vendredi 6 novembre 2020

Apprendre une langue étrangère

 Une semaine de confinement est déjà passée... Encore trois et peut-être retrouverons-nous notre liberté habituelle : sortir sans attestation, revoir sa famille, ses amis, se balader à dix kilomètres de chez soi ou retrouver les sentiers de la montagne, aller dans un petit magasin, pousser la porte d'un restaurant, s'installer dans un fauteuil pour voir un bon film au cinéma, etc. Pour tenir et se maintenir, il nous faut un horizon lisible et ne pas tout de suite s'inquiéter sur des mois de confinement. Le mental refuse de considérer cette hypothèse pessimiste. Pour garder une bonne forme morale, je m'imagine déjà au volant de ma voiture en décembre pour revoir mon cher lac du Bourget. Cet après-midi, j'ai inauguré le "drive" de la bibliothèque de La Motte-Servolex où j'avais rendez-vous à une heure précise. Les lecteurs-trices peuvent retirer leurs réservations et même envoyer une liste de livres pour bénéficier de ce service. Il en sera de même pour la Médiathèque de Chambéry. Les mairies réagissent plus vite pour satisfaire les amoureux des livres et de la littérature. Le confinement se révèle plus vivable dans ces conditions. Pour moi, ancienne libraire et bibliothécaire à la retraite, le livre est un produit essentiel, évidemment. Le jour où tous ces lieux culturels disparaîtront de notre paysage urbain, nous deviendrons des zombies informatisés. J'espère que je ne verrai jamais ce phénomène. Depuis le mois de mars, j'ai regretté mes escapades en Italie que j'avais prévues : le Latium, l'Ombrie et la Sicile... L'Italie me manque et pour garder un lien avec ce pays si attachant, j'ai décidé d'apprendre l'Italien. Je connais l'espagnol assez bien, l'anglais très mal, le grec ancien et le latin et là, il fallait vraiment que je me lance dans l'apprentissage de cette belle langue que j'écoute souvent avec plaisir quand je voyage là-bas, que j'écoute des opéras, des films en version originale. Inscrite à Babbel, j'avance bien grâce à ce site et je travaille aussi sur un cahier d'exercices. Quel plaisir d'apprendre les conjugaisons, le vocabulaire, les expressions, les pronoms, etc. !  Je suis en Italie tout en restant chez moi. Apprendre une langue étrangère, l'Italien, en particulier, c'est déjà entreprendre un voyage virtuel à travers l'un des pays les plus beaux du monde.  Je collectionne les mots comme des beaux objets, surtout ceux qui ont une consonnance rieuse comme le coquelicot, qui se dit papavero. Pendant le confinement, apprenons une nouvelle langue étrangère : l'allemand, le chinois, le basque, l'occitan et tant d'autres ! 

jeudi 5 novembre 2020

"Art nouveau"

