J'ai retrouvé dans un livre un bout de papier sur lequel j'avais relevé une phrase de Guy Debord reprise par Philippe Sollers (dixit un gentil lecteur de mon blog) dans un interview du Nouvel Obs : "On ne sait écrire que si on sait lire, mais pour savoir lire, il faut savoir vivre. La lecture est un magnifique art de vivre. C'est pourquoi une tyrannie bien organisée ne souhaite pas qu'on sache lire. Lire, vraiment lire, c'est se réveiller. La lecture est un acte de conquête."
Cette citation résume à merveille mon seul véritable engagement avec mon féminisme basique. Lire constitue mon loisir essentiel... Si je ne lis pas au minimum trois heures par jour, ma journée n'est pas une journée réussie ! Et comme je lis tous les jours mon quota d'heures, mes journées sont donc réussies d'un point de vue "lecture"...
des critiques de livres, des romans, des moments de lectures, des idées de lecture, lecture-partage, lecture-rencontre, lectures
mercredi 17 novembre 2010
mardi 16 novembre 2010
Absence
Je n'ai rien écrit depuis le 28 septembre pour des raisons terriblement tristes car j'ai vécu quelques semaines auprès de ma mère qui a quitté ce monde après une maladie, le cancer, nouvelle peste moderne qui, heureusement, peut être éradiquée, mais pour ma mère très âgée, c'était trop tard et il ne fut pas possible de la sauver. Dans ce contexte éprouvant, on ne peut pas écrire, ni se concentrer, ni avoir des idées. La perte essentielle des parents (mon père a disparu en 1998) est un traumatisme profond, un tremblement de l'être car on perd aussi avec eux son enfance, sa jeunesse, tous les moments partagés en famille et cet amour souvent inconditionnel des parents pour leurs enfants. Leur présence nous servait de "bouclier" et là, on se sent orphelin et perdu. Je pense à mes frères et à ma soeur avec qui, dorénavant, je partagerai les souvenirs de nos parents.
Le temps atténuera certainement le chagrin, mais ce chagrin particulier se greffe dans le coeur comme une écharde qui gêne la respiration quand on pense à la vie d'avant la perte définitive.
Ce mois de novembre réputé dépressif a tenu sa promesse et s'est transformé en épreuve douloureuse. Malgré la tristesse et le deuil, je reprends l'écriture pour partager mes découvertes considérant ce retour comme un hommage à mes chers disparus.
Le temps atténuera certainement le chagrin, mais ce chagrin particulier se greffe dans le coeur comme une écharde qui gêne la respiration quand on pense à la vie d'avant la perte définitive.
Ce mois de novembre réputé dépressif a tenu sa promesse et s'est transformé en épreuve douloureuse. Malgré la tristesse et le deuil, je reprends l'écriture pour partager mes découvertes considérant ce retour comme un hommage à mes chers disparus.
mardi 28 septembre 2010
70 ans de reliure à Chambéry
En retirant une réservation à la Bibliothèque de Chambéry, j'ai été attirée par des vitrines qui exposaient des livres anciens et bien que cette exposition était un peu cachée du public et très mal éclairée, j'ai admiré les reliures dont certaines dataient du XVIème siècle. Je connais la richesse extraordinaire du fonds ancien et patrimonial de la ville et tous ces trésors sont jalousement conservés dans un magasin blockhaus... Je comprends parfaitement le souci de conserver ces documents mais je me prends à rêver de les voir sur des étagères de la bibliothèque. Ces très vieux ouvrages ont défié le temps et se portent pour certains à merveille. Ils nous envoient un clin d'oeil du passé si lointain et pourtant si proche de nous. Toutes ces reliures en cuir ont pour moi un charme incommensurable... Je ne m'extasie pas devant un e-book, vulgaire objet en plastique, alors que des reliures en cuir avec leurs couleurs automnales me réconfortent ! Et dans 500 ans, j'imagine un lecteur visitant une expo de livres électroniques : seront-ils lisibles comme nos incunables, seront-ils en bon état comme nos livres anciens ? J'en doute, mais ne soyons pas pessimistes. J'ai trouvé une parade : quand tous les livres en papier disparaîtront, je m'enfermerai dans les magasins des bibliothèques pour les protéger et les montrer aux jeunes enfants pour leur dire : "il était une fois un objet merveilleux qui traversait les ans et nourrissait l'esprit de tous les hommes et de toutes les femmes de bonne volonté..."
