J'éprouve une fascination depuis mon enfance pour les vagues que j'ai toujours observées avec une certaine crainte mais aussi avec beaucoup de joie. Le bord de l'océan constituait mon horizon et j'ai passé le premier tiers de ma vie, bercée par la proximité océanique qui m'a dotée d'une vitalité que je voudrais conserver jusqu'à la fin. La rentrée littéraire se transforme en deuxième vague de papier qui a rythmé ma vie professionnelle de libraire et de bibliothécaire. Que nous réserve cette rentrée automnale ? Une permanence des chiffres avec plus de cinq cents nouveautés, un petit tsunami habituel et fort sympathique même si les libraires peinent à présenter ces centaines de titres sur leurs tables. J'ai déjà flairé la vague dans les librairies chambériennes et j'ai lu quelques résumés qui m'ont donné envie de découvrir ces milliers de nouvelles pages. Dans le Monde des Livres du 19 août, des informations ont commencé à filtrer pour établir une première impression : "Une rentrée littéraire sous tension". Le printemps avec la guerre en Ukraine, les présidentielles, l'inflation ont plombé les ventes et l'automne sera peut-être plus bénéfique pour le monde de l'édition et du livre. L'éditeur Grasset va certainement renflouer ses caisses avec la sulfureuse Virginie Despentes, féministe et wokiste avec son titre violent et vulgaire, "Cher connard". Parmi les Français, Emmanuel Carrère revient avec des chroniques du procès des attentats du 13 novembre. Lola Lafon a raconté sa nuit dans le musée d'Anne Frank à Amsterdam. Christophe Ono-dit-Biot, un amoureux de la Grèce, a trouvé un beau titre pour son roman, "Trouver refuge". Yannick Haenel semble plaire aux critiques avec son ambitieux "Trésorier-payeur" que je lis en ce moment. La littérature étrangère promet de beaux romans avec Russel Banks, Julian Barnes, Rachel Cusk, Colm Toibin, Jonathan Franzen entre autres. Les thèmes dans ces nouveautés traitent évidemment de la famille souvent toxique, du "genre" incontournable et troublant, du futur incertain avec l'angoisse écologique, de l'Algérie, une question non réglée, etc. La littérature n'embrasse pas le monde en toute sérénité. Les romans racontent le Réel, un Réel parfois très contrariant. Cette rentrée s'annonce donc bien intéressante et va stimuler fortement notre esprit parfois en pause repos pendant l'été. Plongeons sans tarder dans cette vague de livres, d'idées, d'émotions, de sensations ! Un rite culturel bien français pour tous les amoureux et toutes les amoureuses des livres et de la littérature.
des critiques de livres, des romans, des moments de lectures, des idées de lecture, lecture-partage, lecture-rencontre, lectures
jeudi 1 septembre 2022
mardi 30 août 2022
"Lumière d'été, puis vient la nuit', Jon Kalman Stefansson
En tant que lectrice passionnée, j'aime énormément découvrir des "planètes littéraires", mon cosmos préféré. En 2022, j'ai ainsi fait la connaissance de la formidable Ludmilla Oulitskaïa et je vais poursuivre l'exploration de sa planète si particulière. Un deuxième écrivain, Jon Kalman Stefansson m'a éblouie avec son dernier roman, "Ton absence n'est que ténèbres". Cet été, j'ai lu "Lumière d'été, puis vient la nuit", publié en 2020 chez Grasset. Cette chronique d'un village islandais, découpée en huit histoires, est contée par un narrateur extérieur qui commente en même temps les comportements de ses personnages. Comme le titre l'indique, la lumière représente la vie, l'amour, et la nuit symbolise la finitude, la mort, le néant. La magie de l'écriture sert le roman et le transforme en conte philosophique. Ces hommes et ces femmes modestes habitent sur une île lointaine, perdue dans un coin isolé du monde. Car les habitants se sont enracinés sur un volcan qui, certainement, leur insuffle une vitalité exceptionnelle. Ce village sans cimetière, ni église regroupe une centaine d'âmes simples : éleveurs de moutons, pêcheurs, artisans, employés d'une coopérative, ouvriers et enseignants. Certains villageois, une minorité, sont revenus de la capitale après des études supérieures. L'un d'entre eux se découvre un don pour le latin, rompt avec