Dès qu'une biographie ou un essai concerne Virginia Woolf, je n'hésite pas à acquérir ce document sur l'une de mes écrivaines préférées. L'automne dernier, Henriette Levillain, professeur émérite à la Sorbonne, a consacré une biographie à l'écrivaine anglaise. En 2016, j'avais apprécié l'essai qu'elle a écrit sur Marguerite Yourcenar. Pourtant, je connais bien et même très bien tous les éléments biographiques de Virginia Woolf, de sa naissance à sa mort tragique. Mais, je cherche toujours à comprendre sa personnalité profonde oscillant entre génie créateur et folie destructrice. La biographe démarre son essai ainsi : "L'émouvante beauté de Virginia Woolf avait de son vivant fasciné les plus grands photographes, elle a traversé les siècles". Henriette Levillain ne propose pas une biographie linéaire, utilisant la chronologie classique. Elle évoque la vie de l'écrivaine avec un abécédaire astucieux. Les chapitres s'intitulent ainsi : "Anglaise, Aristocratie, Biographe, Bipolaire, Bloomsbury, Féminisme, Lectrice, Léonard, Londres, Maisons, Marcheuse, Vita Sackville-West, etc.". Cette méthode biographique permet une lecture très agréable, inhabituelle et surprenante. La grande écrivaine anglaise a commencé à écrire à l'âge de dix ans. Sa précocité intellectuelle dans une famille bourgeoise éclairée présume une vie d'écrivain. Virginia Woolf symbolise la civilisation anglaise jusqu'au bout des ongles. Grande lectrice passionnée, grande marcheuse dans la campagne et à Londres, entourée d'amis, de sa famille et de son cher Léonard, l'écrivaine n'avait qu'une idée en tête : écrire, écrire, écrire. La biographe décrypte ses romans qui éclairent la vie de Virginia : "Woolf rêve à partir de choses minuscules, l'agitation frénétique d'une phalène sur sa fenêtre (La mort d'une phalène), les coups de Big Ben ou le timbre grêle d'une ambulance (Mrs Dalloway) ; elle valorise les petits faits de la vie quotidienne, enrichit de mystère les vies minuscules, celle d'une pauvre femme en face d'elle dans un wagon (Ce qui n'a pas été écrit), ou celle de Lily Briscoe, l'artiste manquée (Vers le phare)". Sa vocation d'écrivain commence donc tôt avec ce mot d'ordre permanent : "I will work, work, wotk". La littérature est une "affaire sérieuse" et elle accorde une grande importance à son environnement matériel. Il lui faut une pièce isolée, une bonne plume, un paysage, une présence affectueuse. Elle redouble d'énergie dans ses nombreuses lectures qu'elle puisait dans la très belle bibliothèque de son père, Leslie Stephen, responsable d'un Dictionnaire de biographie nationale. La jeune Virginia ne pouvait pas fréquenter l'université alors interdite aux filles. Une aberration scandaleuse qu'elle dénoncera dans son essai, "Une chambre à soi". Sa formation éclectique, d'un classicisme traditionnel (elle comprenait le grec et le latin), sa curiosité insatiable, sa passion des livres ont donné naissance à l'une des voix les plus modernes, les plus singulières de la littérature européenne. Pour paraphraser Simone de Beauvoir : on ne nait pas écrivain, on le devient... (La suite, demain)
des critiques de livres, des romans, des moments de lectures, des idées de lecture, lecture-partage, lecture-rencontre, lectures
jeudi 13 janvier 2022
mardi 11 janvier 2022
Rubrique Cinéma : "Nos plus belles années"