 Un roman de Paul Greveillac, "Art nouveau", publié chez Gallimard a attiré mon attention. Très "Mitteleuropa", ce récit remarquable évoque un architecte, Lajos Ligeti, à la fin du XIXe. Apprenti, il quitte Vienne qu'il déteste pour Budapest. Ses parents pharmaciens d'origine juive le laissent partir à regret. Sa vocation dévorante de l'architecture le pousse à conquérir sa place comme un jeune Rastignac à Paris. Il demande à un oncle de l'héberger dans sa modeste demeure. En 1896, la ville hongroise est en pleine effervescence culturelle avec ce fameux Art nouveau. Il est embauché dans un bureau d'architectes connus pour leur audace architecturale comme Odon Lechner. Autant les personnages qui gravitent autour de Lajos sont réels, autant le héros principal demeure une invention de l'écrivain. En dehors de ces architectes, on peut croiser Egon Schiele, Bela Bartok, des artistes emblématiques de cette époque troublée et troublante. Lajos Ligeti doit séduite ses patrons et ses donneurs d'ordre. Il parvient à s'imposer avec beaucoup de difficultés. Il se marie avec une très belle femme, Katarzina et une petite fille naît de leur union. Mais, rien ne va dans la vie professionnelle de l'architecte, ni dans sa vie privée. Il travaille avec un maître d'œuvre malhonnête, ne réalise pas un projet vital pour lui et trop ambitieux. Sa cité-jardin industrielle, baptisée Europa, sera plagiée, tronquée et nationalisée. Face à tous ses échecs personnels, à la faillite de ses ambitions alors qu'il avait réussi sa carrière, Lajos Ligeti bascule dans une certaine mélancolie, propre à cet esprit fin de siècle à Vienne et à Budapest. Il ne supporte plus de vivre dans ce marasme d'autant plus qu'il pressent la montée d'un nationalisme qui finira dans le nazisme. L'esprit nostalgique imprègne ce beau roman historique, délicieusement suranné. L'histoire de l'architecte s'appuie sur un travail documentaire concernant le monde de l'architecture "fin de siècle", le rôle des industriels, des commanditaires,  l'Art nouveau, la Sécession. Paul Greveillac aborde la délicate question de l'identité à travers le couple formé par Lajos et sa femme, originaire de Lemberg en Ukraine. Ils n'ont pas vraiment de patrie, se sentent étrangers dans leur pays d'accueil. Un roman pudique, élégant et érudit à découvrir dans les nouveautés de cette rentrée surtout si on aime la culture venue de l'Est avec des écrivains comme Zweig, Musil, Joseph Roth. 

mercredi 4 novembre 2020

Confinement, saison 2

 Depuis jeudi soir minuit, nous vivons tous la saison 2 du confinement. Mais, l'ambiance a changé un peu avec les enfants à l'école, les salariés au travail, les chantiers en action, les voitures sur les routes. Le silence de novembre ne ressemble plus à celui de mars. Dans mon quartier, je ne remarque pas de nouveaux promeneurs(ses) qui marchent pour maintenir une bonne forme. Le virus semble redoubler de vigueur surtout dans notre région mais, j'ai la sensation qu'il ne provoque pas la même panique. Comme si on s'habituait à l'épidémie, vécue avec résignation pour certains et avec colère pour d'autres. Le mot, renoncement, revient dans notre mode de vie : renoncer aux rencontres familiales, amicales, oublier les balades, porter constamment le masque et se laver les mains, plus de vie culturelle à l'extérieur. Cela semble dérisoire de penser à soi quand on pense aux malades et à tous ceux qui vont perdre leur travail. Ce virus va s'installer sur notre planète pour l'éternité. Seul, le vaccin nous sortira de cette calamité. Hier, je suis allée en ville, chez Garin, pour retirer un ouvrage de philosophie, "La passion de l'incertitude" de Dorian Astor. Il suffit de se rendre sur le site "chezmonlibraire.com" et réserver le livre. Après réception d'un mél, on se rend chez le libraire et on règle l'addition. Les employés ont disposé le rayon papeterie devant les caisses et ce dispositif leur permet de recevoir les commandes des clients. J'ai suivi avec intérêt le débat sur la fermeture contestée des librairies, commerces qualifiés de non essentiels. L'Académie Goncourt a différé la date de son prix par solidarité. J'ai regretté pour ma part l'intransigeance du gouvernement à l'égard des librairies alors que notre Président cultivé, avait poussé les Français à lire lors du premier confinement. Depuis que les grandes surfaces ont bouclé leur rayon livres, les librairies peuvent souffler un peu. Mais, le grand dévorateur américain qui vend toutes les marchandises possibles et imaginables, va rafler la mise, comme d'habitude. Ce sacré virus va accélérer le processus de "virtualisation" pour chacun d'entre nous.  Agnès, animatrice de l'atelier Philo, nous propose une rencontre sur Internet...  Un philosophe, Bruce Bégout, vient d'écrire un ouvrage sur le thème de l'ambiance. "Le concept d'ambiance" et il déclarait dans un article de Télérama : "Nos points d'appui vacillent et nous vivons dans un climat d'incertitude. (...) Ce sur quoi l'on s'appuie, c'est cette atmosphère qui nous relie au monde et aux autres, cette confiance élémentaire et salvatrice que nous avons dans notre expérience, dans notre familiarité qui nous entoure. Il faut avoir un solide équilibre psychique pour supporter le moment que nous traversons". Pendant cette saison 2 du confinement qui va peut-être durer deux à trois mois, il faut donc s'armer de patience, s'éloigner du danger viral en restant chez soi, se maintenir en forme physique et surtout en forme psychique grâce aux livres, à la musique. Attendre donc le retour d'une vie normale sans paniquer et produire son propre vaccin contre le découragement qui peut advenir sans crier gare... 

