Mylène a choisi un coup de cœur exigeant qui demande un effort de lecture, Ce roman, "Apeirogon" de l'écrivain irlandais, Colum McCann, a été salué à la rentrée dernière et a obtenu le Prix du Meilleur Livre Etranger. Ce titre d'origine grecque signifie une figure géométrique infini de côtés. Deux personnages principaux : Rami, israélien, fils d'un rescapé de la Shoah, et Bassam, palestinien, dépossédé et humilié. Tous deux ont perdu leur fille : Abir et Smadar. Ces deux hommes étaient nés pour se haïr mais leur histoire douloureuse les unit dans le deuil et ils décident d'œuvrer pour la paix. Mylène a surtout précisé que la construction de ce roman protéiforme, puissant et original se déroule en fragments et n'est pas toujours facile à saisir. Ce texte ambitieux explore avec complexité le conflit israélo-palestinien d'une actualité brûlante. Régine a pris la parole pour sa liste des coups de cœur. Je cite en particulier : "Le dit du mistral" d'Olivier Mak-Bouchard, "L'esquisse d'un rêve" de Kristi Marja Baldursdottir; "Ce qu'il faut de nuit" de Laurent Petitmangin, "Pardonnable, impardonnable" de Valérie Tong Cuong, "Château de femmes" de Jessica Shaffuck. Régine a surtout évoqué celui qu'elle mettait en tête de ses préférences : "Le grand Art" de Léa Simone Allegria. Paul Vivienne, commissaire-priseur, a dispersé des palais entiers, des vieux tableaux, des objets d'art. Aujourd'hui, il semble dépassé par les réseaux sociaux et les enchères en ligne. Il découvre un mystérieux retable au fin fond d'une chapelle toscane. Il tient là son ultime chef d'œuvre. Ce roman passionnant selon Régine se lit comme un thriller et nous plonge dans le monde fébrile de l'art. Un roman à découvrir cet été. Sylvie a terminé les coups de cœur avec un roman de Cécile Pivot (la fille de Bernard), "Les lettres d'Esther". Esther est libraire à Lille. Elle organise un atelier d'écriture autour de la correspondance. Cinq personnes répondent à sa proposition : un couple à la dérive, un homme d'affaires blasé, une dame âgée solitaire, un jeune homme en deuil. Ce roman épistolaire semble vraiment très intéressant. Tous ces coups de cœur peuvent figurer dans nos listes des lectures estivales. J'ai évoqué la poursuite de l'atelier dès le mois de septembre avec, à l'affiche, l'écrivaine Yasmina Reza. J'espère que le virus ne réapparaitra cet automne. Nous nous retrouverons autour des livres et de la littérature pendant la saison 2021-2022 avec un plaisir renouvelé. Partager le bonheur de lire. Découvrir des nouvelles voix littéraires, S'ouvrir au monde grâce à la lecture. Stimuler sa curiosité. Maintenir et approfondir coûte que coûte l'héritage de la culture de l'écrit, des livres, de la pensée. Tout un programme.
