Le grand écrivain allemand, Bernhard Schlinck, a publié neuf nouvelles dans le recueil, "Les couleurs de l'adieu", paru en 2022 chez Gallimard. Ces textes sont nimbés de regrets, de remords et de souvenirs douloureux. Le point commun de ces nouvelles réside dans un retour sur le passé qui représente un moment charnière dans la vie des personnages. Des paroles non comprises, des gestes maladroits. L'écrivain interroge ces décisions malheureuses qui scellent les destins des uns et des autres. Dans la première nouvelle, un scientifique de la RDA n'a jamais avoué à son ami qu'il l'avait dénoncé aux autorités. Ce secret est divulgué par la fille de cet ami qui entreprend des recherches dans les archives de la STASI. Comment un passé honteux peut revenir dans un présent soi-disant innocent. Dans une autre nouvelle du recueil, un jeune garçon part en vacances dans une île avec sa mère. Il a découvert qu'elle entretenait une liaison avec un homme qu'il avait repéré sur le ferry. Il ne dira rien à son père, encore un secret lourd à porter. Dans la "Fille aimée", un homme couche avec sa belle-fille qui n'arrive pas avoir d'enfant. Une nouvelle évoque un premier flirt et quand le protagoniste retrouve cette femme aimée dans sa jeunesse, le temps a abîmé cet amour et il ne reste que les regrets. Dans un article sur ce recueil, j'ai relevé ce commentaire : "Au fil de neuf nouvelles, Bernhard Schlink nous entraîne dans un scintillant kaléidoscope d'intériorités et nous interroge sur le sens de ces moments où nous congédions une époque, un rêve irréalisable ou un être aimé". Ces textes fourmillent de non-dits, de choses cachées, de comportements inavouables. L'écrivain allemand, toujours aussi subtil, écrit sur le couple, l'enfant, l'amour, mais aussi, la trahison, la perte d'un être cher, le remords, le hasard. J'ai choisi ce recueil qui porte un oeil lucide et cruel sur la condition humaine dans le cadre de l'Atelier Littérature de juin.
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