J'ai donc réservé ma première escapade de l'année à Venise, une de mes villes préférées en Italie. Comment éviter les clichés liés à cette cité si fréquentée même l'hiver ? Il faut éviter deux lieux majeurs qui perdent presque leur charme, tellement le tourisme consumériste de masse altère leur splendeur d'origine : la piazza San Marco et le pont du Rialto. Evidemment, j'ai traversé ces deux endroits sans m'attarder car pour atteindre telle ou telle église, ces deux pôles d'intérêt sont incontournables. J'ai respecté la tradition en prenant le bateau à l'aéroport car j'aime arriver à Venise à travers les balises en bois, des "bricole", qui tracent la route de navigation et sur lesquelles nichent les mouettes. Dès mon arrivée dans la chambre d'hôte, la Ca'Santo Spirito, sur les Zattere, j'ai vite posé la valise et j'ai pris la ligne 1 du vaporetto pour revoir les palais les plus prestigieux : le palazzo Salviati, le palazzo Gustinian, la Ca'Dorio, la Ca Pesaro, la Ca Rezzonico, le palazzo Barbaro, etc. Les Champs Elysées aquatiques de Venise. Je reviens toujours à la littérature en pensant à Henry James qui a écrit son roman, "Les papiers d'Aspern" dans le Palais Barbaro. Se balader dans le vaporetto, surtout dans les espaces extérieurs du bateau, se transforme en rêve éveillé devant tant de beauté architecturale. Je n'oublie pas la présence des mouettes sur les "palines", ces pieux en bois souvent aux couleurs des propriétaires des palais. Tout est thêatral à Venise surtout avec les gondoles et les bateaux taxis qui côtoient les vaporetti. Le premier soir, j'ai vécu un phénomène de coucher de soleil sur le Canal Grande avec les reflets d'un soleil orangé sur l'eau, un tableau de Monet en perspective qui a, lui-même peint une trentaine de tableaux en 1908. Voir ce coucher de soleil sur le Grand Canal reste pour moi une expérience esthétique que je ne vis qu'à Venise. Le canal de la Guidecca à deux pas de ma résidence conserve son charme puissant sur les bords des Zattere où j'ai terminé ma soirée avec un plat succulent de "spaghetti à la vongole" dans un restaurant-terrasse en plein air. Les mouettes me frôlaient et la chiesa des Gesuiti avec son imposante façade baroque attirait irrésistiblement mon regard. Je vivais dans une bulle intemporelle. Rien n'avait changé depuis mon précédent séjour en 2024. Parfois, cela fait du bien de retrouver un monde qui ne change pas à toute allure. Dans cette ville si ancienne, le temps se ralentit, s'allonge, se prélasse et enfin, libère l'énergie en soi. Des retrouvailles heureuses.
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