mardi 3 novembre 2020

"Portrait de femme"

 J'ai décidé de lire un "classique" par mois. La lecture des classiques s'amoindrit de plus en plus. Du collège au lycée et à l'université, ma formation littéraire s'est nourrie de classiques incontournables et je me suis "longtemps couchée de bonne heure" pour dévorer Balzac, Flaubert, Hugo, Stendhal, Maupassant, Zola et tant d'autres du XXe siècle : Proust, Giono, Colette, Gide, Beauvoir, Sartre, etc. J'éprouve une certaine nostalgie quand je pense à ces lectures essentielles où la découverte de ces mondes m'a offert une boussole pour la vie. Je n'avais pas encore ouvert "Portrait de femme" d'Henry James, publié en 1880 et je l'ai emporté dans mes bagages lors de ma dernière escapade à Paris. L'héroïne, Isabelle Archer se retrouve appauvrie après la mort de son père à New York. Sa tante maternelle l'invite en Angleterre dans sa propriété de Gardencourt appartenant à son mari américain, banquier et philanthrope. Dans sa nouvelle vie, elle rencontre son cousin, Ralph Touchett, avec qui elle se lie. Un ami de celui-ci, Lord Waburton s'intéresse à elle ainsi qu'un énergique entrepreneur, Gaspar Goodwood, qui lui demande sa main. Mais, Isabelle ne s'engage pas et refuse leurs avances. Elle hérite d'un pécule important à la mort de son oncle et devient une proie pour une amie de la famille, Madame Merle. Cette intrigante séduit la jeune femme naïve et à Florence, elle tombe dans le piège en tombant amoureuse d'un expatrié américain, séducteur et esthète, Gilbert Osmond. Ce mariage sera évidemment un échec pendant de longues années. Malgré l'aide de ses proches, Isabelle vit sous la coupe despotique de cet imposteur qui l'a trompée avec Madame Merle. Son cousin Ralph se meurt en Angleterre et elle se rend à son chevet malgré les menaces de son mari. Elle a enfin compris sa duplicité. Mais, Isabelle après la mort de son cousin, retourne auprès de son mari, par fidélité et par soumission. Henry James décrit une micro-société de privilégiés, cultivés, riches, mondains qui voyagent, traversent l'océan, font des réceptions, adorent l'Italie. Mais, il oppose aussi l'esprit d'ouverture des Américains face au vieux continent européen, figé dans les conventions passéistes. Isabelle Archer n'aurait pas dû traverser l'Atlantique... J'imaginais ses retrouvailles avec son mari et elle annonçait sa rupture avec une détermination sans faille comme l'aurait fait une femme libre et moderne. Mais, l'écrivain américain ne veut pas tout révéler, ménage le suspens, se met en retrait. Victime d'elle-même, de son masochisme, l'héroïne s'oublie, se sacrifie et fuit cette société patriarcale en s'enfermant dans sa tour d'ivoire. J'avais envie de la secouer pour qu'elle se libère mais l'époque du XIXe n'était pas une vie de rêve pour les femmes. Isabelle Archer résume à elle seule la condition féminine à la manière d'une Emma Bovary. Un grand et beau roman, une écriture somptueuse avec des passages magnifiques sur Rome et sur Florence. 

lundi 2 novembre 2020

"Ci-git l'amer, guérir du ressentiment"

