Je suis "montée" à Paris pour plusieurs rendez-vous, préparés à l'avance (à cause du Covid, les réservations sont encore recommandées) en concentrant en cinq jours les expositions, les spectacles et les balades. J'avais hâte de voir l'exposition "Marcel Proust, un roman parisien", proposée par le somptueux hôtel particulier, le Carnavalet, rénové où l'on peut aussi s'informer sur l'histoire de la capitale. La Commémoration du 150e anniversaire de la mort de l'écrivain a donné naissance à cette très belle prestation. Les liens de l'écrivain avec Paris se dévoilent amplement dans les 280 œuvres exposées : peintures, sculptures, dessins, photographies, maquettes, accessoires, manuscrits, éditions originales, vidéos dont celle de Céleste Albaret. La reconstitution de son univers familier montre un Paris des années 1900. Né à Paris, Marcel Proust a vécu au cœur d'un quadrilatère restreint allant du Parc Monceau à la Place de la Concorde, d'Auteuil au Bois de Boulogne sans oublier la Place Vendôme. Lycéen au lycée Condorcet, il a fréquenté le monde de la haute société et a rencontré des personnalités déterminantes comme le dandy, Robert de Montesquiou. Une cartographie révèle ses lieux de prédilection où il puisait son inspiration pour son œuvre majeure, "A la recherche du temps perdu". Entre le réel parisien et la fiction proustienne, une symbiose s'effectue et les personnages de la Recherche s'enracinent dans la mémoire des lecteurs et des lectrices comme des êtres de chair et de sang. Le Narrateur, Swann, Bergotte, Charlus, Albertine, les Verdurin, Saint-Loup et tant d'autres apparaissent sur la scène comme dans une série contemporaine. Quand je suis arrivée devant la chambre de Proust, j'ai ressenti une émotion devant son lit, sa redingote, sa canne et sa méridienne. C'est donc dans ce lit qu'il a composé sa cathédrale de mots, de sensations, de rêves, de souvenirs ! Il a porté ce vieux vêtement et il s'est reposé dans sa méridienne. Cette plongée immersive dans son espace intime permet de se représenter ses instants de vie. La seconde partie de l'exposition s'ouvre sur le Paris fantasmé de Marcel Proust, celui qu'il a décrit dans sa Recherche. Ce voyage proustien m'a fait revivre une parenthèse enchantée dans un des sommets de la littérature française. Un beau livre d'art raconte cette exposition exceptionnelle et évidemment, je l'ai acheté pour poursuivre avec bonheur mon parcours proustien dans cette année de commémoration. Cette exposition est disponible jusqu'au 22 avril.
des critiques de livres, des romans, des moments de lectures, des idées de lecture, lecture-partage, lecture-rencontre, lectures
mardi 22 mars 2022
lundi 21 mars 2022
Esprit du lieu, Paris
Comme tous les ans, je me "culturalise" à Paris. En fait, cette ville, notre capitale à tous et à toutes, conserve et conservera son identité unique qui met toujours en avant son rayonnement culturel universellement reconnu. Souvent, dans les médias, j'entends le "Paris" bashing, expression anglaise désagréable à l'oreille : la capitale est sale, polluée, horrible, violente, stressante et j'en passe. Mais, quand il me prend l'envie de la revoir et de vivre à l'heure parisienne, je ne vois pas le côté sombre, appauvri de la capitale où la délinquance règne en maître. Evidemment, je ne traverse que le "beau", le "bon" Paris et je m'abstiens de m'aventurer dans des zones inconfortables. Je préfère les musées, les monuments, les parcs et jardins, les quais de la Seine, les ponts, les statues et tous les citadins et citadines affairées, pressées. Je plonge dans un macrocosme bouillonnant qui m'insuffle une énergie renouvelée. Mardi, après un voyage parfait dans le TGV, j'ai traversé la ville pour atteindre mon hôtel situé près du Louvre. Dès que j'ai déposé ma valise, j'ai retrouvé avec plaisir le Jardin des Tuileries avec ses bassins et ses chaises vertes, ses statues et ses sculptures dont les séduisantes jeunes filles de Maillol. En me baladant dans le quartier des Halles, j'ai découvert l'église Saint-Eustache, relevant