J'ai offert récemment à mon petit-fils une valisette de puzzles avec une ardoise magique. Il adore griffonner sur cet espace blanc en dessinant son nom et d'un coup de main, il efface avec un embout les gribouillis multicolores. Il est enchanté de ce miracle permanent… Les enfants nous offrent souvent un sentiment d'éternité car ce jeu traditionnel continue à survivre dans notre culture. En me souvenant de mes séances de jeu avec cette ardoise magique, jouet d'une tradition imperturbable, j'ai pensé à la situation politique que l'on vit actuellement en France. Je regarde beaucoup les informations concernant les Gilets Jaunes et dès que certains ont commencé à prendre la parole dans des émissions de télévision, un événement incroyable a eu lieu sur ces plateaux parisiens : de vraies personnes simples, sincères et modestes prenaient la parole. Se passait devant mes yeux un choc social et culturel à Paris dans ces médias édulcorés, où tous les journalistes polis, enjoués, habillés à la mode compose une planète surprotégée de privilégiés à Paris. Bien au contraire, les Français de la campagne, de la périphérie, la marge modeste et travailleuse de la population crient leur malaise de ne plus boucler la fin du mois. On assiste ainsi à une explosion de rage, de colère, de dépit et de découragement. Ils affrontent jour après jour une insécurité économique et culturelle. Et en face, faillite des partis, des syndicats, de l'organisation de l'ancien monde. Mais, le numérique a bousculé ces relations instituées par le système politique. Les élites politiques et économiques se sont détournées de ces gens de "peu" qui se sentent méprisés par les paroles plus que maladroites de notre Président. Ils ne parlent pas anglais, ne connaissent pas l'ouverture au monde, les grands écoles, le baratin des managers, etc. Le type de société qu'on leur propose ne correspond plus à leurs compétences. Notre Président s'enkyste dans sa détermination pour la cause écologique et surtout pour remplir les caisses de l'Etat. Aucun geste de sa part et tout peut partir en vrille. Je reviens à mon ardoise magique : il faut tout effacer et repartir dans un dialogue entre la France d'en haut et celle du bas, entre les élites méprisantes et une partie du peuple invisible et souffrante. La raison semble déserter les deux camps. Quand notre pimpant président prend la parole, sa matrice technocratique devient inaudible et pathétique. Entre celui qui prêche son programme et ceux qui attendent un geste pour stopper les augmentations, un gouffre abyssal s'installe et se creuse de jour en jour. Un sociologue, Jean-Christophe Guilluy, avait alerté les politiques de ce phénomène, la France des marges, de la périphérie depuis cinq ans. Ce moment sociologique donne le vertige et ce tangage remue les plaies à vif des inégalités sociales, de la richesse captée par une minorité. Sans être démagogue, je comprends le ras-le-bol des Gilets jaunes, souvent maladroits et irréalistes dans leurs revendications. Mais, ils tentent de s'organiser en dehors des partis, projet courageux. La démocratie s'en ressortira peut-être plus forte quand ces problèmes récurrents des classes moyennes appauvries par la mondialisation seront vraiment considérés comme la priorité des priorités. Je vais offrir une ardoise magique à notre jeune président… Je regarde en ce moment les infos : Paris en ébullition. Et pendant ce temps, notre Président danse le tango avec les Grands de ce monde en Argentine...