son travail et devient l'Astronome. Il se ruine en achats de livres en latin et propose des conférences sur l'astronomie. Ce personnage est le premier de cette galerie pittoresque que l'écrivain sort de son chapeau magique. Il raconte plusieurs vies : un menuisier-policier, amateur de poésie, une postière indiscrète qui ouvre le courrier et informe le village sans aucune sanction. Deux employés d'une coopérative croient aux fantômes après une panne électrique. D'autres villageois, hauts en couleurs, se débattent avec leur destin et forment une comédie humaine universelle. Empêtrés dans leurs appétits vitaux et leurs capacités autodestructrices, les hommes et les femmes d'Islande tentent de vivre leurs passions licites ou illicites. L'écrivain islandais parle de l'amour, du désespoir, du suicide, de la fidélité, de la trahison, des croyances, et en résumé, de la condition humaine. Pour goûter la prose poétique de Jon Kalman Stefansson, je citerai ce passage : "C'est dans le silence que se conserve l'or ; celui qui se tait, plongé dans une parfaite solitude, découvre tant de choses, le silence s'infiltre dans les chairs, apaise le cœur, calme l'angoisse et emplit la pièce où vous êtes". Un roman magnifique qui donne envie de lire toute l'œuvre de cet écrivain poétiquement volcanique.
lundi 29 août 2022
"Un homme qui dort"
Georges Perec est un de mes écrivains préférés et nous nous donnons rendez-vous régulièrement. Comme je possède ses deux très belles Pléiades, il me suffit d'ouvrir un volume et de commencer la lecture. J'ai donc redécouvert avec intérêt son récit, "Un homme qui dort", publié en 1967, juste après "Les Choses". Il met en exergue une citation de Franz Kafka : "Il n'est pas nécessaire que tu sortes de la maison. Reste à table et écoute. (...) N'attends même pas, sois absolument silencieux et seul. Le monde viendra s'offrir à toi pour que tu le démasques, il ne peut faire autrement, extasié, il se tordra devant toi". Georges Perec explique le projet de son roman dans les ajouts de la Pléiade. Quand il a lu Marcel Proust, il raconte sa stupéfaction en découvrant cette phrase emblématique de "La Recherche" : "Un homme qui dort tient en cercle autour de lui le fil des heures, l'ordre des années et des mondes". Dans ce récit d'un homme dépressif, Georges Perec dit avoir vécu une expérience similaire à l'âge de vingt ans. Cette dépression l'avait dévasté. Ce récit objectif d'une écriture "blanche" relate l'histoire d'un jeune étudiant en proie à une angoisse terrible. Il renonce à passer ses examens, ne veut plus se lever et se calfeutre dans sa chambre de bonne à Paris, rue Saint Honoré. Son détachement et son indifférence au monde s'accentuent au fil des jours. Pour combler un vide existentiel, il décrit ses moindres gestes, ses moindres actions pour survivre et il décortique toutes ces impressions avec une lucidité chirurgicale. Il vise la neutralité, l'absence d'émotion. Quand il sort de sa tanière, il hante tous les quartiers de Paris, en notant tout ce qui compose le réel concret et matériel. Il ressemble plus à un homme à la dérive, sans but et sans espoir. Il dort énormément, fixe la bassine en plastique, écoute son voisin à travers la cloison. Ses sens à l'affût enregistrent les détails de sa vie végétative. Dépression ou détachement, le jeune homme solitaire ressemble à des héros comme Oblomov ou Bartleby, le personnage du roman d'Hermann Melville. Celui qui dit non, celui qui ne veut pas choisir, un antihéros, un marginal asocial. Georges Perec, orphelin, a ressenti ce sentiment de vacuité, de solitude et d'abandon. Dans son récit, il le définit ainsi : "Seule, existe la solitude, que tôt ou tard, chaque fois, tu retrouves en face de toi, amicale ou désastreuse ; chaque fois, tu demeures seul, sans secours en face d'elle, démonté ou hagard, désespéré ou impatient". Ce refus du monde rejoint la pensée de l'absurde d'Albert Camus mais Sisyphe est heureux en roulant son caillou sur la montagne. Georges Perec a trouvé le remède à cet ennui existentiel : le recours à la littérature. Un texte important dans l'œuvre de ce grand écrivain français.