du gothique flamboyant et du style Renaissance. J'ai été impressionnée par la hauteur de sa nef, trente trois mètres, supérieure à celle de Notre-Dame. Les 25 chapelles rappellent l'immensité de cette église ainsi que les 8 000 tuyaux de l'orgue, l'un des plus grands de France. Devant l'église, se trouve une sculpture spectaculaire en grès d'Henri de Miller, "Ecoute", composée d'une tête d'homme allongé, appuyée sur sa main, exécutée en 1986. Cet homme écoute les bruits et les rumeurs provenant du sol et du sous-sol. J'ai vu des enfants jouer autour de la tête et cette sculpture ludique anime le parvis de l'église devant le jardin Nelson Mandela. J'ai conduit mes pas vers les quais de Seine où quelques bouquinistes survivent encore alors que la majorité des boîtes vertes était fermée. Vers 1900, ce vert unique, le vert "wagon" est à l'image des fontaines Wallace et des colonnes Morris. Aujourd'hui, les intempéries et le vandalisme ont abîmé un grand nombre d'entre elles. Mais, quelques résistants culturels maintiennent cette belle tradition autour des livres anciens et des soldes. On compte deux cents bouquinistes avec un stock de près de 300 000 volumes, de gravures, de timbres et de revues. Certains vendent aussi des objets divers made in China comme la tour Effel. Je ne manque jamais de farfouiller dans les bacs pour dénicher un livre rare ou un roman épuisé. Cette institution culturelle perdure tout de même malgré la révolution numérique. Les nouvelles générations fascinées par les écrans de toutes sortes vont-elles encore musarder dans ces boîtes de papier ? J'en doute ! Profitons encore du monde des bouquinistes parisiens, ce commerce livresque si ancien né en 1789 ! J'ai intitulé mon billet "'esprit du lieu". Oui, passer quelques jours à Paris dans son centre historique dans les arrondissements le long de la Seine m'enchante durablement : Le Louvre, Notre Dame, la Conciergerie, l'Ile de la Cité, le Vert Galant, la mairie de Paris, et tant d'autres traces architecturales d'un passé glorieux. Le séjour commençait bien... Je me sentais bien au centre de notre pays, la France.
lundi 14 mars 2022
Atelier Littérature, 3
Plusieurs lectrices de l'atelier ont lu Jean-Bertrand Pontalis, l'écrivain psychanalyste le plus clair dans son écriture, le plus accessible pour le grand public, le meilleur passeur exemplaire entre la psychanalyse et la littérature française. Il a animé pendant vingt-cinq ans la Nouvelle Revue de Psychanalyse et a dirigé deux collections prestigieuses chez Gallimard, "Connaissance de l'Inconscient" et "L'un et l'autre". Colette a découvert cet auteur original avec "Le songe de Monomotapa", publié en Folio. Cet essai évoque, en une vingtaine de courts chapitres, le thème de l'amitié : de sa naissance à sa dissolution, de son temps long à un moment bref, alliant réflexions et histoires intimes. Quel rôle joue l'amitié dans notre vie ? La Fontaine écrivait qu'un "ami véritable est une douce chose". Mais ce terme de Monomotapa, tiré d'une fable, définit une amitié idéale, fusionnelle comme l'a vécue Montaigne avec La Boétie. A 85 ans, le psychanalyste revient sur sa vie pleine d'amitiés fugaces comme solides, profondes comme contingentes. Geneviève a lu avec plaisir "Avant", paru en Folio en 2013. Pour résumer cet essai lumineux, je cite Pontalis : "Quand il nous arrive de dire "C'était mieux avant", sommes-nous des passéistes en proie à la nostalgie d'une enfance lointaine, d'une jeunesse révolue, d'une époque antérieure à la nôtre où nous avons l'illusion qu'il faisait bon vivre ? A moins que cet avant ne soit un hors-temps échappant au temps des horloges et des calendriers. Je me refuse à découper le temps. Nous avons, j'ai tous les âges". La littérature comme la psychanalyse se ressemblent et se rassemblent autour de la mémoire, du temps, des souvenirs. J.