lundi 3 novembre 2025

Escapade en Sardaigne du Nord, 6

 A Alghero, j'ai pris un bateau pour découvrir une grotte très réputée que les guides touristiques recommandent. Je me méfie de ces balades touristiques mais, j'avoue que cette expérience s'est très bien déroulée. Cette grotte, la grotte de Neptune, la Grotta di Nettuno, est un lieu incroyable, façonné par Dame Nature, formée il y a environ 2 000 000 d'années. Le bateau s'est approché de la falaise et c'était déjà magnifique de longer la côte pendant vingt-cinq kilomètres. La grotte a été découverte par un pêcheur local au XVIIIe siècle et son accès est possible par la terre et par la mer. J'ai choisi, évidemment, la facilité en prenant le bateau car il fallait descendre à flanc de falaise les 654 marches (l'Escala del Cabirol) ! Quand je suis sortie du bateau et posé mes pieds dans l'entrée de la grotte, j'ai tout de suite éprouvé un émerveillement inouï devant cette grotte naturelle. Quelques centaines de mètres sont ouverts au public sur les trois kilomètres de longueur. La première salle est formée de colonnes de stalactites et de stalagmites et plus loin, un petit lac, le Lago Lamarmora, diffuse des reflets marmoréens d'où son nom. Nous avancions en file indienne avec prudence à cause de l'humidité du sol. Je pouvais toucher les concrétions calcaires et j'admirais les formes, les couleurs, l'odeur salé de la mer. Ces sculptures fabuleuses m'ont fait vivre une expérience étonnante et je pensais à Jules Verne et à son roman, "Au centre de la terre" ! Je n'avais jamais vu de grotte de cette taille et quand j'ai retrouvé mon bateau pour rejoindre Alghero, j'étais déjà heureuse d'avoir pénétré les entrailles de la terre sur le plan physique même si la visite a duré trente minutes mais ces minutes valaient des heures ! Après cette matinée merveilleuse, j'ai repris la route pour ma dernière étape, Olbia où j'avais réservé un appartement dans un quartier très calme. Comme j'ai eu la chance d'avoir un soleil permanent pendant mon séjour, j'ai découvert une plage de sable fin à Porto Istano où je me suis baignée avec délice. 

samedi 1 novembre 2025

Escapade en Sardaigne du Nord, 5

Avant l'étape d'Alghero, j'ai visité un site nuragique réputé, le Nuraghe di Palmavera, assez bien conservé où l'on penètre dans une salle de réunion, équipée de bancs circulaires. Les vestiges d'une cinquantaine de maisons entourent l'habitation principale. Ce sera mon dernier site nuragique que j'ai quitté avec le sentiment que ces hommes et ces femmes qui vivaient dans ces espaces réduits et austères sont nos ancêtres si proches et si lointains à la fois. Parfois, je me demande quels étaient leur alimentation, leurs vêtements, leur quotidien. Comment se soignaient-ils ? L'âge moyen de vie dans cette péridode historique atteignait la trentaine. Ces Nuraghe à travers la Sardaigne rappellent que les civilisations sont, hélàs, mortelles... J'ai aussi visité à Porto Conte un musée original, celui consacré à Antoine de Saint-Exupéry, un lieu incroyable, installé dans une tour de guet sur le Cap Caccia. L'écrivain a vécu dans cette tour en 1944 avant de sombrer dans la Méditerranée en juillet 44 avec son avion, abattu par un chasseur allemand. Toute une scénographie d'objets, de photos, de textes montre un homme attachant, courageux et authentique. Cet écrivain que j'ai lu dans mon adolescence mérite de ma part un nouveau regard. En sortant de ce musée littéraire étonnant sur la terre sarde, je me suis jurée de relire "Vol de nuit" et "Terre des hommes". J'ai visité ensuite la Casa Gioiosa, une ancienne colonie pénitentiaire dans le parc naturel de Porto Conte. Les prisonniers politiques, enfermés par Mussolini, s'adonnaient à l'agriculture mais les conditions de vie dans les cellules devaient être très dures. Je trouve ces lieux de mémoire trés importants pour ne pas oublier l'histoire souvent tragique d'un pays. Le soir, j'ai rejoint mon hôtel, un ancien monastère en plein centre historique. Le cloître servait d'espace pour le petit-déjeûner du matin. Cette ville possède une particularité linguistique car une partie de ses habitants parle le catalan. On la surnomme la "Barceloneta sarde". Je me suis baladée dans ces rues, sur les remparts dominant la mer et j'ai apprécié la tranquillité du site, une quiétude savoureuse dans une ville vraiment charmante et authentique.  