lundi 27 septembre 2010
Le coeur régulier
Le dernier roman d'Olivier Adam tient toutes ses promesses et figure aussi sur les listes des prix littéraires de l'automne. On retrouve l'atmosphère "adamienne", c'est à dire une compassion très forte pour ses personnages cassés par la vie, les perdants, les sans-rien, les dissidents du sentiment, les "paumés"... et surtout les "suicidés". L'héroïne du roman, Sarah, s'interroge sur la mort de son frère Nathan, qui a toute sa vie voulu écrire et ne pas se "conformer" aux modèles que la société nous impose. Le Japon tient lieu de décor où l'on découvre un personnage, retraité de la police, qui aide les candidats au suicide à survivre. Olivier Adam, tout en douceur, fait le procés de notre mode de vie égoïste et indifférent au sort des "déprimés", véritables boulets pour la société. Un passage du roman reflète la compassion sans larmoyance de l'auteur : "Toujours il en revenait là, la violence morale qui s'exerçait à l'école, au travail, dans le couple. L'usure et les humiliations, la pression sociale, le culte du rendement, du gagnant, du vainqueur, le cynisme et l'exclusion, comment tout cela pouvait vous briser les os." Sarah finira par comprendre, après un voyage initiatique au Japon, sa vie tissée de mensonges et de malentendus. Elle finira par atteindre un "coeur régulier", qui lui permettra de vivre dans une certaine sérénité. Ce roman possède toutes les qualités pour emporter la faveur du public et peut se passer de la comédie des prix littéraires !
jeudi 23 septembre 2010
La vie est brève et le désir sans fin
Ce titre pour mon billet du 23 septembre ressemble à un vers d'Aragon ou d'Eluard... En fait, il s'agit du roman de Patrick Lapeyre aux éditions P.O.L, paru à la rentrée. Ce livre fait partie de la première sélection pour le prix Goncourt. Je l'ai lu avec intérêt mais aussi avec agacement tant le personnage principal est d'un "mou" à pleurer. Sa vie amoureuse oscille entre une femme de tête, sa femme légitime qu'il aime surtout pour le confort matériel qu'elle lui apporte et une maîtresse fantasque. Il est traducteur mais ne gagne pas très bien sa vie. Il rencontre cette anglaise insaisissable et marginale. Il tombe éperdument amoureux d'elle. Elle aussi hésite entre lui et son amant anglais. Ce roman traite de l'adultère moderne, chasse-croisé pitoyable où le mensonge règne. La double vie détiend un ressort romanesque évident mais il manque dans ce roman une empathie que le lecteur n'éprouve pas pour ces personnages sans relief. Mais ce sentiment de vacuité ressenti par tous les personnages est un sentiment ultra-contemporain. J'ai bien apprécié la critique sociale "pince-sans-rire" des milieux privilégiés qui sont décrits avec un humour froid et distancié. Je n'ai pas l'impression que le roman obtiendra le prix Goncourt mais je peux me tromper ! On sent bien que Patrick Lapeyre décrit les affres d'un homme paumé, en proie aux tourments du choix, un partenaire faible et sans caractère... Si j'ai lu jusqu'au bout ce livre, c'est par devoir de bon lecteur qui respecte les écrivains, même ceux qui ne me touchent pas au coeur.