-B. Pontalis se souvient de son patient illustre, Georges Perec, qui prétendait qu'il n'avait aucun souvenir d'enfance car il camouflait la douleur d'avoir perdu sa mère dans les camps. Un manque impossible à combler. Il est question de la réminiscence (le sentiment du déjà vu), de la trace et de l'oubli. Un essai remarquable. J'ai relu à cette occasion "Fenêtres" et j'ai retrouvé ce même bonheur de lecture que procure Pontalis. La fenêtre, symbole d'ouverture, engage le narrateur au "départ" grâce à la pensée rêvante et rêveuse avec des instants de vie réfléchie, des images et des mots du divan, des anecdotes sur ses patients anonymes. L'écrivain raconte sa vie de psychanalyste avec une élégance discrète et un humour feutré. La parole définit l'acte psychanalytique alors que la littérature se fabrique avec des mots écrits. Cette différence s'amenuise quand on pense à la démarche profonde de ces deux "arts", rechercher les clés d'une énigme : soi-même. J.-B. Pontalis a établi un pont indispensable entre ces deux mondes avec un talent incroyable. Je lui laisse les derniers mots : "L'expérience de la lecture préfigure celle de l'analyse. Toutes deux sont transport, transfert, hors de soi. Toutes deux sont épreuve de l'étranger. D'un étranger qui serait le plus près de l'origine". Ce troisième billet concerne exclusivement cet écrivain psychanalyste qui a séduit les amies lectrices de l'atelier. Il faut souvent revenir à lui comme s'il l'on suivait une thérapie littéraire réussie. La lecture, une exploration de notre condition humaine comme la psychanalyse.
samedi 12 mars 2022
Atelier Littérature, 2
Parfois, il arrive que les lectrices de l'atelier font un pas de côté dans leur choix et me proposent leur idée qui, souvent, complète ma liste bibliographique. Janelou a donc pensé tout de suite au récit autobiographique de Marie Cardinal, "Les Mots pour le dire", paru en 1975. Je ne l'ai pas intégré dans ma liste car j'avoue que je n'ai plus pensé à cette écrivaine, malheureusement bien oubliée de nos jours alors qu'elle a marqué des générations de femmes comme Gisèle Halimi ou Benoite Groult. Marie Cardinal évoque une démarche psychanalytique dans une confession intime : elle subit des règles abondantes et continuelles. Sa détresse due à ce problème physique ne trouve aucune solution de la part de la médecine traditionnelle. Elle entreprend une psychanalyse et relate avec "ses mots" son enfance en Algérie, la mort de sa sœur, la présence d'une mère toxique. Grâce à l'analyse, elle comprend mieux la source de son angoisse et parvient à mieux affronter le réel. Janelou a donc relu ce récit émouvant et parfois éprouvant en nous confirmant sa modernité actuelle et son intérêt permanent. Après la présentation des "Mots pour le dire", je suis persuadée que certaines d'entre nous le reliront avec un regard nouveau surtout après quelques décennies de plus ! Odile et Geneviève ont aimé le roman de Pascal Quignard, "Les solidarités mystérieuses". Quel rapport avec la psychanalyse ? m'a demandé Odile. Réponse de l'écrivain : "Si je ne me lasse pas de la psychanalyse, c'est qu'elle est à sa manière, un long séjour dans les limbes, dans ce royaume intermédiaire, un royaume sans roi". Claire, l'héroïne du roman, se sépare de son mari et de ses enfants pour retourner en Bretagne. Elle est follement amoureuse d'un ami d'enfance, devenu maire du village breton et pharmacien. Ce personnage féminin en rupture établit des "solidarités mystérieuses" avec son frère protecteur, son professeur de piano qui l'adopte, des amies bienveillantes. Le pharmacien, marié, ne veut pas quitter sa femme et finit par se noyer (accident ou suicide). A la mort de cet homme, Claire s'enracine dans sa solitude et dans les éléments naturels. Ce beau texte âpre, économe de mots inutiles, propose une méditation sur la vie et une contemplation de la nature. Pascal Quignard ou l'art de l'essentiel. Danièle a parlé de l'ouvrage d'Anne Dufourmantelle, "Défense du secret" en lisant des extraits car résumer ce type d'essai s'avère impossible. La psychanalyste philosophe, disparue trop tôt dans une noyade alors qu'elle voulait sauver deux enfants, fait l'éloge de la discrétion, du jardin secret à l'heure des réseaux sociaux impudiques. Résister à la transparence se transforme en véritable aventure intérieure. Un livre à découvrir en toute intimité. (La suite, lundi)