mercredi 29 octobre 2025

Escapade en Sardaigne du Nord, 4

 Après Castelsardo, j'ai pris la direction de Sassari, une ville moyenne de 120 000 habitants, deuxième ville de la Sardaigne et centre universitaire. Dans chaque cité italienne, il ne faut jamais manquer le Duomo et celui de Sassari vaut bien le détour. Le Duomo di San Nicola, élevé au XIIIe siècle s'est agrandi et s'est transformé au fil du temps. Sa très belle façade baroque présente un festival d'ornements végétaux, de frises, de fleurs, de chérubins et dans des niches, dorment des saints martyrs dont Saint Nicolas. Le clocher octogonal date de 1756 et l'intérieur de l'église mélange les styles roman et gothique. Des tableaux des XIVe jusqu'au XVIIe siècle ornent les chapelles avec de riches rétables. Près du Duomo, la Pinacothèque nationale de Sassari est installé dans un collège jésuite du XVIIe. Evidemment, ce musée ne contient pas des chefs d'oeuvre d'envergure mais comme j'aime la peinture, je trouve toujours des oeuvres qui me plaisent comme des natures mortes exposées dans une salle. Sassari possède aussi un musée archéologique national important, le "Sanna", inauguré en 1931, recèlant des trésors inestimables. La plupart des collections présentées provient des dons d'un homme politique, Giovanni Antonio Sanna. J'ai retrouvé les objets du quotidien habituels comme les amphores, la vaisselle, les lampes à huile, etc. J'ai surtout remarqué des outils, des statuettes en bronze de la civilisation nuragique. Dans cet espace muséal, on trouve aussi des reconstitutions d'habitat dans un but pédagogique. Une mosaïque romaine d'une villa patricienne de Porto Torres est bien exposée dans une salle. Deux statuettes féminines datant du Paléolithique (5 000 ans av. J.C.) m'ont vraiment fascinée. De toutes façons, dès que je pénètre dans un musée archéologique en Italie ou ailleurs, mon esprit s'évade dans un temps immémorial et j'oublie que je vis au XXIe siècle ! Après cette visite, j'ai poursuivi mon parcours en visitant une nécropole intacte d'Angelhu Ruju, l'un des plus grands cimetières préhistoriques de Sardaigne. et avant d'arriver à mon hôtel de la Punta Negra, j'ai vu un pont romain sur lequel je me suis baladée. Après cette journée de découvertes, une bonne baignade dans la mer m'a revivifiée pour repartir le lendemain d'un bon pied. 

lundi 27 octobre 2025

Escapade en Sardaigne du Nord, 3

 Le lendemain, j'ai repris le ferry pour Palau et j'ai pris la direction de Santa Teresa Gallura en conservant dans ma tête des souvenirs ensoleillés et attendris sur ma journée dans la Maddalena. Mais, avant de découvrir la prochaine étape à Castelsardo, j'ai repéré un site nuragique important : le Complesso nuragico di Lu Brandali. Un petit sentier m'a conduit à un tombeau de géants, puis aux vestiges d'un village où les fouilles ont permis de dégager cinq cabanes en pierre et il reste encore une trentaine à sortir de terre. Ces lieux conservent leur identité d'antan sans aucune habitation moderne autour de ces villages datant de l'âge de bronze. L'imagination est requise pour mettre en scène ces Sardes d'origine vivant en toute petite communauté autarcique. Dans un article de Wikipedia, j'ai appris que la langue parlée à cette époque ressemblait à la langue basque ou à la langue étrusque ! Je comprends mieux mon engouement pour les Nuraghe et les Etrusques car j'ai des ancêtres basques du côté de ma mère... Mais, ces peuples tribaux ont fréquenté aussi des Grecs, des Phéniciens, des Carthaginois, des Romains, etc.  Après la visite de Lu Brandali, j'ai rejoint la petite commune de Castelsardo, perchée sur une colline, face à la mer. Cette étape m'a permis de me balader dans les ruelles pentues du centre historique et de découvrir la cathédrale San'Antonio Abate, construite au XVIe siècle sur les bases d'une église romane. J'ai remarqué des rétables en bois scupté et doré avec des angelots musiciens espiègles. Un tableau célèbre est exposé dans la crypte du musée diocésien attenant : un Saint Michel se bat contre un démon, une toile étonnante signée du Maître de Castelsardo du XVIe, un peintre anonyme célèbre en Sardaigne. Du parvis de la cathédrale, une vue magnifique sur la mer composait un paysage unique. En fin de journée, un hôtel du bord de mer m'attendait et je me suis promenée sur la plage à la recherche de quelques petits coquillages que je conserve ensuite dans ma bibliothèque. Ce sont mes petits cailloux du Petit Poucet pour que ces plages de sable fin restent ancrées dans mon quotidien. Mais, attention, je ne prèlève qu'un seul coquillage souvent minuscule pour ne pas "piller" le patrimoine naturel de l'île. Ces moments de détente sont bercés de la douce musique des vaguelettes marines, s'étalant pareusessement sur le sable blanc. La mer provoquera toujours en moi un émerveillement perpétuel. 

