lundi 4 décembre 2023

"La Danseuse", Patrick Modiano

 Patrick Modiano, Prix Nobel de littérature en 2014, publie un nouveau texte, "La Danseuse" et je ne manque jamais ce rendez-vous, nimbé de nostalgie. Sa recherche lancinante d'un passé brouillé et lointain constitue la "basse continue" de toute son œuvre entière, plus de 45 titres. Certains critiques semblent las de cette répétition incessante, de ce tempo en sourdine car sa démarche ne révèle pas un renouvellement des thèmes modianesques. Ce roman de 100 pages, 'La Danseuse", représente la quintessence de tous ces textes précédents. Le flou s'installe d'emblée dès la première page : le narrateur se souvient de la danseuse mais il a oublié les autres visages "qui se sont estompés avec le temps". Ce temps, le personnage principal de Patrick Modiano :  "le temps qui a brouillé les visages a aussi gommé les points de repères. Il reste quelques morceaux d'un puzzle, séparés les uns des autres pour toujours". Ce puzzle littéraire concerne une jeune femme qui apprend le métier de la danse à Paris : "La danse est une discipline qui vous permet de survivre", dit son professeur, Boris Kniaseff. Une discipline de fer tout comme l'écriture, semble avouer le narrateur, le double de l'écrivain. La jeune femme se donne corps et âme à la danse tout en élevant son fils seule. Le père de cet enfant a disparu du décor mais on devine vite que c'était un homme peu recommandable. La vérité des personnages nage toujours dans le flou, dans le flottant, dans le cotonneux. Le passé omniprésent et le présent passéiste s'entrechoquent, se mêlent pour former un nuage romanesque sur le couple improbable que forment la danseuse et le narrateur. Un critique du journal le Monde évoque l'effet "sfumato" de la démarche poétique de Patrick Modiano. Pourtant, tel un Petit Poucet, il sème dans son texte quelques détails réalistes : une adresse, des numéros de téléphone, des noms de rues, des restaurants, des personnes réelles. Un personnage équivoque a provoqué les souvenirs du narrateur, un nommé Verzini, qu'il rencontre par hasard dans un coin de Paris, cinquante après l'avoir connu. La danseuse a disparu de son horizon vital mais elle conserve une aura dans son horizon mental. Il ne l'a jamais oubliée ainsi que son petit garçon, Pierre, et cet amour ancien resurgit dans sa mémoire telle la madeleine de Proust. Patrick Modiano fouille sa mémoire fuyante et fugace, tel un archéologue du passé et grâce à l'écriture, il dévoile tout un pan du passé où cette femme l'a enchanté pendant quelques mois, un enchantement qui dure toujours. Modiano ou le magicien des mondes perdus et retrouvés : "Il faut marcher à pas comptés pour déjouer le désordre et les pièges de la mémoire". Ce roman si dense malgré sa minceur a conservé tout le charme nostalgique de l'œuvre modianesque. 