vendredi 11 mars 2022
Atelier Littérature, 1
Nous étions une dizaine de lectrices à nous retrouver cet après-midi pour parler de littérature. Pourtant, en ces temps sombres où la guerre fait rage près de chez nous en Europe, évoquer des romans et des essais semble dérisoire et futile. Pourtant, il faut préserver notre fabuleuse liberté en paix, celle de retrouver ces instants conviviaux qui prennent encore plus de valeur. Pendant les deux heures de rencontre, nous avons seulement abordé le thème de l'apport de la psychanalyse dans les romans et dans les essais. Odile a présenté le roman d'Italo Svevo, "La conscience de Zeno", publié en 1923. Ce grand écrivain de Trieste n'a pas convaincu notre amie lectrice car le personnage principal, Zeno, n'attire aucune sympathie tellement ses problèmes tournent autour de son nombril. Pourtant, il veut arrêter de fumer et sa confession sur sa vie semble un peu datée. Il choisit une épouse par défaut dans une famille de marchands triestins. Ses états d'âme où l'indécision semble le qualifier finissent par agacer et par lasser notre patience bienveillante. J'ai moi-même abandonné la lecture de ce classique italien comme l'a fait Odile. Les critiques dithyrambiques rappellent le côté ironique et cocasse "d'un homme sans qualités" et cet homme souvent ridicule, horripilant et machiste ne semble plus séduire les lectrices contemporaines. Il arrive que des chefs d'œuvre littéraires laissent de marbre comme le "Ulysse" de James Joyce. Véronique et Janelou ont choisi l'essai autobiographique de Lydia Flem, psychanalyste et écrivain, "Comment j'ai vidé la maison de mes parents", paru dans la collection Points. Cet ouvrage les a beaucoup intéressées car chacune d'entre nous a vécu cette expérience douloureuse : perdre ses parents et mettre de l'ordre dans la transmission de l'héritage. Je laisse la parole à Lydia Flem : "Un jour, alors que l'enfance sera déjà loin, nous deviendrons orphelins. Une fois nos disparus enterrés, nous devrons accomplir cette tâche impudique : vider la maison de nos parents. Pour chacun des objets et souvenirs de leurs vies, nous n'aurons que l'un de ces choix : garder, offrir, vendre ou jeter. Puis, dans le désordre des émotions, nous fermerons leur porte, qui est aussi un peu la nôtre". Si l'on veut poursuivre la conversation intime avec Lydia Flem, il faut aussi lire "Lettres d'amour en héritage" et "Comment je me suis séparée de ma fille et de mon quasi-fils". Agnès et Odile ont été surprises par le thriller psychanalytique, "Mensonges sur le divan" d'Irvin Yalom. Ernest Lash, psychanalyste reconnu, s'interroge sur ses méthodes en mêlant la sexualité à la thérapie. Une de ses patientes pourrait accepter ce pari risqué car elle veut se venger de son mari qui l'a quittée. Irvin Yalom dévoile les coulisses d'un milieu complexe où parfois, le mensonge règne en créant une confusion des sentiments. Ce drôle de roman policier évoque aussi les travers de la psychanalyse poussés à l'extrême. (La suite, demain)
mercredi 9 mars 2022
Marcel Conche, hommage
Né en mars 1922, en Corrèze, le philosophe Marcel Conche est mort le 27 févier à l'âge impressionnant de 99 ans ! La philosophie semble prolonger la vie surtout celle des hommes, sensés partir plus tôt que les femmes. Peu connu du grand public, ce philosophe est surtout reconnu dans le monde de la philosophie en France. Pourtant, ce sage n'était pas prédestiné à devenir professeur à la Sorbonne. Dès son enfance, il travaille dans la ferme de son père agriculteur. Entre les moissons et les soins aux animaux, le petit Marcel travaille bien à l'école et grâce à son intelligence précoce, il choisit de prolonger ses études pour devenir instituteur. Il passe son agrégation de philosophie en 1950 et devient professeur de philosophie dans les lycées de Cherbourg, d'Evreux et de Versailles. Durant ses études, il tombe amoureux