lundi 22 août 2022
"Le cas du docteur Koukotski", Ludmila Oulitskaïa
Après avoir découvert le très beau recueil de nouvelles de Ludmila Oulitskaïa, "Le corps de l'âme", j'avais envie de compléter ma connaissance de cette écrivaine russe si singulière. J'ai donc lu cet été, "Le cas du docteur Koukotski", publié chez Gallimard en 2 000 et traduit par Sophie Benech. Cette saga familiale se situe dans l'URSS du XXe siècle. Le jeune chirurgien, Pavel Alexeïevitch Koukotski, descendant d'une longue lignée de médecins, possède un don particulier : il devine par une vision radiologique sans appareil les maladies dont souffrent ces patients. Mais ce don disparaît dès qu'il a des relations sexuelles avec une femme. Sauf avec Elena, une patiente qu'il sauve lors d'une opération au début de la Seconde Guerre Mondiale. Cette femme est mariée à un certain Anton qui va mourir pendant la guerre. Sa fille, Tania, sera adoptée et adorée par son nouveau père, le docteur Koukostki. Un quatrième personnage, Vassilissa Gavrilovna, vit au sein de la nouvelle famille comme servante, et symbolise la Russie ancestrale. Sa piété quasiment mystique la tient à l'écart de tous les soubresauts historiques et politiques du pays. La jeune Tania recueille aussi à l'école, une écolière de son âge, Toma. Sa mère est morte dans un avortement clandestin et devenant orpheline, le docteur et sa femme l'intègrent dans leur foyer. Ce quatuor invraisemblable va donc traverser les péripéties politiques de l'URSS entre des certitudes matérialistes issues du communisme ambiant et des valeurs intimes comme l'amour, les rêves, le doute. l'individualité. Le docteur Koukostki n'évite pas la compromission avec la médecine officielle et accepte des thèses contraires à la vérité scientifique. L'écrivaine russe dénonce la faillite du stalinisme, vécu comme un totalitarisme inhumain. Pavel sombre dans l'alcoolisme pour fuir cette réalité effroyable. Elena s'invente une vie rêveuse sans mémoire précise pour ne pas souffrir. Elle tient un journal intime au centre de ce grand roman polyphonique. Cette fresque si personnelle de Ludmila Oulitskaïa recèle des passages homériques sur la vie de ces quatre personnages emblématiques d'un pays immense et souvent difficile à comprendre. Tania et Toma grandissent ensemble au milieu de ce foyer complexe mais aimant. On ne sort pas indemne de cette lecture car l'écrivaine russe pose des questions essentielles sur la vie, sur la mémoire, sur l'amour sans éviter les fracas de l'Histoire entre science et religion. Un grand livre qui n'a rien perdu de son actualité brûlante.
