux pays"
Nathan Hill, écrivain américain, né en 1975, a écrit un premier roman, "Les Fantômes du vieux pays" en 2017, publié chez Gallimard dans la collection "Du Monde entier". Ces 670 pages marqueront la littérature américaine du XXIe siècle. Dès que je l'ai ouvert, je ne l'ai plus lâché. Le personnage central se nomme Samuel Anderson, jeune écrivain et professeur d'anglais à l'Université de Chicago. Il passe à côté d'un fait divers : le gouverneur Packer, candidat à la présidentielle, a été agressé en public. Son assaillante, Faye Andresen-Anderson, est surnommée par les médias la Calamaty Packer. En fait, ce professeur était trop occupé à jouer en ligne dans le "Monde d'Elfscape". L'emprise des jeux vidéo est vraiment un des meilleurs thèmes du livre tellement cette vie virtuelle envahit l'imaginaire du personnage central. La vie virtuelle semble prendre le dessus. Faye n'est autre que sa mère qui a abandonné Samuel à l'âge de onze ans. L'éditeur de Samuel le menace de le poursuivre en justice s'il ne termine pas le roman qu'il a promis. En désespoir de cause, Samuel saisit l'incident de sa mère qu'il a enfin reconnue pour raconter la vie mystérieuse de cette femme rebelle. Nathan Hill s'empare ainsi d'un personnage féminin qui traverse l'Histoire américaine de 1968 à 2004. Faye a rencontré le père de Samuel quand elle était très jeune. Elle a connu la période hippie, les mouvements radicaux de l'époque quand elle suivait ses études à Chicago. L'écrivain impose un rythme de lecture haletant entre ces années 60 et les années 2000 avec une temporalité très dynamique. Ainsi, Samuel se retrouve accusé de harcèlement par une étudiante à qui il reprochait un plagiat dans un devoir. Il accepte aussi de rencontrer un joueur pour évoquer ses mésaventures familiales et professionnelles qui va l'aider à comprendre les origines du chaos familial. Il se souvient encore de la phrase que sa mère lui a susurrée en le quittant, vingt cinq ans avant : "Les choses que tu aimes le plus sont celles qui un jour te feront le plus de mal". Le jeune homme va finir par retrouver cette mère fugueuse et après toutes ces années perdues, comment vont-ils renouer un dialogue ? Ce roman magnifique brosse un portrait de l'Amérique d'aujourd'hui tout en puisant l'inspiration dans un passé turbulent et fondateur de la modernité. Samuel mène son enquête sur les raisons de son abandon, sur un grand-père mutique d'origine norvégienne, privé de sa mémoire. Qui était sa mère ? Que cache-t-elle comme secrets ? Va-t-elle lui dire la vérité ? Je ne donnerai aucune autre indication car cette fresque américaine constitue de belles heures de lecture pour découvrir la complexité de ce pays, des personnages, de l'histoire sociale. Et en prime, un humour féroce, une lucidité revigorante, une puissance imaginative formidable. Un premier roman remarquable,... J'attends son second avec beaucoup de curiosité
vendredi 8 janvier 2021
Les livres, des cadeaux essentiels
Quel plaisir de pénétrer dans sa librairie préférée ! Je me souviens des trois mois de fermeture au printemps, à l'automne et de ma nostalgie de ne plus feuilleter les livres sur les tables. Avant un troisième confinement qui nous menace en fin janvier avec le nombre quotidien des contaminés, j'ai profité de soutenir ma librairie chambérienne préférée : Garin. Je vais régulièrement aussi chez Decître pour leur fonds important. Ce mardi, la rentrée littéraire de l'hiver bat son plein. J'aime cette période de l'année qui apporte son lot de belles surprises. Ainsi, je n'ai pas résisté à un inédit de Julien Gracq, "Nœuds de vie". Cet écrivain peu lu est pourtant l'un des plus grands prosateurs du XXe siècle. J'ai ouvert un récit autobiographique de Robert Bober, "Par instants, la vie n'est pas sûre", publié chez POL. Il m'a suffi de l'ouvrir et de lire ceci : "Oui, les souvenirs, il faudrait pouvoir leur parler. Ils doivent tout savoir de nos regrets, de nos remords". Je ne pas longtemps résisté à acquérir le dernier Chantal Thomas, "De sable et de neige" où l'autrice écrit : "L'insaisissable