lundi 20 septembre 2010
La passerelle de Lorrie Moore
On a l'habitude de trouver de la "bonne littérature" aux éditions de l'Olivier. Ce nom d'éditeur m'attire car l'olivier est mon arbre préféré (j'en ai deux dans mon jardin de Savoie !). Je sais que les romans qui poussent chez cet éditeur sont en grande majorité des romans fort intéressants. J'ai terminé aujourd'hui celui de Lorrie Moore, "La passerelle" ou l'histoire d'une adolescente qui se cherche et apprend à grandir. Elle va devenir baby-sitter d'une petite fille métisse adoptée par un couple étrange qui cache un secret pesant. Le tableau de cette Amérique rurale laisse un goût bizarre de profond ennui et de malaise. Ce livre sort d'un tableau de Hopper ou d'un roman de Carson Mac Cullers.
Tassie, l'héroïne du roman, ressemble à des millions de jeunes filles en quête de l'amour, du bonheur, de la réussite sociale mais elle va vite se rendre compte que la vie n'est pas toujours conforme à ses rêves. Son jeune frère s'engage à l'armée et se fera tuer en Irak. Cette Amérique de l'après 11 septembre se révèle fragile et doutant de son avenir. J'aime retrouver dans la littérature américaine cette musique du désenchantement et de l'ironie.
Feuilletez donc le catalogue de cet éditeur : vous en serez enchanté...
Tassie, l'héroïne du roman, ressemble à des millions de jeunes filles en quête de l'amour, du bonheur, de la réussite sociale mais elle va vite se rendre compte que la vie n'est pas toujours conforme à ses rêves. Son jeune frère s'engage à l'armée et se fera tuer en Irak. Cette Amérique de l'après 11 septembre se révèle fragile et doutant de son avenir. J'aime retrouver dans la littérature américaine cette musique du désenchantement et de l'ironie.
Feuilletez donc le catalogue de cet éditeur : vous en serez enchanté...
vendredi 10 septembre 2010
Revue de presse
Comme je ne travaille plus, j'ai enfin le temps de lire dans la journée et de parcourir la presse sur Internet. La lecture du "Monde" (format papier que je reçois chez moi) prend au minimum une heure par jour si on veut vraiment lire une dizaine d'articles.J'assimile la lecture du journal à une marche dans la nature... Il paraît que pour se maintenir en forme physique et intellectuelle, il faut marcher une heure par jour. La lecture est un sport cérébral qui fait du bien, qui apaise comme des longueurs de piscine ou des kilomètres de marche. Cette semaine, j'ai donc repéré un article concernant la littérature. Ce mardi 7 septembre, le journal a présenté un dossier : "Quels sont les écrivains qui vivent de leur plume ?" Le constat est sans appel : très peu d'écrivains vivent de leur plume. Ils représentent une infime minorité. Des noms sont cités : Gavalda, Nothomb, Vargas, Pancol, Lévy, Musso, Pennac, etc. On ne devient pas riche en se consacrant à l'écriture à part les auteurs de best-sellers. Beaucoup d'écrivains ont un deuxième métier : journaliste, enseignant, éducateur (comme Jean-Baptiste Del Amo). Ils ont beaucoup de mérite pour la plupart d'écrire et de travailler pour survivre. Dans la société actuelle, la situation s'est même aggravée entre les auteurs à succès très riches et ceux qui ne parviennent pas à rencontrer leur public. La morale reste tout de même du côté de ceux qui alternent vie professionnelle et vie créative. Kafka travaillait dix heures par jour dans un bureau pour écrire et n'a jamais gagné sa vie grâce à son oeuvre. Le monde cite les aides de l'Etat : bourses, résidences d'écrivains, ateliers d'écriture. Mais l'Etat est en crise et toutes ces aides seront-elles reconduites ? Notre ministre du budget n'a pas encore pris des dispositions tellement les sommes sont... ridicules !
Vive la littérature et merci à tous ceux et toutes celles qui s'adonnent à cet art si difficile d'expliquer le sens d'être au monde...
Vive la littérature et merci à tous ceux et toutes celles qui s'adonnent à cet art si difficile d'expliquer le sens d'être au monde...
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