vendredi 2 avril 2010

Portrait d'écrivain oublié

Travaillant dans une bibliothèque universitaire et chargée d'effectuer du "désherbage" dans des collections anciennes, j'ai retrouvé une édition de poche en anglais de Carson Mc Cullers. J'ai pensé à ce destin tragique de femme-écrivain pour qui j'ai beaucoup de tendresse. Née en 1917, elle a écrit quatre très bons romans :
* 1940 : Le Cœur est un chasseur solitaire (The Heart Is a Lonely Hunter)
* 1941 : Reflets dans un œil d'or (Reflections in a Golden Eye)
* 1946 : Frankie Addams
* 1961 : L'Horloge sans aiguilles (Clock Without Hands)
Ces romans sont des petits bijoux de la littérature américaine : ils n'ont rien perdu de leur actualité et n'ont pas pris une ride. C'est rare de rencontrer un écrivain qui conserve presque 50 ans après sa mort (en 1967)une attirance aussi exceptionnelle. C'est notre James Dean de la littérature ! Vous trouverez ces livres dans toutes les très bonnes librairies et dans les bibliothèques qui ne pratiquent pas un désherbage sans référence littéraire...
Voir sa notice biographique sur Wikipédia...

jeudi 1 avril 2010

Philosophie à la portée de tous

Je m'intéresse aussi à la philosophie... sans lire de "grands philosophes" car je suis attirée par des voix discrètes et non monumentales (voir la philosophie allemande). J'ai lu pour ma part et modestement surtout Bachelard (son oeuvre est vraiment à la portée de tous) et Jankélévitch (que j' apprécie beaucoup). Une revue de philosophie a vu le jour depuis 3 ans au moins et elle explique la philo d'une façon très claire et pédagogique. On n'y décèle aucune cuistrerie. Ce mois-ci, la revue "Philosophie Magazine" s'interroge sur les méfaits de la télé-réalité et ce que cela révèle de notre société. On y trouve un portrait de Zygmunt Bauman, sociologue réputé dans le monde et moins connu en France. Il parle de "relations liquides" entre les individus et démontre les changements sociétaux de notre époque contemporaine à l'heure d'Internet.
Cette revue est vendue dans tous les kiosques à journaux et on la trouve dans toutes les bibliothèques. A découvrir !

lectures de février et de mars 2010

En février et en mars, voici mes lectures :
- Journal volubile de Enrique Vila-Matas (formidable !)
- Ma femme de ta vie de Guelfenbein (écrivaine espagnole, bien)
- L'enfant de Berlin d'Anne Wiejemsky (décevant)
- Le tailleur de pierre de Camilla Lachberg (un polar scandinave à lire en vacances)
- Et le jour pour eux sera comme la nuit d'Ariane Bois (premier roman très émouvant)
- La cité sans murs de Tobias Hill (abandonné parès 100 pages)
- C'est là que l'on se quitte de Jonathan Tropper (humour, détente)
- La grâce et le chagrin (formidable, j'en ai déjà parlé dans un billet)
- Romance nerveuse de Camille Laurens (pas mal du tout, voir billet)
- Comment peindre un homme mort de Sarah Hall (sur le peintre italien Morandi et le milieu de la peinture, très bien)

mercredi 31 mars 2010

Romance nerveuse

Ma dernière lecture de la semaine : j'ai lu jusqu'au bout ce roman avec un plaisir teinté d'interrogation. Camille Laurens a pourtant décrit une situation amoureuse à "bout de nerfs". Comme son roman semble ressembler à sa vie, ce que l'on nomme de l'autofiction, elle décrit sa relation avec un paparazzi parisien (plus jeune qu'elle) déjanté et loufoque, immature et goujat... Les situations crues et les événements amoureux sont décrits avec un détachement d'une lucidité désarmante et humoristique. Elle finira par le quitter (ouf !). J'ai trouvé à la fin du roman cet extrait : "Alors, il y a des livres -n'est-ce donc rien ?- dont la lecture comme l'écriture,loin de nous embarquer ailleurs, nous tirent vers le miroir, vers un lieu où, nous voyant soudain à l'arrêt, saisis dans le cadre,ombres,cernes, rides gravés sur le visage vif-argent de l'enfance,nous pouvons simplement, simplement comprendre notre douleur."
Camille Laurens que j'ai rencontrée dans le cadre d'un festival de littérature est une écrivaine attachante, d'une sensiblité à fleur de peau et d'une écriture originale. A suivre...

Le goût de la lecture

J'aime cette petite collection par son format des éditions Mercure de France. On y trouve une série de titres "le goût de..." : des pays, des villes, de certains animaux, des sentiments. Cette collection fourre-tout d'un coût modique (5,50 euros) propose un titre que j'ai disposé dans ma bibliothèque "le goût de la lecture". Michèle Gazier,un écrivain qui fait partie de mes lectures (car j'aime sa voix discrète et son univers romanesque) a réuni des textes d'écrivains sur la lecture et ses bienfaits thérapeutiques. C'est un hymne à ce passe-temps simple, gratuit, qui ne demande pas un gros investissement et qui demeure un des loisirs à la portée de tous ! Profitons-en tant qu'il y aura des livres...

mardi 30 mars 2010

Paris, 1982

Je parlais dans mon billet précédent de Julien Gracq. Quand je pense qu'il n'a jamais eu le prix Nobel de littérature... Cet écrivain est toujours resté fidèle à son éditeur José Corti, que j'ai rencontré à Paris en 1982. Je vivais à Paris une année sabbatique après la fermeture de ma librairie et j'ai arpenté pendant quelques mois les lieux mythiques de la littérature française. La librairie des éditions Corti faisait partie de ces monuments incontournables. J'ai poussé la porte de sa librairie et j'ai vu ce vieux Monsieur à l'époque, charmant, répondant à mon bonjour tout timide. J'ai acheté un livre et je suis repartie, toute émue. Je voue à à Julien Gracq (et à cette maison d'édition dont l'emblême est "rien de commun") une admiration sans fin et son roman "Le Rivage des Syrtes" publié en 1951 n'a jamais été édité en livre de poche. Je conserve chez moi l'édition originale comme un vrai trésor et la prose de Gracq a un goût et un parfum uniques. Il ne se passe rien dans le livre ou si peu mais quel style, quelle langue ! à lire ou à re-lire tous les 5 ans !

En lisant, en écrivant

J'ai une image récurrente dans ma mémoire en ces temps de politique "médiocre"... J'ai vécu les années Mitterrand et j'en garde un souvenir apaisant et agréable surtout concernant le milieu de la culture et des bibliothèques. Je me souviens de son amour des livres et de la littérature, de ses déambulations dans les rues de Paris pour retrouver ses librairies préférées. Il a pris la décision de la construction de la BNF et j'ai retrouvé dans ma mémoire "littéraire" une photographie de lui dans un avion : il lisait et semblait savourer le livre de Julien Gracq "En lisant,'en écrivant". Il s'est même déplacé pour rendre visite à Julien Gracq dans son Anjou natal... J'imagine mal notre président actuel rendre visite à Jean-Marie Le Clezio ou à Pascal Quignard !!!! Quel dommage...