des critiques de livres, des romans, des moments de lectures, des idées de lecture, lecture-partage, lecture-rencontre, lectures
lundi 21 juin 2021
vendredi 18 juin 2021
Atelier Lectures, 1
Enfin ! La saison 2020-2021 s'est résumée en deux séances : l'une en octobre et la dernière ce jeudi 17 juin. Deux ateliers en un an ! Et pourtant, la solidité du groupe m'a fait un plaisir immense et m'a rassurée sur l'avenir du groupe. Malgré le covid, la suspension des activités culturelles, l'absence des rencontres autour des livres et de la littérature, les lectrices étaient donc présentes cet après-midi sur une terrasse de bar à Chambéry. La jauge de six personnes nous a imposé ce rendez-moi à l'extérieur de la Maison de Quartier. J'étais donc ravie de retrouver ces lectrices motivées et je les cite tout particulièrement pour les remercier de leur fidélité : Régine, Mylène, Janelou, Pascale, Véronique, Danièle et Sylvie. Je n'avais pas donné de programme particulier après huit mois d'interruption. Nous avons donc abordé les coups de cœur de ces derniers mois. Danièle a démarré avec un roman singulier, "Le sanctuaire" de Laurine Roux. Une famille a trouvé refuge dans la montagne en pleine crise d'un virus apporté par les oiseaux. Le père pourvoie à la subsistance de sa femme et de ses deux filles et leur interdit toutes échappées hors du "sanctuaire". Gemma, la cadette, transgresse peu à peu les règles paternelles en rencontrant un ermite sauvage entouré de rapaces. Dans ce conte moderne, l'écrivaine décrit une nature souveraine et évoque une immense compassion aux hommes et aux femmes qui luttent pour leur survie. Le premier roman de Laurine Roux, "Une immense sensation de calme" avait obtenu le prix des libraires en 2018. Une jeune écrivaine à découvrir. Dans la liste des coups de cœur de Danièle, je retiens "Just kids" de Patti Smith, "Café vivre" de Chantal Thomas, "Le monde selon Garp" de John Irving, "Le sillon" de Valérie Manteau, "Le Pays des autres" de Leila Slimani. Pascale a pris le relais en choisissant "Un loup pour l'homme" de Brigitte Giraud. Ce roman se déroule pendant la Guerre d'Algérie. Antoine se retrouve infirmier à l'hôpital militaire de Sidi-Bel-Abbès car il ne veut pas tenir une arme. Ce soignant recueille les récits des "Appelés" qui racontent leur vie dans ce conflit. Ce roman "épique et sensible" parle aussi de fraternité et de solidarité. Dans sa liste de coups de cœur, j'ai noté "La douleur" de Marguerite Duras, "La cause des femmes" de Gisèle Halimi, "19 femmes, des femmes syriennes racontent" de Samar Yazbac, "Le consentement" de Vanessa Springora. Un choix de lectures fortes avec un esprit de solidarité envers de nombreuses femmes courageuses. Véronique a beaucoup aimé une histoire très plaisante, "Tout le bleu du ciel" de Melissa Da Costa, autour d'une échappée en caravane d'un jeune homme atteint de la maladie d'Alzheimer et qui traverse la France avec sa nouvelle compagne. Une aventure inédite, pleine de rebondissements, une lecture optimiste, ensoleillée. La suite lundi.
mercredi 16 juin 2021
"Une maison sur l'eau"
Les Editions Albin Michel proposent, "Une maison sur l'eau" d'Emuna Elon, écrivaine israélienne, souvent primée dans son pays. Journaliste de renom, militante des droits des femmes, elle enseigne aussi le judaïsme, l'hassidisme et la littérature hébraïque. Son personnage principal, Yoël Blum, écrivain cultivé, pratique sa religion avec rigueur. Il est né à Amsterdam mais sa mère ne désirait pas qu'il retourne dans ce pays, maudit à ses yeux. A la fin de la Seconde Guerre Mondiale, sa mère avait quitté la Hollande pour s'installer en Israël avec sa sœur aînée, Néty. Des décennies plus tard, l'écrivain accepte de se rendre à Amsterdam pour promouvoir son dernier livre. Il découvre la ville comme un touriste curieux. Quand il pénètre dans le Musée juif, il aperçoit fugitivement sur un écran sa mère et sa sœur qui passent en boucle. Ce film d'archives montre un mariage et sa mère porte dans les bras un petit bébé. Il ne se reconnaît pas dans ce bébé et l'homme à côté de sa mère est-il son père ? Yoël se sent pétrifié devant ces images surgies d'un passé refoulé. Sa mère aurait-t-elle caché un secret de famille ? Elle vient de mourir et seule, sa sœur lui révèle que sa mère voulait taire la vérité sur cette période tragique. Le narrateur se met en quête de ce passé occulté en repartant dans sa ville natale pour s'y installer pendant plusieurs mois dans un hôtel proche de l'immeuble où vivait sa famille. Il va tenter de reconstituer le puzzle de son enfance. Le texte se juxtapose en deux parties : la déambulation de l'écrivain dans cette ville fascinante et la narration de la vie de ses parents à cette époque. Soixante-dix ans plus tôt sous l'Occupation nazie, les juifs ont subi les lois raciales, ont été déportés massivement dans les camps. Le narrateur reconstitue avec précision la vie quotidienne de sa famille dans cette ville, pourtant réputée tolérante. Un conseil juif, constitué par les chefs de famille les plus fortunés, collaborait naïvement avec les nazis pour essayer de sauver leurs compatriotes. Les rafles s'intensifiaient et la mère de l'écrivain a réussi à s'échapper pour rejoindre Israël. Dans ce chaos, beaucoup de familles confiaient leurs enfants à la Résistance qui les mettaient à l'abri à la campagne. Certains enfants n'ont jamais été réclamés par leurs parents, disparus dans les camps. Le narrateur évoque aussi la figure symbolique d'Anne Frank qui relate dans son journal cette période terrible de sa clandestinité pour sauver sa vie. Le roman est construit autour de l'ultime révélation sur l'identité de ce bébé. Emuna Elon retrace cet univers avec une émotion contenue et la narration basée sur un passé tragique et un présent incertain pose la question des origines, de l'insupportable réalité que représente la Shoah. Ce roman poignant retrace un voyage dans un passé tragique où malgré l'horreur de ces ténèbres, l'amour d'une mère pour ses enfants prend une dimension universelle. Ce fils perdu va enfin découvrir la vérité sur ses origines et se reconcilier avec la mémoire familiale. Un roman grave et profond.