des critiques de livres, des romans, des moments de lectures, des idées de lecture, lecture-partage, lecture-rencontre, lectures
samedi 1 décembre 2018
jeudi 29 novembre 2018
Rubrique cinéma
La Quinzaine du cinéma italien s'est terminée cette semaine, mais j'ai été empêchée d'assister à quelques séances à cause d'une perturbation saisonnière courante à cette période où j'ai enregistré un "choc thermique" à Besançon. A mon retour, je rapportais dans mes bagages un état grippal, une toux, une bronchite. Adieu les films italiens, mes balades, mes plaisirs de sortir. La maladie pas du tout grave empêche la poursuite d'une vie normale. Confinée dans ma maison, j'ai retrouvé après quelques jours brouillardeux l'extrême chance de m'adonner à mes passions de toujours : la lecture et la musique. Avant de sombrer dans cette hibernation forcée, je suis allée voir le dernier film de Paolo Sorrentino, "Silvio et les autres". Le réalisateur de la série "The Young Pope", et de "La Grande Bellezza" démarre son film avec un mouton dans une très belle propriété de Sardaigne. Ce mouton mystérieux et incongru porte un symbole fort que l'on découvre au fil du film. On plonge alors dans une ambiance euphorique quand apparaît Silvio, le Silvio Berlusconi, délirant, tonitruant, clownesque, un des épisodes les plus lamentables de la politique italienne. Ce film dresse une fresque des années "bunga-bunga" où régnaient la fête, la drogue, le sexe. Paolo Sorrentino montre le système qui structurait la cour de cet homme pathétique. Les intrigues circulent à un rythme infernal. L'acteur Tonio Servillo joue ce rôle à merveille en portant le masque d'un sourire triomphant qui ne fait plus rire sa femme. Les maîtresses du Cavaliere se succèdent dans cette vie d'oisif privilégié. Au fond, ce milliardaire des médias est devenu son propre metteur en scène pendant vingt ans en Italie. Il a propulsé la société consumériste où la publicité a pour objectif de "vider les cerveaux"... Son sourire éternel illusionnait ses fans et illustrait cette société du spectacle. Le film révèle aussi les failles de ce personnage flamboyant qui le rend plus humain comme sa solitude, entourée de tant de présences serviles autour de lui. Manifestement, Silvio Berlusconi a fasciné le réalisateur qui admirait sa vitalité jubilatoire et son optimisme béat. Il explique lui-même dans un article de Télérama : "Certains de ses comportements anormaux, d'une virilité parfois violente sont toujours des signes d'un malaise et d'une peur. Mon travail est de les pointer". Un très bon film, une comédie italienne aigre-douce..
mardi 27 novembre 2018
Gérard de Nerval
Une belle après-midi d'automne de novembre, je suis partie me balader à Aix-Les-Bains. Du petit port au grand port, j'ai traversé l'esplanade, l'allée magnifique des peupliers aux couleurs d'écureuils, des voiliers voguaient au loin et les mouettes virevoltaient allégrement devant moi. J'aime capter avec mon téléphone les mouvements de ces oiseaux dont j'admire la grâce et la vitalité. Je me rêve en mouette, libre et indocile, dans le ciel et sur le lac, symbole de la beauté naturelle. Ce spectacle me réjouit toujours quand une d'entre elles passe au dessus de ma tête comme une flèche blanche éblouissante. Je collectionne depuis longtemps des clichés sur ses oiseaux de mer et de lac, une manie qui s'est développée au cours de mes voyages, mouettes de Venise, de Copenhague, de Grèce, de ma Côte basque, et de bien d'autres rivages. A mi-chemin, je prends connaissance du contenu d'une cabine téléphonique transformée en bibliothèque gratuite. Je n'ai rien trouvé d'intéressant et je suis repartie bredouille. Ensuite, mes pas m'ont menée vers le Grand Port où cliquètent les mâts des voiliers. La vue devient encore plus majestueuse vers Brison-Saint-Innocent et Hautecombe. Une fois parvenue au Jardin Vagabond dont j'ai déjà parlé dans le blog, je me dirige vers ma deuxième cabane à livres. Je détaille tous les titres à la recherche de la pépite d'or livresque. Mais, constat fait, pas de bonne surprise. Aucun donateur n'a déposé un livre qui pourrait me plaire. Je repars vers la baie de Mémard et je retourne vers mon point d'ancrage, Par curiosité, je revisite ma première cabane. Je rencontre alors un monsieur avec deux livres à la main. Il me les montre : un guide des oiseaux et un livre sur le self-défense. Je les prends avec plaisir et je pense les donner à mon entourage. Quelle solidarité dans ces gestes entre les passionnés de lecture ! Cela me remplit d'optimisme envers l'humanité… Je redonne un coup d'œil par hasard dans la cabine et j'aperçois alors à ma grande surprise, mélangée à des ouvrages reliés ordinaires, ma pépite d'or : une Pléiade ! J'aime beaucoup ces ouvrages malgré leur prix car ils représentent la quintessence de la littérature mondiale. Et pas n'importe quelle Pléiade, j'avais dans mes mains le tome 2 des Œuvres de Nerval, édité en 1962 contenant "Le Voyage en Orient, "Lorely", "Les Illuminés" qui manquait à ma collection. Ma mère, elle aussi lectrice, m'avait offert le tome 1 quand j'étais étudiante à Pau. J'avais "Les Filles du Feu" au programme et il me fallait cette édition commentée. J'adore ce type de coïncidence heureuse comme une espace temporel qui se boucle dans cet instant. Voila comment une balade agréable se termine en beauté avec ce don inhabituel. Qui est ce lecteur ou lectrice mystère qui dépose un tel livre dans cette cabane téléphonique ? Je ne le saurai jamais, mais je vois que la lecture rend généreux !
