Le livre que j'ai choisi présente pour moi deux intérêts : Albert Camus en est l'auteur, et René Char a composé une post-face pour son ami. Je dois mentionner aussi les très belles photos en noir et blanc d'Henriette Grindat sur le beau pays de Sorgue. La première édition date de 1965, la mienne date de 1986. Albert Camus écrit dans ce livre des textes brefs, poétiques et quand j'ai lu pour la première fois "La postérité du soleil", j'ai confondu cette prose incandescente avec celle de Char. Quelques extraits :
"Dans la jeune lumière l'hiver sera sec.
Sur les terres du soleil, août éteint les couleurs, mais le froid resplendit, le ciel est bleu de neige. Etés noirs, hivers d'or, la vraie force a deux visages."
"Le matin est radieux ; la lumière pique; renonce à ta visite. Ils peuvent attendre, et non ta joie."
"Le pire, le seul malheur, est l'ennui, quand tout le ciel est dans les flaques."
"D'autres après nous encore recevront sur cette terre le premier soleil, se battront, apprendront l'amour et la mort, consentiront à l'énigme et reviendront chez eux en inconnus. Le don de vie est adorable".
Les photos belles et naturelles rendent hommage à ce pays du Lubéron et épousent merveilleusement les textes de Camus. "Ombre et lumière", les deux faces de Camus selon son biographe Roger Grenier. Je retrouve dans ce beau livre d'art le côté solaire de Camus sans oublier sa part d'ombre...
En décrivant les ouvrages essentiels de ma bibliothèque, j'en profite pour relire mes "livres-veilleurs", mes sentinelles, mes éveilleurs de vie... Il faut toujours revenir à Camus, qui a provoqué dans ma jeunesse un amour profond des mots, des idées, de la littérature, en fait...
des critiques de livres, des romans, des moments de lectures, des idées de lecture, lecture-partage, lecture-rencontre, lectures
mardi 30 août 2011
lundi 29 août 2011
"D'acier"
Silvia Avallone a écrit un roman social dans une petite ville côtière et industrielle de l'Italie. Le titre du livre bref, tranchant et brutal, "D'acier" nous place d'emblée dans une atmosphère teintée de désespoir, d'inquiétude et de misère sociale. La trajectoire de deux familles ouvrières, liées à l'entreprise de Piombino, la "Lucchini" qui fabrique de l'acier, forme la trame du livre. Dans ce magma sans espoir, deux adolescentes vont se créer un monde à part, un monde secret d'amitié amoureuse. Anna, la bonne élève, va pourtant trahir son amie Francesca en nouant une relation avec un copain de son frère Arturo. Cette liaison mettra leur complicité entre parenthèses... Autour de cette histoire vibrante, Silvia Avallone nous décrit avec une empathie certaine, le sort "difficulteux" de tous ces garçons prisonniers de l'acier, de l'usine et sans espoir de faire "mieux"... La drogue, l'alcool, les boîtes, font partie de leur vie pour supporter ce destin mesquin... La relation des deux adolescentes, seule, va donner à ce roman "naturaliste", un espoir d'une vie meilleure, symbolisée par la vision rêveuse de l'île d'Elbe. Ce monde abîmé par la misère montre les faiblesses des femmes trop souvent humiliées, la violence des maris, les adolescents sans avenir, des fragments de vie gâchée... Malgré le soleil et la mer, l'écrivain a voulu nous montrer le "malaise" social d'une Italie annonçant la dérive "berlusconienne". Seule, l'amitié passionnelle de Francesca et d'Anna illumine ce roman, si âpre et si vraie...
vendredi 26 août 2011
Rentrée littéraire, suite
J'ai donc remarqué des noms d'écrivains en recoupant les avis des critiques. dans ma liste de mes futures lectures automnales, je retiens cinq romans français :
- Emmanuel Carrère, "Limonov", que certains considèrent comme un événement littéraire,
- Eric Reinhardt, "Le système Victoria"
- Véronique Ovaldé, "Des vies d'oiseaux",
- Delphine de Vigan, "Rien ne s'oppose à la nuit",
- David Foenkinos, "Les souvenirs".
Du côté étranger, voici ma liste :
- Jonathan Franzen, "Freedom",
- Haruki Murakami, "1Q84", tomes 1 et 2
- David Grossman, "Une femme fuyant l'annonce"
- Laura Kasischke, "Les revenants"
- Joseph O'Connor, "Muse".
Voilà ma petite sélection des dix romans que je vais lire dans les semaines qui viennent...