vendredi 19 août 2022
"Vagues"
Comme tous les étés, je me donne des "objectifs" de lecture. Il y a quelques mois, j'avais commencé le roman de Virginia Woolf, "Vagues", son roman le plus expérimental, paru en 1931 et traduit par Marguerite Yourcenar en 1936. Mais, j'ai abandonné le livre car je n'arrivais pas à me concentrer suffisamment pour suivre les personnages. J'ai donc repris "Vagues" en juillet pour me prouver que mes "neurones" fonctionnent encore face à la difficulté de certaines œuvres. Marguerite Yourcenar a rencontré Virginia Woolf à Londres pour régler quelques détails de traduction. J'imagine leur rendez-vous qui appartient maintenant à la légende de la littérature. La préface de Marguerite Yourcenar éclaire et prépare le lecteur(trice) pour se laisser emporter par ces "vagues" de mots. Six personnages, Bernard, Susan, Rhoda, Neville, Jinny et Louis font partie d'un groupe d'amis et les "six" monologues se juxtaposent dans le récit. Un septième personnage, Perceval, ne parle jamais de lui-même. Il meurt dans un accident en Inde lors d'une campagne de colonisation. Ces amis forment un choral, une communauté d'esprit mais pourtant, ils n'ont rien en commun. Bernard, conteur né, aime écrire et cherche son style. Louis rêve de reconnaissance et de succès. Neville préfère les hommes et Jinny ne pense qu'à sa beauté. Susan choisit de vivre à la campagne pour élever ses enfants alors que Rhoda, souvent angoissée, fuit la société et ne se sent bien que dans la solitude. Une fois que l'on arrive à distinguer les six voix, il suffit de se baigner dans ce flot de paroles, ces six "flux de conscience" qui forment un seul fleuve, une composition musicale subtile que Virginia Woolf qualifiait de "poème-jeu". Derrière chaque personnage, se cache parfois un parent ou un ami de l'écrivaine anglaise. Un critique littéraire va plus loin dans l'analyse en imaginant que ces personnages symbolisent aussi les facettes de la personnalité complexe de Virginia Woolf. Et si "Vagues" cachait une autobiographie élégiaque et cryptée que le lecteur et la lectrice tentent de déchiffrer ? Enfance, jeunesse, maturité, ces épisodes de vie relatés par les narrateurs, traversent ce récit fascinant d'une modernité avant-gardiste. Dans sa formidable préface, Marguerite Yourcenar présente Virginia Woolf comme un génie littéraire et elle parle du projet woolfien ainsi : "Dans ces "Vagues", les quelques personnages ne sont plus que des mouettes au bord d'un Temps-Océan, et les souvenirs, les rêves, les concrétions parfaites et fragiles de la vie humaine nous font l'effet de coquillages au bord de majestueuses houles éternelles". Ce roman mythique se transforme en méditation profonde sur la vie et sur la mort, éternels sujets traités par la littérature et Virginia Woolf apporte sa propre "vision" comme son personnage emblématique, Miss Briscoe, dans "Vers le phare". Un roman initiatique à lire avec une extrême lenteur, deux à trois pages par jour, pour goûter la prose poétique de cette écrivaine que j'ai toujours qualifiée de "sublime", un adjectif que je n'emploie pas souvent...
jeudi 18 août 2022
"La Peau de chagrin"
Quand j'étais au lycée et à l'université, je lisais beaucoup de classiques pour des raisons d'étude et souvent par amour de la littérature. Je n'avais pas de ressources financières suffisantes pour m'acheter des nouveautés en librairie et je préférais consacrer mon petit budget aux livres d'occasion en format de poche. Par contre, ma mère qui était une bonne lectrice, m'offrait des Pléiades à chaque occasion festive (anniversaire et Noël). J'ai conservé dans ma bibliothèque tous ses cadeaux précieux : Flaubert, Stendhal, Nerval, Proust, Camus, Gracq, Larbaud, Yourcenar... Plus je prends de l'âge, plus je reviens aux fondamentaux de la littérature française. Cet été, j'avais envie de retrouver Balzac et j'ai retiré dans une bibliothèque nomade, "La Peau de chagrin", dans la collection des Classiques chez Flammarion. Je l'avais lu dans les années 70 et j'ai redécouvert dans ce texte publié en 1831 une histoire fantastique d'une portée philosophique fascinante. Un jeune noble, Raphaël de Valentin, a perdu son dernier sou au jeu d'argent et il veut se suicider. Avant d'accomplir ce funeste projet, il entre dans un magasin d'antiquités où un vieil homme lui