lundi 26 novembre 2018
"Tous les hommes désirent naturellement savoir"
Nina Bouraoui a publié à la rentrée son dernier opus, "Tous les hommes désirent naturellement savoir". Je trouve dommage qu'elle n'ait obtenu aucune récompense littéraire mais les jurys ont préféré les auteurs hommes, un vrai record cette année. Evidemment, le talent prime d'abord et la parité féminin-masculin n'existe pas dans le monde de la littérature. Pourtant, la voix sensible, féminine, empathique de Nina Bouraoui commence à se faire entendre. Cette écrivaine évoque son homosexualité assumée dans ce livre au titre tiré chez l'antique philosophe Aristote. Les cours chapitres s'enchaînent avec une harmonie musicale et s'intitulent le "devenir", "se souvenir", "être", "savoir". Elle évoque son enfance algérienne, ses parents dont la mère bretonne ose défier sa famille et a le courage de se marier avec un étudiant algérien dans les années 60. Petite fille, elle se sentait singulière ne correspondant pas aux canons de la féminité qui régnait à cette époque. Elle assiste un jour au retour de sa mère, bouleversée par son agression dans la rue dans un pays non reconciliée. En 1981, Nina quitte l'Algérie pour rejoindre la France. La répression religieuse s'installe pendant dix ans et ses parents anticipent leur départ. Accueillies par ses grands-parents à Rennes, Nina et sa sœur terminent leur scolarité et avec son bac en poche, elle part faire ses études à Paris et fréquente une boite de nuit où elle espère rencontrer l'amour de sa vie, une femme. Mais, elle observe aussi dans ce milieu interlope les ravages de l'alcool, les envies de suicide, la cruauté des amours malheureuses, le malaise de cette identité difficile à porter. Surtout, l'auteur vit une double différence avec ses origines algériennes et son orientation sexuelle. Dans les années 90, on était encore très loin du mariage pour tous. Elle raconte avec émotion sa rencontre avec Julia qui pourtant se joue d'elle. Elle découvre un univers féminin complexe où le mensonge peut régner comme partout. Dans ce récit autobiographique d'une poésie sensuelle, l'écrivaine avoue son amour pour les mots, la littérature et ce combat quotidien l'aide à surmonter les obstacles de sa différence sexuelle. Quel dommage que cet ouvrage lumineux et courageux n'ait pas obtenu le prix Médicis ! Trop féminin, trop sensible, pas assez violent et pourtant, elle évoque les violences de l'Algérie, du racisme, de l'homophobie qui ont eu de l'influence dans sa vie de femme. Il faut découvrir son œuvre singulière et ce livre publié chez Lattès confirme son parcours de combattante pour révéler avec clarté et audace que la différence peut se vivre aussi comme une richesse existentielle.
