lundi 25 août 2025

La rentrée littéraire

 Après le 20 août, la presse présente déjà les tendances de la rentrée littéraire de l'automne. Comme tous les ans, je l'évoque dans mon blog car cette tradition culturelle se maintient malgré les chiffres alarmants d'un lectorat en baisse, surtout dans les jeunes générations. La fascination de la "vidéosphère" selon la formule de Régis Debray a remplacé l'engouement de l'écrit, des livres et de la littérature. Dans un article, j'ai bien lu que presque 70 % de nos contemporains ne lisent que cinq livres par an... Constant étonnant et un peu déprimant. Malgré tout, les éditeurs poursuivent leur mission essentielle : relier les écrivains à leurs lecteurs et lectrices. Quelles seront donc les tendances du cru littéraire 2025 ? Une augmentation de romans avec 484 livres. En 1980, il y avait quatre fois moins de nouveautés et paradoxalement et aujourd'hui, le lectorat s'est considérablement contracté. Des libraires sensibles à l'écologie se révoltent contre cette marée de nouveautés et certains d'entre eux boycottent ce tsunami automnal de millions de pages sur les tables des librairies. Quels noms apparaissent souvent dans la presse ? Evidemment, Emmanuel Carrère est très attendu avec "Kolkhoze", l'histoire de la famille de sa mère, Heléne Carrère d'Encausse, "captivante héroïne principale du livre". Puis, viennent Natacha Appanah, Laurent Mauvignier, Agnès Desarthe, Marie Pourchet, Laurent Gaudé, Alice Ferney, Anne Berest et l'incontournable Amélie Nothomb. La famille inspire décidément les écrivains surtout le rôle essentiel des mères dans la construction psychique des enfants. Mères présentes, mères absentes, une source d'inspiration permanente. L'actualité dans toutes ses thématiques (écologie, violences, faits politiques) ne manque pas d'apparaitre dans la littérature d'aujourd'hui. Pour les romans étrangers, j'attends le dernier Grondhal, un auteur danois que j'apprécie beaucoup, mais aussi Javier Cercas, Jonathan Coe, Paolo Rumiz, Joyce Maynard, Antonio Munoz Molina. Comme tous les ans, ce cérémonial éditorial peut ressembler à un phénomène commercial parfois contestable mais, il a le mérite de promovoir la littérature, la fréquentation des librairies, la vie des livres, le monde de l'écriture. Pas mal quand même quand on sait la prédominance des écrans, des réseaux sociaux, des jeux vidéos dans les loisirs des Français. Pour une fois que les médias évoquent la "rentrée littéraire", je m'en réjouis car un jour, qui sait, cette fête de l'univers littéraire disparaîtra, faute de lecteurs et de lectrices. Un cauchemar pour moi ! 

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