mercredi 26 décembre 2012

Séries, bilan 2012

J'avoue que je suis une "fan" (bizarre pour mon âge...) des séries que je regarde le soir. Les programmes télévisuels ne m'intéressent pas beaucoup et je préfère enregistrer les émissions culturelles que je vois quand j'en ai envie. Je m'adonne à la lecture au minimum deux à quatre heures par jour, étant à la retraite. Le soir, j'aime me détendre grâce aux séries, ces sacrées séries européennes et américaines, qui ont le mérite de vous tenir en haleine grâce aux nombreux épisodes qui se suivent en donnant l'impression que l'histoire ne s'arrêtera jamais. Je préfère aller au cinéma pour les films, mais j'aime m'installer dans mon canapé pour voir les séries. Le cinéma, c'est un usage culturel du "dehors" parfois exigeant, sans concession. La série, c'est un usage domestique confortable, facile, délassant. En cette fin d'année 2012, je tiens à faire un bilan des meilleures séries que j'ai visionnées :
1. Homeland, sur l'ambiguïté du personnage principal, héros ou traître,
2. Prison Break, palpitant sur le milieu carcéral, la noirceur des personnages,
3. Fringe, du fantastique intelligent, sur le thème de la dimension du temps, deux univers parallèles,
4. Boardwalk Empire, les années 20 de la Prohibition aux USA, le mal en toute bonne conscience,
5. Damages, à voir pour la sublime Glenn Close, des affaires juridiques passionnantes à suivre,
6. The Killing, une série policière qui nous vient du Danemark avec un personnage féminin attachant,
7. Borgen, la deuxième série danoise de l'année, beau portrait d'une femme politique,
8. Engrenages, enfin une série française, intéressante avec une femme capitaine, à la tête de son équipe,
9. Dexter, sacré personnage, sérial killer gentil dans sa vie diurne, horrible dans ses sorties nocturnes,
10. Desperate Housewives, la série culte des années 2000, l'amitié féminine solidaire, fin de partie.
Je ne donnerai pas le nombre de saisons pour chaque série citée, mais la méthode employée pour les regarder se résume en deux gestes : achat et revente sur Internet ou emprunt à la médiathèque. Je les consomme comme un bon vin léger, fruité, qui ne se conserve pas. Séries détente, soirées détente...

lundi 24 décembre 2012

"La vérité sur l'Affaire Harry Quebert"

Ce roman d'un jeune écrivain suisse, Joël Dicker, a été primé doublement. Il a reçu le prix du roman de l'Académie française et le prix Goncourt des Lycéens. Publié aux Editions de Fallois et l'Age d'homme, ce best-seller nous embarque dans un thriller réussi tout au long de ses 663 pages. Je le conseille comme un bon roman très distrayant, de bonne facture classique malgré un style un peu trop conventionnel. L'histoire se déroule aux Etats Unis, dans une petite ville du New Hampshire en 2008. Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est en panne d'écriture. Son éditeur le talonne pour un nouveau manuscrit. En fait, il va commencer à raconter la vie d'Harry Quebert, son professeur de littérature et son mentor à l'université. Harry Quebert est incarcéré car la police a retrouvé le corps d'une jeune fille de 15 ans, Nola Kellergan, dans le jardin de la maison où il vit. Nola avait disparu en 1975. Qui a tué cette jeune fille ? Harry Quebert est donc le premier témoin à charge car il a vécu un histoire d'amour fusionnelle avec Nola. Cet amour entre l'écrivain, âgé de 35 ans à l'époque et Nola, âgée de 15 ans, ne peut pas se réaliser à cause de la différence d'âge. Marcus Goldman décrit cette relation interdite et développe dans son roman une réflexion sur la création littéraire. Il va aussi démêler des histoires anciennes de jalousie, d'amour, d'amitié autour de personnages qui gravitaient dans l'entourage de Nola. Joël Dicker manie l'art du rebondissement, des faux-semblants et des mensonges. Il mène son lecteur(trice) sur de mauvaises pistes, le persuade même que l'amoureux Harry aurait pu tuer la jeune Nola. Je ne veux pas en dire plus sur ce bon roman très remarqué de la rentrée. Il a été aussi choisi par la revue Lire comme le meilleur roman français de l'année... Une lecture distrayante, bien construite, à la fois romanesque et policière. Et quand les personnages principaux sont des écrivains en panne d'inspiration, l'humour n'est pas loin...

vendredi 21 décembre 2012

"Le fils perdu"