 Comment évoquer, commenter, analyser cet essai salutaire, "Ci-gît l'amer, guérir du ressentiment" de Cynthia Fleury? Quand je lis un essai qui mélange avec bonheur la psychanalyse, la philosophie, la littérature et la psychologie, je crains l'effet raccourci, l'aspect superficiel de mon commentaire, le rabotage des idées exposées. La première remarque que je peux émettre en toute modestie concerne la lisibilité cristalline du récit même si Cynthia Fleury adopte un langage philosophique, semé de concepts psychanalytiques. La problématique du livre pourrait se résumer dans ce mot si important : le ressentiment, source profonde et indélébile du malaise individuel et social. Dès la première ligne, la psychanalyste explicite le titre de l'essai : "D'où vient l'amertume ? "De la souffrance et de l'enfance disparue. Dès l'enfance, il se joue quelque chose avec l'amer et ce Réel qui explose notre monde serein. Ci-gît la mère, ci-gît l'amer. Chacun filera son chemin, mais tous connaissent ce lien entre la sublimation possible (la mer), la séparation parentale (la mère), et la douleur (l'amer), cette mélancolie qui ne se révèle pas d'elle-même". L'horizon proposé par la psychanalyste serait peut-être d'éprouver ce sentiment océanique décrit par Romain Rolland à Sigmund Freud en 1927 défini comme un "désir universel" de faire un avec l'univers, un "sentiment d'éternité, de fulgurance et de repos". Le ressentiment empêche de vivre, de se dépasser, et surtout "s'inscrit" dans la faillite de l'être sans chercher une guérison. Sa seule aptitude dans laquelle il excelle : "Aigrir, aigrir la personnalité, aigrir la situation, aigrir le regard sur". Cynthia Fleury, pour illustrer sa pensée, invite Melville, Montaigne, Verlaine, Nietzsche, Scheler, Jankélévitch et surtout Frantz Fanon à qui elle consacre plusieurs chapitres. Dans un entretien du Figaro, Cynthia Fleury reprend les thèmes de son essai et explique avec clarté le rôle de la démocratie qui doit "produire les conditions collectives de lutte contre le ressentiment". Le fascisme et les populismes ne sont que le triomphe du ressentiment. La violence surgit quand le logos, le langage, la raison s'effacent de la cité. Pour surmonter, dépasser ce sentiment mortifère, la philosophe utilise le concept freudien de sublimation : "La sublimation est cette aptitude nécessaire au sujet individuel, isolé ou pris dans les rets de la société : elle est cette habilité à tisser à partir de ses propres névroses et à tisser avec celles des autres, encore plus difficiles à digérer, un talent quasi alchimique de faire avec les pulsions autre chose que du pulsionnel régressif, de les tourner vers un au-delà d'elles mêmes, d'utiliser à bon escient l'énergie créatrice qui les parcourt". Cynthia Fleury apporte une conclusion convaincante quand elle évoque la voie rilkéenne, "l'Ouvert ou s'ouvrir, tolérer l'incertitude, refuser le dogme, cultiver la pensée critique, pratiquer la vis comica, la force comique, le rire, enseigner les humanités". Un essai à lire surtout pour éclairer notre temps si sombre, si complexe en attendant avec patience le retour de notre vie d'avant quand le virus oubliera l'espèce humaine... 