lundi 14 juin 2021
"Les morts ne nous aiment plus"
Philippe Grimbert, écrivain et psychanalyste, est connu du grand public grâce à son roman, "Le secret", prix Goncourt des Lycéens en 2004 et adapté au cinéma par Claude Miller en 2007. Cette année, il publie son dixième roman, "Les morts ne nous aiment plus", chez Grasset. Le personnage central s'appelle Paul, psychologue et écrivain. Il donne des conférences sur le deuil, sa grande et unique spécialité. Il se sent lui-même en danger car son cœur lui fait des misères. Il est opéré d'urgence après son arrêt cardiaque et une pile implantée dans son organe déficient va lui permettre de poursuivre son chemin de vie malgré cette alerte angoissante sur sa santé. Mais le vrai drame surgit quand son épouse, Irène, dépressive depuis longtemps, se tue en voiture sur le lieu même où ses parents ont perdu la vie dans un accident suicidaire. Paul est dévasté par ce deuil, un deuil insupportable à ses yeux. Il se sent coupable de la mort de sa femme qu'il n'a pas su retenir. Paradoxalement, lui, le spécialiste du deuil, n'arrive pas à surmonter cette épreuve. Il rencontre un ami musicien qui lui conseille une solution pour atténuer son chagrin d'homme inconsolable. Il accepte un contrat avec un énigmatique entrepreneur, Jacod Shade, qui fait parler les morts. Irène va devenir un avatar informatique avec toutes les données que son mari va communiquer à l'équipe du laboratoire. Ce pacte diabolique isole le narrateur car il cache ce secret à sa fille et à ses amis. La société, baptisée Ternity, lui propose un rendez-vous quotidien avec son ex-femme avec laquelle il entame un dialogue régulier. Cet avatar virtuel atténue malgré tout son chagrin. Ce tête à tête imaginaire finit par lasser le veuf inconsolable. Philippe Grimbert revisite le mythe d'Orphée et d'Eurydice pour illustrer la relation post-mortem qu'il entretient avec sa femme disparue. Ce roman surprenant aborde la question du deuil, de l'intelligence artificielle, des grandes manœuvres de l'homme "augmentée" entre un cœur soutenu par la technique et une épouse fantomatique informatisée. Il semblerait qu'une société japonaise a mis au point un logiciel capable de faire revenir les disparus et ainsi alléger l'épreuve terrible du deuil. L'écrivain psychanalyste dénonce à travers son roman les illusions technologiques pour conjurer la mort. Seule, la littérature possède un parfum d'éternité. Le pauvre mari en question se résout à l'inéluctable et reprend sa vie d'avant : il fait son deuil comme on dit dans le langage familier et il se remet à écrire pour renaître à soi. Un bon et percutant roman.