vendredi 24 octobre 2025

Escapade en Sardaigne du Nord, 2

Le lendemain matin, le ferry m'attendait et la voiture s'est glissée dans le ventre du bateau pendant vingt minutes pour débarquer sur le port de la Maddalena. La renommée de l'île attire des milliers de touristes mais en octobre, la période est idéale pour visiter ce lieu vraiment magique. De toutes façons, je me sentais déjà sous le charme complet de la mer, des voiliers et des bateaux, et des mouettes que je suis à la trace. Ces paysages marins, portuaires, avec un horizon sans fin entre le ciel et la mer m'enchantent toujours autant même si ces moments semblent bien trop fugaces. Quand la voiture s'est ejectée du ferry, j'ai pris la direction de l'île voisine, la Caprera, attachée à la Maddalena par un pont, le Passo della Moneta. J'avais repéré le domaine de Garibaldi, le musée Compendio Garibaldino, au bout de l'île, une île qui a conservé sa nature sauvage car les Autorités ont interdit la construction d'hôtels et de résidences secondaires. Le révolutionnaire patriote italien, né à Nice, a passé les 26 dernières années de sa vie de 1856 à 1882, date de sa mort. Pour connaître ce "Héros des Deux Mondes", rien ne vaut que la visite de son domaine. Sa maison blanche, la Casa Bianca, toute simple, renferme tous les objets de sa vie quotidienne (cuisine, bureau, lit, salon, objets divers) et les murs portent de nombreuses photos de famille. Cette communauté familiale vivait en autarcie en élèvant des animaux de ferme et en cultivant les jardins potagers. En quittant le domaine, j'ai vu le cimetière attenant à la maison où sont enterrés Garibaldi et les siens. Sa tombe est recouverte d'un bloc de granit, une image symbolique de cette personnalité historique. J'ai remarqué aussi les pins magnifiques, plantés par le maître du domaine. Après cette visite "historique", j'ai repris le chemin en traversant le pont et j'ai atteint mon port d'attache au bout de la Maddalena dans un hébergement fantastique, situé devant une plage, la Punta Marginetto spiaggia. Je me suis baignée dans une eau cristalline frâiche mais tellement vivifiante et j'étais seule avec ma famille à profiter d'une des plus belles plages de la Sardaigne ! Je me suis ensuite baladée dans un décor féerique constitué de masses rocheuses de granit et de porphyre qui reliaient la Sardaigne et la Corse. A chaque virage, je voyais la mer, les voiliers au loin. Entre le bleu du ciel, le bleu de la mer et le jaune des roches, j'avais l'impression d'arpenter le paradis avant l'arrivée d'Adam et d'Eve.... Je me souviendrai de la Maddalena longtemps, très longtemps. 