jeudi 29 octobre 2020

Derniers pèlerinages avant fermeture

 Encore un attentat horrible sur notre sol de France. Cette fois-ci des catholiques tranquilles et sereins attaqués dans leur église. Incompréhension, sidération et colère. Les jours s'assombrissent avec ces attaques islamistes qui fragilisent notre démocratie, affaiblissent notre République. Il va falloir rester debout contre vents amers et marées chagrines. A côté de ces évènements tragiques, les annonces de notre Président semblent inévitables et acceptables pour tous. Après un nouveau confinement à partir de minuit, il va falloir retrouver l'esprit de ce printemps où nous sommes restés dans nos maisons ou appartements. Cette privation de liberté va durer un mois ou plus pour notre bien à tous. Comme je suis retraitée, je n'oserai en aucun cas me plaindre de cette situation. Je suis soulagée que nos enfants et nos adolescents continuent leur scolarité, leurs acquisitions du savoir pour mieux vivre plus tard. Je regrette la fermeture des bibliothèques et des librairies, lieux essentiels pourtant caractérisés de "non essentiels". Quel dommage ! Pour "commémorer" cette dernière après-midi de liberté, j'ai pratiqué une des plus belles des "religions", celle de la culture, de la connaissance, de la nuance, de la tolérance et de la liberté. J'ai réservé ma première visite à la librairie Garin où j'ai constaté avec plaisir une grande affluence. Quelques clients portaient une pile de livres à bout de bras. Des lecteurs écureuils avec leurs noisettes culturelles... J'ai choisi le dernier Daniel Mendelssohn, "Trois anneaux" et celui de Dominique Fernandez.  Puis, j'ai mené mes pas à la Médiathèque de Chambéry très fréquentée à la veille de sa fermeture. Chaque adhérent pouvait choisir une cinquantaine de livres... J'ai remarqué la même fièvre autour des livres et de la culture. En temps de confinement, leur compagnie me semble apaisante, nécessaire et consolatrice. J'ai terminé mon après-midi avec une belle marche sur les bords du lac du Bourget. J'ai regardé encore avec plus d'attention la Dent du Chat, le lac, les roselières, l'étang des Mottets, les mouettes, les barques, le port de Terre nue en leur donnant rendez-vous en décembre, peut-être. Ce temps suspendu dans cette bulle si belle de nature préservée m'a donné l'énergie pour traverser ce long mois de novembre où chacun devra accomplir son devoir de citoyen en respectant les mesures contre ce virus mortifère et mondialisé. En compagnie des livres, de la musique, de l'écriture. Cultivons nos passions et ce mois de novembre passera plus vite. Et surtout tenons ce virus à distance... 

lundi 26 octobre 2020

"Intimité"

J'ai terminé la lecture "d'Intimité" d'Alice Ferney avec soulagement. Je me suis fait un devoir de le lire et de le parcourir dans la dernière partie pour me fabriquer ma propre opinion. Ce roman ressemble à un traité sur les relations amoureuses hétérosexuelles à notre époque et sur les problèmes de la parentalité directe ou indirecte. Alexandre symbolise le héros masculin par excellence et il traverse le livre du début à la fin. Autour de lui, gravitent ses "femmes" et ses enfants. Sa première compagne, Ada, attend un enfant alors qu'elle ne désirait pas revivre une deuxième grossesse. Mais, Alexandre n'avait qu'une obsession : être père, à n'importe quel prix. Le couple confie le fils d'Ada à Sandra, une voisine célibataire, libraire de son état. Mais, l'accouchement se passe mal et Ada perd la vie en donnant naissance à une petite fille. Alexandre est ravagé par la mort de sa compagne et par sa culpabilité : "Mon désir a tué Ada. Si je n'avais pas voulu d'enfant, Ada serait vivante". Au fil du temps, il se lie d'amitié avec Sandra qui l'aide à surmonter cette épreuve. Au fil du temps, ils partagent les repas du soir et Sandra prend souvent soin de ses enfants. Sandra est une femme libre, qui ne veut pas s'attacher à un seul homme et revendique un féminisme serein et affirmé. Quand l'écrivaine introduit la deuxième compagne d'Alexandre, Alba, rencontrée sur un site internet, l'histoire devient de plus en plus pesante et quelque peu invraisemblable. Cette professeur de français refuse la dimension sexuelle de sa relation avec Alexandre qui accepte ce contrat par culpabilité. Ils se marient et vivent ensemble. Mais, Alba veut à son tour devenir mère, les enfants de son conjoint ne lui suffisent pas. Elle choisit la GPA en contactant une jeune américaine comme mère porteuse. Le roman à ce moment là ressemble à un mode d'emploi : comment se renseigner sur les sites internet, les pour et les contre, les hésitations et les certitudes. Alexandre cède malgré son opposition et accepte cette méthode si complexe. Cette partie du roman m'a semblé un peu indigeste. Alba ne possède aucune empathie et semble marmoréenne. Les thèmes du couple, de la maternité et de la parentalité sont débattus à chaque page du roman et même si, l'écrivaine veut jouer le registre de la comédie, ce roman bavarde trop... Dommage...