Je connaissais Olivier Barrot, le Monsieur Livre de la télévision avec ses émissions courtes et efficaces, "Un livre un jour" et "Un livre toujours". J'ai donc lu par hasard son dernier ouvrage, "Le fils perdu", témoignage intéressant sur son père "biologique" et surtout sur ses "pères spirituels". Il raconte son itinéraire d'enfant que les parents ont très tôt initié à la lecture et à la vie intellectuelle parisienne. Le théâtre, le cinéma, la fréquentation des librairies nourrissent à satiété Olivier Barrot, dévoreur de papier. Il dresse quelques portraits de grands "passeurs" de culture : Jean Vilar, Jorge Semprun, Jean-Pierre Vernant, Jean d'Ormesson, Rossellini, François Truffaut, etc. Ce récit témoigne d'une vie culturelle intense et passionnante et le portrait de Jorge Semprun m'a particulièrement touchée. Olivier le dépeint comme un père spirituel. Olivier Barrot est un "homme habité par les livres" dit un de ses amis et ce témoignage autobiographique est aussi un bel hommage à tous ceux qui aiment la littérature et la culture. La télévision publique peut de temps en temps favoriser ce goût particulier et intime pour l'écriture et la lecture...

mardi 18 décembre 2012

Atelier d'écriture

Dans ce dernier atelier de l'année 2012, nous étions un tout petit groupe de quatre avec l'animatrice Marie-Christine. Evidemment, les vacances approchent et les têtes sont peut-être accaparées par d'autres enjeux... Nous avons écrit sur le thème de la neige, en s'appuyant sur un texte de Maxence Fermine, "Neige". Voilà mon texte avec deux contraintes : la phrase de démarrage et la dernière phrase. "Chaque jour, je prends l'habitude de sortir très tôt de la maison. Il avait neigé à foison pendant la nuit. Le jardin dormait sous cette neige fraîche, froide et me rendait frileuse. Je me couvris chaudement pour éviter la glaciation de mon corps. Il faisait à peine jour mais je découvris les arbres nus, sculptés dans le ciel avec une nouvelle peau blanche et épaisse. Aucun bruit dans le quartier, le silence complet, un silence ouaté, un silence de fin du monde. Chacun dans sa chaumière pour observer les milliards de flocons qui tombaient d'une autre planète, peut-être. Je m'avançais sur la neige craquante en évitant d'abîmer le manteau blanc, immaculé, profond et immobile. J'étais seule, figée par cette pluie floconneuse et légère. Générosité de la neige, silence du temps, présence invisible de la Nature qui s'affole, tempête, recouvre, efface les traces sales de la veille, cache les imperfections du paysage, oblige les animaux et les humains à se blottir dans leur tanière, explose de rire devant sa conquête. "Moi, la neige, je prends possession des lieux, je prends mes aises. Tant pis pour vos vélos, vos autos, votre travail, vos affaires pressantes. Je vous paralyse, je vous cerne et vous enferme. Je vous livre à la contemplation et à la méditation. Prenez le temps de me goûter, de me palper, de me caresser : je suis blanche, crémeuse, salée, croquante, un vrai repas de Noël !"  J'entendais ce message, je lui donnais raison. Enfin, un peu de paix et de sérénité dans ce monde fiévreux. J'arpentais les ruelles de mon quartier et croisais les sempiternelles sentinelles, propriétaires de chiens qui ne renoncent jamais à l'appel de l'extérieur malgré le froid, le brouillard, la pluie et la neige. J'avais l'impression que le blanc me portait, m'allégeait, me donnait des ailes. Faut-il saisir quelques flocons pour communier avec elle et rendre le monde plus beau et plus juste ? Mais, la neige avait cessé de tomber. Je rentrais pour la cérémonie du thé."

lundi 17 décembre 2012

"Bouche cousue"