En lisant le JDD de ce dimanche, Marie-Laure Delorme signe un article "La vie secrète des livres" en nous conseillant certains livres cités dans ma liste. Elle nous annonce la sortie d'un essai de Mona Ozouf, "La Cause des livres" qui va paraître le 6 octobre et je ne résiste pas à vous offrir l'extrait concernant cet ouvrage qui me semble déjà passionnant à lire : "La littérature sur la chaîne usée des destinées humaines, n'en finit pas de broder de nouveaux festons. Elle accorde aux hommes le droit d'être doubles. Elle multiplie les transfuges, les convertis, les renégats. Elle a un faible pour les trajectoires qui brusquement dévient, pour les sentiments qui divaguent. Elle fait sa part au mystère. Elle illustre la profusion d'un univers que nous ne percevons bien, selon le grand liseur qu'était Jaurès, qu'à travers des livres capables de démultiplier nos vies étroites". Rendez-vous le 6 octobre en librairie pour cet essai si parlant pour moi pour "La cause des livres". Mon blog existe pour servir cette Cause, cette noble et belle Cause des livres !
- Emmanuel Carrère, "Limonov", que certains considèrent comme un événement littéraire,
- Eric Reinhardt, "Le système Victoria"
- Véronique Ovaldé, "Des vies d'oiseaux",
- Delphine de Vigan, "Rien ne s'oppose à la nuit",
- David Foenkinos, "Les souvenirs".
Du côté étranger, voici ma liste :
- Jonathan Franzen, "Freedom",
- Haruki Murakami, "1Q84", tomes 1 et 2
- David Grossman, "Une femme fuyant l'annonce"
- Laura Kasischke, "Les revenants"
- Joseph O'Connor, "Muse".
Voilà ma petite sélection des dix romans que je vais lire dans les semaines qui viennent...
En lisant le JDD de ce dimanche, Marie-Laure Delorme signe un article "La vie secrète des livres" en nous conseillant certains livres cités dans ma liste. Elle nous annonce la sortie d'un essai de Mona Ozouf, "La Cause des livres" qui va paraître le 6 octobre et je ne résiste pas à vous offrir l'extrait concernant cet ouvrage qui me semble déjà passionnant à lire : "La littérature sur la chaîne usée des destinées humaines, n'en finit pas de broder de nouveaux festons. Elle accorde aux hommes le droit d'être doubles. Elle multiplie les transfuges, les convertis, les renégats. Elle a un faible pour les trajectoires qui brusquement dévient, pour les sentiments qui divaguent. Elle fait sa part au mystère. Elle illustre la profusion d'un univers que nous ne percevons bien, selon le grand liseur qu'était Jaurès, qu'à travers des livres capables de démultiplier nos vies étroites". Rendez-vous le 6 octobre en librairie pour cet essai si parlant pour moi pour "La cause des livres". Mon blog existe pour servir cette Cause, cette noble et belle Cause des livres !
jeudi 25 août 2011
Rentrée littéraire 2011
Plus de 650 romans vont paraître à la rentrée dont une petite soixantaine de premiers romans... Vertige du chiffre, vertige du lecteur ou lectrice lambda qui se demande comment choisir les meilleurs d'entre eux. Je connais la réponse : il faut passer par le choix des meilleurs livres de la rentrée littéraire dans la presse. Du magazine spécialisé au magazine généraliste, on trouve des papiers sur ce rite de la fin d'août. Le magazine "Lire" propose son très passionnant cahier habituel sur les romans remarqués par les libraires. Le Magazine littéraire consacre lui aussi un dossier sur les nouvelles parutions. Les hebdos nous offrent leurs pages de critiques. Des noms d'écrivains semblent attirer l'attention des critiques formant la "caste" des habitués de la rentrée littéraire dont l'incontournable Amélie Nothomb. Sur Internet, j'ai remarqué la liste des 30 romans sélectionnés par la Fnac avec une garantie de qualité... Cette déferlante traditionnelle de romans et d'essais me console beaucoup de la perte de nos belles journées d'été où la lecture se pratique dans un jardin à l'ombre d'un cerisier, dans un fauteuil pliant confortable et au bord de ma petite piscine... La rentrée littéraire s'annonce comme un très bon cru pour tous les goûts éclectiques du lecteur : du jeune écrivain un peu vert à l'écrivain confirmé, des écrivains étrangers très attendus aux premiers traduits, des très confidentiels méritants aux commerciaux millionnaires, tous ces "écrivants" espèrent rencontrer leur public. Je réponds présente pour repérer les nouveaux talents de la littérature française et d'ailleurs, aussi... Et, évidemment, j'en parlerai dans ce blog !