vendredi 1 décembre 2023

"Cézanne, des toits rouges sur la mer bleue", Marie-Hélène Lafon

 Quand un écrivain ou une écrivaine s'empare d'un artiste, d'un peintre, d'un sculpteur, le destin de ces hommes et de ces femmes s'inscrit dans la littérature et ce geste donne à tous les créateurs une dimension mythique. D'un côté leurs tableaux, leurs sculptures, leurs œuvres et de l'autre, des mots pour dire les émotions que l'on éprouve quand on se retrouve dans un musée, devant les chefs d'œuvre. Marie-Hélène Lafon avait déjà écrit sur son "dieu", Gustave Flaubert et ces exercices d'admiration se prolongent avec Paul Cézanne dans ce beau récit, "Cézanne, des toits rouges sur la mer bleue", publié chez Flammarion. Comme dans ses romans, l'écrivaine raconte les effets "Cézanne", une "nécessité" dans sa relation à la vie : "Mon chantier violent était donc un chantier de famille, intestin, carabiné, et la plongée en pays cézannien s'accompagne d'une roborative sensation d'allègement après cette rugueuse remontée aux sources". Pourtant, des grands spécialistes du peintre ont déjà raconté toute la mythologie cézannienne comme Philippe Sollers, Ramuz, Rilke, etc. Ce texte ressemble à des "variations" sur la famille de Cézanne. Comment devient-on ce peintre sublime ? Son ancrage à Aix en Provence révèle son goût de l'enracinement même s'il a vécu à Paris. Le père, Louis-Auguste, banquier, ne comprend pas son fils artiste. Il aimerait tellement qu'il s'intéresse à son monde si pragmatique. La mère, Anne-Elizabeth, aimante et rassurante pour le jeune Paul, une complice indispensable. Les sœurs, Marie et Rose, piliers de la famille. Le terrain familial est un terreau fertile pour Paul Cézanne, fou de dessin et d'art. Des scènes cézaniennes alternent avec des moments biographiques de la narratrice comme cette visite au Louvre devant le tableau des "Sous bois". Elle se saisit des pensées d'un père déçu, d'une mère admirative et des amis du peintre. Un chapitre évoque les paysages de Cézanne et lui-même annonçait à son entourage : "Je vais au paysage tous les jours". Et Cézanne voulait recréer ce qu'il voyait : "Perdre, trouver, chercher, on est à l'épicentre, on cherche la peinture, dans la lumière et dans le vent, dans le chatoiement des choses". Cet essai sur l'art de Cézanne prend des couleurs et de la chair tellement Marie-Hélène Lafon plante son personnage principal dans un décor familial, artistique et géographique d'où émerge un homme ermite voué à sa vocation artistique. Ce texte se lit comme un roman avec la griffe inimitable de l'écrivaine. Un très bon moment de lecture qui donne envie de lire d'autres essais sur Cézanne et des beaux livres sur lui.   

mercredi 29 novembre 2023

Atelier Littérature, 2

Véronique a bien aimé le récit autobiographique d'Agnès Desarthe, "Le Château des Rentiers", publié chez L'Olivier. L'écrivaine se souvient de ses grands-parents, Boris et Tsila, Juifs originaires d'Europe centrale qui ont inventé une vie en communauté dans un immeuble parisien. Et elle, comment va-t-elle abordé le grand vieillissement ? Dans un Ehpad ? Ou dans un immeuble communautaire ? Dans ce récit, l'écrivaine aborde avec un humour communicatif les angoisses du troisième âge qui glisse si vite dans le quatrième. J'aurais aimé que ce livre obtienne un prix littéraire car le sujet de la vieillesse concerne toute la société dans son ensemble. Mais, il semble que ce thème dérange toujours. Régine avait sélectionné sur ma liste le roman de Serge Joncour, "Chaleur humaine", publié chez Albin Michel. Elle a bien aimé ce récit sur l'histoire d'une famille pendant le confinement en 2020. Trois sœurs, Vanessa, Caroline et Agathe, rejoignent la ferme de leurs parents dans le Lot. Alexandre, leur frère, gère la ferme à sa façon. Les sœurs, pourtant en froid avec ce frère, vont retrouver leurs racines et vivre un huis-clos intense entre règlements de compte, dérèglement climatique et épidémie du Covid. Un bon sujet de roman, agréable à lire, sans doute, une idée de cadeau pour Noël. Odile a bien apprécié le récit autobiographique de Laure Murat, "Proust, roman familial", Prix Médicis essai. Cet excellent texte ne parle pas seulement du monde aristocratique dans la "Recherche du Temps perdu". Laure Murat est issue de la noblesse d'Empire et raconte avec sincérité tous les avantages et surtout tous les inconvénients d'appartenir à une classe sociale dite "supérieure". Elle franchit le pas en avouant son homosexualité à sa mère qui l'a brutalement rejetée jusqu'à sa mort. Laure Murat s'est libérée de son milieu traditionnel en partant en Californie où elle enseigne la littérature. Un récit attachant et fascinant pour les amoureux et amoureuses de Proust. Odile s'est jurée de redécouvrir Marcel Proust surtout après avoir lu Laure Murat. Danièle a choisi une nouveauté en dehors de ma liste avec "Misericordia" de Lidia Jorge, Prix Médicis étranger. Une vieille dame enregistre sur un petit magnétophone le journal d'une année de vie dans une maison de retraite. L'écrivaine, sa fille, retranscrit les textes de sa mère qui a conservé sa mémoire intacte, son imagination et sa curiosité pour les autres. Un très beau récit, venu du Portugal, un pays si attachant et si beau. Janelou a lu "Leçons", le grand roman d'Ewan McIan. Je consacrerai un billet sur ce roman que Janelou a bien apprécié tout en le jugeant trop long. Nous étions nombreuses à avoir dévoré le dernier roman de Zeruya Shalev, "Stupeur", un grand roman magnifique sur les relations familiales, le couple, l'amour, la filiation, le deuil, sur la vie, tout court avec ses bonheurs comme avec ses malheurs. Voilà pour l'atelier Littérature du 23 novembre. Merci à toutes les lectrices de l'atelier pour leur motivation toujours aussi vive pour la littérature ! 