J'ai remarqué dans un rayonnage de la bibliothèque municipale un livre de Mazarine Pingeot, "Bouche cousue" que je n'avais pas lu lors de sa sortie en 2005. Nous avons évoqué dans le club de lecture son dernier ouvrage "Un bon petit soldat" et j'avais réagi un peu négativement sur la personnalité de Mazarine, enfant-symbole d'une certaine façon de vivre dans les années 80. Cette façon de vivre, je l'ai qualifiée de "dissimulatrice". François Mitterrand, Président de la République, menait une double vie : l'officielle avec sa femme légitime et la clandestine avec la mère de Mazarine. Après avoir découvert son récit autobiographique, j'ai mieux compris la vie "secrète" de Mazarine, le problème de son identité dissimulée, le manque d'un père souvent absent mais omniprésent. Les années 80 forment le cadre historique et sociologique de cette France, passée à gauche, et porteuse d'espérance. Cette petite fille si secrète dans la vie de Mitterrand vivra cette "imposture" avec une certaine candeur mais elle comprendra, quand elle commencera à grandir, le poids de ce secret "d'état". Mazarine possède un vrai talent d'écrivaine dans ses souvenirs d'enfance et de jeunesse. J'avoue que j'aimais beaucoup le côté littéraire de ce Président qui lisait beaucoup, pour qui les livres détenaient une magie certaine. Mazarine nous raconte tous ces moments d'intimité de son père qui se retirait dans la solitude pour se plonger dans ses chers ouvrages. Ce livre constitue un témoignage assez émouvant sur les années-vintage "mitterrandiennes". En ce temps-là, pas de téléphone portable à la main d'un président, mais un livre... Mazarine va attendre un enfant et elle lui raconte dans ce journal, sa vie d'enfant caché, son drôle de grand-père, et une renaissance enfin apaisée.

vendredi 14 décembre 2012

"Tabou"

Ce film portugais, réalisé par Michel Gomes, m'a quelque peu décontenancée. Les critiques de Télérama, des Inrocks, du Monde et d'autres revues recommandaient fortement ce film comme un pur chef d'œuvre. Peut-être ne suis-je pas assez cinéphile dans l'âme mais j'avoue que je l'ai trouvé un peu ennuyeux et trop long (2h). Je n'ai pas trop reconnu Lisbonne et la ville filmée ressemble à une métropole moderne sans charme. Pourtant, le début du film avait capté mon attention : l'histoire de cette dame âgée, malade, agitée et frondeuse (elle joue au casino et perd beaucoup d'argent) était intéressante. Sa solitude flagrante était atténuée par la présence d'une dame de compagnie capverdienne d'une infinie patience et d'une bonté rare. La voisine, seule aussi, prend soin de la vieille dame "indigne". Au moment de mourir, elle donne le nom d'un homme. Et là, le film bascule dans la relation romanesque d'un amour interdit entre la femme en question et son amant dans une Afrique des années 50... J'ai regardé la deuxième partie en éprouvant un doute sur cette partie. Encore un hommage aux films muets et en noir et blanc. Cet engouement pour le cinéma "primitif" comme on dit des arts primitifs m'a laissée songeuse. Et l'Afrique coloniale est une réalité tellement fantasmée qu'elle en devient paradisiaque. La fuite du couple finit dans le mélodrame avec un meurtre gratuit. Moralité : attention aux critiques dithyrambiques de la presse !

jeudi 13 décembre 2012

Club de lecture, suite

Comme prévu, je vais essayer de résumer la seconde partie de la séance concernant les livres tirés au sort. Danièle a donc lu "Samedi" de Ian Mc Ewan, un chef d'oeuvre pour moi et je craignais qu'elle relativise mon enthousiasme pour ce roman anglais qui brasse à merveille destins individuels et collectif, portrait d'une société "malade" de violence et portrait d'une famille déstabilisée par des événements où tout bascule. Soulagement de ma part, Danièle a vraiment apprécié ce grand livre qui circulera dans le club. Sylvie a tiré au sort "Le silence de la mer" de Vercors et elle l'a trouvé magnifique... La rencontre entre un officier allemand très cultivé et une jeune française mutique n'a pas pris une ride. François a évoqué avec conviction le livre de Jorge Semprun, "L'écriture ou la vie", autobiographie intellectuelle de cet écrivain incontournable, dont la vie est un destin accompli avec une traversée palpitante et courageuse du XXème siècle.  Genevièvre a lu Zweig,  qu'elle a trouvé un peu suranné avec des personnages décalés. Elle a préfére "Le liseur" de Schlink qui aborde le thème des camps de concentration à travers la rencontre d'un lycéen et d'une femme au passé plus que lourd. Elle nous a conseillé de le lire. Nicole a tiré au sort le livre de Philip Roth, "Un homme",  très difficile à lire tellement il parle d'échecs, de maladies, de pertes. A lire en se "blindant" le moral. Je ne mentionne pas les déceptions et les avis mitigés sur certains titres faisant partie de la sélection. Le club de lecture sert à susciter l'envie de lire, de découvrir, de connaître des écrivains, des romans, des essais, des poésies dans une ambiance amicale et conviviale.. Nous nous retrouverons le mardi 15 janvier 2013 pour la quatrième fois et la première de la nouvelle annéé. Une année que j'espère riche en... lectures passionnantes !