jeudi 10 juin 2021
Philosophie Magazine
Philosophie Magazine du mois de juin propose un sujet d'actualité, surtout après la gifle humiliante et lamentable de ce jeune homme d'une bêtise crasse, un "imbécile impulsif", disait un commentateur. Ce sujet brûlant m'intéresse beaucoup : "Pourquoi on s'énerve". Je l'ai vérifié souvent dans une file d'attente où certaines personnes se permettent de passer devant ceux qui patientent calmement. Je l'ai vérifié en voiture quand certains automobilistes roulent trop vite, ne respectent pas le code, etc. Et tant d'autres incivilités qui se multiplient partout comme les rodéos de jeunes défiant l'autorité des adultes. Bref, la revue analyse ce phénomène sociétal avec intelligence : "Ne sentez-vous pas comme une tension dans l'air ambiant ? N'a-t-on pas l'impression, dans la rue ou sur les réseaux sociaux, que les gens ont envie d'en découdre ?". Certains philosophes avouent qu'ils s'énervent de temps en temps : "On ne peut pas être parent s'en s'énerver". Il faut garder son sang-froid, prendre du recul, renoncer aux micro conflits, maîtriser les "anomalies" que tout système comporte. Une des philosophes interrogées parle d'un mot qu'il faut savoir pratiquer sans modération : la patience. L'énervement est lié à l'impatience et ressemble à une explosion de colère rentrée. Des spécialistes des neurosciences évoquent l'intégration de l'émotion dans la cognition et cet article savant apporte des réponses originales : "Les énervés pathologiques seraient donc des fatigués et les fatigués plus facilement énervés". Un portrait de Schopenhauer illustre le sujet car ce philosophe allemand était manifestement irritable, misogyne et misanthrope. Il a écrit : "Il y a dans le cœur de chacun de nous une bête sauvage qui n'attend que l'occasion de se déchaîner". Cet homme du ressentiment vit ses frustrations en élevant sa défaite personnelle en principe universel. Un dialogue très constructif entre Agnès Jaoui et Raphaël Enthoven complète le dossier sur l'énervement. La revue propose aussi une enquête sur les extraterrestres (!), un article sur Albert Camus et toutes les rubriques habituelles. Ce numéro de Philosophie Magazine se découvre avec beaucoup d'intérêt et en ce mois de juin "énervé", le sujet central décrypte une brutale actualité. Une coïncidence pour mieux réfléchir sur le phénomène de nos "nerfs" en société qu'il faut dominer sans cesse... J'écoutais récemment Yasmina Reza sur France Culture et elle déclarait qu'un thème traverse ses romans, celui de la brutalité dans les relations humaines. Ce mot brutalité rejoint l'énervement... A lire pour essayer de comprendre notre société actuelle.
mardi 8 juin 2021
"Trio"
William Boyd, écrivain anglais, vient de publier son quinzième roman, "Trio", publié au Seuil. La citation de Tchekhov en exergue du récit donne le tempo : "Sous le voile du secret comme sous celui de la nuit, chacun dissimule sa vraie vie, celle qui présente le plus grand intérêt". Le trio en question se compose de trois personnages : Talbot Kydd, Anny Viklund et Elfrida Wing. Le premier est producteur de cinéma et suit un tournage à Brighton. Marié et père de famille heureux, il cache un secret troublant en se sentant attiré par les hommes. En 1968, son coming-out ne fait pas partie de ses priorités du moment. Anny, l'actrice américaine sur le tournage du film, a commis une erreur fatidique dans sa jeunesse. Elle s'est mariée à un militant activiste et terroriste dans son passé. Alors que cet individu dangereux avait disparu de son horizon, il réapparaît à Brighton pour lui réclamer de l'argent. Elfrida, écrivaine en panne d'inspiration et épouse délaissée du metteur en scène, boit beaucoup trop d'alcool pour noyer son mal-être. Baptisée la nouvelle Virginia Woolf depuis l'écriture de son premier roman, elle a subitement l'idée d'un récit sur le dernier jour de l'écrivaine anglaise qui se suicide en 1941 en se noyant dans une rivière. Ces trois personnages vont se croiser dans leur travail mais chacun va suivre un chemin différent. Le producteur, Talbot Kydd va finir par accepter sa différence sexuelle en tombant