Il ne faut pas manquer "Nos plus belles années", une comédie italienne, signée Gabriele Muccino. Ce film retrace le destin de quatre adolescents durant quatre décennies de 1982 à nos jours. Cette chronique implique trois garçons : Giulio, Paolo et Riccardo et Gemma, la seule fille du groupe. A 16 ans, Giulio et Paolo aident Riccardo, blessé dans une manifestation et l'emmènent à l'hôpital. A partir de ce sauvetage, les garçons deviennent des amis intimes. Gemma rejoint le trio car Paolo est follement amoureux d'elle. Le quatuor amical va entamer une longue histoire commune qui se déroule de leur jeunesse à leur maturité. Gemma doit quitter Rome pour Naples car elle perd sa mère et sa tante la recueille chez elle. Paolo ne se remet pas de ce départ et n'oubliera pas Gemma, trop fragile, qui s'adapte difficilement à sa nouvelle vie. Elle fréquente un mauvais garçon, fait trop la fête, sombre dans l'alcool. Pendant ce temps, les garçons entrent dans la vie active avec difficulté. Riccardo, l'optimiste, essaie le journalisme sans succès. Paolo, doux rêveur, devient professeur de littérature, de grec et de latin et Giulio, l'ambitieux, choisit le métier d'avocat. La vie professionnelle les éloigne les uns des autres. La vie amoureuse éclate leur harmonie amicale. Paolo retrouve Gemma après quelques années de séparation mais elle préfère Giulio. Cette trahison entre amis amplifie le gouffre de leur amitié perdue. Riccardo finit par divorcer, son épouse étant lasse de sa marginalité professionnelle. Mais, une comédie italienne ne ressemble pas à une tragédie grecque. La fin du film raconte leurs retrouvailles après toutes ces années de malentendus, de jalousie, de discorde. Ce long métrage rappelle l'inoubliable "Nous nous sommes tant aimés" d'Ettore Scola en 1974. Mais l'époque diffère et les personnages d'aujourd'hui ne connaissent pas le boom économique, les grandes luttes sociales, les idéaux politiques. Mais, ils possèdent en commun l'énergie de la jeunesse, le goût de la réussite, le sens de la famille. Giulio, l'avocat, mari malheureux mais père comblé, finira par quitter le milieu huppé de sa femme. Paolo, l'éternel amoureux, chevalier servant, retrouve sa Gemma, enfin réconciliée avec elle-même. Riccardo, longtemps écarté de son fils, vivra à nouveau une relation apaisée avec celui-ci. Gabriele Muccino rend un hommage appuyé au cinéma italien avec l'ombre de Fellini et celle d'Ettore Scola. La bande-son dynamise les images, les villes magiques de Rome et de Naples illuminent les scènes et la fresque sociale emporte l'adhésion du spectateur. Ces quarante années racontées sans nostalgie, ni pathos, se résument en deux heures : un pari gagné pour le réalisateur italien même si les critiques n'ont pas retrouvé la magie de Scola ou celle de Fellini. La dolce vita en 2020 au temps du Covid, semble difficile à vivre !
lundi 10 janvier 2022
"Mon père et ma mère"
Aharon Appelfeld (1932-2018), écrivain israélien, a publié en 2013, un récit fictionnel "Mon père et ma mère", édité dans la collection Points en 2021. Deux parents juifs et leur fils de dix ans passent leurs vacances d'été en 1938, près du fleuve Pruth, en Bucovine, une région entre la Roumanie et l'Ukraine. Ce roman crépusculaire évoque le destin des Juifs d'Europe centrale broyés par la barbarie nazie. La communauté se réfugie dans ce lieu privilégié tout en soupçonnant que la fin de leur monde approche à grands pas. L'antisémitisme règne dans ce village et ces signaux inquiétants angoissent les protagonistes du roman dont Erwin, le petit garçon si lucide et si courageux. En 84 chapitres cours, l'écrivain tient une chronique quotidienne de cet été au bord de l'abîme, un dernier été avant la tragédie finale. Le père de l'enfant, entrepreneur, a perdu la foi alors que sa femme conserve les traditions religieuses. Une galerie de portraits illustre l'anxiété de cette communauté en danger, une communauté composée d'individus en proie à l'inquiétude. Un ancien officier autrichien à la jambe coupée joue le rôle du juge. Une femme coquette se plaint d'être