mercredi 21 novembre 2018
"Idiss"
Je regarde régulièrement la Grande Librairie, émission littéraire de grande qualité, animée par François Busnel. La semaine dernière, il avait invité Robert Badinter, ministre de la justice de 1981 à 1986, et Président du Conseil Constitutionnel de 1986 à 1995. Tout le monde se souvient de sa plaidoirie pour l'abolition de la peine de mort. Cet homme remarquable, âgé aujourd'hui de 90 ans, était reçu par François Busnel pour évoquer la publication de son ouvrage sur Idiss, sa grand-mère maternelle. Tout au long de l'émission, Robert Badinter a retenu son émotion avec difficulté quand il évoquait la figure émouvante de cette femme, née en Bessarabie en 1863 dans le Yiddishland. Ce monde juif, disparu à tout jamais avec la Shoah, ressurgit dans ce livre intimiste. Sa grand-mère a vécu dans la misère, l'oppression, l'antisémitisme, les pogroms et elle fuit son pays pour s'installer à Paris en 1912. A cette époque, la capitale française représentait le symbole de la liberté, de la culture et surtout de la tolérance. La République offrait un foyer pour tous ces immigrés juifs venus de l'Est. Idiss était analphabète, parlait le yiddish et pourtant, se sentait bien intégrée. Son petit-fils admire profondément cette femme d'une bonté exceptionnelle. Elle se marie avec amour, fait de la contrebande, donne naissance à deux garçons et une fille. Robert Badinter raconte la vie de sa famille : les frasques de ses oncles, le mariage de ses parents, la réussite commerciale dans les fourrures. Les souvenirs de son enfance forment une fresque sociale et historique dans la France des années 30 et 40. Un leitmotiv revient souvent sous la plume de l'auteur : ses grands-parents et ses parents lui ont montré l'exemple, une attitude dans la vie imprégné de courage, du sens de l'effort, de l'amour de la culture. L'auteur a déclaré dans l'émission : "J'ai eu des gens bien comme mes parents". Alors que la société française leur avait permis de vivre normalement sans subir l'antisémitisme, la guerre de 39 se profile, la famille d'Idiss se sépare de peur des rafles à Paris. Robert Badinter et son frère échapperont à la déportation et c'est à Cognin qu'ils se cacheront. Idiss reste à Paris mais mourra d'un cancer. A travers Idiss, Robert Badinter rend hommage à ses parents, à sa culture d'origine, (une Atlantide disparue). Malgré l'horreur des événements concernant la situation des Juifs en France, Robert Badinter constate les faits, témoigne sans émotion, décrit son monde familial dans l'univers glaçant du nazisme et du pétainisme. Idiss ne devait pas tomber dans l'oubli et grâce à son petit-fils, elle vivra dans nos mémoires. Un beau portrait émouvant, un témoignage historique, un livre indispensable pour comprendre les dégâts de l'antisémitisme.
mardi 20 novembre 2018
Atelier Lectures, 3
Au programme des lectures "conseillées", j'avais proposé la découverte de quelques romans nordiques en choisissant deux écrivains par pays : le Danemark, la Norvège, la Suède, la Finlande et l'Islande. Pour le Danemark, Karen Blixen et Jens Christian Grondahl s'imposaient. Deux lectrices, Dany et Marie-Christine, ont donné des avis négatifs sur la légendaire Karen Blixen, la fascinante femme de "La ferme africaine". Elles ont essayé de lire "Le festin de Babette", mais la magie blixenoise n'a pas surgi au fil des pages : style vieillot, histoire ennuyeuse, personnages falots. Peut-être que la réputation de cette écrivaine dépasse son œuvre littéraire datée. Dommage pour l'écrivaine danoise… Par contre, Jens Christian Grondahl a conquis deux autres amies lectrices, Pascale et Janelou, qui ont beaucoup apprécié "Les Portes de fer", un roman bilan, le bilan d'une vie. Le narrateur raconte sa jeunesse, ses relations amoureuses, sa paternité, ses amitiés. Un beau récit intime d'une lucidité élégante par un grand écrivain danois. Pour la Finlande, nous avons évoqué un auteur très connu qui vient de disparaître, Arto Paasilinna et son roman, "Le meunier hurlant". Dans un petit village du Nord de la Finlande, Gunnar, le meunier possède un défaut singulier : il