vendredi 6 mars 2026

"Seule Venise", Claudie Gallay

 Dans le cadre de l'Atelier Littérature de mars, j'ai choisi Venise. L'année dernière, Paris était à l'honneur et à chaque saison, je changerai d'horizon. Pourquoi pas Londres, Berlin, Vienne, Amsterdam et tant d'autres capitales européennes ? Pour ma part, je resterai bien en Italie mais quand même, je deviens trop chauvine. Dans ma liste bibliographique, je voulais intégrer "Les Jardins de Torcello" de Claudie Gallay mais il n'est pas encore disponible en livre de poche. J'ai donc opté pour "Seule Venise" de la même écrivaine. Ce roman, publié en 2004, chez Actes Sud, reprend le thème du son dernier roman, une déambulation d'une femme seule dans la ville magique. La narratrice dans "Seule Venise" a vidé son compte bancaire, a pris le train et s'est retrouvée à Venise en plein hiver pour oublier son amoureux qui l'a quittée. Sa maladie d'amour correspond bien à l'ambiance feutrée de Venise dans ses brumes et dans ses pluies. Dans une modeste pension, tenue par Luigi, elle a loué une chambre. Les pensionnaires forment une communauté empathique : un vieux prince russe, une jeune danseuse avec son fiancé, l'hôtelier si prévenant. Le vrai personnage du roman se nomme Venise, un lieu enchanté où l'esprit reste constamment aux aguets tellement le regard se promène dans un espace singulier. La jeune quadragénaire va se laisser guider par son intuition rêveuse dans le labyrinthe des ruelles et des canaux. Elle rencontre un libraire, un vrai, amoureux de la littérature. La librairie devient son hâvre de paix et d'espoir. Une relation amicale et peut-être amoureuse s'installe entre eux. Elle évoque aussi la présence de Zoran Music, un peintre de la Shoah, ce qui m'a beaucoup intéressée car j'avais vu à Venise une exposition de ses toiles tragiques au palais Fortuny. Le vieux prince russe a vécu un amour inoubliable dans sa jeunesse et la narratrice va retrouver cette femme cinquante ans après dans un couvent vénitien. Son séjour à Venise lui donne un nouveau souffle, un nouveau départ, de nouveaux désirs. Venise produit des miracles. Un roman promenade bien agréable à lire pour savourer le charme incommensurable de cette cité plus que millénaire.  

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