mardi 23 août 2011
"Ticket d'entrée"
Joseph Macé-Scaron est l'auteur de ce "Ticket d'entrée", sorti récemment avec des critiques élogieuses... Il faut dire que Joseph Macé-Scaron est le directeur du Magazine littéraire. Il pilote aussi "Marianne". On le voit à Canal+ dans le Grand Journal débattre avec talent et humour. Cumulant donc des postes de journaliste, il écrit aussi. Trop vite peut-être car une polémique vient de naître concernant ce roman. Il aurait oublié de citer des emprunts à un écrivain américain. Je considérais Joseph Macé-Scaron comme un "honnête homme" surtout quand on donne des leçons de vertu dans Marianne et à la télévision... J'ai quand même ressenti un léger agacement quand je pense qu'il pratique le plagiat, si fugace soit-il. Ce copiage non signalé est une imposture, un mensonge par rapport aux lecteurs qui font confiance aux écrivains. Pourtant, son roman possède des qualités indéniables : humour, ironie, parodie et audace. L'histoire de Benjamin, bobo-gay, peut se résumer ainsi : c'est un arriviste cynique dans le milieu journalistique de droite. Evidemment, le lecteur peut reconnaître des people odieux, des sarkozistes ridicules, des politiques pourris, etc. L'activisme sexuel de Benjamin lasse, la recherche permanente de drogues "illicites" semble un peu "immorale", la vie uniquement parisienne ou barcelonaise agitée est d'un conformisme affligeant... Je suis étonnée des bonnes critiques que ce roman a recueillies. On peut le lre comme un témoignage sur le cynisme de notre époque, sur les moeurs particulières d'une catégorie de privilégiés des médias et du monde politique... J'attendais beaucoup mieux de Joseph Macé-Scaron... Je suis sûre qu'il fera mieux dans son prochain roman...
lundi 22 août 2011
Le poème
Je lis de temps en temps de la "poésie". J'ai conservé pendant des années une petite carte sur laquelle j'avais noté un poème de Michel Leiris en oubliant d'indiquer le titre du recueil. la semaine dernière, je parcourais des yeux le fonds de poésie de ma bibliothèque de quartier qui n'est pas très riche en exemplaires. Le lecteur pouvait emprunter les poètes les plus célèbres comme Hugo, Rimbaud, Prévert, Baudelaire, etc. Cependant, je remarque sur l'étagère un Michel Leiris et son recueil "Haut Mal". Je le feuillette et je tombe enfin sur ce poème que j'avais recopié sur cette carte perdue. Pour ne jamais plus l'égarer à nouveau, je l'intègre dans ce blog et j'en garderai ainsi une trace... permanente :
"Avare"
M'alléger
me dépouiller
réduire mon bagage à l'essentiel
Abandonnant ma longue traîne de plumes
de plumages
de plumetis et de plumets
devenir oiseau avare
ivre du seul vol de ses ailes
Michel Leiris
"Avare"
M'alléger
me dépouiller
réduire mon bagage à l'essentiel
Abandonnant ma longue traîne de plumes
de plumages
de plumetis et de plumets
devenir oiseau avare
ivre du seul vol de ses ailes
Michel Leiris
vendredi 19 août 2011
Le Monde des Livres
Ce cahier hebdomadaire du Monde paraît tous les vendredis et je crois que je le lis depuis une bonne trentaine d'années... Ce "Monde des Livres" m'accompagne donc comme un fil conducteur dans ma vie de lectrice, de lectrice dévoreuse d'informations littéraires. Je le conserve pendant un an, le lis et le feuillette régulièrement. La qualité de l'écriture des critiques, la rigueur du jugement, l'esprit d' intelligence et le goût de la culture définissent cette publication assez unique dans le milieu des médias. Ce vendredi 19 août, la maquette du monde a changé... Et chaque fois qu'un changement s'opère, je ressens un certain regret de la forme du cahier comme un adieu mais je me suis réjouie tout de suite de la nouvelle maquette plus claire, plus structurée, plus lisible. J'apprécie le choix des couleurs du titre, (le rouge et le noir), le titre encadré par des rectangles noirs, le graphisme des articles, la composition du cahier en rubriques régulières (j'apprécie tout particulèrement le "Prière d'insérer de Jean Birnbaum"), les chroniques des écrivains critiques, l'enquête originale et la rencontre à la fin du cahier. Cette nouvelle mouture m'a déjà conquise et je remercie toute l'équipe du Monde des Livres, pour leur immense travail de recomposition en leur souhaitant de conquérir encore plus de lecteurs et lectrices fidèles comme moi depuis tant d'années !
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