hurle à la lune dès qu'il est contrarié. Son comportement gêne les villageois qui veulent l'envoyer à l'asile. Mais, notre meunier veut se battre pour rester libre. Un écrivain finlandais très original à découvrir. Janine a beaucoup aimé la saga de l'Islandaise, Kristin Marja Baldursdottir, "Karitas, l'esquisse d'un rêve". Karitas vit dans sa ferme familiale et dessine comme son père le lui a appris. Une mystérieuse artiste révèle son talent et l'envoie à Copenhague pour sa formation d'artiste. Ce destin d'une femme artiste se déroule au début du XXe siècle et montre la solidarité de la vie sociale. Une belle fresque islandaise. Evelyne a choisi Jon Kalman Stefansson, "Entre ciel et terre". Dans le milieu des pêcheurs à la morue, un jeune garçon orphelin intègre un équipage et rencontre un marin poète qui adore Milton. Quand le marin meurt de froid car il a oublié sa vareuse, le jeune garçon veut rapporter le recueil de poèmes à son propriétaire. Ce roman d'éducation ressemble aussi à un hymne aux mots et je cite l'écrivain : "Certains mots sont probablement aptes à changer le monde, ils ont le pouvoir de nous consoler et de sécher nos larmes. Certains mots sont des balles de fusil, d'autres des notes de violon". Il faut lire ce très beau roman. Pour terminer l'évocation des romans littéraires venus de Scandinavie, Véronique a bien aimé l'écrivaine norvégienne, Herbjorg Wassmo, et son livre "Un long chemin". Pendant l'hiver 1944, sous l'Occupation allemande, une famille fuit pour gagner la Suède. Cette traversée périlleuse montre les horreurs de la guerre. Sur les dix romans nordiques, cinq titres ont donc retenu l'attention bienveillante des lectrices. Rien ne vaut la littérature pour connaître l'âme profonde d'un pays. En décembre, l'atelier Lectures se penchera sur Philip Roth, le grand écrivain américain, disparu en mai dernier.
vendredi 16 novembre 2018
Atelier Lectures, 2
Je poursuis l'évocation des coups de cœur avec Mylène (et je partage ce choix) : celui du récit de Robert Badinter sur sa grand-mère, "Idiss". Le portrait de cette femme courage, venue de la Bessarabie, est tracé avec une sincérité émouvante de la part de cet homme si respectueux qui, à l'âge de quatre-vingt dix ans, raconte son enfance et son adolescence dans une France accueillante des années 20. Idiss vivra toujours au sein de sa famille à Paris jusqu'à sa mort. Pour échapper à la déportation des Juifs, sa fille et et ses petits-fils (dont Robert Badinter) quitteront Idiss et Paris pour se réfugier en province. Cette séparation tragique assombrira la fin de sa vie. Je reviendrai sur ce livre dans mon blog tellement il me semble important aujourd'hui. Sylvie a retenu le récit autobiographique d'Edouard Louis, "Pour en finir avec Eddy Bellegueule". Cet ouvrage coup de poing peut déranger ou enthousiasmer les lecteurs(trices). L'auteur dénonce sa famille homophobe, la misère sociale et intellectuelle et revendique hautement sa liberté de vivre sa différence sexuelle. Pascale a recommandé la lecture d'un auteur soudanais, Abdelaziz Baraka Sakin, "Le Messie du Darfour", publié chez Zulma. Le personnage féminin, Abderahman, porte un prénom masculin et veut se venger des terribles milices Janjawids. Avec son mari, elle décide de passer à l'acte. Cette épopée dans un pays en plein chaos révèle une situation historique inextricable. L'auteur a obtenu l'asile politique en Autriche. Marie-Christine a évoqué le roman autofictif d'Eric Fottorino, "Questions à mon père", publié en 2010 chez Gallimard. Dans cet ouvrage, l'auteur va à la rencontre de son père biologique, Juif marocain, qui ne l'a pas élevé. Il découvre la vérité sur cette famille inconnue du Maroc et se met à reconnaître ce père mystérieux. Un récit émouvant et très bien écrit. Evelyne a redécouvert Louis Pergaud, écrivain bien oublié aujourd'hui. Franc-comtois, il croque les paysans dans ce recueil de nouvelles, "Les Rustiques". Evelyne, pourtant savoyarde de cœur, n'a jamais oublié ses racines franc-comtoises. La suite sur les romans nordiques, la semaine prochaine.
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