montre une peau de chagrin qui détient un pouvoir magique : elle peut exaucer tous les vœux de son propriétaire. Mais, une inscription sur cet objet maléfique prévient le jeune homme : "Le cercle de vos jours, figuré par cette Peau, se resserrera suivant la force et le nombre de vos souhaits, depuis le plus léger jusqu'au plus exorbitant". Raphaël accepte ce pacte diabolique. Il devient riche grâce à un héritage d'un oncle, mène un train de vie luxueux, séduit les femmes, mais l'une d'entre elles qu'il convoite se moque de lui. Mais, sa "Peau de chagrin" se rétrécit de plus en plus. Il vieillit prématurément, tombe malade et finit par mourir tout en restant cloîtré pour éviter tout désir. Cet objet maléfique symbolise la force vitale du jeune homme et plus il désire, plus il dépérit. Ce pacte rappelle que toute chose a un prix. Pour Balzac, le bonheur ne peut durer et le dilemme que se pose Raphaël se résume ainsi : choisir une vie courte intense ou une longue vie sage ? Faut-il chercher à satisfaire tous ces désirs ? Chacun peut choisir la voie qu'il préfère. Honoré de Balzac et sa "Comédie humaine" conserve un attrait total : histoires, intrigues, style, vocabulaire d'une richesse inouïe. Et en plus, j'ai eu la surprise de lire un passage sur le Lac du Bourget quand le jeune homme suit une cure à Aix-les-Bains ! Les savoyards devraient lire cet extrait dithyrambique sur cette "goutte d'eau bleue", "une turquoise égarée" et aussi, cette remarque : "Ce lac est le seul où l'on puisse faire une confidence de cœur à cœur. On y pense et on y aime. En aucun endroit vous ne rencontrerez une plus belle entente entre l'eau, le ciel, les montagnes et la terre. Il s'y trouve des baumes pour tout". Balzac connaissait évidemment les plus beaux coins de France... Je n'ai pas fini de redécouvrir ce génie littéraire...
mardi 16 août 2022
Salman Rushdie, victime du fanatisme islamiste
Quand j'ai appris que Salman Rushdie avait été poignardé par un fanatique islamiste, citoyen américain d'adoption, j'étais remuée par cette nouvelle scandaleuse. L'écrivain se trouvait dans une ville de l'Etat de New York pour tenir une conférence. Par miracle, il n'a pas été tué mais très sérieusement blessé. Son état de santé très inquiétant s'améliore au fil des jours. Cet écrivain a subi une fatwa en 1989 par l'iranien Khomeiny après la parution de son roman controversé, "Les Versets sataniques", paru chez Christian Bourgois. Il vivait sous la protection policière en Angleterre depuis les années 90. Cet attentat odieux montre la barbarie obscurantiste qui sommeille dans les cerveaux malades de certains fanatiques religieux. Salman Rushdie écrivait en 2017 : "Lorsque une déviance grandit à l'intérieur d'un système, elle peut le dévorer, et tel est ce qui se passe avec le fondamentalisme en islam". Le Journal du dimanche a mis en première page le portrait de l'écrivain avec ce commentaire : "La Liberté poignardée". Quand une société ne peut plus protéger ses écrivains, la peste continue à circuler, la peste de l'intolérance, de la bêtise, du totalitarisme islamiste. Salman Rushdie, né en 1947, à Bombay, en Inde dans une famille bourgeoise musulmane, a fait ses études à Cambridge et il a commencé une carrière dans la publicité. En 1975, il publie son premier roman, "Grimus" puis, en 1983, "Les Enfants de minuit", considéré comme un chef d'œuvre. "Les Versets sataniques" paraissent en 1989. Ce sera le point de rupture pour l'écrivain qui ose se moquer des excès de la religion musulmane. Son roman est brûlé en Iran, au Pakistan et dans d'autres pays orientaux. Son traducteur japonais est assassiné. D'autres traducteurs sont condamnés par une fatwa. Alors qu'il pensait qu'il pouvait vivre en liberté en Amérique, cet assassin surgit dans cette conférence et le monde entier avait oublié le danger mortel et mortifère du fanatisme islamiste. Ce rappel à une réalité historique tragique paralyse tous les amoureux de la littérature, symbole de la liberté, de la nuance, de la critique et du doute. Ce Voltaire contemporain va sortir un livre en février 2023. Il n'est pas mort vendredi, il est vivant, il écrit, il pense et il nous fait encore plus aimer la liberté, une des plus belles valeurs de notre société occidentale. Tant que la littérature nous accompagnera, nous serons encore libres.