m'a donné la clef du monde". Ce dernier récit décrit l'art de vivre l'instant. Une splendide fresque pour célébrer la beauté des choses et la puissance de leur silence, lit-on dans la quatrième de couverture. J'avais commandé chez Garin via le site, "Chezmonlibraire.fr", deux livres d'art qui marquent toujours la tradition de Noël, offerts par mes proches. Cette année, j'ai choisi un ouvrage sur "Giorgio de Chirico et la peinture métaphysique", publié chez Hazan. Comme j'avais vu l'exposition au Musée de l'Orangerie en fin septembre à Paris, je voulais garder une trace de ma visite. Ce peintre italien me fascine avec ses toiles mystérieuses, avec ses références constantes de l'Antiquité, ses personnages sans visage, sa vision d'une architecture sans présence humaine. Chaque toile pose un point d'interrogation et l'aspect métaphysique de sa peinture est bien expliqué dans ce livre d'art. Le deuxième livre cadeau a tout de suite attiré mon attention : "Ruines, une histoire universelle, des origines aux Lumières", d'Alain Schnapp, publié au Seuil. L'historien s'appuie sur des sources archéologiques magnifiquement illustrées. Œuvre d'une vie, ce livre essentiel pour les amateurs d'archéologie évoque toutes les civilisations disparues, englouties par le Temps mais seules, leurs ruines témoignent de leur existence. Recevoir des livres ou les offrir en toutes occasions, du premier janvier au 31 décembre, voilà un objectif à réaliser qui rend manifestement heureux surtout dans ce présent anxiogène où le virus rôde toujours autour de nous. Les livres peuvent servir de rempart face à cet ennemi sournois et fatal...
jeudi 7 janvier 2021
Retour aux Classiques
Cette année, j'ai ressenti l'envie de retourner vers les classiques. Evidemment, je lis en majorité des nouveautés dans tous les domaines en particulier dans la littérature française et étrangère. Plus j'avance en "âge", plus je me dis qu'il faut relire des romans ou des essais que j'avais beaucoup aimés. Cette urgence m'est apparue ces derniers temps et j'organise mes lectures pour intégrer ces classiques. Ainsi, en 2020, j'ai relu Jean Giono : "Jean Le Bleu", "Colline", "Un de Baumugnes", "Pour saluer Melville". J'ai savouré son style imagé, charnel, sensible, poétique. Et je suis même partie à Manosque pour visiter sa maison de famille. Je l'imaginais derrière son bureau avec sa pipe, ses dictionnaires, son encrier et son cahier. Le silence régnait dans cette pièce où son imaginaire fabuleux lui dictait ses histoires universelles. Un Homère français : quelle chance de le lire dans notre langue ! Evidemment, je relis Albert Camus tous les ans. Cette année, "La peste", un conte moral ultra contemporain, un récit hallucinant sur la contagion comme on le vit encore aujourd'hui. J'ai aussi redécouvert "La Chute", un des meilleurs romans d'Albert Camus. Je me donne aussi rendez-vous avec notre plus grand écrivain vivant : Milan Kundera. Son roman, "L'Ignorance" m'a encore surprise par son intensité : que veut dire revenir dans son pays alors que tout a changé ? En le relisant, j'ai encore mieux compris son univers si complexe. J'ai aussi fait un tour chez Georges Perec et son "Espèces d'espaces", formidable récit oulipien et facétieux. En visitant la galerie Gallimard à Paris sur quelques écrivaines françaises, j'ai réouvert "Le Ravissement de Lol V. Stein" de Marguerite Duras. Un roman fascinant d'une modernité prémonitoire sur une femme étrange et étrangère à elle-même. J'ai aussi découvert les récits poignants de Charlotte Delbo qui relate son expérience des camps de concentration. Un écrivain que j'avais lu dans ma jeunesse est réapparu dans mes lectures : Henry James et son "Portrait de femme", un roman dense, proustien, psychologique sur l'effacement d'une héroïne et son renoncement à vivre par elle-même. Quels sont les écrivains classiques et contemporains qui vont m'accompagner en 2021 : Certainement Marguerite Yourcenar, Julien Gracq, Annie Ernaux, Virginia Woolf... Je devrais disposer de plusieurs vies pour m'adonner à cette passion : la littérature !