amoureux d'un artisan intervenant sur un chantier dans son immeuble. Anny, l'actrice américaine, va aider son ex-mari en lui donnant de l'argent mais elle sera rattrapée par le FBI. Sa fin pitoyable dans une fuite en France la condamne au suicide médicamenteux. Et Elfrida ? Comment va-t-elle écrire son roman sur Virginia Woolf ? Elle se rend sur place dans la maison de campagne de l'écrivaine pour stimuler son imagination. Au fur et à mesure, elle comprend que sa vie personnelle est dans une impasse car son mari la trompe avec la scénariste du film. Elle finit par se séparer de son mari volage et remet de l'ordre dans sa vie en suivant une cure de désintoxication dans un couvent. Ce roman cocasse, ironique et brillant évoque les années 68 où les carcans sociaux commençaient à se craqueler. Il est temps pour eux de sortir de leur duplicité personnelle, de l'hypocrisie sociale et de leurs contradictions existentielles. William Boyd décrit le milieu parfois caricatural du cinéma qu'il connaît bien en utilisant ses armes préférés : l'ironie tendre et l'humour féroce. Les travers des personnages en font des humains assez problématiques qui cherchent malgré tout à s'en sortir et vivre en harmonie avec leurs désirs profonds. Ce roman enlevé se lit avec un sourire au coin des lèvres. C'est assez rare dans la production littéraire du jour...
lundi 7 juin 2021
Un concert exceptionnel
Je me suis retrouvée vendredi en fin de soirée à Malraux pour un concert de musique classique consacrée à Camille Saint-Saëns, Weber et Mendelssohn. Comme au cinéma, j'ai ressenti un soulagement de reprendre une vie normale culturelle en assistant à un concert. J'écoute très souvent mes CD de musique mais rien ne vaut la présence des musiciens, du son naturel, des gestes, des instruments, du "vivant" avec ses couleurs, ses formes et ses mouvements. Dès que j'ai pénétré dans la salle récemment rénovée, j'ai éprouvé un sentiment de réconfort dans ce beau temple culturel. Pour son dernier concert en tant que directeur musical de l'Orchestre des Pays de Savoie, Nicolas Chalvin a réuni trois solistes exceptionnels : Christian Rivet, guitariste, Anne Gastinel, violoncelliste et Marie-Josèphe Jude, pianiste. La première pièce du japonais Toshio Hosakawa, "Voyage IX", nous a transportés dans une ambiance hautement paisible et surprenante où la musique évoquait une rivière, du vent nous enveloppant comme dans un cocon de soie. Ensuite, Anne Gastinel a interprété le "Concerto pour violoncelle n° 1 en la mineur, opus 33" de Saint-Saëns : magie des mélodies, magie du violoncelle, magie de l'émotion musicale et présence captivante de la musicienne. La troisième pièce du concert concernait le Konzertstück de Carl Maria Von Weber, joué au piano par Marie-Josèphe Jude. Interprétation magnifique toute romantique et communiquant une énergie vitale au public présent. Le concert s'est terminé avec la "Symphonie n° 4 dite italienne" de Félix Mendelssohn, enjouée, fluide, chaleureuse, dansante comme la tarentelle. Les deux heures de musique ont semblé durer quelques minutes tellement j'étais captée dans une bulle sonore confortable, apaisante, revigorante. La culture dans sa forme musicale m'apporte un regain d'énergie et de sérénité. Revoir Anne Gastinel m'a rappelé un souvenir de mon passé. Alors que j'attendais mon avion à Biarritz, la musicienne attendait dans la file. Je l'ai abordée pour lui montrer toute mon admiration. Quand je lui ai demandé son compositeur préféré, elle m'a répondu : Bach, évidemment ! Quinze ans après, je me souviens de cette brève rencontre comme si c'était hier. Ecouter in vivo l'Orchestre des Pays de Savoie : une parenthèse heureuse après cette interruption de huit mois pendant la crise sanitaire. Une très bonne initiative de Malraux qui soutient la musique classique, même si les concerts se font de plus en plus rares en Savoie. Les amateurs de ce style de musique affichent plus d'années au compteur que d'autres publics. Heureusement qu'il reste encore quelques personnes pour apprécier ce patrimoine musical européen des siècles passés, un héritage à perpétuer et à préserver.