J'ai toujours été attirée par le mythe des îles et je me souviens encore des Cyclades, une escapade fascinante que j'avais effectuée il y a quelques années : Santorin, Naxos, Mykonos. Evidemment, l'île d'Arz ne ressemble en aucun cas à la Gréce mais, quand même, la notion d'un sentiment d'insularité peut se comprendre quand on vit sans liaison avec le continent durant la nuit. Ma cousine me racontait qu'elle avait connu des voisins qui ne supportaient pas l'isolement provoqué par l'absence de navettes régulières à tout moment. Je crois bien que je n'éprouverais pas ce sentiment, bien au contraire. Un matin, j'ai pris le chemin vers la Plage de la Falaise et j'ai longé la mer jusqu'au moulin à marée de Berno au bout d'une digue, datant du XVIe siècle et restauré par une association. Plus loin, j'ai observé le cimetière à bateaux, un panorama d'une poésie totale avec un ciel brouillé de nuages, un soleil blanc sur un ciel bleu gris. Une aigrette est venue se poser au bord d'une mare pour compléter ce paysage marin, habité par un silence impressionnant. Cet oiseau si gracile voulait certainement me faire plaisir. Je me sentais loin d'un monde voué aux bruits agressifs de nos transports comme à Paris d'où je venais. Mon séjour sur l'île malheureusement trop bref m'a vraiment fourni des "vitamines de bonheur" (titre d'un recueil de nouvelles de Raymond Carver). Je me voyais bien rester dans une petite maison bretonne avec des livres, de la musique et la mer devant moi ! La vertu des voyages réside aussi dans le pouvoir de l'imagination. Je m'inventais une vie nouvelle dans cette petite île, réputée austère, mais si harmonieuse. Mais, pour moi, l'austérité reste une valeur essentielle. Quand je suis partie le matin assez tôt, l'île m'a offert un lever de soleil magnifique et je ressentais un sentiment de nostalgie en quittant le golfe. Mais, je suis sûre que j'y retournerai !
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