mercredi 6 janvier 2021
Mes 10 récits préférés de l'année
Je continue le bilan de mes lectures en proposant une liste des 10 récits qui m'ont le plus marquée en 2020. Très longtemps, je lisais presque exclusivement des romans et peu de documentaires. Et maintenant, je porte une attention plus intense envers les livres "non-fictionnels". Ma curiosité envers la philosophie, l'Histoire, la sociologie, les voyages, la critique littéraire me pousse à lire ou à relire des ouvrages documentaires dans des domaines divers. Je consacre au minimum une à deux heures par jour pour ouvrir un de ces essais vivifiants pour ma vie intellectuelle. J'ai donc lu une vingtaine de documents et j'ai particulièrement apprécié ceux qui figurent dans la liste suivante :
- "Le Consentement" de Vanessa Springora : l'emprise d'un écrivain sulfureux sur la narratrice quand elle était adolescente. Un récit autobiographique sincère, utile, courageux pour dénoncer les prédateurs sexuels.
- "Hors de moi" de Claire Marin : un récit personnel, sensible d'une philosophe sur sa maladie auto-immune. L'auteur de "Ruptures" parle d'une catastrophe intime douloureuse sans pathos et avec une stoïcisme admirable.
- "Café Vivre" de Chantal Thomas : un éloge des bars, des cafés, des rencontres, de l'art de vivre à la française. En période de confinement, un manque cruel de tous ces lieux conviviaux et chaleureux. Le charme de Chantal Thomas.
- "Ci-gît l'amer" de Cynthia Fleury : un ouvrage clair, précis, fondamental sur le sentiment du ressentiment, sur l'amertume d'être avec l'espoir d'effacer cet effondrement psychique qui empêche de vivre. Une philosophe psychanalyste passionnante à lire.
- "Le bonheur, sa dent douce à la mort" de Barbara Cassin : une autobiographie intellectuelle originale. Un hommage à son compagnon, des rencontres, une vie audacieuse, iconoclaste.
- "La Voyageuse de nuit" de Laure Adler : un voyage autour du vieillir, de l'âge mûr, de ce temps libre et libéré, un essai personnel mais aussi sociologique, culturel. Une Laure Adler en pleine forme et fière de ses 70 ans. Une lecture euphorique.
- "La joie est plus profonde que la tristesse" de Clément Rosset : un philosophe contemporain incontournable, malicieux et profond, compréhensible et empathique.
- "La vie ordinaire" d'Adèle Van Reeth : un essai sur la notion de vie ordinaire pour une journaliste de France Culture, animatrice des Chemins de la Philosophie. Elle se dévoile sans fard et évoque sa maternité au sein d'une famille recomposée.
- "De la forme du monde" de Belinda Cannone : une façon d'habiter le monde poétiquement en arpentant la montagne. Un récit jubilatoire sur la beauté du monde.
- "La leçon de ténèbres" de Léonor de Recondo : un récit halluciné sur le peintre El Greco dans un musée de Tolède.
Voilà les 10 récits les plus marquants dans ma vie de lectrice en 2020. L'année 2021 va-t-elle me réserver de belles découvertes ? Certainement !