délaissée par son amoureux. Le médecin Zeiger rend visite aux parents du narrateur pour évoquer ses patients. Une voyante, Rosa Klein, interprète le rôle d'une pythie. Tous ces personnages attachants tentent d'échapper à l'étau qui se resserre autour d'eux en jouant la comédie d'un bonheur insouciant et léger. Aharon Appefeld décrit la désillusion amère de ces Juifs assimilés d'Europe centrale qui assistent, dans une incrédulité naïve, à l'effondrement de leur culture. L'écrivain annonce la fin du judaïsme européen. Ce récit des "jours d'avant", mélancolique et bouleversant, est porté par un style limpide : "Certains mots déposent en vous de la lumière. Si vous êtes chanceux, les mots de lumière paveront votre route". Erwin, le narrateur ressemble trait pour trait à l'écrivain qui, enfant, a connu ce monde disparu et par la littérature, ressuscite ce passé gravé dans sa mémoire. Le regard ébloui de l'enfant rejoint le regard interrogateur de l'écrivain sur la tragédie de l'Holocauste. Ces instants de vie pendant l'été 1942 forment une parenthèse enchantée qui se termine tragiquement. Le narrateur éprouve : "Le sentiment grandissant que ce qui avait été ne serait plus m'enveloppait d'une étoffe mélancolique". Ce roman ressemble à une belle photographie ancienne sépia qui restitue cette communauté en danger. La mère du petit Erwin répond à son mari en parlant de leur petit garçon: "Laisse le rêver, intervient maman. Qui sait combien de temps il pourra encore le faire ?". Un récit émouvant, profond, traduit par Valérie Zenatti.
vendredi 7 janvier 2022
Rentrée littéraire de janvier
Le mois de janvier détient une réputation un peu défavorable : froid, neige, brouillard, pluie. La météo n'est guère favorable aux voyages et aux escapades. Mais, ce mois possède un avantage appréciable à mes yeux de lectrice, celui d'une seconde rentrée littéraire après celle de septembre. La presse professionnelle évoque plus de cinq cents romans français et étrangers et se demande si les éditeurs ont confondu septembre et janvier. Beaucoup d'auteurs connus vont sortir leur dernier titre comme Geneviève Brisac, Pierre Lemaître, Nicolas Mathieu, Vincent Message, Leïla Slimani, Eric Vuillard, Karine Tuil, etc. Sur la Côte basque, il existe une vague mythique, baptisée Belharra, que les surfeurs adorent dompter. Cette rentrée littéraire ne parle que de notre Balzac d'aujourd'hui, le dénommé Michel Houellebecq, la Belharra littéraire, qui déferle sur les tables de librairie avec ses 300 000 exemplaires prêts à être consommés. Le dispositif publicitaire me semble impressionnant. J'ai succombé à l'envie de lire ce phénomène éditorial et cet après-midi, j'ai effectué mon pèlerinage livresque chez Garin. Dans mon escarcelle, je suis repartie avec le roman-pavé "Anéantir", publié chez Flammarion, format cartonné avec un marque-page à l'ancienne, plus de 700 pages. Je n'ai pas résisté aussi à la parution du dernier roman de mon cher Quignard, "L'amour, la mer", publié chez Gallimard dont les médias ne parlent pas, évidemment. L'un est un monstre surmédiatisé, exposé, l'autre un monstre discret, muet. Deux écrivains majeurs, deux grands français d'aujourd'hui. Mais ils n'ont rien en commun et pourtant, j'apprécie leurs deux univers. Houellebecq décrit avec une férocité humoristique notre temps contemporain et futur, l'autre s'évade de notre temps et le creuse en profondeur. J'ai commencé "Anéantir" et j'ai retrouvé le ton houellebecquien avec des passages frappants sur la solitude humaine, sur le couple et sur la politique. Quelle belle rentrée littéraire pour moi : deux géants en même temps ! Ils vont bien occuper mes heures hivernales avec une certaine jubilation...