jeudi 23 octobre 2025

Escapade en Sardaigne du Nord, 1

 J'aime partir en octobre et cette année, j'ai pris l'avion à Genève pour atteindre Olbia en une heure quinze minutes. J'ai loué une voiture à l'aéroport pour découvrir le Nord de la région car j'avais visité le Sud de l'île en juin 2023. Evidemment, j'ai ressenti une joie sans pareille quand j'ai posé mes pieds en terre italienne. Avant d'arriver à ma première destination, Palau, petite station balnéaire située en face de l'archipel de la Maddalena, j'ai découvert deux sites archéologiques : la Tombe des Géants et la Prisgiona. Sur mon parcours, j'avais repéré ces deux entités (merci le Routard) à Arzachena. En arrivant sur ces sites désertés par les touristes, j'ai effectué un voyage dans un passé très lointain qui conserve encore un halo de mystère, datant du XIVe au VIIIe siècle av. J.C.. En suivant le parcours, je suis tombée sur une Tombe des Géants de Coddu Ecchju, composée de blocs de granit qui forme une galerie couverte sur dix mètres de long. Il faut imaginer ces rituels autour de la mort. Ce peuple n'a laissé aucun alphabet, ni aucun témoignage écrit. Seuls, les monument et les objets racontent leur civilisation. Plus loin, le Nuraghe, La Prisgiona, est composé d'une tour principale de quatre mètres de haut et de deux tours mineures, entourée d'un mur enceinte.. Se balader en toute liberté sans surveillance dans un lieu pareil ressemble à un émerveillement d'enfant. La végétation méditerranéenne englobe le site nuragique et j'avais l'impression que le temps s'était arrêté à Arzachena. Quelques kilomètres plus loin, je suis arrivée à Palau, ma destination pour partir le lendemain à la Maddalena. Ces lieux, habités par des humains en communauté restreinte, n'ont pas la sublime beauté des temples grecs ou des monuments romains. Mais, la simplicite de ces habitats rudimentaires me touchent tout autant. La Sardaigne m'a offert à deux reprises dès mon arrivée deux perles archéologiques ! J'aime beaucoup ces traces premières d'une civilisation méditerranéenne très mystérieuse. En fin d'après-midi, j'ai posé mon sac à dos à Palau en attendant mon départ pour la Maddalena. Evidemment, je n'ai pas résisté à déguster un spritz dans un restaurant de la ville où je savourais déjà l'ambiance hautement chaleureuse de la Sardaigne.

mercredi 22 octobre 2025

Atelier Littérature, les coups de coeur, 2

 Régine a présenté un roman d'Antoine Choplin, "La barque de Masao", publié en 2024 chez Buchet-Chastel. Masao est ouvrier sur l'île de Naoshima au Japon. Il retrouve sa fille, Harumi, venue l'attendre plus de dix ans après son départ. Ils vont se voir avec pudeur pour enfin se réconcilier. Masao se souvient de Kazue, la mère d'Harumi, avec laquelle il a vécu une histoire d'amour superbe. Régine, passionnée par la culture japonaise, a aussi retenu l'histoire de deux îles, Naoshima er Teshima, avec leurs musées respectifs. Le premier expose les nymphéas de Monet dans une des salles et le deuxième montre une oeuvre unique qui se confond avec le bâtiment. Ce roman sobre et pudique, plein de tendresse et de sensibilité, a conquis notre amie Régine qui avait aussi reçu cet écrivain lors d'une journée littéraire à Chambéry. Elle a évoqué en deuxième coup de coeur, le dernier livre d'Alice Ferney, "Comme un amour", publié chez Actes Sud lors de cette rentrée littéraire. Les questions que se posent l'écrivaine ont-elles une réponse ? Comment définir l'amitié ? Comment la cultiver ? Comment tolérer les différences d'idées ? Un homme et une femme peuvent-ils être amis ? Marianne, styliste renommée, et Cyril, chroniqueur d'art vont devenir ces complices amicaux mais jusqu'à quand ? Il faut donc lire ce roman pour connaître l'avenir de nos deux protagonistes. Geneviève a évoqué un coup de coeur collectif en signalant la très bonne collection, "Un été avec", un phénomène éditorial de la maison d'édition Des Equateurs en collaboration avec une série d'émissions de France Inter. En 2013, la radio lance ce programme pour "inviter le grand public à découvrir ou redécouvrir de grands auteurs classiques pendant la période estivale". Partir en vacances et glisser dans sa valise "un été avec" semblait un pari osé car l'été est synonyme de lectures légères et insouciantes. L'audace éditoriale et le rôle du service public radiophonique ont dépassé les espérances de l'éditeur. Au Panthéon de la collection : Homère, Hugo, Dumas, Proust, Colette, Valéry, Rimbaud, Montaigne, etc. Ces biographies originales sont composées par de belles plumes comme Antoine Compagnon, Sylvain Tesson, etc. Voilà pour les coups de coeur d'octobre.. Prochaine rencontre : le jeudi 20 novembre autour des romans historiques !