mardi 28 novembre 2023

Atelier Littérature, 1

 Ce jeudi 24 novembre, nous étions une bonne dizaine de lectrices à nous retrouver à l'AQCV pour le deuxième atelier de la saison. Nous avons pris tout notre temps (les deux heures de l'atelier) pour parler de la rentrée littéraire de septembre et des prix littéraires. Geneviève et Annette avaient choisi le prix Goncourt, "Veiller sur elle" de Jean-Baptiste Andrea aux éditions l'Iconoclaste. La première lectrice a été déçue par ce roman historique qui raconte l'histoire d'un sculpteur, Mimo, atteint de nanisme. Dès qu'il voit Viola, une héritière d'une famille prestigieuse, il tombe amoureux. Les deux amants traversent la période du fascisme en Italie et tentent de vivre leur amour avec des soubresauts. Annette a bien apprécié le décor italien, les paysages et s'est montrée moins catégorique que Geneviève. Ce prix Goncourt ne fait pas battre les cœurs de nos lectrices malgré son projet romanesque dans une Italie vibrante de vie, la sculpture. J'ai bien vérifié les critiques professionnels qui semblent tous "enchantés" par ce récit d'une écriture assez plate. Odile et Geneviève (notre dernière recrue) ont lu "L'enragé" de Sorj Chalandon et l'ont beaucoup apprécié. En 1934, 56 gamins se sont révoltés dans un centre d'éducation surveillée de Belle-Ile-en-Mer. Tous ont été capturés sauf un. L'écrivain va raconter la vie de cet enfant, né enragé, né sans amour, qui lui ressemble beaucoup. Geneviève a qualifié ce roman "d'âpre, de rude, d'émouvant". Odile a été emportée par le destin de ce personnage hors norme. Sorj Chalandon possède un talent certain : il n'ennuie jamais ses lecteurs et ses lectrices. Mylène a lu avec plaisir le dernier Modiano, "La danseuse", publié chez Gallimard. Elle a retrouvé les thèmes chers de l'écrivain : souvenirs flous, mémoire défaillante, personnages en marge, brouillard modianesque. Certains critiques ont constaté une fadeur dans ce récit de 90 pages, mais, il vaut mieux le lire pour se faire une opinion personnelle. Régine a présenté "Triste Tigre" de Neige Sinno, publié chez P.O.L Ce récit sur l'inceste a reçu plusieurs prix dont le Femina et percute la rentrée littéraire de septembre. Ce sujet sensible, les crimes sexuels intrafamiliaux, appartient-il à la littérature ? Neige Sinno nous répond par l'affirmative en inscrivant son récit dans un style incisif, un style au scalpel pour dénoncer son beau-père, qui, après neuf ans de prison, a refait sa vie, s'est marié et a fondé une nouvelle famille. Régine a relevé quelques phrases qu'elle a trouvées injustifiables. Odile était plus attachée à l'intérêt que représente la dénonciation des viols sur la narratrice, âgée de sept à quatorze ans. Ce récit dérangeant et difficile mérite tout de même une lecture attentive pour constater les dégâts ravageurs de ces crimes insupportables sur les enfants au sein d'une famille. (La suite, demain)