jeudi 6 janvier 2022
Douze mois de lectures : mes 12 récits et essais préférés, 4
En juillet, j'ai découvert "Le dictionnaire chic de la philosophie" de Frédéric Schiffter. J'avais croisé ce philosophe à Biarritz dans le célèbre et incontournable Bookstore, une librairie réputée pour son escalier central qui mène au premier étage dans une mezzanine envahie de livres. Ce philosophe marginal, amateur de surf, professeur, ne se prend jamais au sérieux et son ironie mordante, son dandysme assumé donnent à sa propre pensée une légèreté profonde. En août, j'ai relu et terminé le troisième tome du "Labyrinthe du Monde" de la sublime Yourcenar, "Quoi l'éternité ?". Il ne se passe pas une année sans une rencontre avec elle. Je sors mes Pléiades et je lis un chapitre ou un extrait d'un essai. Récemment, je suis tombée sur cette phrase dans "Le Temps, ce grand sculpteur" : "Il n'y a ni passé, ni futur, mais seulement une série de présents successifs, un chemin perpétuellement détruit et continué, où nous avançons tous". Me ressourcer dans sa prose somptueusement classique reste pour moi un des grands bonheurs de la lecture. En septembre, Philippe Sollers est revenu dans mes lectures avec ses "Mémoires, un vrai roman" où il raconte son enfance, son milieu familial à Bordeaux, son projet littéraire, sa passion de la littérature. Cet écrivain français provoque, dérange, agace, ne laisse jamais indifférent. En octobre, un essai d'Alain Finkielkraut, "L'Après littérature" a confirmé mes intuitions pessimistes sur la mort annoncée de la littérature. Le philosophe écrit : "Nous sommes entrés dans l'âge de l'après-littérature. Le temps où la vision littéraire du monde avait une place dans le monde semble bel et bien révolu. Non que l'inspiration se soit subitement et définitivement tarie. De vrais livres continuent d'être écrits et imprimés, mais ils n'impriment pas !". Un livre-bilan sur la culture littéraire, un essai revigorant et salutaire. En novembre, j'ai apprécié "Bellissima" de l'écrivaine italienne, Simonetta Greggio. Après "Dolce Vita" et "Les Nouveaux Monstres", elle raconte sa famille, ses parents, la sienne et aussi l'histoire sombre d'une Italie en proie à la violence. En décembre, sans aucune hésitation, j'ai été "remuée" par l'essai de Yannick Haenel, "Notre solitude". Il témoigne de sa participation aux procès des attentats de janvier 2015 quand les terroristes islamistes ont abattu les journalistes de Charlie Hebdo. Un livre essentiel, fort, indispensable pour comprendre et pour ne jamais oublier. Voilà mon palmarès personnel : au total 24 ouvrages, romans, récits et essais sur une année de lectures toujours aussi abondante, riche et surprenante. La lecture, une passion assumée et permanente !
mercredi 5 janvier 2022
Douze mois de lectures en 2021 : mes 12 récits et essais préférés, 3
Je distingue dans mes lectures les romans, domaine de la fiction, et les récits ou essais, domaine de la réalité. J'ai une préférence pour la fiction mais, ma curiosité intellectuelle m'incline vers des essais et des récits. En janvier, j'ai apprécié "Un tout autre Sartre" de François Noudelmann, publié chez Gallimard. On connaît l'image emblématique d'un Sartre militant d'extrême-gauche, proche des communistes, juché sur un tonneau pour haranguer les ouvriers en 1968. Au fond, cette renommée politique cachait un Sartre amateur de voyages, d'évasion, de bons repas luxueux. Il était heureux à Venise, jouait du piano, tombait souvent amoureux. Ce portrait renouvelé et émouvant de l'écrivain philosophe est vraiment à découvrir. En février, et sans aucune hésitation, j'ai été charmée par le récit autobiographique de Chantal Thomas, "De sable et de neige". J'ai retrouvé l'univers de cette écrivaine-essayiste : son enfance à Arcachon, le portrait de son père taiseux, la présence magique de la nature, de l'océan, son style et ses réflexions sur la vie. Un grand bol d'air marin. En mars, j'ai découvert un texte posthume de Julien Gracq, un écrivain merveilleux, "Nœuds de vie", publié chez Corti. Je cite une de ses phrases : "Il fait un jour de fin d'hiver clair et froid, de ce bleu métallique et luisant de zinc