jeudi 14 mai 2026

"La Ligne d'ombre", Joseph Conrad

 J'ai choisi le thème de la mer dans le cadre de l'Atelier Littérature pour le jeudi 28 mai. Evidemment, j'ai voulu me faire plaisir en proposant ce sujet que j'ai intitulé, "Prendre le large". Avec cette météo très médiocre du mois de mai, réver de soleil, de bord de mer et de vagues ne peut que provoquer de bons moments que la lecture procure. J'ai donc lu quelques titres de ma liste bibliographique en commençant par le roman de Joseph Conrad, "La Ligne d'ombre". J'ai souvent songé à cet écrivain anglais très réputé dans le monde anglo-saxon. Le roman ("The Shadow-Line) est un récit maritime largement autobiographique, sous-titré "Une confession", paru en 1917. L'écrivain avait dédié son livre à son fils, Borys, parti pour la guerre et à tous les autres qui "ont franchi dans leur prime jeunesse la ligne d'ombre". Dans un port d'Extrème-Orient, le narrateur, un marin, veut rentrer chez lui. Il démissionne de son poste de second sur un bateau à vapeur. Mais, il renonce à son projet de départ et, par ambition, il accepte le commandement d'un trois-mâts en partance pour Singapour.  Il est mal accueilli par son second qui tombe malade en pleine mer. Cet homme s'avère hanté par le souvenir de son ancien capitaine, mort dans sa cabine d'une façon mystérieuse. Son corps a été jeté dans la mer. A partir de cet incident de mauvais augure, le bateau s'immobilise, faute de vent. Sous un soleil de plomb, l'équipage perd pied, attrape une fièvre tropicale et sombre dans le désespoir. Le narrateur et le cuisinier montrent un courage surhumain et forment le seul équipage, épargné par la maladie en luttant contre ce mauvais sort. Joseph Conrad écrit : "On s'en va. Et le temps, lui aussi, s'en va... Jusqu'au jour où l'on aperçoit droit devant une ligne d'ombre vous avertissant que les parages de la prime jeunesse, eux aussi, doivent être laissés en arrière". Je ne dévoilerai pas la fin de ce roman fascinant pour conserver l'intérêt de l'intrigue. Je comprends mieux, après avoir lu ce récit, le génie littéraire de Joseph Conrad. Il pose des questions philosophiques sur le destin, les actes irréfléchis, le courage, la lutte contre les éléments, les valeurs morales, le Mal, la folie et tant d'autres thèmes à découvrir. Quand je me suis embarquée dans ce trois-mâts, j'avais l'impression de ressentir l'effroi des marins dans ce monde des ténèbres où seuls, le capitaine et le cuisinier symbolisaient le Bien et la Raison. Une trés belle fable sur la condition humaine. 

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