lundi 27 novembre 2023

Escapade parisienne, les jardins, la BNF Richelieu, l'Orangerie, les librairies

 La journée de vendredi s'est avérée moins pluvieuse que la veille. Cette météo favorable m'a permis de me balader dans le jardin du Palais Royal où j'ai senti la présence de Colette. J'étais sous sa fenêtre et je m'attendais à la voir derrière sa fenêtre. Plus loin, j'ai traversé le passage Colbert, abritant des institutions artistiques et je me suis dirigée vers la rue Richelieu pour revoir la Bibliothèque Nationale et ses deux salles magnifiques : la salle Ovale et la salle Labrouste. J'aime cette atmosphère feutrée, silencieuse que l'on constate alors que toutes les tables sont occupées par des chercheurs et chercheuses. L'architecture de ces salles est époustouflante et ces lieux de savoir me ravissent le cœur. Je sens une communauté de curieux et de curieuses, des "gens du livre", des lecteurs et des lectrices comme des sentinelles d'une civilisation raffinée qui perdure et durera des siècles encore. J'ai fait un tour dans la librairie de la BNF et j'ai acheté un agenda très élégant pour l'année prochaine. Après Richelieu, j'ai traversé à nouveau les Tuileries car j'avais une réservation pour l'Orangerie à midi à l'occasion d'une exposition sur Modigliani. On peut voir une vingtaine de tableaux et quelques sculptures du peintre. Toutes les expositions parisiennes attirent de nombreux, très nombreux visiteurs et visiteuses et j'avais du mal à me concentrer pour admirer ces portraits aux yeux vides de Modigliani, mort à 35 ans de la tuberculose. Dans ce musée à taille humaine, j'ai surtout revu avec un grand plaisir la salle Cézanne que j'aime vraiment beaucoup d'autant plus que je lisais l'ouvrage de Marie-Hélène Lafon sur lui. Je suis restée aussi assise sur la banquette devant les "Nymphéas" de Claude Monet pour plonger mon regard sur ces toiles bleues offertes à la France par le peintre en 1918 comme symbole de la paix. Cette "Sixtine de l'impressionnisme" est l'une des plus vastes réalisations monumentales de la peinture de la première moitié du XXe siècle. Je ne quitte jamais Paris sans me rendre dans mes deux librairies de prédilection : le Dilettante, place de l'Odéon et la librairie Delamain, place Colette. Musique, littérature, art, architecture, la capitale française regorge de trésors à trois heures de Chambéry ! Ce serait dommage de se priver de ce bain culturel si proche de la Savoie... 

vendredi 24 novembre 2023

Escapade parisienne, Le Louvre

 En voyage et hors du quotidien, le temps se dilate et en trois jours, l'escapade parisienne a semblé duré le double. Mes intentions restent toujours les mêmes : visiter des musées, se balader dans les Tuileries ou au Luxembourg, aller au restaurant, profiter des concerts, voir des monuments, rentrer dans les librairies, faire un tour à la Bibliothèque nationale de Richelieu, s'installer sur une terrasse, arpenter les Champs Elysées, revoir l'Arc de Triomphe, la Tour Eiffel, la Place de la Concorde et la Seine, et l'Ile Saint Louis, et le Palais Royal, et les Passages. Voir aussi la misère des SDF, les chauffeurs de taxi très énervés, les serveurs affables et polis, les femmes élégantes, les touristes de tous les pays, les livreurs, les brasseries pleines à craquer, les pâtisseries superbes, l'art de vivre à la française, les queues devant les musées, des vélos, des embouteillages, des ambulances... La vie d'une capitale harassante et fascinante. J'ai donc effectué mon pèlerinage annuel au Louvre le jeudi après-midi pour revoir mes tableaux préférés. La foule des touristes était au rendez-vous comme au temps de l'avant-covid. Devant la Joconde, des dizaines de visiteurs s'admiraient avec leurs selfies ridiculement narcissiques. Et pendant qu'ils étaient tous aimantés par Léonard de Vinci, le tableau extraordinaire de Véronèse, "Les noces de Cana", n'attirait aucun regard dans la même salle... Je me trouvais dans la galerie de la peinture italienne au milieu d'une foule compacte et passante. Les touristes passaient devant des chefs d'œuvre sans les regarder, même deux merveilleux Botticelli sans parler des Raphaël, du Caravage et des Bellini. Je me suis réfugiée chez mes chers Etrusques et dans la collection Campana aux magnifiques vases grecs. Et là, j'ai respiré ! Chic, les badauds du Louvre ne semblaient pas apprécier l'Antiquité (sauf les Egyptiens) ! Pourquoi donc viennent-ils au Louvre ? Mystère... Cette fréquentation intensive ressemble à celle de la Tour Eiffel et des Champs Elysées. Après deux heures de visite, je suis repartie me reposer avant de revenir au Louvre vers 20h pour assister à un concert, un opéra de Scarlatti. Le décor de la Pyramide était magique dans la nuit et je me suis retrouvée sous la Pyramide sans la cohue mais hélas, les salles étaient bien fermées et j'imaginais ces milliers d'œuvres dans le noir sans le regard des humains. Enfin, les sculptures et les tableaux devaient soupirer d'aise : enfin la tranquillité !  Comme j'aurais aimé me balader seule dans la galerie de la peinture italienne ou hollandaise ! J'ai compris qu'il vaut mieux visiter le musée en nocturne le vendredi soir jusqu'à 21h45 mais ce soir là, j'étais dans le TGV... 