neuf qu'on voit au ciel des dernières gelées quand les jours s'allongent ; la sécheresse de ce froid est tonique et exhilarante". Quel écrivain aujourd'hui emploierait ce vocabulaire et cette image ? Personne. Julien Gracq, un styliste inimitable, un amoureux de la langue française. En avril, j'ai lu une biographie du meilleur disciple de Freud, Sándor Ferenczi. Benoît Peeters raconte la vie amoureuse et mouvementée de cet "enfant terrible de la psychanalyse". Un document précis et précieux sur les débuts de la psychanalyse. En mai, j'ai lu le récit sur un des mes écrivains préférés, "A la recherche de Milan Kundera" de la journaliste, Ariane Chemin. La journaliste du journal "Le Monde" a livré quelques informations sur la trajectoire de l'écrivain, venu de l'ancienne Tchécoslovaquie, son rôle politique, l'influence de son épouse Vera, son destin d'immigré de l'Est. Cet essai biographique m'a donné envie de relire les romans fabuleux de ce Diderot contemporain. En juin, j'ai retrouvé Lydia Flem dans son ouvrage original, "Paris Fantasme", publié au Seuil. Grâce à cette écrivaine belge, j'ai découvert le poème de Rimbaud dans cette rue Férou que je ne connaissais pas, près du Jardin du Luxembourg. J'ai arpenté cette petite rue typique de Paris en pensant à Lydia Flem qui a reconstitué l'histoire de cette rue avec ses hôtels particuliers, ses personnages anonymes, la vie parisienne, l'identité française. Un ouvrage fortement influencé par Georges Perec. (La suite, demain)
mardi 4 janvier 2022
Douze mois de lectures 2021 : mes douze romans préférés, 2
En août, un roman classique a marqué mon été, celui de Virginia Woolf, "Les Années" et j'ajoute une relecture passionnante, les Mémoires de Simone de Beauvoir avec "Mémoires d'une jeune fille rangée" et "La force de l'âge". J'ai relu le roman de Virginia Woolf en effectuant un saut dans le temps, d'au moins trente ans et cette deuxième lecture s'est avérée bien plus profonde que la première. Peut-être que mes années cumulées peuvent parfois "bonifier" mon esprit, ma sensibilité, mon empathie. L'écrivaine raconte le destin d'une famille sur trois générations de 1880 à 1918 où tout change, conditions économiques et valeurs morales. Le Temps, ce sujet woolfien par excellence. Elle aimait Proust et sa Recherche et j'ai retrouvé dans ce très beau texte, les influences proustiennes. Simone de Beauvoir a représenté aussi un retour sur le passé, un passé politique, social, historique d'une France des années 30 à 60. Relire Beauvoir m'a procuré un brin de jouvence et une confirmation : suivre le destin de cette jeune fille devenant Simone de Beauvoir peut donner une énergie fabuleuse pour toutes les lectrices en quête de liberté et d'autonomie. Cet été, je retrouve "Simone" pour "La Force des Choses" et "Tout compte fait". Je m'en réjouis d'avance. En septembre, j'opte pour une nouveauté de la rentrée, "L'éternel fiancé" d'Agnès Desarthe, un très bon roman enjoué, vivant, vibrant et vraiment agréable à lire. En octobre, j'ai découvert le dernier opus de Joyce Maynard, "Là, où vivaient les gens heureux". Des années 70 à nos jours, l'écrivaine évoque une famille dans les tourbillons de la société américaine : libération sexuelle, émancipation des femmes, l'émergence de Me Too. Une fresque sans concession d'une saga familiale. En novembre, j'avais choisi le rôle du père dans la littérature pour l'atelier et j'ai redécouvert la puissance romanesque de Balzac avec "Le Père Goriot". Cet homme fou d'amour paternel pour ces deux filles idiotes et ingrates se ruine, se sacrifie pour elles. Un roman passionnant qui m'a donné envie de relire Balzac en 2022. J'irai visiter sa maison à Paris pour me plonger dans l'ambiance littéraire du XIXe siècle. En décembre, grâce à Alain Finkielkraut dans son émission Répliques, j'ai exploré l'univers ironique et grinçant d'Abel Quentin dans son roman, "Le Voyant d'Etampes". Un roman aux accents de Philip Roth, une dénonciation de la vague woke en France, un style, une écriture élégante, un nouvel écrivain à suivre. Voilà mes douze romans préférés de l'année 2021 ! J'espère que 2022 m'apportera de belles surprises littéraires...