de son professeur de français, Marie-Thérèse, qu'il épousera plus tard. A la Sorbonne, il obtiendra un poste de titulaire à la chaire de métaphysique en 1978 après écrit son essai, "Orientation philosophique". Sa passion de la philosophie a pris naissance avec la lecture du stoïcien Marc Aurèle et des "Pensées" de Pascal, ses deux livres de chevet. Il a joué un rôle d'éclaireur pour les philosophes grecs comme Héraclite, Parménide, Pyrrhon et surtout Epicure. Son ouvrage "Epicure en Corrèze", publié en 2014, le rendra accessible aux non-initiés. Il a aussi consacré un ouvrage lumineux sur Montaigne, son compagnon de route. Il veut comprendre le sens de la vie en cherchant la vérité : est-elle dans les réponses données par la religion ou par la philosophie ? Ses premières interrogations nourrissent ses essais sur son propre univers philosophique. Il abandonne la croyance en Dieu après la découverte des camps de concentration et aussi la souffrance des enfants, le mal radical à ses yeux. Il accorde sa confiance à la notion de Nature et il déclare : "L'absolu pour moi, c'est la nature". Pour ma part, j'ai découvert ce philosophe avec ses essais sur les philosophes grecs et j'ai lu récemment le premier tome de son journal intime, "Journal étrange", commencé en 2006 (cinq tomes au total) et qui constitue une œuvre personnelle, inhabituelle pour un philosophe classique. J'ai écouté sur France Culture cinq épisodes sur lui où il parle de son parcours intime et surtout philosophique avec des mots simples, des concepts éclairants mâtinés d'une modestie liée certainement à ses origines. Métaphysicien, moraliste, écrivain, Marcel Conche a passé sa vie dans les livres et dans l'enseignement pour rendre la philosophie accessible. Si Monsieur Nobel avait eu l'idée de célébrer la philosophie, j'aurais décerné ce prix sans aucune hésitation au philosophe corrézien.
mardi 8 mars 2022
Rubrique cinéma italien, "Pour toujours"
J'aime bien aller au cinéma, au minimum une à deux fois par mois car la magie du cinéma d'antan opère encore sur moi. J'étais seule, vraiment seule dans la salle du Forum de Chambéry-le-Haut et je me suis demandée si l'opérateur allait envoyer la bobine sur l'écran. Devant moi, les fauteuils rouges vides, derrière moi, idem. A l'heure dite, vers 14h30, les images ont commencé à défiler ave un son parfait. Voir un film sur un grand écran demeure un spectacle presque vivant. J'ai donc vu un film italien, "Pour toujours" du réalisateur Ferzan Ozpetek. Arturo et Alessandro vivent en couple depuis quinze ans. Mais, ils traversent une crise qui fait basculer leur vie amoureuse. Un jour, Annamaria, la meilleure amie d'Alessandro, atteinte d'in cancer, confie ses deux enfants à son ami. Elle doit subir des examens et être hospitalisée. Les deux compères vont prendre en charge les enfants et dans ce contexte, leur histoire personnelle va évoluer. La mère prévient ses amis qu'elle n'a pas le choix car elle ne veut pas confier sa famille à sa propre mère en Sicile. Elle a rompu les liens avec sa Sicile natale. Les enfants s'adaptent à leur nouvelle vie et vont bousculer leurs nouveaux parents avec des péripéties assez trépidantes. En même temps, Alessandro découvre la liaison d'Arturo qu'il entretient avec un artiste peintre. Le couple décide de se séparer et ils vont annoncer à Annamaria qu'ils ne peuvent plus assumer la prise en charge des enfants. Ils contactent la grand-mère qui accepte à contrecœur de prendre le relais pour ses deux petits-enfants. Mais, quand ils conduisent les petits à Palerme, ils prennent conscience que cette femme est odieuse, homophobe, cruelle. Ils changent d'avis et sauvent les deux petits des griffes de leur grand-mère. Cette belle histoire digne de la comédie italienne traditionnelle se regarde avec un plaisir certain surtout quand on remarque que l'homoparentalité est traitée avec délicatesse et avec humour. Entendre parler italien m'a confirmé les efforts de mon apprentissage de la langue pendant une bonne année. Ce film mérite le détour !