mardi 21 novembre 2023

Escapade parisienne, Picasso et Gertrude Stein au Musée du Luxembourg

 Journée pluvieuse en continu, ce jeudi à Paris et pour s'abriter, je n'ai vu que les musées pour me réfugier avec plaisir. Au Musée du Luxembourg, une exposition originale, organisée par Cécile Debray, commissaire générale, célèbre le 50e anniversaire de la mort du Picasso (1881-1973) en invitant l'amie célèbre du peintre en la personne de l'écrivaine américaine, Gertrude Stein (1874-1946). L'écrivaine s'installe à Paris en 1903 peu après l'arrivée du jeune Picasso. Ils partagent une position d'étrangers un peu marginalisés par leur appartenance à la bohème de l'époque. Mais, ils se ressemblent aussi par leur travail respectif d'une liberté artistique avant-gardiste : le cubisme. Intitulé, "L'Invention du langage", l'exposition rappelle la relation essentielle entre l'art et la littérature. Quand j'ai pénétré dans la première salle (avec une réservation obligatoire), j'ai vu des Picasso, un Cézanne et des Juan Gris. Des vitrines présentent les éditions originales de l'écrivaine. Issue d'une famille juive émigrée d'Allemagne, elle rejoint son frère Théo, collectionneur des Matisse et des Picasso que personne ne veut. Elle se met à écrire de drôles de phrases dont la plus emblématique : "Une rose est une rose, est une rose, est une rose", symbole de la répétition où elle semble dire que "Les choses ne sont que des choses". Picasso invente aussi le cubisme où il ne voit que des formes dans les images. Ce mouvement pictural et littéraire renouvelle les codes esthétiques traditionnels pour saisir plus complètement le réel. L'écrivaine a vécu à Paris avec sa compagne, Alice Toklas, jusqu'en 1939, avant de se cacher dans l'Ain durant l'Occupation. Elle connaît le succès en Amérique grâce à son "Autobiographie d'Alice Toklas" et la postérité de son œuvre novatrice perdure encore aujourd'hui. La deuxième partie de l'exposition concerne Gertrude Stein et son influence dans l'art contemporain avec Warhol, Duchamp et d'autres artistes moins connus. J'ai trouvé cette présentation très originale et cette visite m'a donné envie de lire Gertrude Stein que j'ai mieux compris en l'approchant dans ce cadre. Je suis repartie avec une documentation sur cet événement et j'ai même acheté une microfibre pour nettoyer mes lunettes avec cette citation gertrudienne : "Et l'identité c'est drôle d'être toi-même c'est drôle car tu n'es jamais toi-même pour toi-même sauf quand tu te rappelles toi-même et alors bien sûr tu ne te crois pas toi-même". A méditer pour bousculer nos neurones !